Economie et Statistique n°422

Le partage de la valeur ajoutée en France, 1949-2008 - L'impact du travail salarié des étudiants sur la réussite et la poursuite des études universitaires - Offre de travail des mères en France : l'effet causal du passage de deux à trois enfants

Economie et Statistique
Paru le : 19/11/2009
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Offre de travail des mères en France : l'effet causal du passage de deux à trois enfants

Julie Moschion

Entre 1962 et 2005, le taux d’activité des femmes a augmenté en France (de 45,8 % à 63,8%) mais reste corrélé négativement au nombre d’enfants. Dans quelle mesure l’arrivée d’un enfant supplémentaire réduit-elle la participation des mères au marché du travail ? La relation entre nombre d’enfants et activité est complexe car les décisions de fécondité et d’activité ont des déterminants communs, et s’influencent mutuellement. Il est donc difficile de dire a priori si le choix de travailler ou non est une cause ou une conséquence du fait d’avoir un certain nombre d’enfants. Pour tester l’existence d’une relation causale négative entre nombre d’enfants et offre de travail des mères, nous utilisons des variables instrumentales, c’est-à-dire des variables qui n’affectent qu’indirectement l’activité des femmes, par l’intermédiaire de leur influence sur le nombre d’enfants. Plus précisément, la répartition par sexe des deux aînés et le fait d’avoir des jumeaux à la deuxième naissance, constituent deux sources aléatoires de variation exogène de la fécondité. Et avoir deux aînés du même sexe ou des jumeaux à la deuxième naissance accroît la probabilité d’avoir plus de deux enfants, et dans ce cas, l’activité des mères est réduite. Ces deux variables permettent d’estimer l’influence causale du fait d’avoir plus de deux enfants sur l’activité des mères. Les résultats indiquent qu’avoir plus de deux enfants diminue la probabilité d’activité des mères d’environ 20 points et, lorsqu’elles sont en emploi, le nombre d’heures travaillées par semaine de deux heures. L’impact négatif sur l’activité des mères pourrait être d’autant plus important que les perspectives d’emploi et de salaire des mères sur le marché du travail sont faibles ou qu’elles doivent faire garder leurs enfants. Cet effet est ainsi particulièrement marqué pour les mères peu diplômées, mais perdure lorsque les enfants grandissent et ne varie pas selon la taille de la ville de résidence.

Economie et Statistique
No 422
Paru le : 19/11/2009