Economie et Statistique n°395-396 - Enquêtes de conjoncture

Economie et Statistique
Paru le : 01/01/2007
Consulter

Réponses individuelles aux enquêtes de conjoncture et prévision de la production manufacturière

Olivier Biau, Hélène Erkel-Rousse et Nicolas Ferrari

Nous comparons les performances de soldes d'opinion et d'indicateurs proposés par Mitchell, Smith et Weale pour la prévision à un trimestre du taux de croissance de la production manufacturière. Les sources utilisées sont l'enquête sur la situation et les perspectives dans l'industrie et les comptes trimestriels publiés par l'Insee. Les indicateurs se réfèrent aux questions portant sur les productions passée et prévue des unités de production enquêtées. Contrairement aux soldes d'opinion, les indicateurs de Mitchell, Smith et Weale ont comme particularité de tenir compte de l'hétérogénéité des comportements de réponse des entrepreneurs à l'enquête de conjoncture. Les réponses des entrepreneurs qui sont les plus en phase avec le taux de croissance de la production manufacturière sont celles qui contribuent le plus à la variabilité de ces indicateurs. Il s'agit de vérifier si cette propriété se traduit par une capacité prédictive supérieure à celle d'indicateurs plus classiques, comme le solde d'opinion. Les applications de Mitchell, Smith et Weale sur des données britanniques et allemandes le suggèrent, mais pas leurs applications sur des données suédoises et portugaises. Dans cette étude effectuée sur des données françaises, les performances prédictives des indicateurs de Mitchell, Smith et Weale s'avèrent inférieures ou, au mieux, équivalentes à celles des soldes d'opinion, selon les modèles utilisés. Ce résultat paraît robuste en raison de la grande taille du panel de données françaises et de la méthode d'évaluation des indicateurs qui est retenue, les qualités prédictives de ces derniers étant testées en dehors de leur période d'estimation.

Economie et Statistique
No 395-396
Paru le : 01/01/2007