Les habitants des quartiers de la politique de la villeLa pauvreté côtoie d'autres fragilités

Auriane Renaud, François Sémécurbe, division Études territoriales, Psar Analyse urbaine, Insee

En France métropolitaine, 4,8 millions de personnes vivent dans les 1 300 quartiers de la politique de la ville. La population de ces quartiers, de par leur définition même, est fréquemment touchée par la pauvreté. Les habitants sont plus jeunes qu'en moyenne dans la population urbaine. Il s'agit également plus souvent de familles nombreuses ou monoparentales ou d'étrangers. Au-delà de la pauvreté monétaire, la population des quartiers de la politique de la ville présente des fragilités dans plusieurs domaines. Notamment, elle s'insère difficilement sur le marché du travail et manque de formation et de qualification. Dans les quartiers de la politique de la ville, le logement social est très présent : 8 logements sociaux pour 10 ménages, soit trois fois plus que dans l'urbain englobant ces quartiers.

1300 quartiers de la politique de la ville en métropole

Depuis 2015, une nouvelle géographie d'intervention prioritaire de la politique de la ville est en vigueur, recentrée sur les zones considérées comme les plus en difficulté (encadré). En France métropolitaine, 1 296 quartiers de la politique de la ville ont ainsi été définis, en tenant compte principalement de la faiblesse des revenus de leurs habitants. Ils rassemblent 4,8 millions d'habitants, dont 58 % dans les régions Île-de-France, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, et Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Par construction, ces quartiers concentrent une part importante de la pauvreté monétaire des zones urbaines. Ainsi, en France métropolitaine, 42 % de leurs habitants ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté (figure 1 et figure 2), soit 2 millions de personnes. Le taux de pauvreté dans ces quartiers s'échelonne de 37 % en Île-de-France à plus de 47 % en Provence-Alpes-Côte d'Azur et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. En comparaison, dans les unités urbaines englobant ces quartiers, le taux de pauvreté est de 16 % en moyenne ; il est de 12 % autour de ces quartiers, soit 30 points de moins qu'en leur sein. Les quartiers de la politique de la ville rassemblent ainsi 34 % des personnes pauvres des unités urbaines « englobantes » mais seulement 13 % de l'ensemble de la population de ces unités.

L'écart de taux de pauvreté entre ces quartiers et les autres quartiers des unités urbaines qui les englobent est plus élevé dans les régions Centre-Val de Loire, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, et Provence-Alpes-Côte d'Azur (34 points d'écart). Il est plus faible en Île-de-France (25 points). Le niveau de vie médian des quartiers métropolitains est inférieur, lui, de 35 % à celui des unités urbaines les englobant. Ce différentiel est beaucoup moins marqué en Nord-Pas-de-Calais-Picardie (- 28 %), mais l'est davantage en Île-de-France (- 38 %). En effet, cette région concentre simultanément des populations pauvres et des populations aux revenus élevés, voire très élevés.

Figure 1 – Nombre d'habitants dans les quartiers de la politique de la ville et taux de pauvreté* dans ces quartiers, par unité urbaine

  • * Voir définitions.
  • Champ : unités urbaines (définitions) englobant les quartiers de la politique de la ville en France métropolitaine.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2012.

Figure 2 – La pauvreté est plus fréquente dans les quartiers de la politique de la ville (QPV)

La pauvreté est plus fréquente dans les quartiers de la politique de la ville (QPV)
Région Part de la population des QPV dans la population des unités urbaines (UU*) « englobantes » Niveau de vie médian** (en €) Taux de pauvreté** (en %)
dans les QPV dans les UU* englobant les QPV dans les QPV dans les zones « hors QPV » des UU* « englobantes » dans les UU* englobant les QPV
Île-de-France 15 13 663 21 902 37 12 16
Centre-Val de Loire 13 12 408 19 422 45 11 15
Bourgogne-Franche-Comté 13 12 572 18 704 44 12 16
Normandie 14 12 570 18 672 44 12 17
Nord-Pas-de-Calais-Picardie 17 12 440 17 323 45 16 21
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine 14 12 491 18 801 45 13 18
Pays de la Loire 10 12 839 20 092 42 9 13
Bretagne 8 12 816 20 157 42 10 12
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes 8 12 914 19 990 41 11 13
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 12 12 119 18 939 48 14 18
Auvergne-Rhône-Alpes 9 13 017 20 261 41 11 14
Provence-Alpes-Côte d'Azur 13 12 227 19 313 47 13 18
Corse 10 13 439 18 563 37 17 19
France métropolitaine 13 12 871 19 786 42 12 16
  • ** Voir définitions.
  • Champ : *unités urbaines (UU ; définitions) englobant les quartiers de la politique (QPV) de la ville en France métropolitaine.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2012.

Plus de jeunes et de familles monoparentales que dans l'urbain proche

La population des quartiers de la politique de la ville est jeune (bibliographie). La part des habitants de moins de 15 ans y dépasse de 6 points celle des unités urbaines « englobantes ». À l'inverse, les personnes âgées de 75 ans ou plus y habitent un peu moins fréquemment (- 3 points).

La part des résidents de nationalité étrangère dans la population y est plus élevée que dans les unités urbaines « englobantes » (+ 11 points). Dans les quartiers d'Île-de-France, cette part atteint 25 % (13 % pour les unités urbaines « englobantes »). En Normandie et en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, en revanche, cette part n'est respectivement que de 11 % et de 10 % (4 % pour les unités urbaines « englobantes » de ces deux régions). Toujours dans ces quartiers, les ménages sont plus fréquemment constitués de cinq personnes ou plus que dans les unités urbaines les contenant (+ 6 points). Les ménages de grande taille sont particulièrement présents dans les quartiers d'Île-de-France. À l'inverse, ils sont plus rares dans ceux des régions Pays de la Loire, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Bretagne et Corse. Par ailleurs, les familles sont plus souvent monoparentales dans les quartiers de la politique de la ville que dans l'ensemble des unités urbaines les contenant (+ 7 points).

Des difficultés d'insertion sur le marché du travail

Les quartiers de la politique de la ville concentrent différentes formes de précarité qui vont au-delà de la pauvreté monétaire. Toutefois, ce ne sont pas nécessairement les mêmes personnes qui sont précaires sur l'ensemble des critères : des populations très différentes peuvent coexister dans un même quartier.

Globalement, les habitants de ces quartiers s'insèrent plus difficilement sur le marché du travail que la population urbaine qui les englobe (figure 3). Ainsi, un quart des ménages y perçoit des allocations chômage, soit 8 points de plus que dans les unités urbaines les contenant. Parmi les personnes ayant un emploi, une sur cinq a signé un contrat précaire (CDD, apprentissage, intérim, stages), contre une sur sept dans les unités urbaines les contenant. Les femmes habitant dans ces quartiers sont moins fréquemment en emploi : 58 % d'entre elles n'ont pas d'emploi, contre 41 % dans les unités urbaines les contenant. C'est dans les régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Bourgogne-Franche-Comté, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine que ce phénomène est le plus prononcé.

Figure 3 – La précarité de l'emploi se concentre dans les quartiers de la politique de la ville (QPV)

en %
La précarité de l'emploi se concentre dans les quartiers de la politique de la ville (QPV)
Région Part des ménages percevant des allocations chômage parmi l'ensemble des ménages (1) Part de la population en emploi précaire (CDD, intérim, stages...) parmi les actifs occupés de 15 à 64 ans (2) Part des femmes n'ayant pas d'emploi parmi les femmes de 15 à 64 ans (2)
QPV UU* « englobantes » QPV UU* « englobantes » QPV UU* « englobantes »
Île-de-France 24 16 17 12 49 36
Centre-Val de Loire 29 17 26 15 60 41
Bourgogne-Franche-Comté 27 17 27 16 63 43
Normandie 27 18 26 16 61 44
Nord-Pas-de-Calais-Picardie 27 19 24 15 64 49
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine 26 18 24 15 63 44
Pays de la Loire 27 18 26 16 55 41
Bretagne 25 17 25 17 58 42
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes 24 17 26 15 58 41
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 24 18 23 15 63 45
Auvergne-Rhône-Alpes 26 17 23 14 59 41
Provence-Alpes-Côte d'Azur 24 17 22 13 63 44
Corse 15 13 16 11 57 45
France métropolitaine 25 17 21 14 58 41
  • Champ : *unités urbaines (UU ; définitions) englobant les quartiers de la politique de la ville (QPV) en France métropolitaine.
  • Sources : (1) Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2012 - (2) recensement de la population 2010 (pour les QPV : estimations démographiques version septembre 2015 ; pour les UU : bases de données infracommunales).

Les difficultés d'insertion sur le marché du travail sont concomitantes avec un déficit de formation et de qualification dans les quartiers de la politique de la ville (figure 4). La réussite scolaire y est plus faible qu'ailleurs. Le retard scolaire à l'entrée en sixième pour les élèves y est plus fréquent (22 %) que pour ceux des unités urbaines les contenant (12 %). Ainsi, 29 % des élèves en retard scolaire des unités urbaines « englobantes » vivent dans un quartier de la politique de la ville. Au niveau régional, l'écart entre les quartiers concernés et les unités urbaines les « englobant » est élevé en Pays de la Loire, Bretagne, et  Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Dans les quartiers de ces régions, les trois quarts des habitants de 15 ans ou plus (non scolarisés) sont sans diplôme ou bien ont un diplôme inférieur au baccalauréat contre un peu plus de la moitié de ceux des unités urbaines « englobantes ». Dans les quartiers de la Normandie, de la Bourgogne-Franche-Comté et de l'Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, 80 % des habitants non scolarisés de 15 ans ou plus sont concernés.

Figure 4 – La précarité de la formation se concentre dans les quartiers de la politique de la ville (QPV)

en %
La précarité de la formation se concentre dans les quartiers de la politique de la ville (QPV)
Région Part de la population de 15 ans ou plus sans dîplôme ou avec un diplôme inférieur au bac parmi la population non scolarisée de 15 ans et plus (1) Part des élèves en retard scolaire à l'entrée en 6ème parmi les élèves entrant en 6ème pour la première fois (2)
QPV UU* « englobantes » QPV UU* « englobantes »
Île-de-France 69 46 20 12
Centre-Val de Loire 78 61 24 12
Bourgogne-Franche-Comté 81 62 24 13
Normandie 82 63 20 12
Nord-Pas-de-Calais-Picardie 78 64 23 15
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine 80 61 24 13
Pays de la Loire 77 55 24 11
Bretagne 76 53 22 10
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes 75 56 21 11
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 73 54 25 12
Auvergne-Rhône-Alpes 76 55 23 12
Provence-Alpes-Côte d'Azur 77 57 22 12
Corse 70 55 26 13
France métropolitaine 75 55 22 12
  • Champ : *unités urbaines (UU ; définitions) englobant les quartiers de la politique de la ville (QPV) en France métropolitaine.
  • Sources : (1) recensement de la population 2010 (pour les QPV : estimations démographiques version septembre 2015 ; pour les UU : bases de données infracommunales) - (2) MENESR-DEPP, système d'information Scolarité ; enquête n° 16 sur les établissements privés hors contrat ; champ : primo-entrants en 6ème à la rentrée scolaire 2011.

Forte présence du logement social sauf dans le Sud-Est

Dans les quartiers de la politique de la ville, le nombre de logements du parc social par ménage est bien plus élevé que dans les unités urbaines les contenant (respectivement 0,76 et 0,24 ; figure 5). La densité de logements sociaux est encore plus forte (au moins 0,9) dans les quartiers des régions Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Normandie, Pays de la Loire et Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. À l'opposé, elle est bien plus faible dans les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (respectivement 0,50 et 0,55). Dans ces deux régions du Sud-Est, le manque de logements sociaux est également une réalité pour les unités urbaines englobant ces quartiers.

Globalement, en France métropolitaine, les quartiers de la politique de la ville concentrent 37 % des logements sociaux de leurs unités urbaines « englobantes ». Cette concentration va de pair avec celle des différentes formes de précarité dans ces quartiers. Cœur de cible de la politique de la ville, ils ne rassemblent toutefois pas la totalité des populations précaires qui peuvent être dispersées dans l'ensemble de l'espace urbain, ou même plus largement au-delà des frontières de la ville.

Figure 5 – Nombre moyen de logements sociaux par ménage en France métropolitaine

nombre de logements sociaux par ménage
Nombre moyen de logements sociaux par ménage en France métropolitaine
Dans les quartiers de la politique de la ville Dans les unités urbaines « englobantes »
Centre-Val de Loire 0,97 0,27
Bourgogne-Franche-Comté 0,97 0,28
Normandie 0,95 0,34
Pays de la Loire 0,93 0,24
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine 0,89 0,29
Bretagne 0,87 0,21
Auvergne-Rhône-Alpes 0,81 0,21
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes 0,77 0,17
France métropolitaine 0,76 0,24
Nord-Pas-de-Calais-Picardie 0,75 0,31
Île-de-France 0,75 0,27
Corse 0,62 0,18
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 0,55 0,16
Provence-Alpes-Côte d'Azur 0,50 0,15
  • Champ : unités urbaines (UU, définitions) englobant les quartiers de la politique de la ville (QPV).
  • Sources : SOES RPLS 2013 ; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2012.

Figure 5 – Nombre moyen de logements sociaux par ménage en France métropolitaine

Encadré

La réforme de la politique de la ville

La loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014 a introduit une nouvelle géographie prioritaire de la politique de la ville (figure 1). Celle-ci a pour objectif de recentrer l'action publique sur les quartiers les plus en difficulté. Les quartiers de la politique de la ville ont été définis au sein des unités urbaines de 10 000 habitants ou plus sur la base de deux critères. Un quartier doit avoir un nombre minimal d'habitants, et un revenu médian très inférieur à celui de son unité urbaine d'appartenance. Le revenu fiscal a été retenu comme critère synthétique de fragilité suite à la concertation nationale « Quartiers, engageons le changement » conduite en 2012. Les travaux de définition ont été menés par le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) à partir de données carroyées de l'Insee issues des revenus fiscaux localisés de 2011 (sources).

Les quartiers de la politique de la ville remplacent les zonages formés par les zones urbaines sensibles (ZUS) et les contrats urbains de cohésion sociale (CUCS). 1 296 quartiers sont situés en France métropolitaine, 140 dans les départements d'outre-mer et environ 80 en Polynésie française et à Saint-Martin. Cette étude se limite aux quartiers de France métropolitaine, car certaines des données utilisées ne sont pas encore disponibles pour l'outre-mer et la Polynésie française.

Le contrat de ville est l'outil de gouvernance et de stratégie territoriale. Il repose sur trois piliers : le développement de l'activité économique et de l'emploi, la cohésion sociale, et l'amélioration du cadre de vie des habitants des quartiers. Il coordonne au niveau de chaque ville les orientations et les engagements des partenaires institutionnels, économiques et associatifs.

Sources

Le fichier localisé social et fiscal (Filosofi) de 2012 est issu du rapprochement des données fiscales exhaustives (déclaration de revenus des personnes physiques, taxe d'habitation et fichier d'imposition des personnes physiques) et des données sur les prestations sociales. Ces informations permettent de reconstituer un revenu déclaré (avant impôt) et un revenu disponible (après impôt et y compris prestations sociales) à des niveaux locaux fins.

Les estimations démographiques pour les quartiers de la politique de la ville s'appuient sur le recensement de la population de 2010. Elles fournissent des indicateurs sur la répartition des habitants par âge, situation socioprofessionnelle, diplôme et nationalité ainsi que la répartition des ménages et des logements selon différents critères.

Les données sur le retard scolaire à l'entrée en sixième sont issues du fichier des élèves du secondaire de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche (Depp). La Depp et l'Insee produisent ensemble, tous les deux ans, une géolocalisation des élèves inscrits dans les établissements du secondaire. L'année scolaire utilisée dans l'étude est celle de 2011-2012, par cohérence avec les autres sources de données.

Les données sur le logement social proviennent du répertoire des logements locatifs des bailleurs sociaux (RPLS) du Service de l'observation et des statistiques (SOeS) du ministère de l'Environnement, de l'énergie et de la mer. Les données utilisées sont datées du 1er janvier 2013. Les logements du secteur social sont les logements appartenant à des organismes d'habitations à loyer modéré (HLM) ou à d'autres bailleurs de logements sociaux qui sont soumis à la législation HLM pour la fixation de leur loyer, ainsi que les logements en dehors du champ des organismes de HLM mais pratiquant un loyer HLM.

Définitions

Une unité urbaine est une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.

Dans cette étude, pour un quartier de la politique de la ville donné, on appelle unité urbaine « englobante » l'unité urbaine à laquelle il appartient.

Le niveau de vie d'une personne (ou d'un ménage) est égal au revenu disponible du ménage auquel il appartient divisé par le nombre d'unités de consommation (UC) dans ce ménage. Le niveau de vie est donc le même pour toutes les personnes d'un même ménage. On attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans. Le niveau de vie médian, qui partage la population en deux, est tel que la moitié des personnes disposent d'un niveau de vie inférieur et l'autre moitié d'un niveau de vie supérieur.

Le revenu disponible d'un ménage est le revenu dont il dispose pour consommer et épargner. Il comprend les revenus d'activité (salaires, revenus d'activités non salariées), les revenus de remplacement (retraites et pensions, indemnités de chômage, indemnités de maladie), les revenus du patrimoine (dont en particulier les revenus financiers, qui sont imputés pour ceux qui ne sont pas soumis à déclaration, les revenus fonciers, les revenus accessoires, etc.) et les prestations sociales reçues (prestations familiales, minima sociaux et prestations logements). Au total de ces ressources, quatre impôts directs sont déduits : l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation, la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Pauvreté monétaire : une personne (ou un ménage) est considérée comme pauvre lorsque son niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Selon des conventions européennes, ce seuil est fixé à 60 % du niveau de vie médian. En France métropolitaine, il est estimé à partir de Filosofi à 11 871 euros annuels en 2012.

Le taux de pauvreté correspond à la proportion de personnes (ou de ménages) dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.

Pour en savoir plus

Baccaïni B., de Lapasse B., Lebeaupin F., Monso O., « Le retard scolaire à l'entrée en 6ème : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés », Insee Première n° 1512, septembre 2014.

Aerts A.-T., Chirazi S., Cros L., « Une pauvreté très présente dans les villes-centres des grands pôles urbains », Insee Première n° 1552, juin 2015.

Darriau V., Henry M., Oswalt N., « Politique de la ville en France métropolitaine : une nouvelle géographie recentrée sur 1 300 quartiers prioritaires », in France, portrait social, édition 2014, collection Insee Références, novembre 2014.

Floch J.M., Dabet G., « La ségrégation spatiale dans les grandes unités urbaines de France métropolitaine : une approche par les revenus », Documents de travail n° H2014-01, Insee, mars 2014.

Un tableau complémentaire présentant des singularités territoriales de la population des quartiers de la politique de la ville (part des jeunes, des ménages de grande taille, des étrangers, des familles monoparentales) est disponible dans les données complémentaires. Celles-ci sont téléchargeables à partir de la page dédiée à cette étude.