La baisse de l’emploi salarié dans la construction est plus prononcée en Basse-Normandie qu’au niveau national

Auteur : Sabrina Leroux, Insee

Fin 2013, le secteur de la construction est bien représenté en Basse-Normandie, particulièrement dans la Manche. Pourtant depuis 2009 le secteur subit de grosses pertes d’emplois, plus prononcées qu’au niveau national. La Manche est le département le moins impacté. Ces pertes d’emplois massives s’expliquent principalement par un essoufflement de l’activité. En effet, la demande, tant privée que publique s’est contractée depuis le début de la crise économique.

Fin 2013, le secteur de la construction emploie 33 900 salariés en Basse-Normandie. Cela représente 6,7 % de l’emploi salarié régional, ce qui place la région au deuxième rang juste après la Corse. Cette proportion est de 5,8 % pour la France métropolitaine. Le poids de la construction dans la région est comparable à celui de la Haute-Normandie et des Pays de la Loire.

Au sein de la région, c’est dans la Manche que le secteur de la construction est le plus représenté : 7,8 % des effectifs salariés de ce département y travaillent. Cette part atteint 6,5 % dans l’Orne et 6 % dans le Calvados.

Figure_0 – Attention

Dégradation de l’emploi salarié depuis 2009

Avant 2009, le secteur de la construction est en plein essor dans la région. Le nombre de salariés augmente de 2,4% en moyenne par an entre 2000 et 2008. Cette croissance est comparable à celle enregistrée en France métropolitaine (+ 2,2 % en moyenne sur la même période).

Mais suite à la crise économique, les effectifs ne cessent de baisser rompant avec la tendance à la hausse observée les années précédentes. Entre 2009 et 2013 ce sont 2,5 % des effectifs qui disparaissent en moyenne chaque année, soit un rythme deux fois plus rapide qu’en France métropolitaine. Le nombre de salariés travaillant dans la construction en 2013 est ainsi comparable à celui enregistré en 2004. Cette forte contraction de l’emploi traduit une moins bonne résistance à la crise économique qu’en moyenne nationale. La baisse des effectifs salariés a été particulièrement prononcée entre 2012 et 2013 (-1 300 emplois).

Aucun département bas-normand n’est épargné par ce contexte difficile. La Manche est le département le moins impacté par cette dégradation : 1,9 % des emplois salariés dans la construction y sont détruits en moyenne chaque année entre 2009 et 2013. Cette baisse atteint 2,5 % dans le Calvados et 3,5 % dans l’Orne.

Figure_1 – Les zones d’emploi d’Alençon, d’Honfleur et de Coutances sont les plus affectées par les pertes d’emplois dans la constructionÉvolution annuelle de l’emploi entre 2009 et 2012

  • Source : Insee, estimations d’emploi localisées (Estel)

figure_2 – La baisse des effectifs salariés dans la construction deux fois plus importante en Basse-Normandie qu'en France métropolitaine - Volume et évolution de l’effectif salarié dans la construction

La baisse des effectifs salariés dans la construction deux fois plus importante en Basse-Normandie qu'en France métropolitaine - Volume et évolution de l’effectif salarié dans la construction
Calvados Manche Orne Basse- Normandie France métropolitaine
Effectifs salariés dans la construction 14 900 12 900 6 100 33 900 1 386 700
Part de la contruction dans les effectifs salariés (en %) 6,0 7,8 6,5 6,7 5,8
Évolution des effectifs salariés dans la construction entre 2000 et 2008 (taux de croissance annuel moyen) (en %) +3,0 +2,1 +1,7 +2,4 +2,2
Évolution des effectifs salariés dans la construction entre 2009 et 2013 (taux de croissance annuel moyen) (en %) -2,5 -1,9 -3,5 -2,5 -1,2
  • Source : Insee, estimations d'emploi localisées (Estel).

figure_3 – Entre 2009 et 2013, les effectifs dans la construction baissent deux fois plus vite en Basse-Normandie qu’en France métropolitaine - Evolution des effectifs dans la construction en Basse-Normandie et en France métropolitaine depuis 2000 (base 100=2008)

Entre 2009 et 2013, les effectifs dans la construction baissent deux fois plus vite en Basse-Normandie qu’en France métropolitaine - Evolution des effectifs dans la construction en Basse-Normandie et en France métropolitaine depuis 2000 (base 100=2008)
France métropolitaine Basse- Normandie
2000 83,82702802 82,84655222
2001 85,67138049 85,03903888
2002 85,67238205 86,36925261
2003 86,39778373 87,55224901
2004 88,09503937 89,07437104
2005 91,29003848 92,20011041
2006 95,3551991 95,33373643
2007 99,34918169 99,30334657
2008 100 100
2009 97,3447788 98,52256894
2010 96,10797695 96,20126712
2011 95,45034798 94,41888588
2012 94,34815675 92,49454507
2013 92,59134125 89,06385552
  • Source : Insee, estimations d'emploi localisées (Estel).

figure_3 – Entre 2009 et 2013, les effectifs dans la construction baissent deux fois plus vite en Basse-Normandie qu’en France métropolitaine - Evolution des effectifs dans la construction en Basse-Normandie et en France métropolitaine depuis 2000 (base 100=2008)

Les zones d’emploi d’Alençon, de Honfleur et de Coutances sont les plus affectées

Le secteur de la construction est bien présent au sein des zones d’emploi de Coutances, d’Avranches et de Granville. Dans chacune d’entre elles, il concentre plus de 8,1 % des salariés en 2012. A l’inverse, les zones d’emploi de Vire et de Bayeux sont celles où le poids de la construction est le plus faible.

L’ensemble des zones d’emploi de la région connait une baisse des effectifs salariés dans le secteur mais elles sont impactées différemment. Le repli est plus important dans les zones d’emploi d’Alençon(1), de Honfleur et de Coutances. De 2009 à 2012, ces territoires perdent chaque année en moyenne plus de 3 % de leurs effectifs. Les zones d’emploi de Nogent-le-Rotrou(1), Flers, Vire, Saint-Lô et Lisieux sont également fortement touchées. Ce sont les zones d’emploi de Granville et l’Aigle qui résistent le mieux à cette dégradation (respectivement –0,5% et –0,9% en moyenne annuelle).

(1) Partie Basse-Normandie

Des pertes d’emplois fortement liées à une baisse d’activité

Les pertes d’emploi massives dans la construction s’expliquent en partie par un fléchissement de l’activité depuis le début de la crise économique. Le nombre de mises en chantier et d’autorisations de construction se réduit sensiblement que ce soit pour les logements individuels ou collectifs. Globalement, la demande, tant privée que publique, reste mal orientée. Seule l’activité sur le marché de l’entretien-rénovation semble résister du fait notamment de la mise en place des normes d’accessibilité des bâtiments pour les personnes handicapées et les seniors.

Définitions

A partir de 2009, les estimations d’emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau.

Le concept central d'Estel est une synthèse ascendante des sources administratives utilisées avec prise en compte de la multi-activité. Estel mesure l'emploi selon un concept « BIT répertorié » : l'emploi est mesuré sur la dernière semaine de l'année et tout emploi déclaré est comptabilisé.

Une zone d'emploi est un espace géographique à l'intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent. Le découpage en zones d'emploi constitue une partition du territoire adaptée aux études locales sur le marché du travail. Le découpage actualisé se fonde sur les flux de déplacement domicile-travail des actifs observés lors du recensement de 2006.

Pour en savoir plus

"Les entreprises en France", Fiches sectorielles - Construction - Les entreprises en France - Insee Références - Édition 2015, Insee Références, Édition 2015

"Tableaux de l'Économie Française", Construction, Édition 2015, février 2015

Insee Conjoncture Basse-Normandie, Construction - "La construction et la commercialisation repartent à la baisse", N° 5 - mai 2015