Panorama de l’Aude - Croissance démographique et difficultés économiques

Fabien Batlle, Insee

L’Aude bénéficie d’une situation géographique très favorable, au carrefour des deux grands espaces économiques de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Toulouse d’une part, le littoral d’autre part. Entre 2007 et 2012, la croissance démographique dans le département est importante, en raison de l’arrivée de nouvelles populations venues s’installer sur le territoire. Nombreux sont les Audois qui se rendent quotidiennement dans les grandes aires urbaines voisines pour y travailler.

Le département reste toutefois âgé. Avec une forte proportion de retraités et un taux de chômage élevé, le niveau de vie médian en 2012 est l’un des plus faibles de France métropolitaine. L’emploi recule et certains secteurs, comme celui de la construction, ont particulièrement pâti des effets de la crise de 2008.

D’une superficie de 6 140 km2, l’Aude se situe entre les Pyrénées et le Massif central (Montagne Noire), au sud de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (LRMP). Le point culminant du département est le pic de Madrès (2 469 m). Le département est limitrophe des Pyrénées-Orientales au sud, de l’Ariège et de la Haute-Garonne à l’ouest, du Tarn au nord et de l’Hérault au nord-est. À l’est, il est bordé par la Méditerranée, avec un littoral de 47 km (figure 1).

Figure 1 – L’A61 dessert les principales villes de l’Aude - Carte du département de l’Aude

  • © IGN – Insee 2016

Une population concentrée le long des grands axes

Les deux unités urbaines (définition) de Narbonne (51 900 habitants en 2012) et Carcassonne (49 600 habitants) constituent les deux piliers de l’armature urbaine de l’Aude. La première est située à un carrefour exceptionnel entre la vallée du Rhône et l’Espagne d’une part, et entre la Méditerranée et le Bassin aquitain d’autre part. La seconde, préfecture au cœur du département, bénéficie de la proximité de l’autoroute A61 reliant Narbonne à Toulouse. Seules grandes aires urbaines du département, leurs aires d’influence comptent, en 2012, 90 500 habitants pour Carcassonne et 97 800 habitants pour Narbonne. À l’ouest et au sud de Carcassonne, les unités urbaines de Castelnaudary et Limoux abritent chacune près de 13 000 habitants et définissent deux aires moyennes. La 5e agglomération du département, Lézignan-Corbières, avec 10 900 habitants, est au centre d’une petite aire, tout comme Port-la-Nouvelle, ville la plus importante du littoral audois. Entre 2007 et 2012, la population de l’aire urbaine de Carcassonne continue à croître : + 0,6 % par an. La hausse de population dans la couronne périurbaine (+ 1,4 % par an) compense la diminution observée dans l’agglomération (- 0,2 %). Avec 430 habitants de moins entre 2007 et 2012, l’unité urbaine de Carcassonne est la seule du département à perdre des habitants, en raison de la baisse de population dans sa ville centre, Carcassonne.

Sur la même période, les populations des aires urbaines de Narbonne et de Limoux augmentent à un rythme comparable à celle de Carcassonne (+ 0,7 % par an), alors que la progression est plus soutenue dans celle de Castelnaudary (+ 1,0 %). La population de l’aire de Lézignan-Corbières bénéficie d’une forte croissance (+ 2,3 %), tandis que la hausse est beaucoup plus modérée dans celle de Port-la-Nouvelle (+ 0,4 %).

Une croissance démographique qui se poursuit

Au 1er janvier 2012, l’Aude compte 363 500 habitants. Avec une population plus nombreuse de 1,0 % en moyenne par an entre 2007 et 2012, le dynamisme démographique du département est deux fois plus fort que celui de France métropolitaine et équivalent à celui de la région. La poussée démographique est constante depuis le début des années 80. L’Aude a gagné en moyenne 0,9 % de population par an en 30 ans. Comme au cours des périodes précédentes, la croissance démographique est exclusivement due à l’arrivée de populations venues s’installer sur le territoire. Le solde entre arrivées et départs est de + 3 350 personnes chaque année entre 2007 et 2012, soit un excédent annuel moyen de 1,0 % (figure 2).

Figure 2 – Croissance démographique soutenue dans l’Aude

Base 100 en 1982
Croissance démographique soutenue dans l’Aude
Aude Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées France métropolitaine
1982 100 100 100
1983 100,9 101,0 100,6
1984 101,6 102,0 101,0
1985 102,0 103,0 101,5
1986 102,5 103,5 102,0
1987 103,0 104,2 102,5
1988 104,6 105,0 103,0
1989 105,5 105,9 103,6
1990 106,5 107,0 104,1
1991 107,1 107,8 104,6
1992 107,3 108,6 105,1
1993 107,5 109,5 105,6
1994 107,8 110,1 105,9
1995 108,1 110,7 106,3
1996 108,5 111,5 106,6
1997 108,9 112,3 107,0
1998 109,8 113,2 107,3
1999 110,3 114,0 107,7
2000 111,7 115,3 108,3
2001 113,2 116,8 109,1
2002 114,7 118,4 109,8
2003 116,4 120,0 110,6
2004 118,1 121,6 111,4
2005 119,8 123,4 112,2
2006 121,5 125,0 113,0
2007 123,2 126,4 113,7
2008 124,5 127,6 114,4
2009 126,2 128,8 115,0
2010 127,0 129,9 115,5
2011 128,3 131,2 116,1
2012 129,5 132,4 116,6
  • Source : Insee, recensements de la population et estimations de population

Figure 2 – Croissance démographique soutenue dans l’AudeÉvolution de la population de 1982 à 2012

Les habitants de l’Aude sont en moyenne plus âgés qu’au niveau national. L’âge moyen, 43,4 ans en 2012, est nettement supérieur à celui de l’ensemble de la région (41,8 ans) et à celui de France métropolitaine (40,1 ans). Les seniors sont particulièrement nombreux : 30 % des Audois ont 60 ans ou plus contre 24 % en France métropolitaine. Les personnes âgées de 75 ans ou plus constituent 12 % de la population audoise, elles sont 9 % en métropole. En contrepartie, les jeunes de moins de 30 ans sont moins nombreux qu’ailleurs : ils représentent 32 % de la population contre 34 % dans la région et 37 % en France métropolitaine (figure 3).

Figure 3 – Présence notable des seniors

en %
Présence notable des seniors
Aude Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées France métropolitaine
0 à 14| ans 17,0 17,1 18,4
15 à 29| ans 14,9 17,2 18,1
30 à 59| ans 38,3 39,0 39,6
60 à 74| ans 18,0 16,1 14,7
75 ans| ou plus 11,8 10,6 9,2
  • Source : Insee, recensement de la population 2012

Figure 3 – Présence notable des seniorsPopulation par tranche d'âge au 1er janvier 2012

De nombreuses résidences secondaires

Le parc de logements de l’Aude se caractérise par la forte présence de résidences secondaires qui constituent plus d’un quart des logements. Cette part est l’une des plus élevées des départements de France et la troisième des départements de la région, après les Pyrénées-Orientales et la Lozère. Les résidences secondaires audoises se situent en grande majorité dans les communes du littoral, du fait de l’attrait touristique du département.

Entre 2007 et 2012, en lien avec la croissance démographique, le parc de résidences principales progresse à un rythme équivalent à celui de la région (+ 6,8 %), nettement au-dessus du rythme national (+ 4,6 %) (figure 4).

Figure 4 – Développement soutenu du parc de logements dans l’Aude comme dans la région - Parc des logements par catégorie au 1er janvier 2012

Développement soutenu du parc de logements dans l’Aude comme dans la région - Parc des logements par catégorie au 1er janvier 2012
Catégorie de logement Aude Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées France métropolitaine
Nombre Part (en %) Évolution entre 2007 et 2012 (en %) Part (en %) Évolution entre 2007 et 2012 (en %) Part (en %) Évolution entre 2007 et 2012 (en %)
Résidences principales 162 615 65,9 + 6,8 76,0 + 6,9 83,0 + 4,6
Résidences secondaires* 63 618 25,8 + 3,2 15,8 + 3,0 9,5 + 2,6
Logements vacants 20 502 8,3 + 24,8 8,2 + 24,7 7,5 + 23,2
Ensemble 246 735 100,0 + 7,1 100,0 + 7,5 100,0 + 5,6
  • *y compris logements occasionnels
  • Source : Insee, recensements de la population

Une offre de services plus développée mais un temps d’accès plus long

Avec 406 équipements pour 10 000 habitants en 2012, l’Aude dispose d’un niveau d’équipement légèrement supérieur à la moyenne régionale (393 pour 10 000). Le département est particulièrement mieux doté en équipements de la gamme de proximité (épicerie, boulangerie, médecin généraliste, école élémentaire…) avec 331 équipements de ce type pour 10 000 habitants, contre 312 au niveau régional. En contrepartie, les équipements et services des gammes intermédiaire (supermarché, laboratoire d’analyses médicales, collège, gendarmerie-police…) et supérieure (hypermarché, spécialités médicales, lycée…) sont moins présents. L’Aude compte 85 pôles dits de proximité, communes ou agglomérations disposant d’au moins la moitié des équipements de la gamme de proximité. Ceux-ci se concentrent essentiellement dans le nord du département, le long de l’autoroute A61, et sur la côte.

Malgré ces niveaux d’équipement, la part des Audois vivant dans une commune pôle de services de proximité (79 %) est bien inférieure à la moyenne métropolitaine (85 %) et à la moyenne régionale (85 %). Le temps de trajet moyen pour accéder à ces équipements est également supérieur dans le département par rapport à ceux observés en métropole et dans la région et ce quelle que soit la gamme d’équipement.

Parmi les huit pôles de services offrant une majorité de services intermédiaires, quatre se situent sur la côte, trois dans le nord du département et un dans le sud. Au pied des Pyrénées, Quillan constitue le seul pôle intermédiaire important du sud du département. L‘Aude compte cinq pôles de services supérieurs correspondant aux villes les plus importantes (Narbonne, Carcassonne, Limoux, Castelnaudary et Lézignan-Corbières). Ceux-ci proposent les services plus rares de la gamme supérieure.

Un département touché par le chômage

L’Aude est le troisième département du Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées le plus touché par le chômage et le quatrième de France métropolitaine. En 2012, 12,9 % des actifs audois sont au chômage, contre 11,2 % dans la région et 9,4 % en France métropolitaine. En dix ans, la part d’actifs au chômage dans l’Aude est toujours restée au-dessus de la moyenne régionale, en suivant les mêmes tendances. L’écart avec la moyenne régionale s’est toutefois progressivement creusé, passant de + 0,2 point en 2002 à + 1,7 point en 2012 (figure 7).

Au-delà de ce constat, et comparativement aux niveaux régional et national, l’Aude compte moins de personnes actives en emploi ou au chômage au sein de la population des 15 ans ou plus : 52 %, contre 58 % en France métropolitaine et 55 % en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées en 2012. Si les retraités sont plus nombreux parmi les Audois, le taux d’activité de la population en âge de travailler (de 15 à 64 ans) est lui aussi parmi les plus bas de la région (figure 5), notamment pour les jeunes de 20 à 24 ans.

Figure 5 – Une part de retraités plus importante dans l'Aude qu’ailleurs

en %
Une part de retraités plus importante dans l'Aude qu’ailleurs
Aude Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées France métropolitaine
Actifs ayant| un emploi 42,8 46,9 50,5
Chômeurs 8,9 7,8 7,3
Retraités ou| préretraités 33,3 29,5 26,7
Élèves,| étudiants,| stagiaires 5,8 7,9 8,0
Autres| inactifs 9,2 7,9 7,5
  • Source : Insee, recensement de la population 2012

Figure 5 – Une part de retraités plus importante dans l'Aude qu’ailleursPopulation de 15 ans ou plus par type d’activité au 1er janvier 2012

Situés entre Toulouse, Perpignan et les grandes aires urbaines de l’Hérault, de nombreux actifs audois quittent le département chaque jour pour aller travailler. L’influence en matière d’emplois de la métropole toulousaine s’étend au-delà de la Haute-Garonne, dans une dizaine de communes de l’Aude à l’ouest de Castelnaudary. En 2012, parmi les actifs ayant un emploi qui résident dans l’Aude, 11 500 travaillent hors du département, soit près d’un sur dix. Parmi eux, 30 % vont travailler en Haute-Garonne et 29 % dans l’Hérault. Le rapport entre emplois offerts dans le département et nombre d’actifs occupés résidants est de 97 %. En effet, dans l’autre sens, 7 700 personnes viennent quotidiennement travailler dans l’Aude sans y résider. Parmi celles-ci, la plupart viennent de l’Hérault (39 %). Ces échanges nombreux à double sens entre l’Aude et l’Hérault traduisent la proximité des deux grandes aires urbaines de Narbonne et Béziers (figure 6).

Figure 6 – De nombreux flux domicile-travail avec la Haute-Garonne et l’Hérault - Déplacements domicile-travail entre l’Aude et les autres départements en 2012

  • © IGN – Insee 2016

Figure 7 – Le taux de chômage audois se maintient au-dessus de celui de la région

en %
Le taux de chômage audois se maintient au-dessus de celui de la région
Aude Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées France métropolitaine
2002 9,6 9,4 7,5
2003 9,7 9,7 8,1
2004 10,3 9,8 8,5
2005 10,3 9,8 8,5
2006 10,6 9,8 8,5
2007 9,9 9,0 7,7
2008 9,6 8,5 7,1
2009 11,3 10,1 8,7
2010 11,9 10,3 8,9
2011 12,1 10,5 8,8
2012 12,9 11,2 9,4
  • Source : Insee, taux de chômage localisés et taux de chômage au sens du BIT (France métropolitaine)

Figure 7 – Le taux de chômage audois se maintient au-dessus de celui de la régionTaux de chômage annuel moyen de 2002 à 2012

Un revenu médian disponible parmi les plus faibles de métropole

En 2012, un Audois sur deux appartient à un ménage disposant d’un revenu de moins de 17 230 euros par unité de consommation, déduction faite des impôts directs et après réception des prestations sociales. Ce niveau de vie médian est nettement inférieur à celui de la région (18 890 €) et plus encore à celui de la France métropolitaine hors Île-de-France (19 400 €). L’Aude est ainsi le département ayant le revenu disponible médian le plus faible de la région et le 3e plus bas de France métropolitaine après la Seine-Saint-Denis et le Pas-de-Calais. Son montant est de 1 435 euros par mois pour une personne seule ou encore 2 585 euros pour un couple avec un jeune enfant. La part des ménages soumis à l’imposition des revenus est également la plus faible de la région ainsi que la plus faible de métropole après la Creuse.

Aux deux extrémités de l’échelle des revenus, un Audois sur dix vit dans un ménage disposant de moins de 9 100 euros par an et par unité de consommation et un sur dix de plus de 30 670 euros. Comme ces deux indicateurs figurent l’un comme l’autre parmi les plus bas de France métropolitaine, le rapport entre les deux, appelé rapport interdécile, se trouve à un niveau proche des niveaux régional et national, traduisant une dispersion des revenus disponibles un peu plus faible que dans la région et un peu plus grande qu’ailleurs (figure 8).

Figure 8 – Une faible part de ménages imposés - Revenu disponible des ménages par unité de consommation* en 2012

Une faible part de ménages imposés - Revenu disponible des ménages par unité de consommation* en 2012
Aude Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées France métropolitaine hors Île-de-France
Nombre de ménages fiscaux 157 970 2 428 719 21 773 111
Part des ménages imposés (%) 52,9 58,8 61,9
Revenu disponible médian (euros) 17 231 18 888 19 402
Revenu disponible 1er décile (euros) 9 099 9 862 10 593
Revenu disponible 9e décile (euros) 30 671 34 726 35 071
Rapport interdécile 3,4 3,5 3,3
Part des traitements et salaires** 61,1 67,7 70,6
Part des pensions, retraites, rentes** 35,4 29,6 28,1
  • * cf. définitions
  • ** en % du revenu disponible
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-Ccmsa, Fichier localisé social et fiscal 2012

Le secteur de la construction affecté par la crise de 2008

Fin 2012, l’économie audoise offre 123 450 emplois, salariés ou non. La construction, deuxième secteur employeur du département après le tertiaire avec 7,3 % des actifs en emploi, est fortement impacté par la crise de 2008. Ses effectifs chutent de 9,6 % sur la période récente (2007-2012), ce qui représente la baisse relative la plus importante dans ce secteur parmi les départements de la région.

Par ailleurs, l’emploi dans l’agriculture, 6,4 % des emplois du département contre 3,8 % dans la région, est également fortement en baisse entre 2007 et 2012 : - 9,5 %. Arterris, société coopérative agricole située à Castelnaudary, reste le premier employeur privé audois. Sur la période 2002-2012, le déclin de l’agriculture est, comme ailleurs, constant mais il est particulièrement marqué. Avec un recul de plus d’un quart de ses effectifs en 10 ans, la baisse est la plus importante parmi les départements de la région, derrière les Pyrénées-Orientales. Avec 8 740 emplois, l’industrie recule également entre 2007 et 2012 (- 4,5 %).

Sur la période récente, la hausse de 2,0 % dans le secteur tertiaire ne compense pas la baisse d’effectifs des autres secteurs. L’emploi total recule de 0,2 %, un repli comparable à celui observé en France métropolitaine, dans une région où l’évolution de l’emploi est très variable selon les départements, mais où elle est globalement positive (+ 2,1 % en moyenne entre 2007 et 2012) (figure 9).

Figure 9 – L’impact de la crise de 2008 plus marqué dans l’Aude qu’ailleurs

base 100 en 2002
L’impact de la crise de 2008 plus marqué dans l’Aude qu’ailleurs
Aude Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées France métropolitaine
2002 100,0 100,0 100,0
2003 101,3 101,2 99,8
2004 103,1 102,4 100,3
2005 104,6 103,9 101,1
2006 106,2 105,7 102,3
2007 106,7 107,0 103,7
2008 106,2 106,6 103,1
2009 105,8 106,9 102,3
2010 105,9 107,8 102,9
2011 106,4 108,4 103,5
2012 106,5 109,2 103,6
  • Champ : emploi salarié et non salarié
  • Source : Insee, estimations d'emploi localisées au lieu de travail

Figure 9 – L’impact de la crise de 2008 plus marqué dans l’Aude qu’ailleursÉvolution de l'emploi total de 2002 et 2012

Définitions

Une unité urbaine (ou agglomération) est une commune ou un ensemble de communes présentant une zone continûment bâtie d’au moins 2 000 habitants. Un pôle est une agglomération d’au moins 1 500 emplois, qualifié de grand pôle urbain s’il y a au moins 10 000 emplois. L’aire urbaine est constituée du pôle urbain et de sa zone d’influence en matière d’emploi, appelée couronne périurbaine. On parle aussi de couronne autour des petits ou moyens pôles (moins de 10 000 emplois).

Le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population active (actifs occupés + chômeurs).

Le revenu disponible est le revenu à la disposition du ménage pour consommer et épargner. Il comprend les revenus d'activité, les retraites et pensions, les revenus du patrimoine, les revenus financiers et les prestations sociales reçues. De ces ressources, quatre impôts directs sont déduits : l’impôt sur le revenu, la taxe d'habitation, la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Un ménage fiscal se compose de tous les foyers fiscaux rattachés à une résidence principale. Le niveau de vie est le revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation. Il est le même pour chaque membre du ménage. L’unité de consommation (UC) est un système de pondération attribuant un coefficient à chaque membre du ménage : 1 pour le premier adulte, 0,5 pour les autres personnes de 14 ans ou plus, 0,3 pour les enfants de moins de 14 ans. Il permet de comparer les niveaux de revenus des ménages de taille ou de composition différentes, en tenant compte des économies d’échelle réalisées dans le budget.

La médiane du revenu disponible par UC (ou niveau de vie médian) est la valeur du revenu qui partage la population en deux groupes : la moitié des personnes appartiennent à un ménage dont le revenu par UC est inférieur à cette valeur, l'autre moitié à un ménage dont le revenu est supérieur. De la même manière, on peut diviser la population en dix groupes classés selon le revenu. Le 1er décile est la valeur du revenu au-dessous duquel on trouve les 10 % des personnes appartenant aux ménages les plus modestes. Le 9e décile est le niveau de revenu au-dessus duquel on trouve les 10 % de personnes appartenant aux ménages les plus aisés. Le rapport entre ces deux valeurs mesure la dispersion : plus ce rapport interdécile est élevé, plus les écarts de revenus sont grands entre les plus riches et les plus pauvres.

Pour en savoir plus

Lamotte P.,« Populations légales au 1 er janvier 2013 : 364 877 Audois », Insee Flash Languedoc-Roussillon n°18, décembre 2015

Tribout X., « Carcassonne Agglo, entre équilibres et difficultés », Insee Languedoc-Roussillon, Repères Synthèse n°01, janvier 2014

Dadoun C., « Économie présentielle et mobilité contrainte dans le Grand Sud-Est : Narbonne, zone d’emploi en équilibre fragile pour les déplacements », Insee Languedoc-Roussillon, Repères Synthèse n°06, juillet 2012