Économie et Statistique n° 471 La mobilité professionnelle des apprentis - Habiter en HLM : quel avantage monétaire et quel impact sur les conditions de logement ? - L'impact de la participation aux pôles de compétitivité sur les PME et les ETI - La régression quantile en pratique

Economie et Statistique
Paru le : 29/10/2014
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Habiter en HLM : quel avantage monétaire et quel impact sur les conditions de logement ?

Corentin Trevien

Cet article mobilise l'enquête Logement de 2006 pour chiffrer l'avantage en nature que représente l'occupation d'un logement social et l'usage qu'en font les ménages qui en bénéficient. Il s'appuie sur une comparaison entre la situation effective de ces ménages et la situation hypothétique qui aurait été la leur s'ils avaient dû rester dans le parc privé. L'avantage monétaire mensuel lié à l'occupation d'une habitation à loyer modéré (HLM) correspond à la différence entre le loyer demandé par le bailleur social et la valeur de ce logement dans le parc locatif privé à l'entrée dans les lieux. En 2006, cette subvention s'élevait en moyenne à 261 euros. Les caractéristiques des logements occupés sont différentes de celles des logements que les mêmes ménages auraient occupé dans le parc privé. Ils sont plus grands (+ 2,5 mètres carrés) mais situés dans des quartiers plus pauvres. En outre, les locataires sociaux occupent moins fréquemment des maisons (- 15,4 points de pourcentage). Toutes caractéristiques confondues, l'accès au parc HLM se traduit par une augmentation de 34 euros de la valeur locative mensuelle du logement occupé. Il y a donc 227 euros d'écart avec le montant de la subvention, au profit du niveau de vie hors logement. Ils permettent d'augmenter l'épargne et la consommation d'autres biens. On relève par ailleurs que l'occupation d'une HLM n'entraîne pas de surconsommation de logement : la valeur du logement social alloué par attribution administrative ne diffère pas significativement de celle qu'aurait choisi le ménage s'il avait pu répartir à sa guise l'avantage lié à l'occupation d'une HLM entre logement et consommation d'autres biens. Les résultats obtenus sont amplifiés pour les locataires sociaux de la région parisienne, où la subvention implicite mensuelle atteignait en moyenne 394 euros. Ils confirment également que les logements sociaux ne bénéficient pas qu'aux ménages les plus modestes.

Economie et Statistique
No 471
Paru le : 29/10/2014