Le logement en Guyane - Un parcours résidentiel contraint

Audrey Naulin, Nicolas Kempf

Consommation, patrimoine, vie familiale, relations de voisinage et de quartier : le logement est au centre de la vie de chacun. Riche dans sa description des ménages et de leurs logements, principale enquête de l’Insee par son ancienneté et la taille de son échantillon, l’enquête Logement constitue depuis 60 ans la source statistique majeure pour décrire le parc de logements et les conditions d’occupation par les ménages de leur résidence principale. Elle permet également de mesurer le coût du logement que supportent les différents types de ménages. C’est cette richesse d’informations, avec le souci de sa mise en cohérence, que ce dossier « Enquête Nationale Logement en Guyane » restitue.

La Direction générale de l’outre-mer et l’Institut national de la statistique et des études économiques s’associent pour réaliser et analyser cette importante source d’informations sur les conditions de logement des ménages et sur leurs dépenses en logement à l’échelle du territoire de la Guyane.

Insee Dossier Guyane
No 3
Paru le : 10/05/2017
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Coût et financement du logement

Audrey Naulin

En 2013, les ménages guyanais dépensent moins que les ménages de l’hexagone pour se loger. Ils dépensent en moyenne 540 € par mois en loyer, remboursement de prêts, charges, eau, énergie et taxes. C’est toutefois 60 € de plus que les ménages guadeloupéens. La structure par statut d’occupation des ménages explique en grande partie ces différences. Les accédants à la propriété sont rares, très aisés et leurs dépenses pour le logement élevées. Le niveau de loyer est également élevé dans le parc social, parc en plein essor, qui comprend de nombreux logements récents. Les loyers du parc locatif privé sont encore plus onéreux : le rapport de force est favorable aux propriétaires, l’offre ne suivant pas la forte demande (liée à la croissance de la population). Le reste-à-vivre des ménages guyanais par unité de consommation est inférieur à la moyenne hexagonale. Seuls les accédants à la propriété disposent d’un reste-à-vivre important de par leur revenu moyen plus important. A contrario, les propriétaires non accédants et les logés gratuitement ont des reste-à-vivre par unité de consommation nettement inférieurs aux moyennes guadeloupéenne et métropolitaine, alors qu’ils occupent plus souvent des logements de mauvaise qualité et surpeuplés. De fortes disparités existent entre les différentes zones géographiques de Guyane. L’Est et l’Ouest Guyanais ont le reste-à-vivre par unité de consommation le plus bas, malgré des dépenses de logement moindres.

Insee Dossier Guyane
Paru le : 10/05/2017