Enquête emploi en continu en Martinique : Stabilité du chômage en 2015

Lise Demougeot, Insee

En 2015, 126 000 Martiniquais ont un emploi et 29 000 sont au chômage au sens du BIT. Le secteur tertiaire concentre une part très importante des emplois (81 %) et neuf actifs occupés sur dix sont salariés. En Martinique, le chômage concerne 19 % des actifs en moyenne en 2015, comme en 2014. C’est la région des Antilles-Guyane où ce taux est le plus bas. Le taux de chômage des hommes est plus élevé que celui des femmes, contrairement à 2014.

En 2015, 155 000 personnes de 15 ans ou plus en Martinique sont actives : 126 000 ont un emploi et 29 000 sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) (définition) ; 150 000 personnes sont inactives, soit parce qu’elles ne travaillent pas et ne recherchent pas activement un emploi, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles pour en occuper un (Figure 1). Entre 2014 et 2015, la population active a diminué de 6 000 personnes en raison d’une participation décroissante des hommes et des femmes au marché du travail. Le taux d’activité des hommes a en effet diminué, passant de 54,2 % à 53 %, tout comme celui des femmes (de 49,6 % à 49,3 %).

Figure 1 – 155 000 Martiniquais sont actifs en 2015 - Population âgée de 15 ans ou plus

155 000 Martiniquais sont actifs en 2015 - Population âgée de 15 ans ou plus
Ensemble (p) Femmes (p) (en milliers) Hommes (p) (en milliers)
(en milliers) (en %)
Actifs 155 51,0 83 72
Actifs ayant un emploi 126 41,4 69 57
Chômeurs 29 9,6 15 15
Inactifs 150 49,0 86 64
dont : inactifs de 60 ans ou plus 83 27,1 48 35
Ensemble 305 100,0 169 136
  • (p) : données provisoires
  • : Champ : population des ménages de 15 ans ou plus, vivant en Martinique, hors communautés
  • Source : Insee, enquête Emploi 2015

Le salariat, très largement majoritaire, concerne davantage les femmes

En 2015, 12,7 % des personnes occupant un emploi en Martinique sont non salariées, proportion en baisse par rapport à 2014 (Figure 2). Le non-salariat concerne presque deux fois plus d’hommes que de femmes. Les salariés représentent donc 87,3 % des actifs occupés en Martinique. Sur dix personnes en emploi, il y a un non-salarié, deux ouvriers, quatre employés et trois personnes occupant une profession intermédiaire ou un emploi de cadre. La part des professions intermédiaires et des cadres progresse de 1,9 point en 2015, s’établissant à 33,2 % des actifs occupés. La part d’employés recule entre 2014 et 2015, passant de 36,4 % à 35,5 %. En 2015, les femmes sont plus nombreuses que les hommes parmi les professions intermédiaires, mais elles sont minoritaires au sein des cadres, contrairement à 2014. Dans les emplois non qualifiés d’ouvriers et d’employés, soit 25,4 % des emplois, les femmes sont majoritaires (2 femmes pour 1 homme) alors que la parité est quasiment respectée dans les emplois d’ouvriers et d’employés qualifiés.

Figure 2 – 87,3 % des actifs occupés sont salariés - Statut d'emploi et groupe socioprofessionnel des personnes en emploi selon le sexe

87,3 % des actifs occupés sont salariés - Statut d'emploi et groupe socioprofessionnel des personnes en emploi selon le sexe
Effectif total (p) (en milliers) Répartition (p) (en %) Part de femmes (p)
Ensemble Femmes Hommes (en %)
Non-salariés 16 12,7 8,5 17,6 36,6
Salariés 110 87,3 91,5 82,4 57,1
dont :
Cadres 12 9,2 7,7 11,1 45,2
Profession intermédiaire 30 24,0 26,7 20,9 60,4
Employés qualifiés 21 17,0 23,7 8,9 76,1
Employés non qualifiés 23 18,5 25,4 10,2 74,9
Ouvriers qualifiés 14 10,8 2,4 20,9 12,0
Ouvriers non qualifiés 9 6,9 4,6 9,6 36,3
Non déterminé 1 1,0 1,1 0,8 63,8
Ensemble 126 100,0 100,0 100,0 54,5
  • (p) : données provisoires
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus, vivant en Martinique, hors communautés
  • Source : Insee, enquête Emploi 2015

Huit emplois sur dix dans le secteur tertiaire

En 2015, 81 % des personnes ayant un emploi, salariées ou non, travaillent dans le secteur tertiaire (Figure 3). La part d’actifs occupés dans ce secteur baisse toutefois de 1,3 point en 2015, au profit du secteur d’activité de la construction. Les femmes sont majoritaires dans le secteur tertiaire où elles occupent 61,1 % des emplois. Plus de la moitié d’entre elles travaillent dans l’administration publique, l’éducation, la santé et l’action sociale.

Figure 3 – Le tertiaire, principal employeur en Martinique - Emploi selon les secteurs et le sexe

Le tertiaire, principal employeur en Martinique - Emploi selon les secteurs et le sexe
Effectif total (p) (en milliers) Répartition (p) (en %) Part de femmes (p)
Ensemble Femmes Hommes (en %)
Agriculture 6 4,4 1,7 7,6 21,2
Industrie 8 6,4 4,4 8,9 36,8
Construction 7 5,8 0,7 12,0 6,3
Tertiaire 102 81,0 90,9 69,2 61,1
Activité indéterminée 3 2,3 2,4 2,3 55,2
Ensemble 126 100,0 100,0 100,0 54,5
  • (p) : données provisoires
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus, vivant en Martinique, hors communautés
  • Source : Insee, enquête Emploi 2015

10,7 % des actifs occupés sont en sous-emploi

La forme de contrat de travail la plus répandue est le contrat à durée indéterminée (CDI). En 2015, 82,6 % des salariés en bénéficie, 16,3 % sont en contrat à durée déterminée (CDD), 0,9 % en intérim et 0,2 % en apprentissage. Les femmes occupent trois emplois en CDD sur cinq, et elles sont deux fois plus nombreuses que les hommes parmi les intérimaires et les apprentis. Les salariés de moins de 25 ans, entrés plus récemment sur le marché du travail, occupent moins souvent des emplois en CDI (39,4 % d’entre eux). L’ensemble des apprentis et 13,2 % des intérimaires ou bénéficiaires d’un CDD ont moins de 25 ans, contre un peu plus de 2 % des salariés en CDI. En 2015, 19,9 % des personnes en emploi travaillent à temps partiel, soit 1,2 point de moins qu’en 2014. 14 000 personnes sont en situation de sous-emploi, soit 10,7% des actifs occupés, comme en 2014. Le sous-emploi affecte surtout les femmes, qui occupent près de 3,5 emplois à temps partiel sur 5, les ouvriers (qualifiés ou non) et les employés non qualifiés.

En 2015, le taux de chômage se stabilise à 19 %

En 2015, 29 000 personnes sont au chômage au sens du BIT en Martinique, soit 19 % de la population active (Figure 4), comme en 2014 (23,7 % en Guadeloupe et 22 % en Guyane). Le taux de chômage des hommes augmente (+ 1,6 point), tandis que celui des femmes diminue  (– 2,3 points). En 2015, le taux de chômage des hommes est supérieur à celui des femmes (écart de 2,8 points), contrairement à 2014 (écart de 1,1 point). Entre 2014 et 2015, le nombre de chômeurs au sens du BIT a diminué en moyenne annuelle, mais le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (définition) inscrits à Pôle emploi a augmenté d’un milliers de personnes. Si ces deux indicateurs évoluent souvent dans le même sens, ils peuvent aussi diverger. Au total, en cumulant chômage et « halo », près de 53 000 personnes sont sans emploi et souhaitent travailler, soit 2 000 personnes de moins en un an. Parmi les 150 000 inactifs en Martinique, 23 000 souhaitent travailler mais ne satisfont pas tous les critères pour être au chômage au sens du BIT. Ils forment le « halo » autour du chômage et représentent, en 2015, 13 % de la population active ou inactive souhaitant travailler.

Figure 4 – Un taux de chômage stable en 2015 - Nombre de chômeurs et taux de chômage

Un taux de chômage stable en 2015 - Nombre de chômeurs et taux de chômage
Chômage au sens du BIT Nombre de chômeurs (p) Proportion de femmes (p) Taux de chômage (p) (en %)
(en milliers) (en %) Ensemble Femmes Hommes
Ensemble 29 49,9 18,9 17,6 20,4
15-24 ans 5 33,8 47,4 42,1 53,4
25-49 ans 19 56,2 21,1 21,4 20,6
50 ans ou plus 6 42,8 10,7 8,5 12,9
  • (p) : données provisoires
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus, vivant en Martinique, hors communautés
  • Source : Insee, enquête Emploi 2015

Sources

L’enquête Emploi a lieu en continu toutes les semaines de l’année en France métropolitaine, mais également, depuis le 1er janvier 2014, dans les départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion), à l’exception de Mayotte, où l’enquête est annuelle. Chaque semaine, environ 4 500 ménages ordinaires (c’est-à-dire les habitants de 4 500 logements hors communautés : foyers, hôpitaux, prisons...), soit près de 8 500 personnes de 15 ans ou plus, répondent à l’enquête. Les personnes décrivent leur situation vis-à-vis du marché du travail (en emploi, au chômage ou en inactivité) au cours d’une semaine dite de référence, au titre de laquelle elles sont interrogées. L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage au sens du Bureau international du travail, à partir de questions factuelles posées aux personnes de l’échantillon. Le niveau et la structure de l’emploi fournis par l’enquête peuvent différer de ceux obtenus à partir des sources administratives (estimations d’emploi). En effet, pour des raisons de mesure ou de couverture du champ, l’enquête Emploi est menée auprès de la population en ménages ordinaires.

Les données relatives à une année donnée sont susceptibles d'être légèrement révisées une fois les données démographiques issues du recensement de la population disponibles. Les données publiées ici n'intègrent pas ces révisions et sont donc provisoires.

Définitions

Un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) est une personne en âge de travailler (conventionnellement 15 ans ou plus) qui n’a pas travaillé, ne serait-ce qu’une heure, au cours d’une semaine de référence, est disponible pour travailler dans les deux semaines et a entrepris des démarches actives de recherche d’emploi dans le mois précédent, ou a trouvé un emploi qui commence dans les 3 mois.

Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre de personnes actives (en emploi ou au chômage) parmi les personnes âgées de 15 ans ou plus.

Le taux d’emploi est le rapport entre le nombre de personnes ayant un emploi et la population totale parmi les 15-64 ans.

Le taux d’activité est le rapport entre le nombre de personnes en activité (emploi ou chômage) et la population totale parmi les 15-64 ans.

Le halo autour du chômage est composé de personnes inactives au sens du BIT qui recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles ou souhaitent travailler mais ne recherchent pas d’emploi, qu’elles soient disponibles ou non.

Le sous-emploi recouvre les personnes qui ont un emploi à temps partiel, qui souhaitent travailler davantage et qui sont disponibles pour le faire, qu’elles recherchent ou non un emploi (temps partiel subi). Sont également en sous-emploi les personnes ayant involontairement travaillé moins que d’habitude, en raison de chômage technique ou partiel par exemple.

Demandeurs d’emploi en fin de mois de catégorie A (DEFM A) : demandeurs d’emploi sans emploi inscrits à Pôle Emploi en fin de mois, tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi

Pour en savoir plus

Demougeot L., « Stabilité du chômage en 2015 », Insee Flash Guadeloupe n° 38, avril 2016

Demougeot L., « stabilité du chômage en 2015 », Insee Flash Guyane n°38, avril 2016

Guggemos F, Vidalenc J., « Une photographie du marché du travail en 2014 », Insee Première n° 1569, octobre 2015