Les enjeux pour une transition écologique en Picardie

La Stratégie nationale de transition écologique vers un développement durable (SNTEDD) fixe quatre enjeux écologiques majeurs : le changement climatique, la raréfaction des ressources, la multiplication des risques sanitaires environnementaux et la perte accélérée de biodiversité. L'étude propose une analyse des principales spécificités économiques, démographiques et sociales régionales, en identifiant les menaces ou les opportunités qu'elles engendrent sur les grands enjeux écologiques de la Picardie. Ainsi en Picardie, 29 % des communes sont concernées par des risques naturels et d'inondation. Par ailleurs, avec 8,7 t/hab. et par an, la Picardie émet plus de gaz à effet de serre qu'en moyenne nationale (8,0 t/hab.). Cela s'explique notamment par la présence d'activités fortement émettrices telles que les industries chimiques et agroalimentaires, l'agriculture ou le transport. La spécialisation des exploitations agricoles et leur agrandissement fragilisent la santé des sols picards. En raison de sa tradition industrielle, la région concentre près de 4,5 % des sites et sols pollués du pays. L'homogénéisation des paysages et leur fragmentation fragilisent les milieux naturels ainsi que leur diversité. La surface des prairies, deux fois plus petite qu'en moyenne en France, rétrécit régulièrement depuis les années 1990. La Picardie bénéficie toutefois d'un continuum forestier qui va du sud vers le nord-est de la région et d'un littoral biologiquement riche. La qualité des eaux picardes est préoccupante en raison de fortes concentrations en nitrates et pesticides qui peuvent parfois altérer la potabilité des eaux souterraines. Rapportée au nombre d'habitants, la Picardie fait partie des régions les plus consommatrices d'énergie tout en étant parmi celles dont la consommation est en diminution. Le parc éolien picard est le deuxième plus important après celui de Champagne-Ardenne…

Insee Dossier Picardie
Paru le : 05/11/2015
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Raréfaction des ressources

Anne Évrard (Dreal), Jean-Marc Mierlot (Insee)

Les croissances économique et démographique entraînent une pression de plus en plus forte sur les ressources en énergie, en eau, ou en matériaux de construction. Les plus gros consommateurs d'énergie restent en France dans l'ordre, le résidentiel, le transport et l'industrie, malgré les progrès accomplis. La réduction de la consommation énergétique des bâtiments est un enjeu national qui concerne la Picardie au premier chef car elle possède un parc dans l'ensemble plus énergivore que l'ensemble du parc français : plus ancien, plus individuel et équipé de mode de chauffage plus gourmand. La part des énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie de la France est de 14 % en 2013. L'Europe lui a assigné un objectif de 23 % en 2020. Grâce aux incitations des pouvoirs publics notamment, la production électrique d'origine renouvelable a progressé dans toutes les régions ces dix dernières années. La Picardie est la deuxième région française pour la puissance de son parc éolien. Elle est en revanche une des moins bien équipées en solaire photovoltaïque. La consommation en eau est un enjeu moins déterminant en Picardie. En effet, utilisant peu d'eau pour l'irrigation et encore moins pour l'énergie, elle ne consomme que 0,7 % des prélèvements de métropole. Plus de la moitié des matières extraites du territoire français sont des granulats, utilisés majoritairement pour la construction. Les schémas des carrières des trois départements picards préconisent de privilégier les granulats présents localement afin de limiter les transports. Cette consommation sans cesse accrue de matières génère des déchets de plus en plus importants. Le transport et le traitement des déchets engendrent une pollution et un coût également importants. Les déchets ménagers et assimilés ont progressé de 12 % entre 2005 et 2011 en Picardie. Durant cette période, la population couverte

Insee Dossier Picardie
Paru le : 05/11/2015