Le commerce de gros de biens domestiquesUn tiers de la valeur ajoutée des grossistes

Benoît Trinquier, division Commerce, Insee

Les grossistes en biens domestiques réalisent le cinquième des ventes de marchandises du commerce de gros, mais ils dégagent le tiers de sa marge commerciale et de sa valeur ajoutée. Leur activité a été plus dynamique que celle des autres grossistes entre 2005 et 2014. Ils contribuent davantage aux exportations que les autres grossistes et s’approvisionnent nettement plus à l’étranger. Le commerce de biens domestiques est dominé par les groupes, en particulier dans le commerce de produits pharmaceutiques.

Le premier secteur grossiste pour la valeur ajoutée

Le commerce de gros de biens domestiques est l’un des plus gros secteurs du commerce de gros (intermédiaires compris). Il couvre l’ensemble des biens manufacturés destinés spécifiquement aux ménages, de l’habillement à la pharmacie, en passant par l’électroménager ou la parfumerie. En 2014, ses ventes s’établissent à 143 milliards d’euros, soit un cinquième des ventes des grossistes (figure 1). C’est sur ce plan le deuxième secteur du commerce de gros, derrière le secteur alimentaire (intermédiaires compris). Mais c’est le premier secteur pour la marge commerciale et la valeur ajoutée (un tiers du commerce de gros) et, surtout, pour l’excédent brut d’exploitation (la moitié du commerce de gros).

Figure 1 - Poids du commerce de gros de biens domestiques dans le commerce de gros en 2014

Figure 1 - Poids du commerce de gros de biens domestiques dans le commerce de gros en 2014
Poids en %
Nombre d'entreprises 15,7
Effectifs salariés 20,5
Ventes en valeur 19,4
Échanges extérieurs 22,8
Marge commerciale 34,3
Valeur ajoutée 32,4
Excédent brut d'exploitation 48,1
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes du commerce et Clap.

Figure 1 - Poids du commerce de gros de biens domestiques dans le commerce de gros en 2014

Au sein du commerce de gros de biens domestiques, les négociants en produits pharmaceutiques réalisent 41 % des ventes en 2014 (figure 2). Les négociants en équipement de la personne (habillement, parfumerie, horlogerie et bijouterie) pèsent pour 24 % des ventes et ceux en équipement de la maison (textile, électroménager, vaisselle et produits d’entretien, meubles) pour 14 %. Enfin, les autres grossistes en biens domestiques (livres, maroquinerie, articles de sport, etc.) réalisent 21 % des ventes.

Figure 2 - Répartition des ventes en valeur du commerce de gros de biens domestiques par secteur en 2014

en %
Figure 2 - Répartition des ventes en valeur du commerce de gros de biens domestiques par secteur en 2014
2014
Produits pharmaceutiques 41,0
Habillement, chaussures 11,9
Parfumerie 11,1
Horlogerie, bijouterie 1,2
Meubles, tapis et éclairage 1,0
Électroménager 8,1
Vaisselle, produits d'entretien 2,6
Textile 1,8
Autres biens domestiques* 21,3
Total 100,0
  • * Articles métalliques de table, ouvrages en bois, cycles, papeterie, livres, périodiques, maroquinerie, instruments de musique, jeux et articles de sport.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes du commerce.

Figure 2 - Répartition des ventes en valeur du commerce de gros de biens domestiques par secteur en 2014

Sur dix ans, un secteur plus dynamique que l’ensemble du commerce de gros

Entre 2005 et 2014, les ventes des grossistes en biens domestiques progressent davantage que celles du commerce de gros dans son ensemble, en valeur et surtout en volume (+ 26 % contre + 5 %). En particulier, l’impact de la crise de 2008 y est plus modéré grâce à la bonne tenue de l’activité de l’équipement de la personne et des produits pharmaceutiques. Le commerce de gros de biens domestiques suit une tendance assez proche de celle de la consommation des ménages en produits manufacturés (hors produits liés à l’automobile), mais apparaît plus volatile.

Entre 2005 et 2014, le dynamisme du commerce de médicaments se traduit par une forte progression de la part de ses ventes dans le commerce de gros de biens domestiques (figure 3). Toutefois, la baisse des prix des médicaments atténue la progression des ventes en valeur. Le commerce de gros de la parfumerie bénéficie, quant à lui, d’une légère augmentation des volumes, combinée à celle des prix.

À l’inverse, en valeur comme en volume, le commerce de gros de biens d’équipement de la maison regroupe les secteurs les moins dynamiques. L’électroménager et, dans une moindre mesure, les meubles et le textile perdent du poids dans les ventes des grossistes en biens domestiques. Enfin, la vaisselle, la verrerie, les produits d’entretien ainsi que l’horlogerie et la bijouterie représentent une part stable des ventes.

Figure 3 - Évolution de la part des secteurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques entre 2005 et 2014

en points de %
Figure 3 - Évolution de la part des secteurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques entre 2005 et 2014
Valeur Volume
Électroménager -4,6 -3,4
Meubles, tapis et éclairage -1,0 -1,1
Textile -0,7 -1,0
Horlogerie, bijouterie -0,1 -0,4
Vaisselle, produits d'entretien 0,2 -0,1
Habillement, chaussures 0,8 -0,9
Autres biens domestiques* 1,5 -2,4
Parfumerie 2,4 1,0
Produits pharmaceutiques 1,6 8,2
  • * Voir note * de la figure 2.
  • Lecture : entre 2005 et 2014, la part des ventes des grossistes en textile au sein du commerce de gros de biens domestiques perd 0,7 point en valeur et 1 point en volume (aux prix de 2005).
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Comptes du commerce.

Figure 3 - Évolution de la part des secteurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques entre 2005 et 2014

Le premier contributeur aux échanges extérieurs du commerce de gros

Au sein du commerce de gros, le négoce de biens domestiques est le premier contributeur aux échanges extérieurs. En 2014, les grossistes en biens domestiques importent 42 % de leurs achats et exportent 19 % de leurs ventes.

Sur le marché intérieur, ils vendent principalement aux centrales d’achat et aux autres grossistes (figure 4). Plus de 60 % des ventes des grossistes en parfumerie, électroménager et textile sont ainsi réalisées auprès de cette clientèle. Les détaillants représentent également un débouché important des grossistes en biens domestiques (35 % de leur chiffre d'affaires). C’est notamment le cas en horlogerie et bijouterie, où 61 % des ventes des grossistes sont destinées aux détaillants. En revanche, les grossistes en biens domestiques approvisionnent peu les producteurs.

Figure 4 - Part des différents clients intérieurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques en 2014

en %
Figure 4 - Part des différents clients intérieurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques en 2014
Grossistes, centrales d'achats Détaillants Collectivités et autres clients Producteurs Particuliers Total
Horlogerie, bijouterie 22,7 60,9 0,4 9,1 6,9 100,0
Produits pharmaceutiques 32,7 41,1 23,3 2,2 0,7 100,0
Autres biens domestiques* 41,4 30,3 11,8 8,0 8,6 100,0
Meubles, tapis et éclairage 43,6 24,5 9,3 13,7 8,9 100,0
Habillement, chaussures 43,7 42,2 4,2 1,9 8,0 100,0
Vaisselle, produits d'entretien 48,8 5,6 35,6 8,5 1,5 100,0
Textile 62,7 18,7 5,4 11,5 1,6 100,0
Électroménager 66,9 26,2 2,4 1,8 2,7 100,0
Parfumerie 69,0 18,8 4,8 4,4 3,1 100,0
Biens domestiques 42,1 34,9 15,5 4,0 3,6 100,0
Commerce de gros 28,3 31,5 10,3 25,6 4,3 100,0
  • * Voir note * de la figure 2.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Ésane et comptes du commerce.

Figure 4 - Part des différents clients intérieurs dans les ventes du commerce de gros de biens domestiques en 2014

Un secteur de plus en plus concentré, dominé par les groupes

En 2014, le commerce en biens domestiques regroupe 16 % des entreprises du commerce de gros et 21 % de ses effectifs salariés. Le secteur des produits pharmaceutiques est le plus gros employeur (31 % des effectifs), suivi par celui des autres biens domestiques (25 %) et l’habillement (16 %).

Comme dans l’ensemble du commerce de gros, la concentration progresse dans le secteur des biens domestiques. Elle se situe à un niveau comparable à celui de l’ensemble du commerce de gros : 7,5 % des entreprises réalisent 90 % du chiffre d'affaires du secteur en 2014 (contre 8,9 % en 2010). Selon ce critère, les commerces de gros en produits pharmaceutiques ainsi qu’en parfumerie et produits de beauté sont les plus concentrés.

Si seulement 16 % des grossistes en biens domestiques appartiennent à un groupe de sociétés, ils réalisent une très large part du chiffre d’affaires de leur secteur (90 % ; figure 5). Cette part est particulièrement élevée dans le commerce de gros de produits pharmaceutiques et dans celui de la parfumerie (respectivement 97 % et 94 %). Au sein du commerce de gros, les négociants en biens domestiques sont enfin parmi ceux qui comptent le plus de centres de décision de nationalité étrangère (30 % d’entre eux).

Figure 5 - Poids des groupes par secteur du commerce de gros de biens domestiques en 2014

en %
Figure 5 - Poids des groupes par secteur du commerce de gros de biens domestiques en 2014
Part des unités légales Part du chiffre d'affaires
Textile 14,2 60,9
Habillement, chaussures 10,1 80,7
Électroménager 27,3 87,9
Vaisselle, produits d'entretien 24,8 87,1
Parfumerie 16,4 94,4
Produits pharmaceutiques 29,3 96,6
Meubles, tapis et éclairage 12,9 63,8
Horlogerie, bijouterie 15,2 83,7
Autres biens domestiques* 15,1 83,2
Biens domestiques 16,4 89,5
Commerce de gros 14,4 83,1
  • * Voir note * de la figure 2.
  • Lecture : en 2014, les groupes représentent 16,4 % des grossistes en biens domestiques et génèrent 89,5 % du chiffre d'affaires de leur secteur.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Lifi et Ésane.

Figure 5 - Poids des groupes par secteur du commerce de gros de biens domestiques en 2014

Sources

Cette étude s’appuie sur trois sources :

  • les comptes du commerce, dont les résultats de 2014, définitifs, sont issus des statistiques structurelles d’entreprises (Ésane) ;
  • le système d’information Clap (Connaissance locale de l’appareil productif) ;
  • les liaisons financières entre sociétés (Lifi).

Définitions

Les biens domestiques sont des produits manufacturés destinés in fine aux ménages.

Le « commerce de gros de biens domestiques » est décrit dans le groupe 46.4 de la nomenclature d’activités française (NAF rév. 2).

Les ventes désignent ici uniquement les ventes de marchandises, revendues en l’état sans transformation.

L'entreprise désigne ici l’unité légale.

Pour en savoir plus

Andrieux V. et al., « La situation du commerce en 2016 (éd. juin) – Rapport établi pour la Commission des Comptes Commerciaux de la Nation  », Documents de travail n° E2017/04, Insee, juin 2017.

Andrieux V. et al., « Le commerce en 2016 - La reprise amorcée en 2014 ne se dément pas », Insee Première n° 1655, juin 2017.

Cayssials J.-L., Kremp É., Ranvier M., « 370 firmes multinationales au cœur de la pharmacie en France », Insee Première n° 1596, mai 2016.