Une population vieillissanteÉvolutions démographiques depuis 60 ans 

Sébastien Ajir, Ravi Baktavatsalou et Sébastien Seguin, Insee

Au 1er janvier 2016, 851 000 personnes résident à La Réunion. Depuis la fin des années 2000, la population augmente moins vite qu’auparavant, en raison de départs maintenant plus nombreux que les arrivées et d’un solde naturel en légère baisse. Largement positif en raison d’une fécondité bien plus élevée qu’en métropole, le solde naturel reste le moteur de la démographie réunionnaise (+ 9 500 personnes en 2015). Si la fécondité des femmes a fortement baissé depuis le début des années 1950, elle se stabilise depuis 1990. En parallèle, l’espérance de vie a fortement progressé : depuis 60 ans, elle augmente chaque année de six mois en moyenne. À la naissance, les hommes ont une espérance de vie de 77 ans et les femmes de 84 ans, soit deux ans de moins qu’en métropole. La mortalité des hommes est plus forte et plus précoce que celle des femmes : la moitié d’entre eux ont moins de 69 ans au moment de leur décès contre 80 ans pour les femmes.

Le visage de la population réunionnaise s’est ainsi considérablement transformé depuis la départementalisation en 1946. Si La Réunion reste un territoire jeune en comparaison des autres départements français, sa population vieillit. La part des personnes de 60 ans ou plus triple de la fin des années 1960 à nos jours.

Une population vieillissante

La population de La Réunion est estimée à 851 000 habitants au 1er janvier 2016. De 2009 à 2016, la population augmente de 0,6 % par an en moyenne, plus vite qu’en métropole (+ 0,5 %). Néanmoins, la population progresse deux à trois fois moins vite qu’au cours des dernières décennies : elle augmentait de 1,5 % par an entre 1999 et 2009 et de 1,9 % par an entre 1990 et 1999 (figure 1).

Figure 1 – La population augmente moins vite depuis la fin des années 2000Evolution et décomposition du taux d'accroissement annuel de la population de La Réunion

en %
Figure 1 – La population augmente moins vite depuis la fin des années 2000
Taux de variation annuel Taux de variation annuel dû au solde naturel Taux de variation annuel dû au solde apparent des entrées-sorties
1962-1968 2,97 3,31 -0,34
1968-1975 1,95 2,43 -0,49
1975-1982 1,07 1,96 -0,89
1982-1990 1,86 1,79 0,07
1990-1999 1,87 1,58 0,29
1999-2009 1,49 1,41 -0,09
2009-2016 0,60 1,17 -0,58
  • Source : Insee, Recensements de la population - Etat civil.

Figure 1 – La population augmente moins vite depuis la fin des années 2000Evolution et décomposition du taux d'accroissement annuel de la population de La Réunion

Des départs à présent plus nombreux que les arrivées

Plus de personnes quittent La Réunion qu’il n’en arrivent. Ce solde migratoire (définitions) négatif atténue la croissance de la population. Toutefois, entre La Réunion et la métropole, le solde migratoire est uniquement négatif pour les personnes âgées de 15 à 24 ans. Entre 2012 et 2016, 3 700 jeunes partent ainsi chaque année pour 1 600 arrivées, soit un solde migratoire de - 2 100 jeunes en moyenne par an. Les politiques locales d’accompagnement soutiennent la mobilité des étudiants réunionnais. À l’inverse, le solde migratoire est nul ou légèrement positif aux autres âges. Il est quasi nul pour les enfants jusqu’à 16 ans, ainsi que pour les retraités. Pour les personnes de 25 à 59 ans, les installations sont un peu plus nombreuses que les départs (+ 1 000 personnes par an). Le solde migratoire est également négatif avec l’étranger, tandis qu’il est quasiment nul avec l’ensemble des quatre autres DOM.

Néanmoins, le solde migratoire est moins déficitaire que dans les années 1970, période au cours de laquelle l’État a mené une politique incitative d’émigration vers la métropole. Il s’agissait alors de répondre aux difficultés d’insertion professionnelle des jeunes qui arrivaient nombreux sur un marché du travail ne pouvant pas tous les accueillir.

Le solde migratoire s’inverse au cours des années 1980 et reste légèrement positif jusqu’au milieu des années 2000. Deux effets se conjuguent sur cette période. D’une part, les natifs de l’île sont moins nombreux à partir en métropole : crise économique et croissance du chômage y rendent plus difficile l’insertion professionnelle. D’autre part, le nombre d’arrivants ne cesse d’augmenter du fait de besoins croissants en main-d’oeuvre qualifiée, notamment dans les services.

Le solde naturel reste donc le moteur de la démographie avec des naissances toujours plus nombreuses que les décès. Toutefois, il baisse légèrement en 2015 pour s’établir à 9 500. En effet, les naissances sont relativement constantes au-delà de 14 000 par an depuis le début des années 2000. À l’inverse les décès augmentent plus rapidement sur les dernières années, sous l’effet de l’arrivée aux âges élevés des générations importantes nées au cours du baby-boom des années 1950 à La Réunion (figure 2).

Figure 2 – Un solde naturel très élevéEvolution du nombre de naissances, de décès et du solde naturel à La Réunion depuis 1946

nombre
Figure 2 – Un solde naturel très élevé
Décès Naissances
1946 4 985 9 021
1947 5 183 9 893
1948 6 898 9 932
1949 4 690 10 832
1950 5 570 11 714
1951 4 653 11 684
1952 4 677 13 231
1953 4 444 13 597
1954 4 064 13 613
1955 4 394 14 082
1956 3 746 14 129
1957 4 364 14 484
1958 4 594 14 271
1959 4 422 14 388
1960 3 892 14 856
1961 4 001 15 205
1962 4 121 15 937
1963 4 058 16 482
1964 3 960 16 681
1965 3 806 16 869
1966 4 824 16 683
1967 3 586 16 013
1968 3 763 15 827
1969 3 854 15 153
1970 3 663 13 437
1971 3 494 14 432
1972 3 391 13 740
1973 3 377 13 287
1974 3 119 13 425
1975 3 182 13 288
1976 3 076 12 818
1977 3 092 12 507
1978 3 098 11 946
1979 2 982 12 413
1980 3 237 12 272
1981 3 135 11 838
1982 3 048 11 964
1983 3 280 12 496
1984 3 079 13 129
1985 3 055 13 174
1986 3 065 12 797
1987 3 090 12 599
1988 3 163 13 561
1989 3 307 13 898
1990 3 153 13 877
1991 3 412 14 071
1992 3 347 14 197
1993 3 205 13 388
1994 3 089 13 289
1995 3 135 13 053
1996 3 565 13 047
1997 3 553 13 712
1998 3 731 13 538
1999 3 825 13 741
2000 3 836 14 594
2001 3 829 14 541
2002 4 004 14 789
2003 4 022 14 427
2004 3 884 14 545
2005 4 255 14 610
2006 4 323 14 495
2007 3 974 14 808
2008 4 115 14 927
2009 4 109 14 299
2010 4 221 14 146
2011 4 001 14 123
2012 4 167 14 288
2013 4 258 14 002
2014 4 355 14 095
2015 4 531 14 011
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 2 – Un solde naturel très élevéEvolution du nombre de naissances, de décès et du solde naturel à La Réunion depuis 1946

Au final, le taux de variation annuelle de la population dû au solde naturel ne cesse de diminuer : il était supérieur à 3 % par an dans les années 1960, s’établissait à 1,6 % par an dans les années 1990 et est en 2015 de 1,1 %. En effet, si le solde naturel est constant ou en légère baisse, il s’applique à une population réunionnaise qui ne cesse d’augmenter.

La fécondité est stable depuis 1990

En 2015, à La Réunion, le nombre d’enfants par femme en âge de procréer se stabilise à 2,46 (figure 3). Il baisse très fortement à partir du début des années 1950. En 1955, l’indicateur conjoncturel de fécondité s’élevait à 7 enfants par femme contre 3 en métropole. La fécondité des femmes réunionnaises entame ensuite une diminution continue pour atteindre le seuil de 3 enfants par femme en 1980, puis 2,5 au début des années 1990. Les transformations profondes de la société et de l’économie réunionnaises depuis la départementalisation de 1946 expliquent la baisse de la fécondité.

Depuis 1990, la fécondité des femmes réunionnaises est stable, à un niveau relativement élevé par rapport à celle des femmes de métropole (1,92 en 2015). Elle est supérieure au seuil nécessaire au renouvellement des générations. La fécondité des femmes Réunionnaises est aujourd’hui comparable à celle de pays de l’Asie du Sud-Est. Avec le vieillissement de la population, le taux de natalité baisse néanmoins pour s’établir à 16,5 ‰ contre 18,7 ‰ dix ans plus tôt.

Figure 3 - De 7,0 enfants par femme à 2,5 en l’espace de 60 ansIndicateur conjoncturel de fécondité à La Réunion et en France métropolitaine de 1955 à 2015

nombre d'enfants par femme
Figure 3 - De 7,0 enfants par femme à 2,5 en l’espace de 60 ans
ICF La Réunion ICF France métropolitaine
1955 6,95 2,68
1956 6,76 2,67
1957 6,70 2,70
1958 6,42 2,68
1959 6,33 2,75
1960 6,39 2,74
1961 6,42 2,82
1962 6,54 2,80
1963 6,84 2,90
1964 6,77 2,92
1965 6,73 2,85
1966 6,48 2,80
1967 6,07 2,67
1968 5,87 2,59
1969 5,43 2,53
1970 4,62 2,48
1971 4,68 2,50
1972 4,29 2,42
1973 4,01 2,31
1974 3,88 2,11
1975 3,74 1,93
1976 3,48 1,83
1977 3,31 1,86
1978 3,10 1,82
1979 3,12 1,86
1980 3,05 1,95
1981 2,92 1,95
1982 2,86 1,91
1983 2,86 1,78
1984 2,87 1,80
1985 2,81 1,81
1986 2,66 1,83
1987 2,52 1,80
1988 2,57 1,81
1989 2,61 1,79
1990 2,56 1,78
1991 2,56 1,77
1992 2,55 1,73
1993 2,38 1,66
1994 2,35 1,66
1995 2,28 1,71
1996 2,26 1,73
1997 2,36 1,73
1998 2,30 1,76
1999 2,33 1,79
2000 2,51 1,87
2001 2,45 1,88
2002 2,41 1,86
2003 2,43 1,87
2004 2,45 1,90
2005 2,49 1,92
2006 2,44 1,98
2007 2,47 1,96
2008 2,47 1,99
2009 2,38 1,99
2010 2,36 2,02
2011 2,36 2,00
2012 2,40 1,99
2013 2,40 1,97
2014 2,45 1,97
2015 2,46 1,92
  • Sources : Insee , état civil (données domiciliées) et estimations de population.

Figure 3 - De 7,0 enfants par femme à 2,5 en l’espace de 60 ansIndicateur conjoncturel de fécondité à La Réunion et en France métropolitaine de 1955 à 2015

Les Réunionnaises ont aussi leurs enfants plus tôt, avec un âge moyen des mères à la naissance de 28,8 ans contre 30,6 ans en métropole (figure 4).L’âge moyen des mères réunionnaises à la naissance a augmenté de 0,3 an en dix ans. Entre 15 et 24 ans, la fécondité des Réunionnaises reste 2,5 fois plus élevée qu’en France métropolitaine. Mais à partir de 28 ans, elle est quasiment équivalente à celle des Métropolitaines.

Figure 4 – Une fécondité précoceFécondité par âge des hommes et des femmes en 2015 - Nombre d'enfants nés vivants pour 10 000 femmes ou hommes de l'âge considéré au 1er janvier 2016

Figure 4 – Une fécondité précoce
Âge (années) La Réunion - Femmes La Réunion - Hommes France métropolitaine - Femmes France métropolitaine - Hommes
15 39 0 5 1
16 169 6 15 2
17 332 39 38 7
18 513 67 77 17
19 755 181 150 40
20 948 291 243 75
21 1 086 440 337 128
22 1 238 663 441 191
23 1 269 939 549 272
24 1 162 1 093 691 379
25 1 311 1 321 870 508
26 1 354 1 446 1 043 671
27 1 449 1 734 1 205 844
28 1 345 1 979 1 338 1 046
29 1 268 1 701 1 413 1 211
30 1 463 1 548 1 443 1 267
31 1 255 1 509 1 418 1 332
32 1 187 1 466 1 334 1 320
33 1 116 1 384 1 209 1 301
34 992 1 334 1 070 1 198
35 817 1 333 954 1 104
36 801 1 244 828 1 047
37 668 867 678 895
38 544 881 545 774
39 421 727 438 679
40 352 631 324 567
41 233 600 229 458
42 203 433 151 378
43 104 354 94 305
44 28 340 55 243
45 31 227 29 206
46 10 141 14 164
47 13 149 6 133
48 6 129 4 107
49 5 106 2 87
50 0 92 1 72
51 2 66 0 55
52 0 50 0 47
53 0 42 0 37
54 0 36 0 29
55 0 37 0 25
56 0 18 0 20
57 0 25 0 18
58 0 15 0 14
59 0 9 0 11
60 0 13 0 9
61 0 15 0 nd
62 0 7 0 nd
63 0 13 0 nd
64 0 16 0 nd
65 0 3 0 nd
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil et estimation de population.

Figure 4 – Une fécondité précoceFécondité par âge des hommes et des femmes en 2015

En 2015, 370 enfants sont nés de mères mineures, un nombre en net recul (429 en 2014) mais qui représente encore 2,6 % des naissances contre 0,5 % en France métropolitaine. Les naissances hors mariage sont stables et représentent 76 % des naissances à La Réunion (58 % en métropole).

En 60 ans, six mois d’espérance de vie gagnés chaque année

L’espérance de vie à la naissance à La Réunion s’établit en 2015 à 77,1 ans pour les hommes et à 83,6 ans pour les femmes (figure 5). En métropole, l’espérance de vie est un peu plus élevée, pour les hommes comme pour les femmes (respectivement 79,0 et 85,1 ans).

Figure 5 – Les Réunionnaises ont une espérance de vie de 7 ans plus élevée que les RéunionnaisChiffres clés de population à La Réunion et en France métropolitaine

Figure 5 – Les Réunionnaises ont une espérance de vie de 7 ans plus élevée que les Réunionnais
La Réunion France métropolitaine
2005 2014 2015 2015
Population au 1er janvier de l'année suivante 781 962 843 529 850 996 64 604 599
Naissances vivantes 14 610 14 095 14 011 758 344
Naissances de mères mineures 612 429 370 3 439
Taux de natalité (‰) 18,7 16,8 16,5 11,8
Indicateur conjoncturel de fécondité 2,49 2,45 2,46 1,92
Décès 4 255 4 355 4 531 579 464
Taux de mortalité (‰) 5,6 5,2 5,3 9,0
Taux de mortalité infantile (‰) 7,9 7,1 6,7 3,4
Mariages enregistrés 3 115 2 771 2 827 230 364
Taux de nuptialité (‰) 3,9 3,3 3,3 3,6
Pacs 286 992 990 187 248
Divorces prononcés 1 499 1 420 1 561 120 731
Espérance de vie à la naissance (années) : - hommes 72,7 77,1 77,1 79,0
- femmes 80,5 83,7 83,6 85,1
  • Sources : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil.

Les progrès sont considérables en l’espace de 60 ans. Ainsi, en 1953, à La Réunion, un homme naissait avec une espérance de vie de 48 ans, une femme de 54 ans, soit près de 30 ans de moins que de nos jours. L’écart d’espérance de vie avec la métropole était également élevé, d’environ 16,5 ans pour les hommes comme pour les femmes (figure 6). Il était encore supérieur à trois années quel que soit le sexe il y a dix ans. Depuis le début des années 1950, la durée de vie s’est allongée en moyenne de six mois par an sur l’île. Mais elle n’a pas progressé entre 2014 et 2015. L’éradication du paludisme dès 1949, les progrès en matière d’approvisionnement alimentaire et d’hygiène, ainsi que la mise en place des infrastructures de santé ont permis ces gains d’espérance de vie. Ainsi, l’hôpital Félix-Guyon de Bellepierre est inauguré en 1957. Au début des années 1950, les infections, la malnutrition et le rachitisme étaient à l’origine de huit décès sur dix. Aujourd’hui, les causes de mortalité sur l’île sont celles des pays développés : maladies cardio-vasculaires et cancéreuses pour l’essentiel.

Figure 6 – L’espérance de vie se rapproche de celle de la métropole Espérance de vie à la naissance par sexe à La Réunion et en France métropolitaine de 1953 à 2015

Âge
Figure 6 – L’espérance de vie se rapproche de celle de la métropole
métropole Femmes métropole Hommes La Réunion Femmes La Réunion Hommes
1953 70,0 64,0 53,5 47,5
1961 74,0 67,5 61,5 54,0
1967 75,0 68,0 63,5 56,5
1974 76,5 69,0 68,0 60,0
1982 78,9 70,7 74,1 65,2
1990 81,0 72,7 78,2 68,8
2000 82,8 75,3 80,2 72,0
2010 84,6 78,0 82,4 75,4
2015 85,1 79,0 83,6 77,1
  • Sources : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil.

Figure 6 – L’espérance de vie se rapproche de celle de la métropole Espérance de vie à la naissance par sexe à La Réunion et en France métropolitaine de 1953 à 2015

La convergence des durées de vie vers celle de la métropole semble néanmoins marquer le pas. En effet, les Réunionnais souffrent plus de certaines pathologies chroniques, comme le diabète. Par ailleurs, La Réunion reste un territoire plus pauvre, ce qui constitue un frein à la hausse de l’espérance de vie : en 2010, 42 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit trois fois plus qu’en métropole.

Forte surmortalité des hommes

En 2015, 4 530 personnes sont décédées à La Réunion, soit 175 de plus qu’en 2014. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis 50 ans. Le taux de mortalité s’élève à 5,3 ‰. Il reste inférieur au niveau national (9,0 ‰), en raison de la jeunesse de la population. Cependant, le taux de mortalité standardisé, qui permet de supprimer les effets de structure par âge de la population, est supérieur à celui de la métropole avant 65 ans (2,1 ‰ contre 1,9 ‰), comme pour les plus âgés (41,0 ‰ contre 38,4 ‰ pour les 65 ans ou plus).

Les décès sont plus nombreux chez les hommes que chez les femmes (2 460 contre 2 070). L’écart de taux de mortalité entre hommes et femmes est deux fois plus élevé à La Réunion qu’en métropole (+ 1,3 point contre + 0,6 point). Les hommes meurent également plus jeunes en raison de comportements à risque (alcoolisme, accidents, etc.). La moitié d’entre eux ont moins de 69 ans au moment de leur décès contre 80 ans pour les femmes (figure 7).

Figure 7 – Une surmortalité masculineRépartition des décès par âge et par sexe en 2015 à La Réunion

nombre
Figure 7 – Une surmortalité masculine
Âge (années) Hommes Femmes
0 54 39
1 7 2
2 2 2
3 2 1
4 1
5 1
6
7 1
8 1
9 1 2
10
11
12
13 5
14
15 1 3
16 3
17 5
18 6 4
19 2 2
20 1
21 4 1
22 4 3
23 9 2
24 8
25 6
26 8 1
27 4 3
28 2 2
29 4 2
30 8 1
31 8 6
32 6 3
33 8 7
34 9 5
35 5 3
36 15 1
37 9 8
38 7 4
39 8 6
40 6 3
41 10 4
42 10 5
43 11 5
44 16 8
45 14 9
46 26 10
47 22 7
48 26 10
49 23 12
50 37 16
51 25 21
52 19 14
53 34 19
54 23 14
55 34 14
56 42 15
57 32 16
58 41 23
59 50 15
60 49 17
61 45 18
62 60 23
63 55 30
64 49 15
65 47 21
66 53 20
67 68 34
68 50 27
69 52 19
70 40 36
71 42 41
72 52 37
73 59 38
74 54 32
75 60 43
76 61 54
77 73 52
78 79 55
79 61 51
80 52 63
81 73 52
82 45 48
83 40 52
84 53 64
85 53 77
86 50 54
87 42 68
88 37 67
89 29 70
90 28 59
91 28 60
92 21 57
93 25 51
94 13 49
95 11 36
96 8 28
97 4 29
98 3 14
99 5 18
100 3 12
101 10
102 2 7
103 6
104 1
105 ou plus 1 2
  • Source: Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 7 – Une surmortalité masculineRépartition des décès par âge et par sexe en 2015 à La Réunion

La mortalité infantile sur l’île est par ailleurs deux fois plus forte qu’en métropole : en 2015, 6,7 enfants sur 1 000 décèdent dans leur année de naissance, contre 3,4 sur 1 000 en métropole. Ce taux oscille entre 6 ‰ et 8 ‰ depuis le début des années 1990. En 2015, 93 nourrissons sont décédés avant leur premier anniversaire. Cette mortalité infantile relativement élevée est également observée dans les autres DOM. Affections de la période périnatale plus fréquentes qu’en métropole, conditions socio-économiques plus défavorables, expliquent cette surmortalité infantile.

132 000 personnes ont 60 ans ou plus

Les gains d’espérance de vie ont profondément transformé la population réunionnaise : l’île voit sa population vieillir. La structure par âge de la population se modifie (figure 8). Entre 1967 et 2016, la part des 60 ans ou plus triple, de 5 % à 16 %. Leur nombre passe de 22 000 à 132 000 personnes. Dans le même temps, la part des moins de 20 ans baisse de 56 % à 31 %.

Figure 8 – En 50 ans la part des 60 ans ou plus tripleRépartition de la population par sexe et âge quinquennal à La Réunion et en France

Nombres de personnes par sexe et âge quinquennal pour 10 000 habitants
Figure 8 – En 50 ans la part des 60 ans ou plus triple
Âge quinquénaux (années) La Réunion - Hommes 1967 La Réunion - Femmes 1967 La Réunion - Hommes 2016 La Réunion - Femmes 2016 Métropole - Hommes 2016 Métropole - Femmes 2016
0 829 830 370 359 299 286
5 755 766 412 390 318 304
10 699 694 428 403 315 301
15 505 524 406 381 310 295
20 330 361 316 319 287 281
25 302 325 282 324 294 301
30 298 306 277 330 303 314
35 252 251 297 348 305 312
40 237 238 328 370 333 336
45 189 193 363 395 334 341
50 154 164 364 375 331 343
55 128 139 293 315 311 330
60 89 109 242 262 293 319
65 53 76 173 188 283 314
70 35 59 116 139 177 204
75 18 42 85 115 145 187
80 8 20 49 78 113 173
85 3 11 22 48 66 128
90 1 4 8 23 26 67
95 0 1 2 7 5 18
  • Source : Insee, estimations de population.

Figure 8 – En 50 ans la part des 60 ans ou plus tripleRépartition de la population par sexe et âge quinquennal à La Réunion et en France

Les équilibres se modifient donc. En 1967, l’île comptait ainsi 11 fois plus de jeunes de moins de 20 ans que de personnes âgées de 60 ans ou plus. En 2016, ce ratio n’est plus que de 2. En comparaison, en métropole en 2016, la situation est à l’équilibre : 25 % des habitants sont âgés de 60 ans ou plus et 24 % de moins de 20 ans.

Cependant, malgré ce vieillissement très important, La Réunion reste un département jeune : seuls Mayotte et la Guyane ont une population plus jeune encore.

 

Encadré

Stabilité du nombre de mariages et de Pacs

En 2015, 2 800 mariages sont célébrés à La Réunion, soit 60 de plus qu’en 2014. Le taux de nuptialité reste donc stable : 3,3 mariages sont célébrés pour 1 000 personnes depuis cinq ans. Seulement un mariage sur quatorze comprend une personne de nationalité étrangère à La Réunion, contre un mariage sur six en métropole. Dans quatre mariages sur dix, le couple a déjà un enfant en commun. Enfin, un mariage sur cinq est célébré en décembre, pendant l’été austral.

En 2015, 33 couples de même sexe se sont mariés à La Réunion, soit 1,2 % des mariages et deux fois moins qu’en 2014. En France les unions de personnes de même sexe sont trois fois plus fréquentes (3,3 % des mariages).

En 2015, le nombre de Pacs est stable par rapport à l’année précédente (990). Le nombre de divorces augmente, après un recul l’année précédente (1 561 divorces après 1 420 en 2014).

Définitions

L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée.

L’indicateur conjoncturel de fécondité est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur donne le nombre moyen d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie si les taux de fécondité observés à chaque âge l’année considérée demeuraient inchangés.

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours d’une période.

Le taux de mortalité (brut) est le rapport du nombre de décès de l’année à la population totale moyenne de l’année.

Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre d’enfants décédés avant leur premier anniversaire et l’ensemble des enfants nés vivants.

Le taux de natalité est le rapport du nombre de naissances vivantes de l’année à la population totale moyenne de l’année.

Le taux de nuptialité est le rapport du nombre de mariages enregistrés de l’année à la population totale moyenne de l’année.

Pour en savoir plus

Ajir S., « Bilan démographique 2014 : Migration et décès freinent la démographie », Insee Flash Réunion n° 65, juin 2016.

Bellamy V. et Beaumel C., « Bilan démographique 2015 : le nombre de décès au plus haut depuis l’après-guerre », Insee Première n° 1581, janvier 2016

Aouba A., Boulogne R., Danet S., Gonzalez L., Jougla E., Rey G., « La mortalité infantile dans les départements d’outre-mer (2000-2008) », Études et Résultats n° 808, Drees, septembre 2012.

Ajir S. et Fabre E., « Bilan des migrations entre La Réunion et la France métropolitaine - Peu de départs et peu d’arrivées », Insee Analyses La Réunion n°23, juin 2017.