Portrait économique des zones d'emploi dans les Pays de la Loire

Michèle RICORDEL et Philippe GRAY

Les Pays de la Loire sont, avec l'Alsace, la région dans laquelle la part de l'emploi présentiel est la plus faible (63 % de l'emploi salarié contre 68 % pour l'ensemble de la province). Les zones d'emploi ligériennes situées autour des trois grandes métropoles régionales (Nantes, Angers, Le Mans) et sur le littoral (Saint-Nazaire, Challans, Les Sables-d'Olonne et La Roche-sur-Yon) ainsi que la zone inter-régionale d'Alençon présentent une part d'emploi salarié présentiel supérieure à la moyenne régionale. Pour les douze autres zones, le poids toujours élevé de l'emploi salarié industriel ou agricole restreint la part de la sphère présentielle, qui est même inférieure à 50 % pour les quatre zones d'emploi de La Ferté-Bernard, Les Herbiers, Sablé-sur-Sarthe et Ancenis.

Faits et Chiffres
No 472
Paru le : 24/04/2013

Les Pays de la Loire sont découpés en vingt zones d'emploi. Ces territoires, de superficies et de morphologies très différentes, présentent des profils sociodémographiques très diversifiés. L'analyse qui suit appréhende la dimension économique de ces territoires au regard du poids de l'économie présentielle en termes d'emploi salarié.

Le regroupement des secteurs d'activité produisant des biens et services destinés aux personnes présentes dans un territoire, qu'elles soient résidentes ou touristes, constitue ce que l'on appelle l'économie présentielle. Les activités produisant des biens majoritairement consommés hors de la zone et les activités de services tournées principalement vers les entreprises constituent l'économie non-présentielle.

En Pays de la Loire, la sphère présentielle domine moins l'emploi qu'ailleurs

Les Pays de la Loire, malgré l'importance de leur façade atlantique et des activités touristiques qui en découlent, sont, avec l'Alsace, la région française dans laquelle la part de l'emploi salarié présentiel est la moins élevée : 63 %, soit cinq points en-dessous de la moyenne nationale hors Île-de-France. L'industrie, notamment l'agroalimentaire et la fabrication d'autres produits industriels, encore très présente dans la région, contribue à limiter le poids de l'emploi salarié présentiel.

En Pays de la Loire, le secteur « administration publique, enseignement, santé et action sociale » représente près de 50 % de l'emploi salarié présentiel, le commerce 14 % et la construction 12,5 %. Le transport-entreposage, hébergement-restauration, activités financières et d'assurances et autres activités de services participent chacun pour 4 à 5 % à l'emploi salarié présentiel.

Agglomérations et littoral, terres d'élection de l'emploi présentiel

Les zones d'emploi des trois grandes métropoles régionales (Nantes, Angers, Le Mans) présentent des parts d'emploi salarié présentiel supérieures à la moyenne des Pays de la Loire (63 %) : Le Mans et Angers, avec respectivement 70 % et 68 % d'emploi salarié présentiel, restent proches de la moyenne nationale (68 %), et se caractérisent par un poids important du secteur « administration publique, enseignement, santé et action sociale ». Les grands pôles urbains (Nantes, Angers, Le Mans) concentrent en effet les plus forts effectifs publics, en raison de la présence de grands employeurs (universités, hôpitaux, grandes administrations dans les villes-préfectures). Avec une part d'emploi salarié présentiel de près de 65 %, l'écart à la moyenne régionale est moins élevé dans la zone d'emploi de Nantes ; la répartition sectorielle de l'emploi salarié y est plus diversifiée.

Parmi les quatre zones littorales, Saint-Nazaire, Challans, Les Sables-d'Olonne et La Roche-sur-Yon, la zone d'emploi des Sables-d'Olonne - la plus petite des quatre en nombre de postes salariés - affiche la part d'emploi salarié présentiel la plus élevée de la région (79 %) et se positionne nettement au-dessus de la moyenne nationale. Le caractère touristique de la zone et l'afflux migratoire de retraités génèrent des emplois dans la construction, le commerce et l'hôtellerie-restauration. L'emploi salarié du secteur « administration publique, enseignement, santé et action sociale » y est également important.

Avec des parts d'environ 65 % d'emploi salarié présentiel, les trois autres zones littorales sont plus proches de la moyenne régionale. Avec près de 85 000 postes salariés chacune, les zones d'emplois de Saint-Nazaire et de La Roche-sur-Yon ont des parts d'emplois présentiels proches mais distribuées différemment du point de vue des secteurs d'activité économique. Pour la zone de La Roche-sur-Yon, la part du secteur « administration publique, enseignement, santé et action sociale » dans la sphère présentielle est ainsi de 49 % contre 44 % pour la zone de Saint-Nazaire.

Figure 1 – Agglomérations et littoral, terres d’élection de l’emploi présentiel

  • Source : Insee - Clap 2010.

Dix zones d'emploi plutôt tournées vers l'industrie

Dix zones d'emploi ont une part d'emploi salarié présentiel inférieure à la moyenne régionale et une part de postes salariés industriels supérieure à 25 %. Ces zones sont de tailles très variables. La plus importante, Cholet, représente ainsi 70 000 emplois salariés alors que la plus petite, Châteaubriant, n'en compte que 10 000. Généralement, ces zones présentent un profil plutôt rural mais sont aussi des pôles d'emploi secondaires où la présence encore importante de l'industrie, notamment l'agroalimentaire et la fabrication d'autres produits industriels, contribuent à structurer le tissu productif. Sur les 304 zones d'emploi de France métropolitaine, trois des quatre zones d'emploi ayant la plus faible part d'emplois présentiels se situent en Pays de la Loire. Il s'agit des zones de La Ferté-Bernard, Les Herbiers et Sablé-sur-Sarthe, avec respectivement 39 %, 42 % et 44,5 % des emplois salariés dans la sphère présentielle. Avec moins de la moitié des emplois salariés dans la sphère présentielle, la zone d'emploi d'Ancenis (49 %) arrive en 10e position de ce groupe de zones d'emploi dont les économies sont très peu dépendantes des populations présentes.

Deux zones aux profils d'emploi différents

Avec 78 000 postes salariés, la zone d'emploi de Laval se situe, en volume d'emplois, entre la zone de Cholet et celles de Saint-Nazaire ou de La Roche-sur-Yon. La part de l'économie présentielle y est un peu inférieure à la moyenne régionale. En tant que préfecture de département, Laval concentre une part importante d'emplois dans le secteur « administration publique, enseignement, santé et action sociale ». Toutefois, le poids de l'industrie reste important (24 % des postes salariés), ce qui limite la part de l'emploi salarié présentiel.

Dans la zone d'emploi de Saumur, la filière viticole et les champignonnières génèrent de l'emploi salarié dans l'agriculture et l'agroalimentaire. Aussi, la part de l'emploi salarié dans l'économie présentielle y est légèrement inférieure à la moyenne régionale.

Des taux de création d'entreprise inférieurs à la moyenne nationale dans la plupart des zones d'emploi

Si la crise économique a entraîné une nette diminution des créations d'entreprises en 2008, en Pays de la Loire comme au niveau national, la mise en place du statut d'auto-entrepreneur début 2009 a fortement dynamisé les créations.

La vitalité économique des différents territoires de la région peut s'appréhender par le dynamisme de la création d'entreprise. Les zones d'emploi de Nantes, d'Angers, de Fontenay-le-Comte, de Sablé-sur-Sarthe, de Saint-Nazaire et du Mans sont les territoires les plus attractifs pour la création d'entreprise. Le dynamisme des autres zones d'emploi régionales est nettement en retrait : le redéploiement vers les activités porteuses reste tout juste suffisant pour compenser l'érosion de l'industrie

Les indicateurs de démographie d'entreprises masquent néanmoins une grande diversité des créations d'entreprise, à la fois en termes de secteurs d'activité, d'ampleur financière du projet ou de caractéristiques des entrepreneurs et des entreprises qu'ils créent.

Figure_2 – Taux de création d'entreprise en Pays de la Loire en 2011

Taux de création d'entreprise en Pays de la Loire en 2011
Zone d'emploi Taux de création d'entreprises en 2011 (en %) *
Alençon - Partie Pays de la Loire 13,3 | 14,8
Ancenis 12,4
Châteaubriant 11,8
Nantes 16,1
Saint-Nazaire 14,2
Angers 15
Cholet 12
Saumur 12,1
Segré 11,4
Laval 12,7
Mayenne 10,1
La Ferté-Bernard 13
La Flèche 11,6
Le Mans 14,2
Sablé-sur-Sarthe 14,3
Challans 12,3
Fontenay-le-Comte 14,7
Les Herbiers 12,5
La Roche-sur-Yon 14
Les Sables-d'Olonne 14
Pays de la Loire 14,3
France de province 15,4
  • * Rapport entre le nombre de créations d'une année et le stock d'entreprises au 1er janvier de la même année.
  • Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements (Sirene).

Encadré

Tissu économique des zones d'emploi des Pays de la Loire - Volet 1 - Portrait socio-économique des zones d'emploi

Cette publication est issue d'un travail en partenariat initié par la Direction régionale de l'Insee des Pays de la Loire et la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) des Pays de la Loire et associant les services d'études du Secrétariat Général pour les Affaires Régionales (SGAR) et de Pôle Emploi. Ce programme d'étude - dont les résultats donneront lieu à plusieurs publications - a pour objet l'analyse du tissu économique des zones d'emploi des Pays de la Loire.

Cette étude est également disponible dans une publication de la collection « Études et dossiers » de la Direccte sur le tissu économique des zones d'emploi régionales. Plus d'informations sur le site : http://pays-de-la-loire.direccte.gouv.fr/

Sources

Le groupe de travail du Conseil national de l'information statistique (Cnis) sur les « Statistiques et nouvelles tendances de localisation des populations et des activités sur le territoire » a préconisé, dans son rapport de septembre 2009, une actualisation du découpage en zones d'emploi, conjointement à l'actualisation des autres zonages d'études. Le groupe estimait en effet que les facteurs déterminant les migrations domicile-travail, à la base de la constitution des zones d'emploi, étaient susceptibles d'avoir évolué dans le temps. Outre la prise en compte des données les plus récentes en matière de recensement de la population et de migrations domicile-travail, cette actualisation visait également à mieux identifier les « marchés locaux du travail », en réexaminant, si nécessaire, les contraintes liées aux limites administratives qui affectaient l'ancien découpage.

Trois usages de ces zones d'emploi peuvent être recensés : un usage en termes de statistiques, un usage en termes de diagnostic territorial pour l'aide à la décision et, dans une moindre mesure, un usage réglementaire.

La notion de bassin d'emploi a beaucoup d'acceptions et il n'existe pas de définition partagée. Chaque acteur peut donc parler de « bassin d'emploi » en faisant référence au territoire pertinent pour conduire son action : il peut s'agir des zones de compétence des agences locales pour l'emploi, des arrondissements, d'un découpage plus fin de zones d'emploi ou des zones d'emploi elles-mêmes.

Définitions

Zone d'emploi : une zone d'emploi est un espace géographique à l'intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent, et dans lequel les établissements trouvent l'essentiel de la main-d'œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts. Piloté par la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé, avec l'appui technique de l'Insee, le découpage en zones d'emploi constitue une partition du territoire adaptée aux problématiques des marchés locaux de l'emploi. Les déplacements domicile-travail constituent la variable de base pour la détermination de ce zonage. Les zones d'emploi sont ainsi construites de telle façon que la proportion d'actifs occupés résidant et travaillant dans la même zone soit la plus élevée possible.

Sphère économique : la partition de l'économie en deux sphères, présentielle et non-présentielle, permet de mieux comprendre les logiques de spatialisation des activités et de mettre en évidence le degré d'ouverture des systèmes productifs locaux. Elle permet aussi de fournir une grille d'analyse des processus d'externalisation et autres mutations économiques à l'œuvre dans les territoires. Les activités présentielles sont les activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, qu'elles soient résidentes ou touristes. Les activités non-présentielles sont déterminées par différence : il s'agit des activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et des activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère.

Pour en savoir plus

La liste des zones d'emploi et leur composition communale figurent sur www.insee.fr, rubrique Définitions, Méthodes et Qualité.

La grille d'analyse des sphères présentielles et non-présentielle figure également sur www.insee.fr.

Les données locales sont disponibles depuis le 30 juin 2011, sur les nouvelles zones d'emploi :

Recensement de la population

Chiffres clés sur un territoire

Cartes interactives

Niveaux de diplôme dans les zones d'emploi des Pays de la Loire - Insee Pays de la Loire, Informations statistiques n°448, Christiane AUBRÉE, juin 2012

Emploi et chômage dans les zones d'emploi des Pays de la Loire - Insee Pays de la Loire, Informations statistiques n°436, décembre 2011

Portrait économique des zones d'emploi dans les Pays de la Loire - Insee Pays de la Loire, Informations statistiques n°420, septembre 2011

Portrait démographique des zones d'emploi dans les Pays de la Loire - Insee Pays de la Loire, Informations statistiques n°415, juillet 2011

L'appareil productif des Pays de la Loire face à son avenir - Insee Pays de la Loire, dossier Hors-Série, avril 2010

Forces et faiblesses caractérisant l'économie des Pays de la Loire - Insee Pays de la Loire, dossier n°32, janvier 2009

Zones d'emploi : des économies de plus en plus dépendantes des populations présentes - Insee Provence-Alpes-Côte d'Azur, Analyse n°9, juin 2011