Une baisse continue du nombre de personnes par logement depuis 20 ans

Jean-Claude Gidrol - Insee

Le nombre moyen de personnes vivant dans un même logement a baissé entre 1990 et 2011 en Languedoc-Roussillon, passant de 2,5 à 2,2. Indicateur de l’évolution du mode de vie et notamment du phénomène de décohabitation, la taille des ménages diminue plus fortement dans les couronnes des pôles urbains, tout en restant de plus grande taille qu’ailleurs. Dans les pôles urbains, vivre seul est une situation plus fréquente, et qui se développe toujours, ce qui explique en partie la faible taille des ménages.

Conséquence du vieillissement de la population et de l’évolution des modes de vie, le nombre moyen de personnes par logement est passé dans la région de 2,50 en 1990 à 2,19 en 2011 (figure 1). La baisse de la taille des ménages (desserrement) a été soutenue pendant les années 1990 avec - 0,02 personne par an. Puis, au cours de la décennie suivante, le rythme de baisse a été divisé par deux, - 0,01 personne par an. Le nombre moyen de personnes vivant dans un même logement est un des indicateurs de l’évolution du mode de vie comme le phénomène de décohabitation dont les exemples les plus courants sont le départ des enfants du domicile des parents ou les séparations.

Figure 1 – Baisse de la taille des ménages entre 1990 et 2011

Unité : nombre de personnes
Baisse de la taille des ménages entre 1990 et 2011
Languedoc-Roussillon France métropolitaine
1990 2,50 2,57
1999 2,32 2,40
2006 2,23 2,30
2011 2,19 2,25
  • Source : Insee - Recensements de population - Exploitation complémentaire

Figure 1 – Baisse de la taille des ménages entre 1990 et 2011

A l’origine de la réduction de la taille moyenne des ménages : l'augmentation du nombre de personnes vivant seule et la réduction concomitante du nombre de ménages de grande taille.

En vingt ans, la proportion de ménages d'une seule personne est passée de 26,5 % à 34,7 % en Languedoc-Roussillon. Dans le même temps, la part de ménages de trois personnes ou plus passait de 41,2 % à 30,6 % (figure 2).

Figure_2 – Augmentation de la part des ménages d’une personne entre 1990 et 2011

Unité : % et nombre total
Augmentation de la part des ménages d’une personne entre 1990 et 2011
Ménages d'une personne (%) Ménages de deux personnes (%) Ménages de trois personnes ou plus (%) Nombre de ménages
1990 26,5 32,3 41,2 827 400
1999 31,8 33,1 35,2 968 600
2006 33,4 34,8 31,8 1 111 200
2011 34,7 34,7 30,6 1 192 000
  • Source : Insee - Recensements de population - Exploitation complémentaire

Trois principaux facteurs expliquent ces évolutions. Le vieillissement de la population, qui entraîne une augmentation de la part des ménages sans enfants, donc plus petits. S’y ajoute l’allongement de l’espérance de vie en bonne santé, permettant aux personnes âgées de rester plus longtemps à leur domicile. Ensuite la transformation des modes de vie, avec moins de vie en couple et plus de séparations, que ce soit aux âges de la vie active, mais aussi pour la génération des 60-74 ans. Enfin, la baisse du nombre de familles nombreuses, avec les progrès de la contraception et le développement de l’activité des femmes.

Des ménages de plus en plus petits dans les couronnes des grands et moyens pôles urbains

Entre 1990 et 2011, la taille des ménages a baissé fortement dans les couronnes des grands et moyens pôles urbains (définitions) (figure 3 ). Elle est ainsi passée de 2,75 à 2,40 dans les couronnes des grands pôles, et de 2,79 à 2,40 dans la couronne des moyens pôles. Malgré cette baisse, dans ces zones, les ménages restent en moyenne de plus grande taille qu’ailleurs (figure 4). Le parc immobilier des couronnes périurbaines est souvent composé de lotissements de maisons individuelles, contrairement aux pôles (villes et leur proche périphérie), où la concentration de logements collectifs est plus importante et la surface habitable des logements plus petite.

Les pôles urbains ont également vu la taille de leurs ménages diminuer. La baisse est particulièrement sensible dans les moyens pôles, où le nombre de personnes par logement est aujourd’hui proche de 2. Dans les grands pôles, la baisse est moindre, - 0,24 personne alors qu’elle est plus marquée dans leurs couronnes, - 0,39 personne.

Figure_3 – Zonage en aire urbaine 2010

  • Source : Insee, zonage en aire urbaine 1999 et 2010, recensements de la population 1999 et 2008

Figure_4 – Des ménages toujours de plus grande taille dans les couronnes des grands et moyens pôles

Unité : nombre moyen de personnes
Des ménages toujours de plus grande taille dans les couronnes des grands et moyens pôles
2011 1990
Couronnes des moyens pôles 2,40 2,79
Couronnes des grands pôles 2,40 2,75
Multipolarisé des grandes aires urbaines 2,33 2,61
Couronnes des petits pôles 2,29 2,61
Autre multipolarisé 2,28 2,52
Languedoc-Roussillon 2,19 2,50
Grands pôles 2,17 2,42
Petits pôles 2,14 2,46
Communes isolées hors influence des pôles 2,09 2,41
Moyens pôles 2,04 2,44
  • Source : Insee - Recensements de population - Exploitation complémentaire

Figure_4 – Des ménages toujours de plus grande taille dans les couronnes des grands et moyens pôles

Dans les grands pôles, 65 % des ménages supplémentaires sont des personnes vivant seule

Vivre seul est une situation plus fréquente dans les grands pôles (39 %) que dans leurs couronnes (26 %), ce qui explique en partie la taille des ménages en moyenne plus faible. Aussi, parmi les 168 100 ménages supplémentaires en 20 ans, près des deux tiers sont des ménages d’une personne alors que le nombre de ménages de 3 personnes ou plus est relativement stable (figure 5). Le pôle urbain de Montpellier se distingue de l’ensemble des grands pôles par une augmentation des ménages de 3 personnes ou plus davantage marquée.

Figure_5 – Forte progression des ménages de petite taille entre 1990 et 2011

Forte progression des ménages de petite taille entre 1990 et 2011
Évolution du nombre de ménages entre 1990 et 2011
Total composés d'une personne composés de deux personnes composés de trois personnes ou plus
Grandes aires urbaines + 263 300 + 143 600 + 99 900 + 19 800
- contribution à l'évolution 100% 54% 38% 8%
Dont : Grands pôles + 168 100 + 108 400 + 57 300 + 2 400
- contribution à l'évolution 100% 65% 34% 1%
Couronnes + 95 200 + 35 200 + 42 600 + 17 400
- contribution à l'évolution 100% 37% 45% 18%
Région + 364 600 + 194 700 + 146 400 + 23 500
- contribution à l'évolution 100% 54% 40% 6%
  • Note de lecture : La hausse du nombre de ménages de 3 personnes ou plus (+ 19 800) dans les grandes aires urbaines contribue pour 8 % à l’évolution totale du nombre de ménages.
  • Source : Insee - Recensements de population - Exploitation complémentaire

Dans les couronnes des grands pôles, près de la moitié des ménages supplémentaires est portée par des ménages de 2 personnes. Les ménages de grandes tailles y contribuent pour 18 %.

Définitions

Le zonage en aire urbaine 2010 permet d'obtenir une vision des aires d'influences des villes sur le territoire. Il partage le territoire en grands types d’espaces : les pôles sont constitués des unités urbaines de plus de 1 500 emplois. On distingue les grands pôles urbains ou grands pôles (+ de 10 000 emplois), les moyens pôles (5 000 à 10 000) et les petits pôles (1 500 à 5 000). Les couronnes des pôles sont constituées des communes ou unités urbaines dont au moins 40% des actifs résidents travaillent dans le pôle et les communes attirées par celui-ci par un processus itératif. Un pôle et sa couronne éventuelle constituent une aire. Les communes qui ne sont pas attirées par une seule aire constituent l’espace multipolarisé. Les communes restantes constituent l’espace des communes hors influence des pôles.

Unité urbaine : Commune ou un ensemble de communes qui comporte sur son territoire une zone bâtie d'au moins 2 000 habitants où aucune habitation n'est séparée de la plus proche de plus de 200 mètres.

Pour en savoir plus

« Taille des ménages en Languedoc-Roussillon : 2,2 personnes par ménage, début 2009 », Insee Languedoc-Roussillon, Repères Chiffres n°06, juin 2012