La Nouvelle-Aquitaine attractive pour tous

Laurence Martin, Insee

Au jeu des migrations résidentielles interrégionales, la Nouvelle-Aquitaine est la région française qui gagne le plus d'habitants : la différence entre ceux qui sont venus s’y installer et ceux qui l’ont quittée est de près de 30 000 en 2014. Ce gain s’observe quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques. Toutefois, les migrants sont plutôt jeunes, diplômés et vivent en majorité au sein d'une famille avec ou sans enfant.

En 2014, la Nouvelle-Aquitaine accueille 115 800 personnes qui résidaient dans une autre région française un an auparavant, alors que 86 000 Néo-Aquitains l’ont quittée pour emménager ailleurs en France. Hors échanges avec l'étranger, le solde migratoire annuel est donc de 29 800 personnes. Cette attractivité résidentielle explique presque intégralement la variation de population régionale, le solde naturel, différence entre les naissances et les décès, étant faible. La région est prisée par les Franciliens qui représentent près du quart des entrants (figure 1). A contrario, près du quart des sortants posent leurs valises en Occitanie.

Figure 1 – Un volume d'échange important avec l'Île-de-France et l'OccitanieMigrations résidentielles vers et à partir de Nouvelle-Aquitaine en 2014

  • Champ : migrations internes à la France
  • Source : Insee, Recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

C'est avec le département de Haute-Garonne que les échanges sont les plus nombreux (7 % des flux) devant Paris (6 %). Les échanges avec l'Occitanie sont légèrement déficitaires pour la Nouvelle-Aquitaine (– 600 personnes). Les mobilités avec les deux autres régions de la côte atlantique sont plus équilibrées entre entrants et sortants.

Les motifs de changement de région sont divers : offres de formations pour les étudiants, mutations ou perspectives d'emploi pour les actifs, aménités régionales pour les retraités. Quelles que soient leurs caractéristiques sociodémographiques, les personnes qui viennent s'installer dans la région sont plus nombreuses que celles qui en partent.

Forte attractivité chez les 30 à 44 ans

Le solde migratoire en Nouvelle-Aquitaine est excédentaire à tous les âges (figure 2). Les personnes mobiles sont majoritairement jeunes. L'impact net des migrations n'est pas le même selon l'âge.

Figure 2 – Un solde migratoire positif à tous les âgesNombre de migrants par tranches d'âges dans la nouvelle région de résidence

Un solde migratoire positif à tous les âges
Nombre d'entrants en Nouvelle-Aquitaine Nombre de sortants de Nouvelle-Aquitaine Solde migratoire Taux de solde pour 1 000 habitants
1 à 14 ans 18 297 -11 313 6 984 7,7
15 à 29 ans 43 688 -41 199 2 489 2,7
30 à 44 ans 24 395 -16 475 7 920 7,5
45 à 59 ans 13 955 -8 395 5 559 4,7
60 à 74 ans 11 681 -5 154 6 527 6,4
75 ans ou plus 3 802 -3 484 318 0,5
  • Lecture : En 2014 en Nouvelle-Aquitaine, 43 700 jeunes âgés de 15 à 29 ans n'habitaient pas la région un an auparavant. Sur la même période, 41 200 jeunes du même âge ont quitté la région. Rapporté à la population sédentaire du même âge, le gain de population représente un solde de + 3 jeunes âgés de 15 à 29 ans pour 1 000 personnes sédentaires.
  • Champ : migrations internes à la France, personnes âgées de 1 an ou plus
  • Source : Insee, Recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Figure 2 – Un solde migratoire positif à tous les âgesNombre de migrants par tranches d'âges dans la nouvelle région de résidence

Ainsi, chez les 30 à 44 ans, le gain représente + 7 habitants pour 1 000 personnes sédentaires (définitions). Chez les 30 à 34 ans et les 60 à 64 ans, il est même de + 10 habitants. En revanche, les 15 à 29 ans ne comptent que pour + 3 habitants pour 1 000 jeunes alors qu'ils sont les plus nombreux à bouger dans les deux sens : 38 % des nouveaux résidents et la moitié des partants.

Qu'ils arrivent ou qu'ils partent de Nouvelle-Aquitaine, plus de 4 migrants âgés de 18 ans ou plus sur 10 sont diplômés du supérieur. Le volume des entrants étant supérieur à celui des partants, le solde migratoire fait apparaître un gain de presque 8 000 diplômés du supérieur (figure 3).

Figure 3 – Forte attractivité pour les diplômés du supérieurNombre de migrants selon le diplôme dans la nouvelle région de résidence

Forte attractivité pour les diplômés du supérieur
Nombre d'entrants en Nouvelle-Aquitaine Nombre de sortants de Nouvelle-Aquitaine Solde migratoire Taux de solde pour 1 000 habitants
Aucun diplôme 14 285 -10 263 4 022 3,0
CAP, BEP 16 165 -10 323 5 842 4,8
Baccalauréat 23 963 -19 653 4 310 4,9
Diplôme d'études supérieures 40 362 -32 466 7 896 6,8
  • Champ : migrations internes à la France, personnes âgées de 18 ans ou plus, y compris élèves et étudiants. Le taux de solde est calculé sur la population des 14 ans ou plus.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Figure 3 – Forte attractivité pour les diplômés du supérieurNombre de migrants selon le diplôme dans la nouvelle région de résidence

Déménagements en famille

Les personnes vivant en famille sont particulièrement mobiles vers et au départ de la région (figure 4). Les couples de moins de 40 ans sans enfants impactent la population résidente de mêmes caractéristiques : ils représentent un solde de + 9 personnes pour 1 000 sédentaires. Avec enfants, ce solde est de 6 pour 1 000.

Figure 4 – Des familles très mobilesNombre de migrants selon le mode de vie dans la nouvelle région de résidence

Des familles très mobiles
Nombre d'entrants en Nouvelle-Aquitaine Nombre de sortants de Nouvelle-Aquitaine Solde migratoire Taux de solde pour 1 000 habitants
Couples y.c. enfants 38 467 -23 089 15 378 6,6
Couples sans enfant 28 135 -17 756 10 380 6,5
Familles monoparentales y.c. enfants 10 137 -8 312 1 825 3,3
Personnes seules 25 737 -24 129 1 607 1,7
Autres * 13 342 -12 734 608 1,7
  • Note : la modalité "Autres" comprend notamment les colocataires
  • Champ : migrations internes à la France
  • Source : Insee, Recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Figure 4 – Des familles très mobilesNombre de migrants selon le mode de vie dans la nouvelle région de résidence

Ensemble, ils comptent pour près de 58 % des nouveaux arrivants et près de la moitié des partants. Les parents de familles monoparentales, vivant plus souvent dans des situations précaires, sont aussi moins mobiles que les autres types de familles.

Des mobilités résidentielles liées à l'emploi

Au moment de l'enquête, 43 % des personnes ayant quitté la région sont actives avec un emploi (figure 5). Quant à celles venues s'installer en Nouvelle-Aquitaine, 38 % sont dans le même cas. Toutefois, tous les migrants n'ont pas un travail. L'année suivant leur emménagement, 16 % des arrivants dans la région et 14 % des partants de Nouvelle-Aquitaine se déclarent au chômage. Au sein des familles, certaines mobilités sont liées à l'emploi d'un seul ou des deux conjoints. Dans leur nouvelle région de résidence, la moitié des personnes vivant en couple est active avec un emploi alors que 21 % sont chômeurs et 20 % retraités ou préretraités. Chez les partants, ces proportions sont respectivement de 59 %, 19 % et 11 %.

Figure 5 – Solde migratoire positif pour toutes les catégories d’activitéNombre de migrants selon l'activité dans la nouvelle région de résidence

Solde migratoire positif pour toutes les catégories d’activité
Nombre d'entrants en Nouvelle-Aquitaine Nombre de sortants de Nouvelle-Aquitaine Solde migratoire Taux de solde pour 1 000 habitants
Actifs ayant un emploi 43 429 -37 190 6 240 2,7
Chômeurs 17 901 -11 675 6 225 18,0
14 ans ou moins 17 311 -10 663 6 648 7,9
Élèves étudiants stagiaires 15 582 -14 229 1 354 3,3
Femmes ou hommes au foyer 2 190 -1 539 651 5,2
Retraités ou préretraités 15 096 -7 867 7 229 4,7
Autres inactifs 4 309 -2 858 1 451 7,6
  • Champ : migrations internes à la France
  • Source : Insee, Recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Figure 5 – Solde migratoire positif pour toutes les catégories d’activitéNombre de migrants selon l'activité dans la nouvelle région de résidence

Les mobilités interrégionales sont loin d’être les seules intervenues en 2014. En un an, 590 000 Néo-Aquitains ont fait leurs cartons pour changer de résidence principale au sein de la région. La moitié d'entre eux sont restés dans le même département et 4 sur 10 ont déménagé sans changer de commune.

Définitions

Les migrations résidentielles étudiées sont des migrations à l'intérieur de la France. Celles entre la France et l'étranger ne sont pas analysées, les personnes ayant quitté le territoire national pour s'installer à l'étranger n'étant pas interrogées. Les caractéristiques sociodémographiques des migrants (âge, catégorie socioprofessionnelle…) sont celles déclarées lors de l’enquête de recensement de la population. La situation analysée correspond à celle mesurée au moment de l'enquête. Les personnes nées dans l'année ne sont pas prises en compte.

Le taux de solde est le rapport entre le solde migratoire interne et la population moyenne de la région pour une catégorie de population

Pour en savoir plus

Lévy D., « En 2014, un quart de la population qui déménage change de département », Insee Première n° 1654, juin 2017

Breuil D., « L’effet "migrations résidentielles" ne bouleverse pas la donne sociodémographique », Le Quatre pages Insee Aquitaine n° 188, janvier 2010

Lavaud C., Simonneau G., « Limousin : près d'un arrivant sur deux a moins de trente ans », Focal Insee Limousin n° 55, juillet 2009

Giraud A., « 165 000 personnes arrivées en Poitou-Charentes en 5 ans », Décimal Insee Poitou-Charentes n° 293, juillet 2009