Comptes de l'agriculture en 2017Comptes nationaux annuels - base 2014

Chiffres détaillés
Paru le : 05/07/2018

Il s'agit de comptes spécifiques relatifs à la branche « Agriculture » dont les modalités d'élaboration diffèrent de celles des comptes nationaux.

Les comptes prévisionnels de l’agriculture pour 2017La production se redresse

Guillaume Lubatti, Hélène Casset-Hervio et Didier Reynaud, division Industrie et agriculture, Insee

En 2017, la valeur de la production agricole se redresse (+ 2,4 %), du fait des volumes produits, sans compenser la chute de 2016 (– 6,6 %). Celle de la production végétale n’augmente que très légèrement : la forte remontée des volumes est en grande partie neutralisée par la baisse des prix. En revanche, la valeur de la production animale s’accroît nettement : les volumes poursuivent leur repli, mais les prix, notamment du lait, se redressent fortement.

Dans le même temps, les charges des agriculteurs se réduisent pour la quatrième année consécutive. Cette évolution favorable vient s’ajouter à la hausse de la valeur de la production. Par conséquent, la valeur ajoutée de la branche agricole se raffermirait nettement. L’emploi agricole continue par ailleurs à décroître. Au total, d’après les estimations du compte prévisionnel de l’agriculture, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif augmenterait de 7,7 % en 2017 en termes réels, après une baisse de 8,4 % en 2016.

Le compte de l’agriculture présenté ici décrit les performances de l’agriculture en tant qu’activité économique. Est estimée notamment la richesse créée par cette activité, augmentée des subventions et nette des impôts au titre de son exercice. Ce résultat est qualifié de valeur ajoutée brute au coût des facteurs. Il peut aussi être exprimé net de la dépréciation du capital. Il est alors appelé revenu des facteurs de la branche agricole, au sens où il vient rémunérer le travail et le capital mobilisés par cette activité économique. Il ne constitue pas une mesure du revenu disponible des ménages dont la personne de référence est agriculteur.

La valeur de la production agricole se redresse après sa chute en 2016

En 2017, la valeur de la production de la branche agricole hors subventions sur les produits se redresserait (+ 2,4 % ; figure 1 et figure 2), sans compenser sa chute de 2016 (– 6,6 %). La valeur de la production animale se raffermit nettement (+ 5,9 %), tandis que celle de la production végétale évolue peu (+ 0,3 %). Pour cette dernière, le redressement du volume est en effet contrebalancé par le recul des prix (figure 3 et figure 4). La récolte de céréales se rétablit après les résultats catastrophiques de l’année 2016. Celle de betterave s’accroît très fortement dans le contexte de suppression des quotas. À l’inverse, le volume de vin continue à diminuer notablement, du fait de conditions météorologiques défavorables. Les prix de la betterave et des légumes (y compris des pommes de terre) se replient nettement. Pour la production animale, les prix de la majorité des produits se redressent, à l’exception des volailles et des veaux ; cette hausse fait plus que compenser le repli des volumes (figure 5).

Figure 1 : Évolution 2017/2016 de la production hors subventions, en volume, en prix et en valeur

en %
Figure 1 : Évolution 2017/2016 de la production hors subventions, en volume, en prix et en valeur
Volume Prix Valeur
Production végétale 4,9 – 4,4 0,3
Production animale – 1,3 7,3 5,9
Production agricole* 2,4 0,0 2,4
  • * Y compris production de services.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2017.

Figure 1 : Évolution 2017/2016 de la production hors subventions, en volume, en prix et en valeur

Figure 2 : Contributions à la variation de la valeur de la production hors subventions

en points de %
Figure 2 : Contributions à la variation de la valeur de la production hors subventions
2017/2016 2016/2015
Céréales 2,8 – 4,7
Plantes industrielles 0,6 – 0,3
Services 0,1 0,0
Fruits 0,0 0,2
Fourrages, plantes et fleurs – 0,3 0,0
Légumes et pommes de terre – 1,3 0,8
Vin – 1,5 – 1,1
Lait et autres produits de l'élevage 1,7 – 1,1
Volailles et œufs 0,2 – 0,3
Bétail 0,2 – 0,1
Production agricole (en %) 2,4 – 6,6
  • Lecture : la valeur de la production agricole totale hors subventions augmente de 2,4 % en 2017. La production de céréales contribue positivement à cette variation à hauteur de 2,8 points. La production de vin contribue, quant à elle, négativement à hauteur de 1,5 point.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2017.

Figure 2 : Contributions à la variation de la valeur de la production hors subventions

Figure 3 : De la production à la valeur ajoutée1

Figure 3 : De la production à la valeur ajoutée1
Valeur 2017
(en milliards d'euros)
Évolution 2017/2016
(en %)
Volume Prix Valeur
Production hors subventions (a) 71,1 + 2,4 + 0,0 + 2,4
Produits végétaux 40,3 + 4,9 – 4,4 + 0,3
Céréales 9,7 + 26,4 – 1,1 + 25,0
Oléagineux, protéagineux 2,8 + 18,5 – 2,5 + 15,5
Betteraves industrielles 0,8 + 23,0 – 18,0 + 0,9
Autres plantes industrielles2 0,6 + 0,1 + 4,7 + 4,8
Fruits, légumes, pommes de terre 7,7 + 6,5 – 16,1 – 10,7
Vins 10,4 – 12,2 + 3,4 – 9,2
Fourrages, plantes, fleurs 8,3 + 1,5 – 4,1 – 2,7
Produits animaux 26,2 – 1,3 + 7,3 + 5,9
Bétail (bovins, porcins, ovins, caprins, équidés) 11,3 – 2,2 + 3,4 + 1,1
Volailles, œufs 4,7 – 1,4 + 5,1 + 3,7
Lait et autres produits de l'élevage 10,2 – 0,3 + 13,2 + 12,8
Services3 4,6 + 0,0 + 1,0 + 1,0
Subventions sur les produits (b) 1,2 + 0,6 – 0,9 – 0,3
Production au prix de base (c) = (a) + (b) 72,3 + 2,3 + 0,0 + 2,3
Consommations intermédiaires, dont : (d) 42,8 – 0,5 – 1,8 – 2,3
achats 36,3 – 1,1 – 1,0 – 2,1
Valeur ajoutée brute (e) = (c) – (d) 29,5 + 7,0 + 2,7 + 9,8
Consommation de capital fixe (f) 10,6 – 0,5 + 1,7 + 1,2
Valeur ajoutée nette (g) = (e) – (f) 18,9 + 11,8 + 3,2 + 15,4
  • 1. Voir définitions.
  • 2. Autres plantes industrielles : tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • 3. Services : production des entreprises de travaux agricoles, des coopératives d'utilisation de matériel agricole, services entre agriculteurs, agri-tourisme...
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2017.

Figure 4 : Contributions à la variation du volume de la production hors subventions

en points de %
Figure 4 : Contributions à la variation du volume de la production hors subventions
2017/2016 2016/2015
Céréales 2,9 – 3,8
Plantes industrielles 0,9 – 0,3
Services 0,0 0,0
Fruits 0,1 – 0,1
Fourrages, plantes et fleurs 0,2 0,0
Légumes et pommes de terre 0,7 – 0,1
Vin – 2,0 – 0,9
Lait et autres produits de l'élevage 0,0 – 0,3
Volailles et œufs – 0,1 – 0,3
Bétail – 0,3 0,3
Production agricole (en %) 2,4 – 5,6
  • Note : l’ordre des produits est identique à celui de la figure 2.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2017.

Figure 4 : Contributions à la variation du volume de la production hors subventions

Production végétale : volumes en hausse, prix en baisse

En volume, la production végétale s’oriente à la hausse pour la première fois depuis trois ans (+ 4,9 %, après – 8,9 % en 2016). La récolte de céréales se redresse fortement, après une année 2016 catastrophique. En effet, les conditions climatiques ont été favorables aux rendements, tandis que les surfaces évoluent peu globalement. La progression est également très marquée pour les oléagineux avec une récolte historique pour le colza et le tournesol, en dépit de moindres superficies. La suppression des quotas de betteraves au 1ᵉʳ octobre 2017 a entraîné une augmentation sensible de leur surface cultivée. La production de vin est en net recul, du fait notamment du gel de printemps (– 12,2 %).

Le prix de la production végétale (hors subventions sur les produits) repart à la baisse (– 4,4 %). L’essentiel de cette diminution s’explique par celle des légumes et pommes de terre (figure 5). En effet, le prix de la pomme de terre, traditionnellement soumis à de fortes variations annuelles, s’effondre (– 40,0 %), du fait d’une offre en forte hausse. Celui des légumes diminue également nettement (– 7,0 %). À l’inverse, le prix du vin se renchérit.

Figure 5 : Contributions à la variation du prix de la production hors subventions

en points de %
Figure 5 : Contributions à la variation du prix de la production hors subventions
2017/2016 2016/2015
Céréales – 0,2 – 1,0
Plantes industrielles – 0,3 0,0
Services 0,1 0,0
Fruits – 0,1 0,3
Fourrages, plantes et fleurs – 0,5 0,0
Légumes et pommes de terre – 2,0 0,9
Vin 0,5 – 0,2
Lait et autres produits de l'élevage 1,7 – 0,8
Volailles et œufs 0,3 – 0,1
Bétail 0,5 – 0,4
Production agricole (en %) 0,0 – 1,1
  • Note : l’ordre des produits est identique à celui de la figure 2.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2017.

Figure 5 : Contributions à la variation du prix de la production hors subventions

Production animale : baisse des volumes, hausse marquée des prix

La production animale poursuit son repli en volume (– 1,3 %). Pour les gros bovins, elle est en retrait par rapport au niveau élevé de 2016 (– 2,0 %). Pour les porcins, elle recule de 3,0 %, du fait de la réduction du cheptel entamée fin 2016. À l’inverse, la production d’œufs progresse (+ 3,0 %) et la collecte de lait reste stable.

Le prix de la production animale (hors subventions) se redresse pour la première fois en quatre ans (+ 7,3 %). Celui du porc continue à se raffermir sur la lancée de 2016 (+ 6,0 %), malgré un repli à partir de mai. Le prix du lait s’oriente nettement à la hausse (+ 14,0 %), à la faveur d’une demande dynamique et d’une production en recul au niveau mondial depuis la mi-2016. De ce fait, la tendance s’inverse après deux années consécutives de baisse ; toutefois, les prix de 2017 resteraient inférieurs à ceux de 2014. La hausse du prix des œufs au premier semestre s’accélèrerait en fin d’année, en raison de la crise du Fipronil (+ 19,0 % en moyenne annuelle).

La valeur des intrants toujours orientée à la baisse

Les consommations intermédiaires de la branche agricole se replieraient de 2,3 % en valeur en 2017, le léger recul des volumes se conjuguant à celui des prix. Il s’agit de la quatrième année consécutive de baisse, confirmant la tendance observée depuis 2014. Par rapport au point haut atteint en 2013, la valeur des charges s’inscrit désormais en retrait de 11,1 %.

En 2017, les achats d’aliments pour animaux diminuent de 1,4 % en volume. Ce recul est cependant compensé par un plus fort recours aux aliments intraconsommés, produits directement dans les exploitations agricoles (+ 2,6 % en volume). Les achats de tourteaux diminuent de 7,7 % en volume, malgré une baisse de leur prix. Seuls les achats d’aliments composés pour bovins (+ 2,1 %) et pour ovins et caprins (+ 3,7 %) progressent. Les prix des aliments pour animaux sont quasi stables (+ 0,3 %), excepté ceux des pulpes de betterave (+ 9,7 %), des aliments d’allaitement pour veaux (+ 9,0 %) et des tourteaux (– 4,0 %).

Les dépenses en engrais et amendements chutent de 18,3 %, du fait d’une baisse conjointe des volumes consommés (– 7,2 %) et des prix (– 12,0 %). En effet, les volumes se replient pour les engrais composés (– 16,8 %) et les engrais simples azotés (– 4,9 %). En revanche, ceux des engrais simples phosphatés augmentent. Les prix baissent fortement pour toutes les catégories d’engrais.

À l’inverse, les prix des pesticides et produits agrochimiques ne diminuent que légèrement (– 0,9 %).

Après trois années de recul, la facture énergétique s’alourdit en 2017 (+ 8,9 %), du fait d’une remontée du prix des produits pétroliers, qui avait atteint un niveau particulièrement bas en 2016. Le prix du gazole non routier s’envole de 16,2 % et celui du gazole (diesel) de 10,7 %. En revanche, le prix de l’électricité est quasi stable (+ 0,4 %).

Concernant les dépenses vétérinaires, les prix augmentent de 1,4 %, soit un rythme plus modéré que les années précédentes.

La valeur ajoutée au coût des facteurs se redresserait nettement en 2017

En 2017, la valeur ajoutée brute de la branche agricole devrait donc augmenter (+ 9,8 %), sous l’effet du redressement de la production au prix de base – c’est-à-dire y compris les subventions sur les produits – (+ 2,3 %) et de la poursuite du repli des consommations intermédiaires (figure 3 et figure 6). La production reprend en volume (+ 2,3 %), alors que les prix restent globalement stables. Les intrants fléchissent en volume et leur prix diminue (– 1,8 %). Ainsi, les effets des évolutions de la production et des consommations intermédiaires se cumulent et conduisent à une hausse de la valeur ajoutée.

En 2017, comme en 2016, les subventions d’exploitation (encadré 1) s’élèveraient à 8,2 milliards d’euros. Cette relative stabilité résulte d’évolutions différenciées : hausse du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et des subventions dans les départements d’outre-mer, diminution progressive des aides conjoncturelles. Après la prise en compte des subventions d’exploitation et des impôts, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs progresserait de 7,5 % en 2017. Comme le volume de l’emploi agricole décroît tendanciellement, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif augmenterait de 8,5 % (figure 7). En termes réels, elle se redresserait de 7,7 %, après la baisse de 8,4 % en 2016 (figure 8).

Les agrégats ci-dessus peuvent aussi être exprimés en net, après déduction de la consommation de capital fixe (+ 1,2 % en 2017). La consommation de capital fixe évolue peu, mais a un poids important. De ce fait, sa prise en compte amplifie les variations de la valeur ajoutée : la valeur ajoutée nette au coût des facteurs croîtrait de 10,3 % en 2017 et, rapportée au nombre d’actifs, de 10,5 % en termes réels.

Figure 6 : De la valeur ajoutée à la valeur ajoutée au coût des facteurs*

Figure 6 : De la valeur ajoutée à la valeur ajoutée au coût des facteurs*
Valeur 2017
(en milliards d'euros)
Évolution 2017/2016
(en %)
Valeur ajoutée brute (a) 29,5 + 9,8
Subventions d'exploitation (b) 8,2 + 0,4
Autres impôts sur la production (c) 1,6 + 11,5
    Impôts fonciers 1,0 + 19,5
    Autres 0,6 – 0,1
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs (d) = (a) + (b) – (c) 36,0 + 7,5
  • * Voir définitions.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2017.

Figure 7 : Valeur ajoutée au coût des facteurs – Évolution entre 2016 et 2017

en %
Figure 7 : Valeur ajoutée au coût des facteurs – Évolution entre 2016 et 2017
Brut* Net*
Valeur ajoutée au coût des facteurs + 7,5 + 10,3
Valeur ajoutée au coût des facteurs par actif + 8,5 + 11,4
Valeur ajoutée au coût des facteurs par actif en termes réels + 7,7 + 10,5***
Prix du produit intérieur brut + 0,8               
Emploi agricole** – 1,0               
  • * « Brut » : sans déduction de la consommation de capital fixe (CCF) ; « Net » : avec déduction de la CCF.
  • ** Mesuré en unités de travail annuel (équivalent temps plein de l'agriculture).
  • *** Correspond à l'« indicateur A » publié par Eurostat (bibliographie).
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2017.

Figure 8 : Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels*

indice 100 en 1980
Figure 8 : Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels*
Année Valeur ajoutée brute au coût des facteur
par actif en termes réels
Moyenne mobile
sur 3 ans
1980 100,0 103,1
1981 102,0 106,2
1982 116,6 108,8
1983 108,0 110,2
1984 106,0 106,5
1985 105,5 106,1
1986 106,9 106,9
1987 108,4 107,4
1988 106,9 113,0
1989 123,9 121,4
1990 133,4 126,8
1991 123,1 129,4
1992 131,8 128,4
1993 130,4 135,7
1994 144,9 142,7
1995 152,7 150,8
1996 154,8 155,5
1997 159,0 159,7
1998 165,2 161,8
1999 161,3 162,8
2000 161,9 162,1
2001 163,1 162,9
2002 163,6 163,3
2003 163,1 164,3
2004 166,3 163,4
2005 160,8 167,1
2006 174,2 175,2
2007 190,5 180,2
2008 176,0 173,9
2009 155,1 175,8
2010 196,2 185,3
2011 204,7 202,8
2012 207,7 199,7
2013 186,9 198,5
2014 200,8 199,3
2015 210,2 201,2
2016 192,5 203,3
2017 207,3
  • * Voir définitions.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2017.

Figure 8 : Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels*

Encadrés

Depuis 2006, une forte restructuration des subventions, mais des montants globalement stables

En 2017, les subventions resteraient pratiquement stables. L’année 2015 s’est caractérisée par une nouvelle réforme de la Politique agricole commune (PAC) : une partie du paiement unique (2,2 milliards d’euros) est depuis lors conditionnée au respect de pratiques favorables à l’environnement (paiement vert) et le paiement de base (4 milliards) ne représente plus que 47 % des subventions. La mise en place en 2006 du paiement unique a entraîné une baisse des subventions sur les produits au profit des subventions d’exploitation : jusqu’en 2014, ce paiement a représenté environ 80 % des subventions d’exploitation. Entre 2006 et 2014, le niveau global des subventions est resté relativement stable, les variations annuelles s’expliquant par des mesures conjoncturelles spécifiques. Cette stabilité a fait suite à une hausse marquée : plus de 20 % entre 2000 et 2003 (figure).

Évolution des subventions à l’agriculture

en milliards d'euros
Évolution des subventions à l’agriculture
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Subventions sur les produits 6,57 6,87 7,22 7,23 7,59 7,51 2,50 2,51 2,58 2,50 1,21 1,14 1,07 1,05 1,09 1,20 1,20 1,19
Subventions d'exploitation 1,59 1,92 2,01 2,84 1,82 2,19 7,44 7,25 7,27 7,15 8,55 8,68 8,38 8,27 8,05 8,45 8,18 8,21
Total 8,15 8,78 9,23 10,06 9,41 9,69 9,94 9,76 9,85 9,65 9,76 9,82 9,45 9,32 9,14 9,65 9,38 9,40
  • Source : Service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture et de l'alimentation.

Évolution des subventions à l’agriculture

Rappel sur le compte 2016

Les données présentées ici concernent le compte 2017 prévisionnel de l’agriculture.

En juillet 2017, à l’occasion de la publication du compte provisoire 2016, l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels a été révisée de + 3,2 points par rapport au compte prévisionnel de décembre 2016 (baisse de 8,4 % au lieu de 11,6 %). Les données 2016 n’ont pas été ré-estimées depuis cette actualisation et seront mises à jour en juillet 2018 (version semi-définitive). Elles seront publiées simultanément avec les comptes 2015 définitif et 2017 provisoire.

Évolution de la valeur ajoutée au coût des facteurs par actif en termes réels en 2016

en %
Évolution de la valeur ajoutée au coût des facteurs par actif en termes réels en 2016
Brut Net
Compte prévisionnel (décembre 2016) - 11,6 - 15,9
Compte provisoire (juillet 2017) - 8,4 - 12,0

Sources

Le compte français de l’agriculture est établi selon la méthode et les concepts du Système européen des comptes (SEC). Le compte prévisionnel 2017 repose sur des informations disponibles en novembre 2017.

Définitions

La branche agricole est le regroupement de toutes les unités d’activité économique qui exercent les activités suivantes : culture de végétaux (y compris maraîchage et horticulture), élevage d’animaux, activités de travaux agricoles à façon, chasse et activités annexes. Outre les exploitations agricoles, les unités caractéristiques de la branche comprennent les groupements de producteurs (coopératives) produisant du vin et de l’huile d’olive et les unités spécialisées qui fournissent des machines, du matériel et du personnel pour l’exécution de travaux agricoles à façon.

Les subventions à l’agriculture comprennent les subventions sur les produits (aides associées à certains types de production), qui ont pour la plupart disparu en 2010, et les subventions d’exploitation, entièrement restructurées dans le cadre de la PAC 2015, telles que le paiement de base (DPB), le paiement vert (aide agro-environnementale), les aides pour calamités agricoles...

Les consommations intermédiaires correspondent aux biens et services qui entrent dans le processus de production.

La valeur ajoutée brute est égale à la production valorisée au prix de base dont on retranche les consommations intermédiaires.

La consommation de capital fixe mesure la dépréciation annuelle liée à l’usure et à l’obsolescence du capital, lequel est évalué à son coût de remplacement. Elle est estimée pour l’ensemble des biens de capital fixe de la branche agricole (plantations, matériels et bâtiments) à l’exception des animaux. L’estimation de ce poste est délicate, elle résulte d’une modélisation et se trouve de ce fait moins robuste que les données observées.

Plusieurs indicateurs sont définis à partir des soldes comptables :

  • la valeur ajoutée brute au coût des facteurs est obtenue par ajout des subventions d’exploitation et déduction des impôts sur la production. Son évolution peut être rapportée à celle du nombre d’unités de travail annuel total (ou équivalents temps plein) : on obtient ainsi l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif.
  • la valeur ajoutée nette au coût des facteurs, aussi appelée revenu des facteurs de la branche agricole (RFBA), est obtenue par déduction de la consommation de capital fixe.

Les indicateurs de résultats sont présentés en termes réels : les évolutions à prix courants sont déflatées par l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un résultat calculée en termes réels est positive ou négative selon qu’elle est supérieure ou inférieure à l’évolution générale des prix. Il s’agit d’une moyenne qui résulte d’une grande diversité de situations individuelles.

Pour en savoir plus

Les comptes nationaux prévisionnels de l’agriculture en 2017 seront disponibles sur www.insee.fr en décembre 2017, en plus des précédents rapports de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation.

Lubatti G., Casset-Hervio H. et Reynaud D., « L’agriculture en 2016 », Insee Première n° 1656, juillet 2017.

Une synthèse des résultats économiques des exploitations pour 2016 est publiée dans Agreste-Primeurs n° 348, décembre 2017, SSP.

Le bilan conjoncturel 2017 est publié dans Agreste-Conjoncture n° 5, décembre 2017, SSP.

Eurostat publie l’« indicateur A » (figure 7) pour l’ensemble des pays de l’Union européenne sur son site.

Pour comprendre

Le compte de l'agriculture

Le compte spécifique de l'agriculture est un compte de branche. Il retrace l'activité des unités d'activité économique locales (UAEL) exerçant une activité agricole, quelle que soit l'activité principale de l'unité institutionnelle à laquelle elles appartiennent. Il porte sur un champ légèrement différent de celui retenu pour la branche agriculture dans le cadre central de la comptabilité nationale :

  • les établissements produisant des semences certifiées, les entreprises de paysagisme et les jardins familiaux ne font pas partie du compte spécifique, alors qu'ils sont couverts par le cadre central,
  • les activités non agricoles non séparables des exploitations agricoles font partie de la branche agricole du compte spécifique, alors qu'elles n'en font pas partie dans le cadre central. La liste des activités non séparables de l'UAEL agricole est limitée à la fabrication de produits laitiers à la ferme, la champagnisation dans le cadre de l'exploitation viticole, les travaux forestiers des exploitants agricoles, l'agritourisme.

Les séries publiées sont issues des comptes de l'agriculture en base 2010 présentés deux fois par an à la Commission des comptes de l'agriculture de la Nation (CCAN). Les comptes prévisionnels pour l'année en cours sont présentés en décembre. Les comptes provisoires de l'année écoulée sont présentés en juin ou juillet de l'année suivante. Les comptes des deux années qui précèdent sont alors révisés. Les résultats remontent à l'année 1959.

La séquence des comptes

Alors que les comptes de branche du cadre central s'arrêtent au compte d'exploitation, la séquence des comptes CCAN se prolonge au-delà, compte tenu des spécificités de la branche agriculture, qui permettent d'affecter sans ambiguïté certains agrégats comptables à l'activité agricole. Ainsi s'enchaînent le compte de production, le compte d'exploitation et le compte de revenu.

La production (P1) correspond à la production totale de la branche, qu'elle soit marchande ou non marchande. La production est évaluée au moment où elle est effectuée. La production hors subventions (tableau 10.203) est valorisée au prix payé au producteur auquel on soustrait les impôts sur les produits. Les subventions (tableau 10.202) sont présentées séparément compte tenu de l'intérêt qu'elles présentent pour l'agriculture. Elles sont évaluées en montant dû au titre de la production de l'année. Enfin, la production est valorisée au prix de base (tableaux 10.201, 10.204, 10.205, 10.206, 10.207), c'est-à dire au prix payé au producteur, moins les impôts nets sur les produits qu'il reverse, plus les subventions sur les produits qu'il reçoit.

La consommation intermédiaire (P2) correspond à la valeur des biens et services consommés dans le processus de production. Les consommations intermédiaires (tableaux 10.301 à 10.305) sont évaluées au prix d'acquisition, hors TVA déductible. Dans le cas particulier des fourrages, presque exclusivement intraconsommés, l'évaluation est fondée sur des coûts de production.

La valeur ajoutée brute (B1g), solde du compte de production (tableaux 10.101 à 10.103), est égale à la production valorisée au prix de base moins les consommations intermédiaires.

La consommation de capital fixe (P51c) mesure la dépréciation annuelle des actifs fixes liée à l'usure et à l'obsolescence.

Selon que cette estimation est prise en compte ou pas, les agrégats sont qualifiés de nets ou de bruts.

Valeur ajoutée au coût des facteurs = valeur ajoutée + subventions d'exploitation - autres impôts sur la production, dont impôts fonciers (tableaux 10.101 à 10.103).

La valeur ajoutée nette au coût des facteurs est aussi appelée revenu des facteurs de la branche agricole.

L'excédent d'exploitation, solde du compte d'exploitation (tableaux 10.101 à 10.103), est égal à la valeur ajoutée au coût des facteurs moins la rémunération des salariés. Il est aussi appelé revenu mixte, puisqu'il contient implicitement la rémunération du travail non salarié (travail de l'exploitant et de la main-d'œuvre familiale).

Le résultat de la branche agricole est égal à : valeur ajoutée au coût des facteurs - salaires - cotisations sociales à la charge des employeurs - intérêts versés - charges locatives nettes (tableaux 10.101 à 10.103).

Plusieurs indicateurs de résultat (tableau 10.104) sont définis à partir des soldes comptables :

  • l'évolution de la valeur ajoutée au coût des facteurs est rapportée à l'évolution du nombre total d'unités de travail annuel (ou équivalents temps plein) : on obtient ainsi l'évolution de la valeur ajoutée au coût des facteurs par actif (elle est aussi présentée en termes réels, c'est-à-dire déflatée par l'indice de prix du PIB),
  • l'évolution du résultat de la branche agricole est rapportée à celle du nombre d'unités de travail annuel des non-salariés (ou équivalents temps plein) : on obtient l'évolution du résultat de la branche agricole par actif non salarié (elle est aussi présentée en termes réels).