Périphérie de Montpellier : des ménages de plus en plus petits

Pauline Buffard, Jean-Claude Gidrol, Insee

De 1990 à 2012, Montpellier et sa proche périphérie ont connu une forte expansion démographique. L'évolution des modes de vie et le vieillissement de la population ont entraîné une baisse du nombre moyen de personnes par ménage, surtout dans la périphérie de l’unité urbaine. L'offre immobilière de logements s'est fortement développée en lien avec les évolutions démographiques et la composition des ménages qui évolue à la baisse.

En 2012, les ménages de l'unité urbaine de Montpellier se composent de 395 800 personnes, soit 37 % de plus qu’en 1990. La population des ménages a fortement augmenté dans la ville-centre de l’unité urbaine, Montpellier (+ 31 %, soit 62 000 habitants supplémentaires), mais plus encore dans les communes périphériques (+ 48 % en 22 ans, soit + 13 400 habitants).

Baisse notable de la taille des ménages dans les communes périphériques

En parallèle de la croissance démographique de l’unité urbaine, les ménages y sont de plus en plus petits : 2,4 personnes en moyenne en 1990 contre 2,0 en 2012, diminution également observée sur l’ensemble du territoire national (figure 1). Dans la ville-centre, Montpellier, la taille moyenne des ménages a peu baissé. Elle est passée de 2,1 personnes par ménage en 1990 à 1,9 en 2012. En revanche, la baisse est plus sensible dans les communes de la périphérie de Montpellier (figure 2). En 1990, les ménages y résidant étaient composés en moyenne de 3,0 personnes. 22 ans plus tard, ils en comptent 2,4. Dans les communes de Lattes, Grabels, Jacou et plus encore de Saint-Clément-de-Rivière, la taille des ménages s’est particulièrement réduite.

Figure 1 – Le nombre de ménages en forte progression, surtout en périphérie

Chiffres clés de l’unité urbaine de Montpellier
Le nombre de ménages en forte progression, surtout en périphérie
1990 2012 Évolution 1990/2012
Unité urbaine Population des ménages 289 698 395 835 + 37 %
Ménages 123 152 194 434 + 58 %
Taille des ménages 2,4 2,0 - 0,4
dont communes périphériques Population des ménages 91 382 135 483 + 48 %
Ménages 30 730 57 439 + 87 %
Taille des ménages 3 2,4 - 0,6
  • Source : Insee, recensements de population 1990 et 2012, exploitation principale.

Figure 2 – La taille des ménages a baissé fortement dans la périphérie de Montpellier

  • Source : Insee, recensements de la population 1990 et 2012.

La diminution de la taille moyenne des ménages résulte de changements démographiques comme le vieillissement de population, mais aussi sociologiques (ruptures d’union plus fréquentes par exemple), que l'unité urbaine partage avec de nombreux autres territoires. À titre d’exemple, les ménages d’une personne sont beaucoup plus fréquents qu’auparavant : ils représentent 44 % des ménages en 2012 contre 34 % en 1990. Être moins nombreux au sein d’un ménage, donc dans un même logement, constitue l'un des éléments alimentant la demande en logement, en plus de la croissance démographique.

Un vieillissement de la population différencié selon les territoires

Dans la périphérie de Montpellier, la baisse de la taille des ménages s’explique en partie par l’augmentation de la part des personnes âgées, qui vivent plus fréquemment seules ou en couple. En effet, les personnes de 75 ans ou plus représentent 9 % de la population en 2012 contre 4 % en 1990. L’impact du vieillissement sur la taille des ménages est amplifié par le recul de l'âge de l'entrée en maison de retraite, favorisé par la progression de l'espérance de vie et le maintien à domicile des personnes âgées. Ainsi en 2012, 7 600 ménages ont à leur tête un senior de 75 ans ou plus, soit 13 % des ménages. Ils étaient 8 % en 1990. A contrario, Montpellier ne connaît pas de vieillissement de sa population, en raison du renouvellement de celle-ci (figure 3). La part des Montpelliérains de 75 ans ou plus est de 7 % en 2012 comme en 1990.

Figure 3 – Vieillissement de la population dans les communes périphériques

en %
Vieillissement de la population dans les communes périphériques
Âge Communes périphériques en 1990 Communes périphériques en 2012 Montpellier en 1990 Montpellier en 2012
0-4 ans 5% 4% 5% 5%
5-9 ans 7% 5% 5% 5%
10-14 ans 8% 6% 5% 5%
15-19 ans 9% 7% 7% 6%
20-24 ans 7% 6% 13% 14%
25-29 ans 6% 5% 10% 11%
30-34 ans 7% 5% 8% 8%
35-39 ans 8% 6% 7% 7%
40-44 ans 9% 7% 7% 6%
45-49 ans 7% 8% 5% 5%
50-54 ans 6% 7% 4% 5%
55-59 ans 6% 7% 4% 5%
60-64 ans 5% 7% 5% 5%
65-69 ans 4% 6% 5% 4%
70-74 ans 2% 4% 3% 3%
75-79 ans 2% 4% 3% 3%
80-84 ans 1% 3% 2% 2%
85-89 ans 1% 2% 1% 2%
90-94 ans 0% 1% 0% 1%
95 ans ou plus 0% 0% 0% 0%
  • Source : Insee, recensements de population, exploitation complémentaire.

Figure 3 – Vieillissement de la population dans les communes périphériquesPopulation par âge en 1990 et 2012 dans l’unité urbaine de Montpellier

Moins de couples avec enfants qu’auparavant dans les communes périphériques

La décohabitation des jeunes adultes quittant le domicile parental est un autre facteur de baisse de la taille des ménages. Avec l’avancée en âge des nombreuses générations des 35-45 ans présentes en 1990, les décohabitations ont été nombreuses dans la périphérie de Montpellier. Les résidences principales construites avant 1990 y accueillent 2,3 personnes en moyenne en 2012, contre 3,0 en 1990, supposant qu’une partie des ménages soit restée dans son logement une fois les enfants partis. Les couples avec enfants sont moins présents dans le paysage familial, 62 % en 1990 contre 42 % en 2012. Ceux dont la personne de référence a moins de 50 ans sont particulièrement moins fréquents : ils représentent 27 % des familles en 2012 contre 46 % en 1990. En contrepartie, les couples âgés de 50 à 75 ans sans enfant sont plus fréquents : 27 % en 2012 contre 20 % en 1990.

Dans l'unité urbaine, une cause spécifique vient accentuer la moindre présence de couples avec enfants que par le passé : l’étalement urbain, caractéristique des territoires urbains en expansion démographique. De nombreux couples avec enfants quittent Montpellier et sa périphérie proche, à la recherche de terrains et de maisons individuelles à des prix abordables (Audric S., 2011).

Diverses évolutions des modes de vie contribuent à la baisse de la taille des ménages, notamment dans la périphérie. Parmi elles, les mises en couple plus tardives, les séparations plus nombreuses, la raréfaction des grandes familles. Par exemple, les jeunes de la périphérie de Montpellier vivent plus souvent seuls que par le passé : 18 % des 25-29 ans contre 5 % en 1990. Par ailleurs, les ménages dont la personne de référence est divorcée ont connu une augmentation notable dans la périphérie : parmi celles de 30 à 59 ans, 15 % sont divorcées en 2012, contre 9 % en 1990. À Montpellier, cette part, déjà élevée en 1990, est de même ordre en 2012, 17 %, expliquant en partie la moindre diminution de la taille des ménages montpelliérains. Enfin, la raréfaction des grandes familles a également contribué à la baisse de la taille des ménages, avec 5 % de ménages de 5 personnes ou plus en 2012 pour 12 % en 1990.

Près de cinq fois plus d'appartements dans la périphérie de Montpellier en 22 ans

En 22 ans, l'offre immobilière s'est fortement développée à Montpellier et dans la plupart des 21 communes de sa périphérie. La construction de nouveaux logements s’est adaptée à la nécessité d’accueillir les populations supplémentaires et de prendre en compte l’évolution de la composition des ménages.

Entre 1990 et 2012, le nombre de résidences principales, maisons ou appartements, a augmenté dans l’unité urbaine, à des rythmes toutefois différents selon les communes. Dans la périphérie de Montpellier, le nombre d'appartements a été multiplié par 4,7 en 22 ans, passant de 3 000 à 14 400. Dans le même temps, le nombre de maisons a été multiplié par 1,6, passant de 26 700 à 42 700 en 2012. Les résidences principales construites depuis 1990 sont de plus petite taille que les plus anciennes : 21 % ont une ou deux pièces contre 9 % pour celles construites avant 1990, attirant ainsi de petits ménages.

En 2012, les maisons restent majoritaires dans toutes les communes de la périphérie, mais les appartements y représentent en moyenne 25 % de l'ensemble des logements, pour seulement 10 % en 1990. Avec 42 % d'appartements, Lattes et Grabels ont en 2012 un parc immobilier collectif le plus développé des communes de la périphérie de Montpellier, devant Castelnau-le-Lez (38 %). À Jacou, Saint-Clément-de-Rivière, Vendargues et Villeneuve-lès-Maguelone, la part d'appartements atteint ou dépasse 25 %.

Dans Montpellier, la structure de l'offre immobilière est celle d'une grande ville, de surcroît universitaire : les appartements y sont largement majoritaires, ils représentent 85 % des résidences principales en 2012. Avec 40 500 appartements supplémentaires en 22 ans, leur nombre a augmenté de 53 %, rythme plus soutenu que celui des maisons (+ 35 %).

Définitions

Un ménage, au sens du recensement de population, désigne l'ensemble des personnes qui partagent la même résidence principale, sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté (colocation par exemple). Un ménage peut être constitué d'une seule personne. Il y a égalité entre le nombre de ménages et le nombre de résidences principales.

Une famille est la partie d'un ménage comprenant au moins deux personnes et constituée soit d'un couple vivant au sein du ménage, avec le cas échéant son ou ses enfant(s) appartenant au même ménage, soit d'un adulte avec son ou ses enfant(s) appartenant au même ménage (famille monoparentale). Pour qu'une personne soit enfant d'une famille, elle doit être célibataire et ne pas avoir de conjoint ou d'enfant faisant partie du même ménage. Un ménage peut comprendre zéro, une ou plusieurs familles.

Pour en savoir plus

Gidrol J-C., « Une baisse continue du nombre de personnes par logement depuis 20 ans », Insee Flash Languedoc-Roussillon n°7, janvier 2015

Audric S., « Les migrations résidentielles de Montpellier Agglomération », Insee Languedoc-Roussillon, Repères Synthèse n°1, mars 2011

Toulemon L., « Évolution des situations familiales à travers les recensements français de 1962 à 2009 », Ined, Population, Volume 67, n°4, édition 2012