En Bretagne, un travailleur indépendant sur cinq exerce également une activité salariée

Isabelle Baudequin et Michel Rouxel, Insee

Représentant 12 % de l’emploi total régional, les actifs non salariés peuvent adopter plusieurs statuts dans leurs activités professionnelles. À côté des non-salariés dits « classiques » que sont les gérants majoritaires d’entreprises et les entrepreneurs individuels, sont apparus à partir de 2009 les micro-entrepreneurs. Ces derniers représentent en 2014 près d’un quart des actifs non salariés. Assez souvent, les non-salariés exercent aussi une activité salariée. Représentant un cinquième du non-salariat breton, ces polyactifs sont plus fréquemment des micro-entrepreneurs ayant des revenus non salariés peu élevés. Certains métiers sont également plus propices à la polyactivité, notamment dans les secteurs de l’enseignement et la santé. Une forte proportion de polyactifs exercent leurs activités salariée et non salariée dans le même domaine.

Depuis le début des années 2000, l’emploi non salarié breton progresse. Il représente ainsi 12 % de l’emploi total régional à la fin 2014. En proportion, la Bretagne compte plus de non-salariés que la France métropolitaine, dans laquelle ils représentent 10 % de l’emploi total. Selon ce critère, la Bretagne se situe au 5e rang national (figure 1). En mettant de côté le secteur agricole, 131 000 personnes exercent à la fin 2014 une activité non salariée dans la région (figure 2), en tant qu’entrepreneurs individuels, gérants majoritaires de société ou bien sous le statut de micro-entrepreneurs. À cette population, s’ajoutent près de 37 000 non-salariés travaillant dans le secteur agricole (encadré). Les actifs non salariés bretons présentent des profils variés, tant dans leur statut que pour les métiers exercés. Par exemple, un cinquième d’entre eux exerce en outre une activité salariée. La protection sociale des travailleurs non salariés constitue un fort enjeu. Il est donc utile de caractériser les déterminants de cette forme d’emploi. Ces derniers sont liés sur la période récente au développement du régime de la micro-entreprise et aux nouvelles formes d’activités, notamment dans le domaine du numérique.

Figure 1 – La Bretagne est la 5e région avec 12 % des emplois concernésPart des non-salariés dans l’emploi total en France par région (en %)

La Bretagne est la 5e région avec 12 % des emplois concernés
Total des emplois Emplois non salariés Part des emplois non salariés (en %)
Île-de-France 6 134 546 438 609 7,1
Hauts-de-France 2 179 133 178 844 8,2
Grand Est 2 117 851 198 267 9,4
Centre-Val de Loire 996 603 100 568 10,1
Normandie 1 280 807 129 294 10,1
France métropolitaine 26 629 187 2 775 385 10,4
Pays de la Loire 1 525 225 163 798 10,7
Bourgogne-Franche-Comté 1 081 459 120 642 11,2
Auvergne-Rhône-Alpes 3 295 260 379 826 11,5
Bretagne 1 315 435 157 115 11,9
Nouvelle-Aquitaine 2 336 339 306 191 13,1
Provence-Alpes-Côte-d'Azur 2 031 523 269 016 13,2
Occitanie 2 212 309 314 455 14,2
Corse 122 697 18 760 15,3
  • Champ : France métropolitaine, personnes de 15 ans et plus
  • Source : Insee, estimations d’emploi

Figure 1 – La Bretagne est la 5e région avec 12 % des emplois concernésPart des non-salariés dans l’emploi total en France par région (en %)

Figure 2 – La polyactivité augmente nettement le niveau moyen des revenusNombre de non-salariés et revenus mensuels moyens par catégorie

La polyactivité augmente nettement le niveau moyen des revenus
Nombre Revenus mensuels moyens (en €)
Revenu non salarié Salaire Ensemble revenus
Micro-entrepreneurs exclusifs 17 200 500 0 500
Micro-entrepreneurs polyactifs 13 300 300 1 500 1 800
Total micro-entrepreneurs 30 500 400 1 500 1 000
Non-salariés classiques exclusifs 87 100 3 200 0 3 200
Non-salariés classiques polyactifs 13 700 2 400 2 400 4 800
Total non-salariés classiques 100 800 3 100 2 400 3 400
Total non-salariés exclusifs 104 300 2 800 0 2 800
Total non-salariés polyactifs 27 000 1 400 2 000 3 300
Total non-salariés 131 300 2 500 2 000 2 900
  • Champ: non salariés bretons actifs fin 2014
  • Source : Insee, base non-salariés

Près de 80 % des non-salariés n’exercent aucune activité secondaire

Dans les secteurs non agricoles, 79 % des non-salariés bretons n’exercent pas d’activité secondaire et sont donc exclusivement non-salariés (77 % en France). Ils constituent le noyau traditionnel des travailleurs indépendants, pour une grande variété de métiers : maçons, pharmaciens, boulangers, chauffeurs de taxis, avocats, médecins, artistes… Au-delà de la forte présence du secteur de la santé (médecins, professions paramédicales, ...), la construction et l’hébergement-restauration constituent les autres secteurs d’activités les plus fréquents. L’hébergement et la restauration sont en particulier plus présents en Bretagne, en lien avec le poids de l’économie touristique dans la région.

Les revenus des non-salariés présentent également de fortes disparités. Ils s’échelonnent d’environ 700 euros par mois en moyenne pour le commerce de détail hors magasin à plus de 7 000 euros pour les métiers médicaux ou juridiques. Micro-entrepreneurs exclus, le niveau de revenu des 10 % des non-salariés les plus rémunérés représente 11 fois celui des 10 % les moins rémunérés (figure 3). La dispersion des revenus s’observe aussi au sein de chaque métier. Dans les métiers les moins rémunérateurs de secteurs tels que le commerce de détail ou les arts et spectacles, les écarts sont encore plus élevés, s’expliquant notamment par certains revenus très faibles. À noter que 7,5 % des non-salariés bretons ne déclarent aucun revenu d’activité, la moitié d’entre eux étant des gérants majoritaires d’entreprises. Cette situation peut résulter de différents facteurs : il peut s’agir d’un début d’activité, d’une situation conjoncturelle difficile ou d’une stratégie d’optimisation fiscale. Pour ce dernier point, un non-salarié peut en effet arbitrer entre une rémunération sous forme de revenu d’activité, avec les charges sociales induites, et une rémunération sous forme de dividendes, imposables au titre de l’impôt sur le revenu des personnes physiques.

Figure 3 – De fortes disparités de revenusDispersion des revenus mensuels d’activité déclarés par les non-salariés exclusifs dans les métiers les plus présentes (en €)

De fortes disparités de revenus
1er décile médiane 9e décile Rapport interdécile
Commerce de détail hors magasin 183 1 028 3 111 17
Coiffure et soins de beauté 597 1 414 2 727 5
Hébergement et restauration 495 1 546 3 784 8
Métiers de bouche 684 1 931 4 536 7
Industrie (hors artisanat commercial) 491 2 239 6 266 13
Commerce et réparation d'automobiles 712 2 337 5 388 8
Ensemble 667 2 368 7 023 11
Construction 888 2 369 5 408 6
Architecture, ingénierie 675 2 645 6 981 10
Commerce de gros 530 2 650 8 074 15
Professions paramédicales 1 519 3 135 5 435 4
Activités juridiques et comptables 1 744 5 497 16 171 9
Médecins et dentistes 2 716 6 846 14 746 5
  • Source : Insee, base non-salariés

Figure 3 – De fortes disparités de revenusDispersion des revenus mensuels d’activité déclarés par les non-salariés exclusifs dans les métiers les plus présentes (en €)

Les micro-entrepreneurs représentent près d’un quart des non-salariés

L’instauration à compter de 2009 du régime de l’auto-entreprise a généré une forte hausse des effectifs d’entrepreneurs. Le régime de l’auto-entreprise, désigné par micro-entreprise depuis 2014, concerne 23 % des non-salariés bretons (28 % au niveau national). Ce taux est beaucoup plus élevé dans certains secteurs, par exemple dans le commerce de détail hors magasin (sur les marchés, à distance ou en vente directe) ou dans l’enseignement, pour lesquels il dépasse 60 %. Pour ces micro-entrepreneurs, l’investissement nécessaire au démarrage d’une activité est en général faible, facilitant la création d’entreprise.

Cumuler deux emplois en salarié et non salarié : l’effet du régime particulier des micro-entrepreneurs

Les situations de polyactivité correspondent à des personnes exerçant, chaque semaine ou au cours de l’année, à la fois une activité indépendante et une activité salariée. En Bretagne, cette situation concerne 21 % des non-salariés. Au sein des polyactifs, on observe davantage de micro-entrepreneurs, de jeunes chefs d’entreprise et des non-salariés avec de faibles revenus.

Alors que la part de ces polyactifs s’établit à 14 % parmi les autres non-salariés, elle atteint 44 % parmi les micro-entrepreneurs. Pour ceux-ci, la polyactivité reste élevée quel que soit l’âge (figure 4). Cette différence entre non-salariés classiques et micro-entrepreneurs s’explique par les faibles revenus constatés en moyenne dans les micro-entreprises : 400 euros par mois en 2014, contre 3 100 pour les autres non-salariés bretons. Un micro-entrepreneur sur quatre gagne moins de 63 euros par mois, la moitié moins de 228 euros et un sur dix au moins 1 104 euros. Le faible revenu des micro-entrepreneurs résulte pour partie des plafonds imposés sur les chiffres d’affaires pour bénéficier de ce régime, mais aussi du fait qu’il s’agit souvent d’une activité d’appoint ou de transition. Le revenu d’activité global de ces micro-entrepreneurs polyactifs, y compris les salaires, atteint près de 1 800 euros mensuels en 2014. Une faible part (18 %) provient de leur activité non salariée. Quant aux 17 000 micro-entrepreneurs n’exerçant pas d’activité salariée, ils ont perçu en moyenne 500 euros par mois, auxquels il faut ajouter d’éventuelles prestations sociales (chômage, RSA).

Figure 4 – La polyactivité est plus fréquente parmi les jeunes non-salariésTaux de polyactivité des non-salariés bretons (en %)

La polyactivité est plus fréquente parmi les jeunes non-salariés
Régime Âge Non-salariés Polyactifs Taux de polyactivité (en %)
Micro-entrepreneurs moins de 30 ans 4 695 2 542 54
Micro-entrepreneurs 30-39 ans 7 923 3 976 50
Micro-entrepreneurs 40-49 ans 8 265 3 862 47
Micro-entrepreneurs 50-59 ans 6 050 2 264 37
Micro-entrepreneurs 60 ans ou plus 3 533 623 18
Micro-entrepreneurs Ensemble 30 466 13 267 44
Non-salariés classiques moins de 30 ans 5 458 1 625 30
Non-salariés classiques 30-39 ans 21 230 3 527 17
Non-salariés classiques 40-49 ans 33 371 4 165 12
Non-salariés classiques 50-59 ans 30 095 3 303 11
Non-salariés classiques 60 ans ou plus 10 683 1 092 10
Non-salariés classiques Ensemble 100 837 13 712 14
Ensemble des non-salariés moins de 30 ans 10 153 4 167 41
Ensemble des non-salariés 30-39 ans 29 153 7 503 26
Ensemble des non-salariés 40-49 ans 41 636 8 027 19
Ensemble des non-salariés 50-59 ans 36 145 5 567 15
Ensemble des non-salariés 60 ans ou plus 14 216 1 715 12
Ensemble des non-salariés Ensemble 131 303 26 979 21
  • Source : Insee, base non-salariés

Figure 4 – La polyactivité est plus fréquente parmi les jeunes non-salariésTaux de polyactivité des non-salariés bretons (en %)

Plus les revenus sont faibles, plus le taux de polyactivité est élevé. À titre d’illustration, ce dernier est de 35 % pour les non-salariés (micro-entrepreneurs ou non) gagnant moins de 1 000 euros en moyenne chaque mois et de 10 % pour ceux percevant plus de 5 000 euros.

La jeunesse de l’entreprise joue sur le cumul d’emplois salarié et non salarié : le taux de polyactivité est en effet trois fois plus élevé dans les structures de moins de 3 ans que dans les plus anciennes. Ce taux diminue ensuite avec l’âge de l’entreprise. Ce résultat concerne plus particulièrement les micro-entrepreneurs, pour lesquels le taux de polyactivité s’élève 56 % parmi les structures de moins de 3 ans, comparé à 35 % pour les structures plus âgées.

Les moins de 30 ans sont plus présents parmi les micro-entrepreneurs (15 %) qu’au sein des entrepreneurs classiques (5 %). La polyactivité est particulièrement élevée parmi les jeunes actifs puis se réduit fortement quand l’âge augmente, surtout pour les non-salariés classiques (entrepreneurs individuels ou gérants de société). Chez les micro-entrepreneurs, la polyactivité reste majoritaire jusqu’à 40 ans et dépasse encore 40 % à l’âge de 55 ans. La polyactivité des jeunes non salariés résulte vraisemblablement plus de revenus trop faibles que d’un choix délibéré.

Certains métiers sont plus propices à la polyactivité

La fréquence de la polyactivité dépend également du secteur d’activité (figure 5). L’exercice parallèle d’une activité salariée est très fréquent (plus de 40 %) pour les non-salariés exerçant dans l’enseignement, notamment l’enseignement du sport et dans les métiers de la culture, les activités artistiques et récréatives ou certains métiers particuliers de la santé (tels que psychologues, sophrologues ou diététiciens…). Pour l’essentiel, leurs activités salariée et non salariée se situent dans le même domaine. La polyactivité vaut aussi pour les métiers de l’information et de la communication, dans lesquels près de 40 % des non-salariés sont également salariés. Ces polyactifs peuvent donc valoriser leur compétence dans deux structures différentes. Dans ces secteurs, la création d’entreprise est vraisemblablement aidée par la prédominance du capital immatériel (connaissances) sur le capital matériel. Les nouveaux accès au travail s’appuyant en premier lieu sur les techniques numériques ont pu faciliter également ces changements, rendant plus floue la frontière entre le salariat et le non-salariat. Le cumul de deux types d’emploi concerne moins les autres professions. Seul un quart des médecins libéraux exerce également en tant que salariés. Le taux de polyactivité est de 12 % pour les entrepreneurs du BTP. Cependant, il existe aussi des non-salariés dirigeant plusieurs entreprises, mais ce type de polyactivité n’est pas décelable par la source utilisée (Sources).

Figure 5 – Le taux de polyactivité varie de 5 % à 54 % selon le secteurTaux de polyactivité des non-salariés par secteur professionnel (en %)

Le taux de polyactivité varie de 5 % à 54 % selon le secteur
Polyactifs Non-salariés Taux de polyactivité (en %)
Enseignement 2 302 4 276 53,8
Arts spectacles et activités récréatives 1 211 2 548 47,5
Autres services de santé et action sociale 1 239 2 899 42,7
Information et communication 975 2 546 38,3
Conseil de gestion 973 2 590 37,6
Autres activités spécialisées (scientifiques et techniques) 1 100 2 971 37,0
Autres services personnels 1 440 4 466 32,2
Services administratifs et de soutien 994 3 186 31,2
Médecins et dentistes 1 939 7 915 24,5
Commerce de détail hors magasin 1 148 4 960 23,1
Industrie (hors artisanat commercial) 1 488 6 625 22,5
Architecture, ingénierie 665 3 011 22,1
Commerce de gros 558 3 051 18,3
Activités immobilières 285 1 681 17,0
Coiffure et soins de beauté 801 4 807 16,7
Autres activités de transport et entreposage 225 1 374 16,4
Commerce et réparation d'automobiles 435 2 946 14,8
Activités financières et d'assurance 211 1 491 14,2
Professions paramédicales 1 635 11 585 14,1
Activités juridiques et comptables 316 2 344 13,5
Hébergement et restauration 1 541 12 012 12,8
Commerce de détail en magasin 1 185 9 299 12,7
Construction 2 207 18 510 11,9
Taxis (y compris VTC) 102 944 10,8
Métiers de bouche 344 3 446 10,0
Vétérinaires 60 621 9,7
Commerce pharmaceutique 69 1 359 5,1
  • Source : Insee, base non-salariés

Figure 5 – Le taux de polyactivité varie de 5 % à 54 % selon le secteurTaux de polyactivité des non-salariés par secteur professionnel (en %)

Vers une polyactivité accrue ?

Les motivations comme les situations individuelles des polyactifs sont multiples : certains cherchent dans l’activité salariée le bénéfice d’une meilleure couverture sociale 1 ou d’une source de revenu plus régulière ; pour d’autres, l’activité secondaire, qu’elle soit salariée ou non salariée, ne représente qu’une activité d’appoint, pour compléter le revenu principal non salarié ou salarié. Par ailleurs, certains salariés visent à créer leur entreprise, pour devenir des acteurs économiques plus autonomes. La révolution numérique et la libéralisation du marché du transport de personnes ont permis à certaines entreprises de mettre en œuvre de nouvelles formes de contrats de travail, intermédiaires entre salariat et non-salariat. Par le biais de l’évolution technologique (télétravail, plateformes collaboratives) et l’évolution institutionnelle, d’autres voies de diversification émergent, mais ne sont pas encore visibles dans les sources statistiques. Le monde du travail est en pleine mutation, notamment en termes de formes d’emploi ; les frontières entre travail salarié et non salarié ont ainsi tendance à se réduire.

1- À ce titre, il est à noter qu’au 1er janvier 2018, le Régime Social des Indépendants (RSI) sera fusionné au régime général.

Encadrés

La sphère des non-salariés agricoles

Fin 2013, 36 800 actifs non salariés bretons travaillent dans la sphère agricole (y compris dans la sylviculture et la pêche). Un tiers d’entre eux sont des entrepreneurs individuels, les autres sont des gérants de société.

Le nombre d’emplois non salariés agricoles poursuit sa chute depuis plusieurs décennies. Le secteur agricole représentait 46 % des emplois non salariés bretons en 1989. Vingt-cinq ans plus tard, cette part a diminué de moitié (23 %). Toutefois, sur ce critère, la Bretagne se situe encore au deuxième rang national derrière la Bourgogne-Franche-Comté (23,5 %).

Le revenu moyen des non-salariés agricoles bretons s’élève à 1 430 euros en 2013 et 17 % des cotisants déclarent un résultat nul ou négatif.

La polyactivité est moins fréquente chez les agriculteurs bretons : seuls 9 % d’entre eux exercent simultanément une activité salariée, contre 14 % au niveau national, ce qui s’explique par le fait que la Bretagne n’est pas positionnée sur des productions propices à la polyactivité, telles que la vigne ou les céréales.

Figure 6 – Répartition des non-salariés agricoles par secteur

en %
Répartition des non-salariés agricoles par secteur
Bretagne France
culture de céréales 14,2 25,1
culture de légumes 5,5 2,8
autres cultures dont vigne 1,4 14
élevage vache laitières 34,4 15,3
élevage de porcins 8,3 1,6
élevage de volailles 6,3 2,6
autres élevages herbivores 8,2 21,8
culture et élevage associés 17,9 11,6
autres productions 3,7 5,2
Ensemble MSA 100 100
  • Source : Insee, MSA 2013

Figure 6 – Répartition des non-salariés agricoles par secteur

Figure 7 – Taux de polyactivité par secteur

Taux de polyactivité par secteur
Nombre de non-salariés Nombre de polyactifs Taux de polyactivité (en %)
France Bretagne France Bretagne France Bretagne
culture de céréales 112 353 5 245 22 923 919 20,4 17,5
culture de légumes 11 801 2 031 929 83 7,9 4,1
autres cultures dont vigne 59 474 303 9 167 38 15,4 12,5
élevage vache laitières 62 968 12 656 4 788 806 7,6 6,4
élevage de porcins 6 600 3 067 663 298 10,0 9,7
élevage de volailles 10 809 2 315 1 284 255 11,9 11,0
autres élevages herbivores 93 939 3 007 14 262 434 15,2 14,4
culture et élevage associés 49 131 6 600 5 717 504 11,6 7,6
autres productions 22 330 1 586 2 243 124 10,0 7,8
Ensemble 429 405 36 810 61 976 3 461 14,4 9,4
  • Source : Insee, MSA 2013

Figure 7 – Taux de polyactivité par secteur en France

Les revenus des femmes non salariées inférieurs d’un quart

En 2014 et hors micro-entreprises, les femmes exclusivement non salariées gagnent en moyenne 2 641 euros par mois, soit 845 euros de moins que leurs homologues masculins. Le revenu des femmes est ainsi inférieur d’un quart (24 %) à celui des hommes. Cet écart de revenu peut s’expliquer par différents facteurs : un volume de travail moins important, le fait qu’elles soient plus jeunes que les hommes (notamment dans les professions libérales les plus qualifiées : professionnels du droit, architectes, médecins), mais aussi du fait qu’elles dirigent des entreprises de plus petite taille et enfin qu’elles soient surreprésentées dans des secteurs moins rémunérateurs. Le secteur de la santé s'affiche comme le plus féminisé mais également comme l'un des plus inégalitaires en matière de revenus. Les écarts de revenus entre femmes et hommes sont plus importants dans les professions libérales à hauts revenus.

Pour comprendre

La méthode utilisée pour calculer les déterminants de la polyactivité est la régression. Seules les variables significatives ont été retenues (méthode stepwise) : le statut, l’âge et le genre du non-salarié, le secteur d’activité, le revenu et l’ancienneté de l’entreprise.

Sources

La base « non-salariés » est issue de deux sources administratives, gérées par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) et par la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (CCMSA). Ces deux organismes collectent les cotisations sociales et la CSG-CRDS assises sur les rémunérations des non-salariés. La base non-salariés est appariée aux déclarations annuelles de données sociales (DADS) pour fournir des informations sur le cumul d’activités salariées et non-salariées. Les estimations d’emploi localisées servent par ailleurs à calculer la part des emplois non salariés dans l’emploi total.

Définitions

Non-salariés : selon le Code de la sécurité sociale, les indépendants ou non-salariés se distinguent des salariés par l'absence de contrat de travail, et par le fait qu'ils n'ont pas de lien de subordination juridique permanente à l'égard d'un donneur d'ordre. Sont concernés, d’une part, les micro-entrepreneurs et, d’autre part, les non-salariés ou indépendants « classiques ». Ces derniers sont pour l’essentiel des entrepreneurs individuels ou des gérants majoritaires de sociétés à responsabilité limitée. Les dirigeants « assimilés salariés » (gérants minoritaires de SARL, dirigeants de sociétés par actions simplifiées, de sociétés anonymes…) ne font pas partie du champ. Tous les polyactifs (percevant à la fois des revenus d’activité salariaux et non salariaux) sont pris en compte en termes d’emplois, y compris ceux exerçant à titre principal une activité salariée.

Auto-entreprenariat, micro-entrepreneuriat : régime mis en place au 1er janvier 2009, accessible si le chiffre d’affaires reste au-dessous de seuils fixés, qui offre des formalités de création d’entreprise allégées ainsi qu’un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations et contributions sociales. Le régime a été requalifié de micro-entrepreneuriat le 19 décembre 2014. Un micro-entrepreneur est économiquement actif s’il a déclaré un chiffre d’affaires positif dans l’année ou, en cas d’affiliation en cours d’année, s’il a déclaré au moins un chiffre d’affaires positif au cours des quatre trimestres suivant l’affiliation.

Revenu d’activité : rémunération issue de l’activité non salariée, déduction faite des cotisations sociales payées dans l’année mais pas des contributions sociales (CSG, CRDS). En cas d’exercice déficitaire, le bénéfice des entrepreneurs individuels est considéré comme nul. Le revenu est calculé pour les non-salariés en activité au 31 décembre et rapporté à la durée d’affiliation dans l’année. Ce revenu peut correspondre à une activité à temps complet ou à temps partiel. Les indépendants classiques n’ayant pas déclaré leur revenu font l’objet d’une taxation d’office par l’Acoss pour le recouvrement des cotisations. Ils sont pris en compte dans les effectifs, mais pas dans les indicateurs de revenus. Le revenu d’activité des micro-entrepreneurs s’obtient à partir du chiffre d’affaires déclaré, après abattements pour frais professionnels.

Pour en savoir plus

Le revenu d’activité des non-salariés : plus élevé en moyenne dans les départements du nord que dans ceux du sud, C.Bertran. - Dans : Insee Première ; n° 1672 (2017, novembre) – 4 p.

Emploi et revenus des indépendants, Dans : Insee Références, édition 2015.

Revenus d’activité des non-salariés en 2014 – Hausse pour les indépendants « classiques », baisse pour les auto-entrepreneurs, L. Salembier et G. Théron. - Dans : Insee Première ; n° 1627 (2016, décembre) – 4 p.

Auto-entrepreneurs immatriculés en 2010 : cinq ans après, moins d’un quart sont encore actifs, D. Richet. - Dans : Insee Première ; n° 1666 (2017, septembre) – 4 p.

Dares : « L’économie des plateformes : enjeux pour la croissance, le travail, l’emploi et les politiques publiques », Document d’études n° 213, août 2017