Économie et Statistique n°421

Qu'est-ce qu'être pauvre aujourd'hui en Europe ? - Approche multidimensionnelle de la valeur économique des loisirs de nature - Les managers français connaissent-ils leurs entreprises?

Economie et Statistique
Paru le : 24/09/2009
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Approche multidimensionnelle de la valeur économique des loisirs de nature

Bénédicte Rulleau, Jeoffrey Dehez et Patrick Point

Si la qualité est un élément central de l’expérience récréative et donc de la demande de loisirs, les méthodes traditionnelles d'évaluation économique ont encore du mal à intégrer l’aspect multidimensionnel. La méthode des choix multi-attributs (Choice Experiment), perçue comme une alternative, comporte également certaines limites. Nous examinons donc une nouvelle approche dite méthode multi-programmes (MP). Basée sur les travaux de Lancaster (1966) et de Hoehn (1991) et sur un protocole développé par Santos (1998) et Point et al. (2007), la MP est consacrée au calcul des consentements à payer (CAP) des agents pour les différents attributs (appelés « programmes ») d'une politique environnementale mais aussi à l'étude des éventuelles relations entre ces derniers. En d’autres termes, elle considère le fait qu’un biais d’inclusion est susceptible de se manifester. La MP ne mobilise donc pas, pour calculer la valeur de la politique environnementale, la procédure de « valorisation indépendante et sommation » (Independent Valuation and Summation) (Hoehn, 1991), mais tient également compte des changements liés à la mise en œuvre de la politique dans son ensemble (Hoehn et Loomis, 1993). Nous proposons l’application de la MP au littoral girondin, où les activités récréatives s’exercent simultanément dans l'océan, sur le sable et en forêt. Un programme est lié à chaque espace. Pour modéliser les réponses dichotomiques, nous utilisons l’approche de Cameron et James (1987a) qui considère qu’un enquêté va refuser de payer pour une politique si son CAP pour cette dernière est supérieur au coût auquel elle a été proposée. Les résultats montrent que, isolé, seul le programme relatif à la forêt n'est pas valorisé. Par ailleurs, contrairement aux postulats de Hoehn (1991) et de Santos (1998), les programmes sont majoritairement indépendants en évaluation. Les proposer conjointement n’engendre pas de gain supplémentaire de bien-être.

Economie et Statistique
No 421
Paru le : 24/09/2009