Évolution de l’emploi en Centre-Val de Loire : une décennie marquée par la crise

Auteurs : Hélène Lapeyre, Gilles Valaison, (Insee Centre-Val de Loire), Pascale Casamayou (Direccte Centre-Val de Loire)

Avec près d’un million de personnes en activité fin 2013, le Centre-Val de Loire a connu dix années mouvementées en termes d’emploi. Après une période de hausse, la crise conduit à partir de 2008 à de nombreuses destructions d’emplois salariés dans la région. Les importantes mutations économiques entraînent un fort renouvellement de l’appareil productif, qui se traduit par des trajectoires sectorielles différenciées. Les activités de services restent créatrices d’emploi, mais à un rythme inférieur à la moyenne nationale. Dans l’industrie, la crise aggrave une situation déjà fragile. Soutenus par la création du statut d’auto-entrepreneur en 2009, les emplois non salariés, un emploi sur dix, augmentent fortement.

En Centre-Val de Loire, comme ailleurs, la spécialisation industrielle et l’importance de l’activité présentielle ont fortement évolué entre fin 2003 et fin 2013. Les dynamiques diffèrent entre la période 2003-2007 et celle de 2008-2013, marquée par les difficultés économiques.

Connaître la nature de ces mutations et leur ampleur permet de mieux anticiper les évolutions futures et de cibler les actions visant à faciliter l’insertion professionnelle et à promouvoir certains secteurs d’activité.

Les activités les plus spécifiques de l’économie régionale, notamment dans l’industrie, ne sont pas nécessairement les plus dynamiques en termes d’emploi. La pharmacie, la chimie, la fabrication de produits en caoutchouc et matières plastiques ainsi que la production et distribution d’électricité, sont présentes de longue date dans la région et bénéficient de l’appui de clusters et pôles de compétitivité spécifiques. Mais, comme presque tous les secteurs industriels, ces activités emblématiques du Centre-Val de Loire connaissent des évolutions de l’emploi.

D’importantes mutations de l’appareil productif

La décennie 2003-2013 a été marquée par des transformations notables de l’appareil productif, modifiant les poids respectifs de l’industrie et des services. Ce phénomène n’est pas récent et n’est pas propre à la région, mais s’accélère depuis 2008 et impacte fortement le Centre-Val de Loire, au profil industriel prononcé.

Depuis 2008, plus d’un établissement sur trois a été créé ou a disparu. Ce renouvellement, qui contribue aux évolutions des spécialisations sectorielles des territoires, est plus élevé dans les zones fortement urbanisées comme Orléans et Tours que dans le sud de la région.

Près d’un million de personnes occupent un emploi en Centre-Val de Loire fin 2013. La région représente 4 % de l’emploi métropolitain et 5 % de celui de la France de province.

Si en dix ans le niveau d’emploi est resté quasi stable, la crise a fortement impacté son évolution. Entre 2003 et 2007, l’emploi régional augmentait à un rythme annuel moyen de 0,4 %, mais la situation s’est ensuite inversée. Le Centre-Val de Loire a ainsi perdu 0,4 % de ses emplois en moyenne chaque année sur la période 2008-2013 (figure 1).

Figure 1 – Une baisse de l'emploi depuis fin 2007 plus importante en Centre-Val de Loire

indice base 100
Une baisse de l'emploi depuis fin 2007 plus importante en Centre-Val de Loire
Centre-Val de Loire - emploi salarié Centre-Val de Loire - emploi total France de Province - emploi total France de Province - emploi salarié
2003 100,0 100,0 100,0 100,0
2004 100,1 100,2 100,5 100,4
2005 100,4 100,6 101,1 101,0
2006 100,9 101,2 102,3 102,2
2007 101,7 101,7 103,5 103,5
2008 101,3 101,3 102,9 102,8
2009 100,1 100,3 102,1 101,8
2010 100,2 100,6 102,7 102,1
2011 99,6 100,3 103,0 102,3
2012 98,8 99,7 102,6 101,7
2013 98,5 99,4 102,7 101,8
  • Source : Insee, Estel 2003-2013 - données au 31.12

Figure 1 – Une baisse de l'emploi depuis fin 2007 plus importante en Centre-Val de Loire

L’impact du ralentissement de l’activité économique sur l’emploi n’a pas été le même dans tous les secteurs.

Entre 2003 et 2013, les activités de services et la construction ont créé des emplois. La hausse atteint 5 % dans les services malgré un ralentissement à partir de 2008, ainsi que dans la construction. Cette dernière subit aujourd’hui les effets d’une conjoncture défavorable et le recul enregistré depuis la fin de 2007 atténue la forte croissance du début de période.

Le Centre-Val de Loire a perdu plus d’un emploi industriel sur cinq en dix ans, la situation s’aggravant à partir de 2008.

L’emploi agricole régional a perdu 13 % de ses effectifs entre 2003 et 2013. Contrairement à la moyenne de province, ces emplois ont diminué sur toute la période. Cette baisse est cependant moins prononcée depuis fin 2007, les effectifs semblant se stabiliser à partir de 2010.

Recul de l’emploi salarié

L’emploi salarié représente neuf emplois sur dix dans la région.

Il progresse moins entre 2003 et 2007 en Centre-Val de Loire qu’en moyenne de France de province, puis enregistre une baisse plus marquée à partir de 2008. Si l’emploi salarié augmente ainsi de près de 2 % entre 2003 et 2013 en province, il diminue de 1,5 % en Centre-Val de Loire (figure 2).

Figure 2 – L'emploi salarié a diminué en Centre-Val de Loire entre 2003 et 2013

nombre, %
L'emploi salarié a diminué en Centre-Val de Loire entre 2003 et 2013
Centre-Val de Loire France de province
emplois 2013 évolution annuelle moyenne évolution totale 2003-2013 évolution totale 2003-2013
2003-2007 2007-2013
Agriculture 12 333 - 2,1 0,8 - 3,6 - 9,4
Industrie 151 504 - 2,1 - 2,6 - 21,4 - 18,2
Construction 56 220 3,2 - 1,7 1,9 5,0
Services marchands 378 789 1,1 - 0,1 4,0 6,3
Services non marchands 300 095 0,7 0,3 4,4 7,3
Ensemble 898 941 0,4 - 0,5 - 1,5 1,8
  • Source : Insee, Estel 2003-2013 - données au 31.12

Progression de l’emploi salarié dans les services malgré la crise

L’emploi salarié augmente de 4 % dans les activités de services de la région entre 2003 et 2013 (figure 3).

Dans les services non marchands, qui totalisent 300 000 emplois fin 2013, cette hausse est de 4 %. Les activités de santé humaine (+ 8 %) et d’hébergement médico-social et social (+ 20 %) y contribuent largement. Ces deux secteurs connaissent même une croissance de l’emploi plus importante sur la période 2008-2013 que sur la période 2003-2007.

Les activités de services marchands représentent 379 000 emplois fin 2013 en Centre-Val de Loire. La création d’emplois salariés liés aux ménages employeurs, déjà en croissance, s’est particulièrement développée à partir de 2008. Dans ce secteur, près d’un emploi sur trois a été créé entre 2003 et 2013. Comme au niveau national, il a bénéficié des différentes incitations fiscales visant à promouvoir les services à la personne. Si la grande hétérogénéité de ces dispositifs rend la lecture des résultats délicate, ces évolutions sont particulièrement favorables en Centre-Val de Loire. Un taux d’activité féminin élevé conjugué à une population âgée peuvent expliquer en partie ce recours accru aux services à la personne. Entre 2007 et 2013, le nombre de ces emplois augmente ainsi de 38 % dans la région alors qu’il diminue de 12 % en France de province.

D’autres services marchands ont résisté, même si le rythme des créations d’emploi a ralenti depuis la fin de 2007 et reste sensiblement inférieur à celui de la France de province. C’est le cas notamment des activités juridiques, comptables et de gestion et des activités financières et d'assurance.

Contrairement à la moyenne de province, en Centre-Val de Loire le secteur du commerce et de la réparation d’automobiles et de motocycles perd des emplois depuis 2003. Il concentre 12 % des effectifs salariés régionaux et subit pleinement les effets du ralentissement économique limitant la consommation des ménages.

L’emploi salarié des activités de transports et d’entreposage recule de 8 % dans la région en dix ans, contre 3 % en France de province. Dans ce secteur, les emplois intérimaires ont pu servir de variable d’ajustement sur la période. Ils ont augmenté de 6 % en dix ans, avec toutefois un ralentissement depuis fin 2007. Ce type d’emploi reste très présent dans les activités de transports et d’entreposage, qui regroupent 15 % des équivalents temps plein (ETP) régionaux en intérim en 2013.

Figure 3 – L'emploi salarié dans les services résiste à la crise

nombre, %
L'emploi salarié dans les services résiste à la crise
Centre-Val de Loire France de province
emplois 2013 évolution annuelle moyenne évolution totale 2003-2013 évolution totale 2003-2013
2003-2007 2007-2013
Services marchands 378 789 1,1 - 0,1 4,0 6,3
Commerce 183 266 0,1 - 0,9 - 3,0 2,2
dont : commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles 109 294 0,0 - 0,4 - 1,9 1,6
transports et entreposage 48 324 - 0,3 - 1,7 - 7,7 - 2,5
hébergement et restauration 25 648 1,6 - 1,1 2,0 12,7
Information et communication 14 093 - 0,2 - 1,8 - 7,6 13,7
Activités spécialisées, scientifiques et techniques 95 087 2,7 - 0,5 9,2 12,2
dont : activités financières et d'assurance 28 647 0,9 0,4 5,4 10,6
activités juridiques, comptables et de gestion 21 422 2,1 0,8 12,0 30,8
activités de services administratifs et de soutien 63 777 3,0 - 0,8 9,2 7,3
Autres activités de services 51 035 1,9 4,4 28,4 6,6
dont : activités des ménages en tant qu'employeurs 24 755 1,4 8,4 46,2 2,0
Services non marchands 300 095 0,7 0,4 4,4 7,3
Administration publique 110 704 1,0 - 1,0 0,2 4,2
Enseignement 56 348 - 1,3 - 0,7 - 7,7 - 7,5
Activités pour la santé humaine 54 411 0,3 1,6 7,8 7,3
Hébergement médico-social et social et action sociale sans hébergement 78 632 2,2 2,4 20,3 28,5
  • Source : Insee, Estel 2003-2013 - données au 31.12

Les difficultés dans l’industrie aggravées par la crise

L’industrie a perdu un cinquième de ses emplois salariés en dix ans. Les activités industrielles ont été fortement impactées par la crise et la situation de l’emploi est plus défavorable en 2013 qu’elle ne l’était en 2007 dans presque tous les secteurs (figure 4).

Le ralentissement national de l’activité économique entraîne une baisse de la demande adressée aux entreprises régionales, aggravant des situations déjà précaires.

L’emploi salarié s’est fortement détérioré dans ces secteurs importants employeurs à l’échelle régionale que sont les activités de fabrication de produits en caoutchouc et plastiques, de matériel de transport ou la métallurgie et fabrication de produits métalliques. Ils ont perdu entre un cinquième (- 19 %) et près de la moitié (- 41 %) de leurs effectifs salariés entre 2003 et 2013. Le recul est en général plus élevé en Centre-Val de Loire qu’en France de province. Tous les départements sont touchés par ce repli, à des degrés divers selon les spécialisations sectorielles des territoires. Ces entreprises industrielles ont eu plus souvent recours à l’activité partielle et ont supprimé un nombre important d’emplois intérimaires.

Dans une moindre proportion, l’industrie pharmaceutique régionale, une des plus importantes en France, a perdu près d’un emploi salarié sur dix et à un rythme plus soutenu depuis 2008. Cette baisse est plus marquée en Centre-Val de Loire qu’en France de province.

Dans la fabrication de machines et équipements, après une première période de création d’emploi, la baisse des effectifs depuis fin 2007 entraîne entre 2003 et 2013 un recul de près de 15 % de ses effectifs salariés.

Seuls la chimie et le secteur de la production et distribution d’eau, de l’assainissement et de la gestion des déchets restent créateurs d’emplois salariés dans l’industrie en dix ans en Centre-Val de Loire.

La croissance dans l’industrie chimique régionale est d’autant plus remarquable que le secteur perd un emploi sur cinq en France de province sur la période.

Dans le secteur de la production et distribution d’eau, de l’assainissement et de la gestion des déchets, seules les activités de gestion des déchets ont enregistré une hausse de l’emploi salarié entre 2007 et 2013.

Figure 4 – Forte baisse de l'emploi salarié industriel

nombre, %
Forte baisse de l'emploi salarié industriel
Centre-Val de Loire France de province
emplois 2013 évolution annuelle moyenne évolution totale 2003-2013 évolution totale 2003-2013
2003-2007 2007-2013
Industrie 151 504 - 2,1 - 2,6 - 21,4 - 18,2
dont fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 19 102 - 0,8 - 1,4 - 11,1 - 8,3
travail du bois, industries du papier et imprimerie 9 596 - 3,1 - 5,0 - 35,1 - 29,1
industrie chimique 6 820 0,8 - 0,2 2,2 - 20,1
industrie pharmaceutique 8 570 - 0,4 - 1,3 - 8,6 - 0,1
fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, autres produits minéraux non métalliques 18 680 - 2,2 - 3,4 - 25,8 - 21,7
métallurgie et fabrication de produits métalliques 19 079 - 0,5 - 3,1 - 18,5 - 20,4
fabrication de machines et équipements 12 544 0,4 - 2,8 - 14,4 - 16,2
fabrication de matériels de transport 11 280 - 6,8 - 4,0 - 41,1 - 18,0
production et distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d'air conditionné 10 109 - 2,0 1,2 - 0,7 - 3,2
production et distribution d'eau ; assainissement, gestion des déchets et dépollution 6 625 2,2 - 0,6 5,2 12,4
  • Source : Insee, Estel 2003-2013 - données au 31.12

L’accélération des mutations économiques a développé le recours à des types d’emploi plus précaires.

En Centre-Val de Loire, comme au niveau national, l’activité partielle s’est fortement accrue depuis la crise de 2008-2009, ce qui a pu contribuer à limiter l’ajustement par l’emploi. En 2013, les établissements industriels consomment les trois quarts des heures d’activité partielle de la région. Cette prédominance de l’industrie, caractéristique structurelle du dispositif, a atteint un pic en 2008 et 2009. Si elle reste prépondérante, la part des heures d’activité partielle consommées par l’industrie a tendance à diminuer depuis 2010 au profit d’autres secteurs, la construction et surtout les services.

En cas de conjoncture défavorable, l’intérim demeure également une importante variable d’ajustement. En 2013, près d’un emploi intérimaire de la région sur deux est industriel malgré les nombreuses suppressions intervenues dans ce secteur.

L’emploi salarié affecté par la crise dans la construction

En Centre-Val de Loire, fin 2013, la construction emploie plus de 56 000 salariés. Avec 2 % gagnés entre 2003 et 2013, le secteur reste globalement créateur d’emploi mais la croissance régionale est inférieure à celle de la France de province (figure 2).

Depuis la fin de 2007, un emploi salarié sur dix a disparu dans la construction. La contraction de la demande a fortement pénalisé l’activité des travaux publics, les mises en chantier et la commercialisation de logements neufs. Le retournement du marché immobilier a notamment contribué à la forte baisse des emplois intérimaires, dont la construction est très utilisatrice (15 % des ETP de l’intérim régional en 2013).

Croissance de l’emploi non salarié

L’emploi non salarié représente un poste sur dix en Centre-Val de Loire en 2013. Entre 2003 et 2007, il s’accroît à un rythme plus soutenu que l’emploi salarié et son évolution s’en démarque significativement à partir de 2008. Après une croissance de près de 3 % sur la première période, la hausse s’accélère entre 2007 et 2013 (+ 5 %). En dix ans, l’emploi non salarié a augmenté de 8 % en Centre-Val de Loire (figure 5).

La création du statut d’auto-entrepreneur en 2009 concourt à cette évolution en fin de période. Entre 2009 et 2013, près de 49 000 auto-entreprises ont été créées en Centre-Val de Loire. Elles ont notamment contribué à maintenir la croissance de l’emploi non salarié dans les services.

Depuis 2009, 12 000 immatriculations d’auto-entreprises sont dénombrées dans le commerce, mais les activités spécialisées, scientifiques et techniques et celles de services administratifs et de soutien ont également bénéficié du dispositif.

L’auto-entreprise a joué un rôle d’accélérateur de la création d’emploi dans les services non marchands, notamment dans l’enseignement, les arts, les spectacles et activités récréatives, ainsi que dans la santé humaine et l’action sociale.

Avec 7 000 immatriculations d’auto-entreprises dans la construction entre 2009 et 2013, ces entités ont également soutenu l’activité non salariée du secteur. Si le rythme de création de ces emplois semble s’essouffler depuis 2011, les effectifs non salariés dans la construction ont toutefois progressé de plus d’un quart en dix ans dans la région.

Figure 5 – Hausse de l'emploi non salarié

nombre, %
Hausse de l'emploi non salarié
Centre-Val de Loire France de province
emplois 2013 évolution annuelle moyenne évolution totale 2003-2013 évolution totale 2003-2013
2003-2007 2007-2013
Agriculture 21 775 - 2,5 - 1,4 - 17,2 - 18,5
Industrie 5 695 0,6 0,0 2,6 3,5
Construction 11 812 3,6 0,8 21,1 26,4
Services marchands 43 103 1,5 1,6 16,9 18,4
Services non marchands 13 213 2,2 3,0 30,1 36,3
Ensemble 95 598 0,6 0,8 7,9 11,3
  • Source : Insee, Estel 2003-2013 - données au 31.12

Des pertes d’emplois non salariés dans l’agriculture

La concentration croissante des exploitations agricoles entraîne une diminution du nombre de chefs d’exploitation et co-exploitants entre 2003 et 2013. Les emplois non salariés agricoles, soit un emploi non salarié sur quatre en Centre-Val de Loire, ont ainsi baissé de 17 % sur la décennie. L’agriculture est le seul secteur où l’emploi non salarié est en recul (figure 5).

La hausse du nombre de salariés sur la deuxième période contribue cependant à stabiliser le niveau de l’emploi total dans l’agriculture depuis 2010. La contribution des salariés permanents dans l’activité agricole a ainsi eu tendance à augmenter, au détriment de celle des autres actifs familiaux.

Le nombre des emplois non permanents, notamment ceux des actifs familiaux des exploitations, diminue sur la période. Ce repli régulier s’inscrit dans une tendance de long terme, qui n’est pas spécifique à la région.

Encadré

L’emploi public

Les trois volets de la fonction publique totalisent plus de 200 000 emplois fin 2013 en Centre-Val de Loire (figure 6). L’emploi public représente ainsi un peu plus d’un emploi sur cinq dans la région. Plus de la moitié des emplois publics régionaux sont concentrés dans le Loiret et l’Indre-et-Loire. Le Loiret, siège de la Préfecture régionale, est le plus gros pourvoyeur de la fonction publique d’État, tandis que la présence du centre hospitalier universitaire (CHU) à Tours renforce le poids de la fonction publique hospitalière en Indre-et-Loire.

Figure 6 – Plus de 200 000 emplois publics en Centre-Val de Loire en 2013

millier, %
Plus de 200 000 emplois publics en Centre-Val de Loire en 2013
Ensemble Fonction publique Part de l'emploi public dans l'emploi total (*) Taux d'adminis-tration (*)
d'État terri-toriale hospi-talière
Cher 27,5 12,0 8,8 6,8 23,4 8,8
Eure-et-Loir 30,5 11,7 10,4 8,4 20,2 7,0
Indre 18,6 7,9 5,8 5,0 21,2 8,1
Indre-et-Loire 50,5 21,6 15,7 13,2 20,6 8,4
Loir-et-Cher 24,2 8,8 8,7 6,7 19,0 7,2
Loiret 57,4 26,6 19,9 10,9 20,7 8,4
Centre-Val de Loire 208,7 88,6 69,3 51,0 20,7 8,0
France de province 4 293,8 1 832,7 1 499,0 962,1 21,0 7,9
France métropolitaine 5 412,4 2 396,4 1 870,4 1 145,6 20,7 8,2
  • (*) : données 2012
  • Source : Insee, Siasp 2012-2013, RP 2012

Depuis 2010, l’emploi public régional est en légère hausse, mais avec une évolution inférieure à celle de la France de province. En trois ans, l’emploi public a augmenté dans les fonctions publiques hospitalière et territoriale. Dans la fonction publique d’État, le recours croissant aux contrats aidés a permis de limiter l’impact des baisses d’effectifs. S’il reste marginal, le recours à ce type de contrat a été plus important en Centre-Val de Loire, où il contribue à près de 40 % de la hausse de l’ensemble des emplois publics, contre 30 % de celle observée en France de province.

Si l’outil statistique ne renseigne pas sur un éventuel rôle d’amortisseur des effets de la crise sur l’emploi tenu par l’emploi public, celui-ci pèse davantage dans le sud de la région, le plus touché par les mutations économiques. Les trois composantes de la fonction publique représentent ainsi 21 % des emplois dans l’Indre, et près d’un emploi sur quatre (23 %) dans le Cher. Le taux d’administration, nombre d’emplois publics rapporté à la population, y est également plus élevé.

Sources

Le dispositif d'ESTimations d'Emploi Localisées (Estel) synthétise différentes sources administratives telles que les déclarations annuelles de données sociales (DADS), le système d’information sur les agents du service public (Siasp), les fichiers de la mutualité sociale agricole (MSA) et de l’agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss). Il permet d’évaluer le nombre de personnes en emploi au 31 décembre selon le concept d'emploi du bureau international du travail (BIT), pour la France métropolitaine et les DOM hors Mayotte, en distinguant emploi salarié et non salarié et pour des secteurs d’activité détaillés.

Le système d’information sur les agents du service public (Siasp) compile des données provenant des fichiers de paie de la direction générale des finances publiques (DGFiP) et des déclarations annuelles de données sociales (DADS). Il permet de connaître les effectifs et caractéristiques d'emploi des agents des trois versants de la fonction publique (d'État, territorial, hospitalier).