Enquête emploi en continu en Guadeloupe : Stabilité du chômage en 2015

Lise Demougeot, Insee

En 2015, 123 000 Guadeloupéens ont un emploi et 38 000 sont au chômage au sens du BIT. Le secteur tertiaire concentre une part très importante des emplois (80 %) et huit actifs occupés sur dix sont salariés. En Guadeloupe, le chômage concerne 23,7 % des actifs en moyenne en 2015, comme en 2014. C’est la région des Antilles-Guyane où ce taux est le plus élevé. Le taux de chômage des femmes est plus élevé que celui des hommes, et l’écart s’accroît en 2015.

En 2015, 161 000 personnes de 15 ans ou plus en Guadeloupe sont actives : 123 000 ont un emploi et 38 000 sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) (définitions) ; 160 000 personnes sont inactives, soit parce qu’elles ne travaillent pas et ne recherchent pas activement un emploi, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles pour en occuper un. Entre 2014 et 2015, la population active a diminué d’un millier de personnes en raison d’une participation décroissante des hommes et des femmes au marché du travail. Le taux d’activité des hommes a en effet diminué entre 2014 et 2015, passant de 54,5 % à 53,8 %, tout comme celui des femmes (de 47,8 % à 47,3 %).

Figure 1 – 161 000 Guadeloupéens sont actifs en 2015

Population âgée de 15 ans ou plus
161 000 Guadeloupéens sont actifs en 2015
Ensemble (p) Femmes (p) (en milliers) Hommes (p)(en milliers)
(en milliers) (en %)
Actifs 161 50,2 84 77
Actifs ayant un emploi 123 38,3 62 61
Chômeurs 38 11,9 22 17
Inactifs 160 49,8 93 66
dont : inactifs de 60 ans ou plus 81 25,2 47 34
Ensemble 321 100,0 177 144
  • (p) : données provisoires
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus, vivant en Guadeloupe, hors communautés
  • Source : Insee, enquête Emploi 2015

En 2015, 161 000 personnes de 15 ans ou plus en Guadeloupe sont actives : 123 000 ont un emploi et 38 000 sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) (définitions) ; 160 000 personnes sont inactives, soit parce qu’elles ne travaillent pas et ne recherchent pas activement un emploi, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles pour en occuper un. Entre 2014 et 2015, la population active a diminué d’un millier de personnes en raison d’une participation décroissante des hommes et des femmes au marché du travail. Le taux d’activité des hommes a en effet diminué entre 2014 et 2015, passant de 54,5 % à 53,8 %, tout comme celui des femmes (de 47,8 % à 47,3 %).

Figure 2 – 83,5 % des actifs occupés sont salariés

Statut d'emploi et groupe socioprofessionnel des personnes en emploi selon le sexe
83,5 % des actifs occupés sont salariés
Effectif total (p) Répartition (p) (en %) Part de femmes (p)
(en milliers) Ensemble Femmes Hommes (en %)
Non-salariés 20 16,5 10,2 23,0 31,4
Salariés 103 83,5 89,8 77,0 54,5
dont :
Cadres 9 7,1 6,7 7,5 47,8
Profession intermédiaire 27 21,7 24,8 18,5 58,0
Employés qualifiés 23 18,3 25,2 11,3 69,5
Employés non qualifiés 20 16,4 26,6 6,0 82,0
Ouvriers qualifiés 16 13,1 2,3 24,1 9,1
Ouvriers non qualifiés 8 6,9 4,1 9,6 30,7
Non déterminé 0 0,0 0,0 0,1 0,0
Ensemble 123 100,0 100,0 100,0 50,7
  • (p) : données provisoires
  • Champ : population en emploi de 15 ans ou plus, vivant en Guadeloupe, hors communautés
  • Source : Insee, enquête Emploi 2015

Huit emplois sur dix dans le secteur tertiaire

En 2015, 80,3 % des personnes ayant un emploi, salariées ou non, travaillent dans le tertiaire. La part d’actifs occupés dans ce secteur baisse toutefois de 1,2 point en 2015, au profit du secteur de la construction (+ 1,5 point). Les femmes sont majoritaires dans le tertiaire où elles occupent 58,7 % des emplois. Plus de la moitié d’entres elles travaillent dans l’administration publique, l’éducation, la santé et l’action sociale.

Figure 3 – Le tertiaire, principal employeur en Guadeloupe

Emploi selon les secteurs et le sexe
Le tertiaire, principal employeur en Guadeloupe
Effectif total (p) (en milliers) Répartition (p) (en %) Part de femmes (p) (en %)
Ensemble Femmes Hommes
Agriculture 4 3,6 1,5 5,7 20,8
Industrie 8 6,4 4,2 8,7 33,2
Construction 11 9,0 0,9 17,3 5,2
Tertiaire 99 80,3 93,0 67,3 58,7
Activité indéterminée 1 0,7 0,4 1,0 27,3
Ensemble 123 100,0 100,0 100,0 50,7
  • (p) : données provisoires
  • Champ : population en emploi de 15 ans ou plus, vivant en Guadeloupe, hors communautés
  • Source : Insee, enquête Emploi 2015

13,8 % des actifs occupés sont en sous-emploi

La forme de contrat de travail la plus répandue est le contrat à durée indéterminée (CDI). En 2015, 84,1 % des salariés en bénéficie, 14,1 % sont en contrat à durée déterminée (CDD), 1,1 % en intérim et 0,7 % en apprentissage. Les femmes occupent trois emplois en CDD sur cinq, mais elles sont six fois moins nombreuses que les hommes parmi les intérimaires et les apprentis. Les salariés de moins de 25 ans, entrés plus récemment sur le marché du travail, occupent moins souvent des emplois en CDI (28,8 % d’entre eux). Près de huit apprentis sur dix et 20 % des intérimaires ou bénéficiaires d’un CDD ont moins de 25 ans, contre un peu moins de 2 % des salariés en CDI.

En 2015, 22,5 % des personnes en emploi travaillent à temps partiel, soit 1,5 point de plus qu’en 2014. 17 000 personnes sont en situation de sous-emploi, soit 13,8 % des actifs occupés, comme en 2014. Le sous-emploi affecte surtout les femmes qui occupent près de 3,5 emplois à temps partiel sur 5, les jeunes, les ouvriers (qualifiés ou non) et les employés non qualifiés. 

En 2015, le taux de chômage se stabilise à 23,7 %

En 2015, 38 000 personnes sont au chômage au sens du BIT en Guadeloupe, soit 23,7 % de la population active, comme en 2014 (19 % en Martinique et 22 % en Guyane). Le chômage touche surtout les jeunes actifs (55,2 %), les ouvriers (24,8 %) et les non diplômés ayant au plus un CEP (30,4 %). Le taux de chômage des hommes est stable (21,6 %), tout comme celui des femmes (25,7 %). Depuis 2014, le taux de chômage des femmes est supérieur à celui des hommes et l’écart s’amplifie : de + 3,5 points en 2014 à + 4,1 points en 2015. Entre 2014 et 2015, le nombre de chômeurs au sens du BIT est resté quasiment stable en moyenne annuelle, mais le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (définitions) inscrits à Pôle emploi a augmenté d’un millier de personnes (source : Pôle emploi). Si ces deux indicateurs évoluent souvent dans le même sens, ils peuvent aussi diverger. Entre 2014 et 2015, la différence est en partie due à la hausse concomitante du « halo » autour du chômage. Il est ainsi possible que, face aux difficultés rencontrées sur le marché du travail, certaines personnes inscrites à Pôle emploi ne cherchent plus activement d’emploi ou déclarent ne plus souhaiter travailler, s’éloignant ainsi du marché du travail. Au total, en cumulant chômage et « halo », près de 65 000 personnes sont sans emploi et souhaitent travailler, soit 2 000 personnes de plus en un an. Parmi les 160 000 inactifs en Guadeloupe, 27 000 souhaitent travailler mais ne satisfont pas tous les critères pour être au chômage au sens du BIT. Ils forment le « halo » autour du chômage et représentent, en 2015, 14,2 % de la population active ou inactive souhaitant travailler.

Figure 4 – Un taux de chômage stable en 2015

Nombre de chômeurs et taux de chômage
Un taux de chômage stable en 2015
Chômage au sens du BIT Nombre de chômeurs (p) Proportion de femmes (p) Taux de chômage (p) (en %)
(en milliers) (en %) Ensemble Femmes Hommes
Ensemble 38 56,3 23,7 25,7 21,6
15-24 ans 6 38,4 55,2 52,2 55,7
25-49 ans 24 62,1 25,6 28,8 21,4
50 ans ou plus 8 53,5 14,5 15,7 13,5
  • (p) : données provisoires
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus, vivant en Guadeloupe, hors communautés
  • Source : Insee, Enquête Emploi 2015.

Sources

L’enquête Emploi a lieu en continu toutes les semaines de l’année en France métropolitaine, mais également, depuis le 1er janvier 2014, dans les départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion), à l’exception de Mayotte, où l’enquête est annuelle. Chaque semaine, environ 4 500 ménages ordinaires (c’est-à-dire les habitants de 4 500 logements hors communautés : foyers, hôpitaux, prisons...), soit près de 8 500 personnes de 15 ans ou plus, répondent à l’enquête. Les personnes décrivent leur situation vis-à-vis du marché du travail (en emploi, au chômage ou en inactivité) au cours d’une semaine dite de référence, au titre de laquelle elles sont interrogées.

L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage au sens du Bureau international du travail, à partir de questions factuelles posées aux personnes de l’échantillon. Le niveau et la structure de l’emploi fournis par l’enquête peuvent différer de ceux obtenus à partir des sources administratives (estimations d’emploi). En effet, pour des raisons de mesure ou de couverture du champ, l’enquête Emploi est menée auprès de la population en ménages ordinaires.

Les données relatives à une année donnée sont susceptibles d'être légèrement révisées une fois les données démographiques issues du recensement de la population disponibles. Les données publiées ici n'intègrent pas ces révisions et sont donc provisoires.

Définitions

Un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) est une personne en âge de travailler (conventionnellement 15 ans ou plus) qui n’a pas travaillé, ne serait-ce qu’une heure, au cours d’une semaine de référence, qui est disponible pour travailler dans les deux semaines et qui a entrepris des démarches actives de recherche d’emploi dans le mois précédent, ou a trouvé un emploi qui commence dans les 3 mois.

Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre de personnes actives (en emploi ou au chômage) parmi les personnes âgées de 15 ans ou plus.

Le taux d’emploi est le rapport entre le nombre de personnes ayant un emploi et la population totale parmi les 15-64 ans.

Le taux d’activité est le rapport entre le nombre de personnes en activité (emploi ou chômage) et la population totale parmi les 15-64 ans.

Le "halo" autour du chômage est composé de personnes inactives au sens du BIT qui recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles ou souhaitent travailler mais ne recherchent pas d’emploi, qu’elles soient disponibles ou non.

Le sous-emploi recouvre les personnes qui ont un emploi à temps partiel, qui souhaitent travailler davantage et qui sont disponibles pour le faire, qu’elles recherchent ou non un emploi (temps partiel subi). Sont également en sous-emploi les personnes ayant involontairement travaillé moins que d’habitude, en raison de chômage technique ou partiel par exemple.

Demandeurs d’emploi en fin de mois de catégorie A (DEFM A) : demandeurs d’emploi sans emploi inscrits à Pôle Emploi en fin de mois, tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi.

Pour en savoir plus

Demougeot L.,« Stabilité du chômage en 2015 », Insee Flash Martinique n° 38, avril 2016

Demougeot L., « stabilité du chômage en 2015 », Insee Flash Guyane n°38, avril 2016

Guggemos F, Vidalenc J., « Une photographie du marché du travail en 2014 », Insee Première n° 1569, octobre 2015