Saison touristique d'hiver 2015-2016Un bilan stable sauvé par février et mars

Florent Favre, division Services, Insee

En France métropolitaine, dans les hébergements collectifs touristiques, la fréquentation de la saison d'hiver 2015-2016 est globalement stable par rapport à l'hiver précédent. Elle recule fortement en agglomération parisienne et modérément dans les stations de ski, mais progresse dans le reste de la province. Dans l'ensemble, les hausses en février et mars compensent les replis en décembre et janvier. À Paris, l'impact des attentats du 13 novembre est très fort en décembre puis s'estompe. Il est plus marqué pour la clientèle étrangère.

Une saison médiocre dans les stations de ski

Lors de la saison d'hiver de décembre 2015 à mars 2016, la fréquentation, mesurée en nuitées, se tasse dans les hébergements collectifs touristiques métropolitains (- 0,2 % par rapport à l'hiver précédent) : elle continue de baisser dans les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT ; - 0,7 %), alors qu'elle augmente légèrement dans les hôtels (+ 0,1 %). Ces derniers représentent plus des trois quarts de l'offre professionnelle.

Les stations de ski représentent près d'un quart des nuitées de la saison d'hiver (figure 1). La baisse des nuitées y est plus marquée (- 1,2 % ; figure 2). Les évolutions sont par ailleurs beaucoup plus contrastées entre AHCT (- 3,8 %) et hôtels (+ 7,2 %). Les AHCT y sont particulièrement présents et assurent les deux tiers de l'offre professionnelle.

Figure 1 – Part des différentes zones dans les nuitées de la saison d'hiver 2015-2016

Part des différentes zones dans les nuitées de la saison d'hiver 2015-2016
Nuitées Nuitées ski
Urbain (hors agglomération parisienne) 30,6
Agglomération parisienne 25,0
Littoral 12,1
Rural 8,1
Massifs~ ski 24,2
Savoie Tarentaise 8,1
Savoie Maurienne 3,1
Savoie hors Tarentaise et Maurienne 4,9
Alpes Isère-Drôme 1,8
Alpes du Sud 3,0
Pyrénées 1,8
Massif central 0,6
Jura 0,5
Vosges 0,4
  • Champ : France métropolitaine, saison d'hiver 2015-2016 (décembre 2015 à mars 2016).
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la DGE, enquêtes de fréquentation dans l'hôtellerie et dans les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT).

Figure 1 – Part des différentes zones dans les nuitées de la saison d'hiver 2015-2016

Figure 2 – Évolution des nuitées de la saison d'hiver 2015-2016, par rapport à la saison d'hiver précédente, par grande zone

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Évolution des nuitées de la saison d'hiver 2015-2016, par rapport à la saison d'hiver précédente, par grande zone
France métropolitaine -0,2
Agglomération parisienne -8,6
Province*, ensemble 3,0
Province*, massifs ski -1,2
Province*, rural 5,1
Province*, littoral 7,1
Province*, urbain 4,4
  • * hors agglomération parisienne.
  • Champ : France métropolitaine, saison d'hiver 2015-2016 (décembre 2015 à mars 2016).
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la DGE, enquêtes de fréquentation dans l'hôtellerie et dans les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT).

Figure 2 – Évolution des nuitées de la saison d'hiver 2015-2016, par rapport à la saison d'hiver précédente, par grande zone

L'arrivée tardive de la neige a pénalisé la fréquentation de décembre à février. Le retour des touristes en mars a été favorisé par un enneigement abondant, ainsi que des modifications de calendrier des vacances scolaires et des campagnes de promotion dans certaines stations.

Dans les stations alpines (La Plagne, les Arcs, Isola 2000, etc.), les nuitées baissent de 1,1 %. La diminution avoisine 6 % dans la vallée de la Maurienne et les Alpes du Sud. En revanche, dans les autres massifs de Savoie, l'offre et les nuitées progressent, surtout dans la vallée du Mont-Blanc.

Hors des Alpes, les nuitées progressent dans le Massif central (+ 12,5 %) et le Jura (+ 2,4 %), mais elles se tassent dans les Vosges et reculent de 6,8 % dans les Pyrénées.

Une belle progression dans le reste de la province

Dans les zones urbaines de province, la fréquentation augmente de 4,4 % après + 3,8 % l'hiver précédent. Elle est tirée par la clientèle française, qui y représente plus de 80 % des nuitées, contre à peine 50 % dans l'agglomération parisienne.

Dans les espaces ruraux, les nuitées sont en hausse de 5,1 %. Les régions Centre-Val-de-Loire, Bourgogne-Franche-Comté et Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes bénéficient notamment d'ouvertures ou d'agrandissements de parcs de loisirs.

Sur le littoral, les nuitées s'accroissent de 7,1 % grâce à un mois de mars particulièrement bon. La fréquentation hivernale dans ces zones progresse régulièrement ces dernières années : l'adoucissement des températures favorise la venue des clientèles de loisirs comme d'affaires. Néanmoins, la saison d'hiver n'y représente encore que 10 % à 20 % de la fréquentation annuelle selon les zones. En comparaison, le mois d'août pèse à lui seul 30 %.

L'impact des attentats s'estompe dans l'agglomération parisienne

Les nuitées dans l'agglomération parisienne chutent à la suite des attentats de novembre 2015 (- 8,6 %) et particulièrement à Paris (- 11 %). Après un fort repli durant les fêtes de fin d'année, la baisse s'atténue les mois suivants, grâce au regain de la clientèle d'affaires et de la clientèle française. Le retour de la clientèle étrangère est plus lent : en mars 2016, ses nuitées sont encore en repli de 2,9 % par rapport à mars 2015.

En province, les nuitées augmentent de 3,0 %, tirées par l'hôtellerie (+ 5,3 %). La hausse concerne la plupart des régions. Elle est plus forte en Centre-Val de Loire, Pays de la Loire et Nord-Pas-de-Calais-Picardie (figure 3). Dans les deux dernières régions, c'est le littoral qui progresse le plus. En Nord-Pas-de-Calais-Picardie, certains hébergements du littoral ont bénéficié du séjour temporaire de forces de l'ordre appelées à Calais. La fréquentation en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes croît de 7 %, portée par le rural et les AHCT.

Figure 3 – Évolution des nuitées de la saison d'hiver 2015-2016, par rapport à la saison d'hiver précédente, par région

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Évolution des nuitées de la saison d'hiver 2015-2016, par rapport à la saison d'hiver précédente, par région
Nuitées hiver 2016 /nuitées hiver 2015
Pays de la Loire 9,8
Centre-Val de Loire 9,8
Nord-Pas-de-Calais-Picardie 9,3
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes 7,4
Bourgogne-Franche-Comté 6,5
Bretagne 5,5
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine 2,7
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 2,3
Normandie 1,6
Auvergne-Rhône-Alpes 1,2
Provence-Alpes-Côte d'Azur 0,5
France métropolitaine -0,2
Corse -5,2
Île-de-France -8,5
  • Note : le nombre de nuitées d'hiver en Corse est très faible et évolue de façon très heurtée d'une année à l'autre.
  • Champ : France métropolitaine, saison d'hiver 2015-2016 (décembre 2015 à mars 2016).
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la DGE, enquêtes de fréquentation dans l'hôtellerie et dans les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT).

Figure 3 – Évolution des nuitées de la saison d'hiver 2015-2016, par rapport à la saison d'hiver précédente, par région

Les régions où sont situées les stations de ski pâtissent de la moindre fréquentation de ces dernières. C'est ainsi le cas de la région Auvergne-Rhône-Alpes, où les stations de ski représentent 70 % des nuitées hivernales. En Bourgogne-Franche-Comté, les nuitées augmentent toutefois dans l'ensemble des zones, y compris les stations de ski du Jura.

Dans les régions de la façade méditerranéenne, les évolutions sont modestes : les nuitées se replient dans les stations de ski des Alpes du Sud et le rural est moins dynamique qu'ailleurs. En revanche, le littoral progresse, en particulier sur les rivages du Languedoc et du Roussillon et, dans une moindre mesure, en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Repli de la clientèle étrangère, mais pas en province

La fréquentation de la clientèle étrangère se replie de 6,2 %, à la suite des attentats à Paris. En effet, l'agglomération parisienne draine plus de la moitié des visiteurs non résidents. En revanche, les nuitées étrangères progressent de 1,7 % en province, notamment de plus de 10 % dans quatre régions littorales : Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Pays de la Loire, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Dans ces quatre régions, ainsi qu'en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine et en Bretagne, la fréquentation étrangère progresse davantage que celle des résidents.

Sources

L'Insee réalise chaque mois des enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques : hôtels et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT). Ces derniers comprennent notamment les résidences de tourisme (dont les « appart'hôtels »), villages de vacances, maisons familiales et auberges de jeunesse. Ils n'incluent pas les hébergements proposés par des particuliers. Ainsi, l'accroissement de l'offre des particuliers au travers de sites internet pourrait peser sur l'évolution des nuitées, en particulier dans certaines zones comme l'agglomération parisienne.

Définitions

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits consécutives dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu'une nuit.

Offre professionnelle d'hébergement : hors offre des particuliers. Elle est calculée en prenant en compte le parc de chambres/logements existants et leurs dates d'ouverture.

En Île-de-France, 97 % des nuitées sont effectuées dans l'agglomération parisienne, 2 % dans d'autres zones urbaines et 1 % dans des zones rurales. Compte tenu de ce faible écart et à des fins de simplification, la province désigne dans cette publication tous les territoires en dehors de l'agglomération parisienne.

Pour en savoir plus

Favre F., « Un bon bilan pour la saison touristique d'été 2015 », Insee Focus n° 51, décembre 2015.

« Au premier trimestre 2016, la fréquentation touristique se redresse (+ 1,0 % sur un an) », Informations Rapides n° 129, mai 2016.

Millet N., Hillaireau F., « Les hébergements collectifs de tourisme en 2015 : la clientèle française est de retour », Insee Première n° 1588, avril 2016.

Des données complémentaires sont disponibles dans le fichier « données complémentaires » joint à cette publication.