Les nouveaux cantons de l’Aveyron

Philippe Duprat, Fabien Batlle

Depuis les élections de mars 2015, le département de l’Aveyron comprend 23 cantons au lieu de 46 auparavant. Le conseil départemental compte 46 conseillers départementaux, 23 femmes et 23 hommes. Les nouveaux cantons ont une population comprise entre 10 000 et 14 500 habitants en 2012.

Deux fois moins de cantons : 23 au lieu de 46

Suite au nouveau découpage cantonal défini par décret début 2014, l’Aveyron se compose de 23 cantons, au lieu de 46 auparavant (figure 1). Le canton le plus peuplé est celui de Millau-2, avec 14 463 habitants (population légale au 1er janvier 2012, en vigueur en 2015). Il est composé d’une partie de la commune de Millau et de cinq communes localisées à la périphérie. Le canton le moins peuplé, avec 10 045 habitants, est celui de Lot-et-Truyères (ville principale Espalion). Le canton des Causses-Rougiers est le plus vaste de la région avec 1 270 km2, il regroupe 43 communes du département. Il occupe toute la partie sud du parc naturel régional des Grands Causses. À l’échelle de la France métropolitaine, il occupe le 11e rang des cantons les plus étendus. À l’opposé le canton le moins étendu est celui de Rodez-1 avec 5 km2 (figure 2)

Des cantons isolés, loin de l’influence des villes

En Aveyron plus d’un habitant sur quatre (27 %) réside dans une commune isolée hors influence d’un pôle (agglomération de plus de 1 500 emplois). C’est 2,5 fois plus que la moyenne régionale (11 %). Cela concerne la totalité des habitants des cantons de Aubrac-Carladez (au nord du département) et de Causses-Rougiers et plus des trois quarts des habitants des cantons de Aveyron-Tarn (versant sud du Ségala), et de Raspes–Lévézou, entre Rodez et Millau. Le canton de Vallon a la particularité d’être entièrement localisé dans la couronne périurbaine de Rodez, au nord-ouest de l’aire urbaine.

Près d’un canton sur deux perd des habitants

Entre 2007 et 2012, 10 des 23 cantons de l’Aveyron perdent des habitants. Il s’agit principalement des cantons situés au nord du département, allant du canton de Aubrac–Carladez à celui de Aveyron-Tarn, en passant par les cantons situés en partie sur l’agglomération de Decazeville (Lot-Dourdou et Enne-Alzou) et jusqu’au canton de Villefranche-de-Rouergue. Dans le canton de Lot-et-Truyère, la baisse démographique est la plus élevée du département avec - 1,2 % par an en moyenne. Au sud du département, le canton des Causses-Rougiers perd également des habitants (- 0,3 % par an). Parmi ces cantons en déclin démographique, quatre ont une population relativement âgée : 30 % des habitants ont plus de 65 ans, contre 24 % pour le département et 20 % à l’échelle régionale. À l’opposé, la croissance démographique est la plus forte dans les cantons de Causse-Comtal (+ 1,0 % par an), du Nord-Lévézou (+ 1,1 % par an), et de Rodez-Onet : une croissance liée à celle de la commune de Onet-le-Château (+ 1,2 % par an), alors que la commune de Rodez dans son ensemble perd des habitants (- 0,5 % par an).

Figure1 – 23 nouveaux cantons en Aveyron

figure2 – Population des nouveaux cantons et caractéristiques de la population

Population des nouveaux cantons et caractéristiques de la population
Cantons de l'Aveyron Nb de communes Super ficie km2 Popula tion 2012 Densité hab/km2 Évolution annuelle moyenne (2007-2012) (%) Moins de 20 ans (%) 65 ans ou plus (%) Répartition de la population dans le canton (%)
Pôle d'emploi Couronne d'un pôle Communes multipolarisées Communes isolées
Aubrac et Carladez 26 862 10 389 12,0 -0,8 16,5 31,4 0,0 0,0 0,0 100,0
Aveyron et Tarn 19 502 10 856 21,6 -0,1 18,6 29,8 0,0 10,2 9,5 80,3
Causse-Comtal 7 274 11 444 41,8 1,0 24,7 17,0 27,4 44,0 28,6 0,0
Causses-Rougiers 43 1 270 11 548 9,1 -0,3 20,1 24,7 0,0 0,0 0,0 100,0
Ceor-Ségala 18 474 13 809 29,2 0,7 22,3 24,7 0,0 51,7 6,8 41,5
Enne et Alzou 11 225 13 414 59,5 -0,2 21,2 27,0 60,0 8,2 31,8 0,0
Lot et Dourdou 14 284 14 042 49,4 -0,2 19,1 29,5 52,0 22,2 14,7 11,1
Lot et Montbazinois 16 240 11 585 48,3 0,5 19,0 27,3 38,6 8,3 48,1 5,0
Lot et Palanges 17 464 10 207 22,0 0,3 18,9 27,1 13,2 9,9 24,2 52,7
Lot et Truyère 14 359 10 045 28,0 -1,2 17,0 30,8 42,3 3,9 12,6 41,2
Millau-1 4 138 14 184 102,8 nd nd nd nd nd nd nd
Millau-2 6 299 14 463 48,3 nd nd nd nd nd nd nd
Commune de Millau* 1 170 22 013 129,6 0,0 20,8 25,5 100,0 0,0 0,0 0,0
Millau-1 hors Millau* 3 88 3 308 37,6 -0,5 23,8 20,2 46,3 7,1 46,6 0,0
Millau-2 hors Millau* 5 179 3 326 18,5 0,0 20,7 24,3 0,0 52,1 0,0 47,9
Monts du Réquistanais 14 448 10 630 23,7 0,0 20,8 26,0 0,0 35,9 0,0 64,1
Nord-Lévezou 4 121 12 989 107,2 1,1 22,6 18,5 69,2 30,8 0,0 0,0
Raspes et Lévezou 22 820 10 932 13,3 0,2 20,2 25,9 0,0 4,3 21,1 74,6
Rodez-1 1 5 11 434 2540,9 nd nd nd nd nd nd nd
Rodez-2 2 11 12 137 1145,0 nd nd nd nd nd nd nd
Rodez-Onet 2 43 13 347 309,7 nd nd nd nd nd nd nd
Commune de Rodez* 1 11 23 744 2106,8 -0,5 20,9 20,3 100,0 0,0 0,0 0,0
Rodez-2 hors Rodez* 1 7 2 104 314,0 0,1 25,3 14,0 100,0 0,0 0,0 0,0
Rodez-Onet hors Rodez* 1 40 11 070 276,0 1,2 23,2 18,0 100,0 0,0 0,0 0,0
Saint-Affrique 11 361 12 797 35,5 0,2 21,3 24,4 73,5 2,0 6,2 18,3
Tarn et Causses 22 767 10 262 13,4 0,4 20,5 23,9 0,0 29,3 7,4 63,3
Vallon 11 296 11 972 40,5 1,0 25,0 18,3 0,0 100,0 0,0 0,0
Villefranche-de-Rouergue 3 108 13 168 122,0 -0,2 20,5 26,7 89,2 10,8 0,0 0,0
Villeneuvois et Villefranchois 20 384 10 575 27,5 0,5 21,8 24,4 6,8 39,7 43,1 10,4
Ensemble du département 304 8 755 276 229 31,5 0,1 20,8 24,5 43,4 18,4 11,1 27,1
  • nd : non disponible
  • *Certaines communes peuvent faire l’objet d’un découpage en plusieurs cantons. Le canton peut donc comprendre une partie de la commune principale et éventuellement une ou plusieurs communes périphériques. Certaines données n’étant disponibles qu’au niveau des communes entières, l'Insee considère la commune principale, entière, comme un pseudo-canton unique et distinct. Pour la ou les communes périphériques, le pseudo-canton considéré est alors identique au vrai canton amputé de la fraction de la commune principale que comprend le vrai canton. Les chiffres de population totale pour l’ensemble des nouveaux cantons portent sur leur vrai contour. En revanche, les caractéristiques de la population ne sont parfois disponibles qu’au niveau des pseudo-cantons, ce qui explique que certaines lignes du tableau ne soient pas renseignées.
  • Source : Insee, Recensements 2012 pour les populations légales et 2011 pour les caractéristiques de la population (exploitations principale)

Pour comprendre

Le canton est la circonscription électorale dans le cadre de laquelle sont élus les conseillers départementaux.

La loi du 17 mai 2013 instaure un nouveau mode d'élection pour les membres des conseils départementaux, nouvelle appellation des conseils généraux. Lors des élections des 22 et 29 mars 2015, les candidats se présentaient en binôme composé d'un homme et d’une femme, ceci afin de garantir la parité hommes-femmes. Dans chaque canton, un binôme a été élu au scrutin majoritaire à deux tours. Ces modifications s’inscrivent dans le cadre des objectifs définis par le Président de la République lors des États généraux de la démocratie territoriale.

Le nombre d’élus restant inchangé, la carte cantonale de chaque département a été modifiée en conséquence et a conduit à un nombre de cantons deux fois moins élevé.

Définitions

La notion d’unité urbaine correspond à celle de l’agglomération : c’est un ensemble continûment bâti, constitué d’une ville-centre et de sa banlieue. On parle de pôle dès lors qu’il y a au moins 1 500 emplois. Les communes appartenant à une unité urbaine sont dites urbaines, les autres sont considérées comme rurales.

L’aire urbaine est la zone d’influence d’un pôle. Elle est constituée du pôle et de sa couronne, ensemble de communes dont une partie importante de la population résidente (40 %) travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

Les communes multipolarisées sont les communes sous l’influence croisée de plusieurs pôles. Les autres communes sont dites isolées, hors influence des pôles.