Stabilité du chômage en 2016

Auteur : Lise Demougeot

En 2016, 64 000 Guyanais ont un emploi et 19 000 sont au chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT). Conséquence d’une forte progression démographique et d’un volume d’emplois en progression moindre, le chômage est stable en 2016. Le secteur tertiaire concentre une part très importante des emplois (81 %) et près de neuf actifs occupés sur dix sont salariés. En Guyane, le chômage concerne 23 % des actifs en moyenne en 2016, comparable à 2014 et 2015. Le taux de chômage des femmes est plus élevé que celui des hommes, mais l’écart diminue.

En 2016, 83 000 personnes de 15 ans ou plus en Guyane sont actives : 64 000 ont un emploi et 19 000 sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) (définitions). 73 000 personnes sont inactives, soit parce qu’elles ne travaillent pas et ne recherchent pas activement un emploi, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles pour en occuper un (figure 1). Le taux d’activité des hommes est en légère diminution en 2016 (59 %), celui des femmes est stable (48 %).

La progression de la population active guyanaise sur les trois dernières années s’explique par la forte pression démographique et un taux d’activité relativement stable. Ce taux d’activité est structurellement atone hors période de réforme de l’âge légal de départ à la retraite, avec une durée des études en faible progression et un comportement constant des deux sexes face au marché du travail. La stabilité du taux de chômage résulte de la progression de cette population active conjuguée à une moindre progression du volume d’emplois : la croissance de l’économie guyanaise ne serait pas à la hauteur de sa pression démographique.

Figure 1 – 83 000 Guyanais sont actifs en 2016Population âgée de 15 ans ou plus en 2016

83 000 Guyanais sont actifs en 2016
Ensemble Femmes (en milliers) Hommes (en milliers)
(en milliers) (en %)
Actifs 83 53 40 43
Actifs ayant un emploi 64 41 30 34
Chômeurs 19 12 10 9
Inactifs 73 47 42 31
dont : Inactifs de 60 ans ou plus 16 10 9 7
Ensemble 156 100 82 74
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus, vivant en Guyane hors communautés.
  • Source : Insee, enquête Emploi en continu 2016.

Le salariat, largement majoritaire, concerne davantage les femmes

Les salariés représentent 87 % des actifs occupés en Guyane (figure 2). La part des professions intermédiaires et des cadres est stable (33 %), tandis que la part d’ouvriers progresse légèrement entre 2015 et 2016, s’établissant à 20 % des actifs occupés. En 2016, les hommes sont plus nombreux parmi les salariés, comme en 2015, même si l’écart se réduit entre les deux dates. Les femmes sont aussi nombreuses que les hommes parmi les professions intermédiaires, mais elles sont minoritaires au sein des cadres.

En 2016, 14 % des personnes occupant un emploi en Guyane sont non salariées. Le non-salariat concerne deux fois plus d’hommes que de femmes.

Figure 2 – 87 % des actifs occupés sont salariésStatut d’emploi et groupe socioprofessionnel des personnes en emploi selon le sexe en 2016

87 % des actifs occupés sont salariés
Effectif total (en milliers) Répartition (en %) Part de femmes (en %)
Ensemble Femmes Hommes
Non-salariés 9 13 11 16 38
Salariés 55 87 89 84 48
dont :
Cadres 4 7 5 8 35
Profession intermédiaire 17 26 28 24 50
Employés qualifiés 12 18 24 13 62
Employés non qualifiés 9 15 22 8 70
Ouvriers qualifiés 8 13 4 20 15
Ouvriers non qualifiés 5 7 4 10 25
Ensemble 64 100 100 100 46
  • Champ : population en emploi de 15 ans ou plus, vivant en Guyane hors communautés.
  • Source : Insee, enquête Emploi en continu 2016.

Huit emplois sur dix dans le secteur tertiaire

En 2016, 81 % des personnes ayant un emploi, salarié ou non, travaillent dans le tertiaire (figure 3). La part d’actifs occupés dans ce secteur d’activité est en progression de quatre points en 2016, contrairement au secteur de l’agriculture où elle recule entre 2015 et 2016. Les femmes sont majoritaires dans le tertiaire où elles occupent 53 % des emplois. Près des deux-tiers d’entre elles travaillent dans l’administration publique, l’éducation, la santé et l’action sociale.

Figure 3 – Le tertiaire, principal employeur en GuyaneEmplois selon les secteurs et le sexe en 2016

Le tertiaire, principal employeur en Guyane
Effectif total (en milliers) Répartition (en %) Part de femmes (en %)
Ensemble Femmes Hommes
Agriculture 2 3 1 5 20
Industrie 4 6 3 9 24
Construction 6 9 2 15 12
Tertiaire 51 81 92 70 53
Activité indéterminée 1 2 1 2 34
Ensemble 64 100 100 100 46
  • Champ : population en emploi de 15 ans ou plus, vivant en Guyane hors communautés.
  • Source : Insee, enquête Emploi en continu cumulée 2014-2016.

10 % des actifs occupés sont en sous-emploi

Le sous-emploi concerne 6 000 personnes en 2016, soit 10 % des actifs occupés, autant qu’en 2015. Cette situation affecte surtout les femmes, les jeunes, les employés et ouvriers non qualifiés. Cette notion de sous-emploi comptabilise certaines personnes en emploi qui ne peuvent travailler autant qu’elles le souhaitent.

La forme de contrat de travail la plus répandue est le contrat à durée indéterminée (CDI). En 2016, 80 % des salariés en bénéficient, 18 % sont en contrat à durée déterminée (CDD), 2 % en intérim et moins de 0,5 % en apprentissage. Les salariés de moins de 25 ans, entrés plus récemment sur le marché du travail, occupent moins souvent des emplois en CDI (40 % d’entre eux). En 2016, 16 % des personnes en emploi travaillent à temps partiel, soit comme en 2015.

En 2016, le taux de chômage est stable

En 2016, 19 000 personnes sont au chômage au sens du BIT en Guyane, soit 23 % de la population active (figure 4), comparable à 2015 et 2014. Pour les autres régions des Antilles-Guyane, le taux de chômage en 2016 est de 18 % en Martinique et de 24 % en Guadeloupe. Le chômage touche surtout les jeunes actifs (44 %), les anciens ouvriers (23 %) et les non diplômés ayant au plus un CEP (35 %). Depuis 2015, le taux de chômage des femmes est supérieur à celui des hommes.

Entre 2014 et 2016, le nombre de chômeurs au sens du BIT est resté stable en moyenne annuelle, tout comme le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (définitions) inscrits à Pôle emploi. Si ces deux indicateurs évoluent ici dans le même sens, ils peuvent aussi diverger. Il est ainsi possible que, face aux difficultés rencontrées sur le marché du travail, certaines personnes inscrites à Pôle emploi ne cherchent plus activement d’emploi ou déclarent ne plus souhaiter travailler, s’éloignant ainsi du marché du travail.

Le halo autour du chômage : l’exception guyanaise

En Guyane, en moyenne sur 2014-2016, parmi les 70 000 personnes dites « inactives », 22 000 appartiennent au halo autour du chômage. Dans ce halo, 2 000 personnes recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler et 16 000 souhaitent un emploi, n’en recherchent pas mais seraient disponibles pour en prendre un. Enfin, 4 000 personnes souhaitent un emploi même s’ils n’en recherchent pas et ne sont pas disponibles pour en prendre un. Signe notamment de l’importance du travail informel et saisonnier en Guyane, 15 % des personnes sont dans le halo autour du chômage, en se rapportant à la population âgée de 15 ans ou plus, alors que cette proportion est proche de 2 % en France hexagonale et de 8 % aux Antilles. 

Figure 4 – Un taux de chômage stable en 2016Chômage au sens du BIT en 2016

Un taux de chômage stable en 2016
Chômage au sens du BIT Nombre de chômeurs Proportion de femmes Taux de chômage (en %)
(en milliers) (en %) Ensemble Femmes Hommes
Ensemble 19 51 23 25 21
15-24 ans 4 57 44 44 44
25-49 ans 12 33 23 28 19
50 ans ou plus 3 52 14 10 18
  • Champ : population active de 15 ans ou plus, vivant en Guyane hors communautés.
  • Source : Insee, enquête Emploi en continu 2016.

Encadré

Définition et mesure des concepts du BIT

Selon la définition du BIT, la population âgée de 15 ans ou plus est composée des personnes en emploi et de celles qui n’en occupent pas (figure 5). L’emploi au sens du BIT comprend alors les personnes âgées de 15 ans ou plus ayant travaillé au moins une heure au cours d’une semaine donnée (appelée semaine de référence), qu’elles soient salariées, à leur compte, employeurs, aides dans l’entreprise ou l’exploitation familiale. Il comprend aussi les personnes ayant un emploi mais qui en sont temporairement absentes pour cause de maladie (moins d’un an), de congé payé, congé de maternité, congé parental (moins d’un trimestre), conflit du travail, formation, intempérie, etc. Cette définition inclut donc des personnes parfois occupées à temps très partiel.

En moyenne sur 2014-2016, en Guyane, parmi les 152 000 personnes de 15 ans ou plus vivant en ménages ordinaires, 64 000 sont en emploi au sens du BIT.

Parmi les personnes n’ayant pas d’emploi se trouvent les chômeurs au sens du BIT. Ce sont les personnes en âge de travailler (conventionnellement âgées de 15 ans ou plus) et qui répondent aux conditions suivantes : n’ont pas travaillé au cours de la semaine de référence ; sont disponibles pour travailler dans les deux semaines ; ont entrepris des démarches effectives de recherche d’emploi sur les quatre dernières semaines ou ont trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.

En moyenne sur 2014-2016, en Guyane, sur les 82 000 actifs au sens du BIT, 18 000 personnes sont ainsi comptabilisées comme chômeurs au sens du BIT.

Par ailleurs, 70 000 personnes sont considérées comme inactives au sens du BIT car elles ne sont ni en emploi ni au chômage.

Les définitions de l’emploi, du chômage et de l’inactivité au sens du BIT ne suffisent pas à décrire la variété des situations vis-à-vis du marché du travail. Par exemple, certaines personnes peuvent occuper un emploi mais ne pas en être totalement satisfaites car elles n’exercent leur activité que durant un faible nombre d’heures. D’autres personnes, sans emploi, peuvent ne pas être comptabilisées parmi les chômeurs car elles ne remplissent pas tous les critères, mais se trouver dans une situation proche de celle des chômeurs.

D’autres concepts permettent alors de décrire ces situations multiples aux frontières de l’emploi, du chômage et donc la variété des situations sur le marché du travail.

Le sous-emploi, à la frontière entre l’emploi et le chômage, comptabilise certaines personnes en emploi qui ne peuvent travailler autant qu’elles le souhaitent. Il regroupe, d’une part, les personnes travaillant à temps partiel qui souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire, d’autre part, les personnes au chômage technique ou partiel.

Le halo autour du chômage, quant à lui, est constitué d’inactifs n’étant pas au chômage au sens du BIT, mais étant dans une situation qui s’en approche. Il regroupe ainsi les personnes inactives aux frontières du chômage, qui souhaitent travailler, mais ne sont pas disponibles dans les deux semaines à venir ou encore celles qui n’ont pas fait de démarche de recherche d’emploi dans les quatre semaines précédentes. Comme dans la définition du chômage, le fait d’avoir trouvé un emploi qui commence ultérieurement (dans les trois mois) est assimilé à une démarche de recherche d’emploi. Le halo est divisé en trois composantes :

- les personnes inactives qui recherchent un emploi, mais ne sont pas disponibles (composante 1) ;

- les personnes inactives qui souhaitent un emploi et sont disponibles pour en prendre un, mais n’en recherchent pas (composante 2) ;

- les personnes inactives qui déclarent souhaiter travailler, mais ne recherchent pas d’emploi et ne sont pas disponibles pour en prendre un (composante 3).

Le halo comme le chômage sont construits à partir de réponses à une batterie de questions factuelles posées aux personnes enquêtées. Ils ne se définissent pas par rapport à leur situation administrative vis-à-vis d’un organisme de placement ou par rapport à la situation dans laquelle elles se classent spontanément.

En France, ces trois composantes sont prises en compte dans la mesure du halo autour du chômage. Au niveau européen, seules les deux premières composantes font partie du halo, qu’Eurostat nomme la « force de travail potentielle supplémentaire ».

Figure 5 – Schéma simplifié des concepts annuels d'activité au sens du BIT en Guyane, 2014 à 2016

  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus, vivant en Guyane, hors communautés.
  • Source : Insee, enquête Emploi en continu 2016 cumulée 2014-2016.

Sources

L’enquête Emploi a lieu en continu toutes les semaines de l’année en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion), à l’exception de Mayotte où l’enquête est annuelle. Chaque semaine, environ 4 500 ménages ordinaires (c’est-à-dire les habitants de 4 500 logements hors communautés : foyers, hôpitaux, prisons...), soit près de 8 500 personnes de 15 ans ou plus, répondent à l’enquête. Les personnes décrivent leur situation vis-à-vis du marché du travail (en emploi, au chômage ou en inactivité) au cours d’une semaine dite de référence, au titre de laquelle elles sont interrogées. L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage au sens du Bureau international du travail, à partir de questions factuelles posées aux personnes de l’échantillon. Le niveau et la structure de l’emploi fournis par l’enquête peuvent différer de ceux obtenus à partir des sources administratives (estimations d’emploi). En effet, pour des raisons de mesure ou de couverture du champ, l’enquête Emploi est menée auprès de la population en ménages ordinaires.

Définitions

Population en emploi (i.e. active occupée) au sens du BIT : elle comprend les personnes âgées de 15 ans ou plus ayant travaillé au moins une heure au cours d’une semaine donnée (appelée semaine de référence), qu’elles soient salariées, à leur compte, employeurs, aides dans l’entreprise ou l’exploitation familiale. Elle comprend aussi les personnes ayant un emploi mais qui en sont temporairement absentes pour cause de maladie (moins d’un an), de congé payé, congé de maternité, congé parental (moins d’un trimestre), conflit du travail, formation, intempérie, etc.

Chômeur au sens du BIT : personne en âge de travailler (conventionnellement âgée de 15 ans ou plus) et qui répond aux conditions suivantes : n’a pas travaillé au cours de la semaine de référence ; est disponible pour travailler dans les deux semaines ; a entrepris des démarches effectives de recherche d’emploi sur les quatre dernières semaines ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.

Taux de chômage au sens du BIT : nombre de chômeurs rapporté à la population active totale du BIT (actifs ayant un emploi et chômeurs).

Halo autour du chômage : il est composé de personnes inactives au sens du BIT qui recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles ou souhaitent travailler mais ne recherchent pas d’emploi, qu’elles soient disponibles ou non.

Taux de sous-emploi : nombre de personnes en situation de sous-emploi rapporté au nombre total d’actifs ayant un emploi au sens du BIT. Le sous-emploi comprend les personnes actives occupées au sens du BIT qui remplissent l'une des conditions suivantes : soit elles travaillent à temps partiel, souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire, qu'elles recherchent activement un emploi ou non ; soit elles travaillent à temps partiel (et sont dans une situation autre que celle décrite ci-dessus) ou à temps complet, mais ont travaillé moins que d'habitude pendant une semaine de référence en raison de chômage partiel (chômage technique) ou mauvais temps.

Demandeurs d’emploi en fin de mois de catégorie A (DEFM A) : demandeurs d’emploi sans emploi inscrits à Pôle Emploi en fin de mois, tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi.

Pour en savoir plus

Demougeot L., « Stabilité du chômage en 2016 », Insee Flash Guadeloupe n° 21, mars 2017.

Demougeot L., « Recul du chômage en 2016 », Insee Flash Martinique n° 18, mars 2017.

Beck S., Vidalenc J., « Une photographie du marché du travail en 2015 », Insee Première n° 1602, juin 2016.

Bessone A-J., Cabannes P-Y., Marrakchi A., « Halo autour du chômage : une population hétérogène et une situation transitoire », Insee Références, édition 2016.