Les sociétés bas-normandes ont autant recours aux TIC que leurs homologues de province.

Emeric Marguerite (Insee)

En 2013, 9 sociétés bas-normandes sur 10 disposent d'un accès Internet. Comme ailleurs en métropole, elles ont le plus souvent encore recours à l'ADSL pour se connecter. Le réseau ADSL est très développé en France pour des raisons historiques, en raison des investissements massifs effectués dans les années 70 pour raccorder tous les ménages et locaux professionnels au téléphone. Plus récemment et progressivement, de nouveaux réseaux sont mis en place : réseaux hertziens, câble, fibre optique. L’internet mobile a également vu apparaître des réseaux de nouvelle génération (3G et 4G).

Dans la région, les salariés utilisent moins fréquemment les nouvelles technologies sur le lieu de travail (TIC) que leurs homologues de province. Ils sont également moins équipés en appareils récents tels que les appareils de connexion mobile à haut-débit (3G ou 4G).

En revanche, les sociétés bas-normandes développent leur recours à de nouveaux outils, comme les médias sociaux par exemple.

Près d'un tiers des sociétés utilisent un site web pour diffuser des catalogues ou des listes de prix. Dans le commerce électronique régional, les achats prédominent sur les ventes. Dans le domaine des ventes, le montant de celles effectuées par EDI (Échanges de Données Informatisées) dépasse très largement celui réalisé par le web.

Insee Analyses Basse-Normandie
No 3
Paru le : 30/06/2014

En Basse-Normandie, 99 % des sociétés d’au moins 10 personnes sont équipées d'ordinateurs connectés à Internet. Toutes les sociétés appartenant au secteur des services et celles de grande taille (plus de 250 salariés) sont connectées à Internet.

Pour profiter pleinement des nouvelles technologies, il peut être important, pour les sociétés, de disposer de modes de connexion haut-débit. Dans ce domaine, les sociétés régionales sont aussi bien équipées en connexion ADSL que les sociétés de province. Et, ici comme ailleurs, une société régionale sur cinq se connecte à Internet via la fibre ou le câble. Dans la région, ce mode de connexion haut-débit est plus répandu dans le Calvados.

graph1 – Mode de connexion à internet des sociétés bas-normandes

en %
Mode de connexion à internet des sociétés bas-normandes
Basse-Normandie Province
Présence d'une connexion DSL 95,4 95,9
Présence d'une autre connexion fixe haut débit (fibre, câble, Wimax, etc) 20,4 20,0
Présence d'une connexion mobile haut-débit (3G ou 4G) 54,2 58,9
  • Province = Métropole hors Ile de France
  • Source : Insee, Estimations à partir de l'enquête TIC 2013 (nationale et extension Basse-Normandie)

graph1 – Mode de connexion à internet des sociétés bas-normandes

Les sociétés peuvent profiter d’Internet pour diffuser de l’information en développant un site web. Pour une société, le site web peut être vu comme un moyen de promotion de son savoir-faire et de fidélisation de sa clientèle. Dans la région, près de deux-tiers des sociétés disposent d'un site web, soit une part équivalente aux sociétés de province.

La part des entreprises disposant d'un site web varie selon les secteurs, les sociétés des services y ayant fréquemment recours. Près d’un tiers des sociétés régionales diffusent des catalogues ou des listes de prix sur Internet. Il s'agit notamment de sociétés du secteur commerce.

Les sociétés peuvent également profiter de leur site web pour développer des services plus avancés. Ainsi, 38 % des sociétés du commerce disposant d’un site web proposent à leurs clients d’effectuer des commandes en ligne contre 22 % pour l’ensemble des sociétés bas-normandes ayant un site.

Si toutes les sociétés régionales sont équipées en ordinateurs, tous leurs salariés n'utilisent pas, pour autant, un ordinateur sur leur lieu de travail. Ainsi, seul un salarié bas-normand sur trois se connecte à Internet au moins une fois par semaine dans le cadre professionnel. En Basse-Normandie, les salariés des services sont plus nombreux à accéder régulièrement à Internet que leurs homologues du commerce et de l'industrie.

Moins de services, moins d'appareils nomades

Un peu plus de la moitié des sociétés bas-normandes disposent d'une connexion à haut-débit mobile (3G ou 4G), soit une proportion légèrement inférieure à celle observée dans les sociétés de province. Par ailleurs, la mise à disposition d'appareils nomades (ordinateur portable, tablette, Smartphone,...) concerne moins l'industrie ou le commerce que le secteur des services. Ce dernier étant moins développé en Basse-Normandie, les salariés de la région ne sont que 8 % à posséder un appareil nomade, contre 12 % des salariés de province. Ces appareils nomades augmentent la productivité, en interagissant en temps réel avec le système d’information de l’entreprise. A titre d’exemple, les sociétés de services peuvent réaliser en temps réel des devis ou des factures. Dans la région, parmi les sociétés disposant d’un accès internet, une sur deux fournit à ses employés un accès à distance au système de courrier électronique, soit une proportion inférieure à celle de province.

La formation des salariés à l’utilisation des technologies du numérique permet à l’entreprise de s’adapter plus facilement. Dans ce domaine, les sociétés bas-normandes sont tout aussi nombreuses que celles de province à organiser des actions de formation aux TIC et à faire monter en compétence l'ensemble de leurs salariés (que les TIC constituent leur cœur de métier ou non).

Les médias sociaux : une ouverture vers de nouvelles pratiques

La pratique des médias sociaux, d'abord utilisés par les particuliers, se répand progressivement au sein des sociétés. En 2013, près de 17 % des sociétés bas-normandes déclarent y avoir recours. La région figure au même niveau que la province pour l’utilisation de ces médias. Cet usage est à nouveau plus fréquent dans les services que dans l'industrie. Parmi les médias sociaux, ce sont d’abord les réseaux sociaux qui sont les plus utilisés. La pratique de blogs ou d’autres outils de partage de la connaissance apparaît aujourd’hui comme beaucoup plus marginale.

En revanche, seules 2 % des sociétés bas-normandes possèdent en 2013 une charte d’utilisation des médias sociaux définissant les objectifs, procédures et règles à l’usage des employés.

Plus de 70 % des sociétés présentes sur ces médias cherchent en priorité à développer leur image. Faire participer ses clients à l’amélioration des biens ou des services, et recueillir des avis ou des questions constituent d'autres motivations à l'usage des médias sociaux. Dans la région, cette ouverture vers le public est une pratique concernant avant tout les sociétés du commerce qui y trouvent le moyen de mieux connaître leur clientèle.

graph2 – Motif d'utilisation des médias sociaux par les sociétés bas-normandes

en %
Motif d'utilisation des médias sociaux par les sociétés bas-normandes
Basse-Normandie
Collaborer avec des partenaires 21,2
Echanger des avis au sein de l’entreprise 25,2
Faire participer les clients 26,0
Recruter du personnel 36,0
Recueillir l’avis des clients 46,1
Développer l’image 73,4
  • Source : Insee, estimations à partir de l'enquête TIC 2013 extension Basse-Normandie

graph2 – Motif d'utilisation des médias sociaux par les sociétés bas-normandes

Commerce électronique : les achats plus répandus que les ventes

Dans le domaine commercial, le web est, avec la montée des achats en ligne, un nouveau canal de vente. Ce nouvel espace de commerce permet de conquérir de nouveaux clients et d'accroître les ventes.

Dans la région, pour réaliser ventes et achats électroniques, les sociétés bas-normandes disposent de deux canaux principaux : le site web et les procédures EDI (Échanges de Données Informatisées). Les sociétés régionales reçoivent autant de commandes via le web et EDI que les entreprises de province. Ainsi, 7 % d’entre elles déclarent avoir reçu au cours de l’année 2012 des commandes via le web et 6 % via EDI.

Même si les ventes par EDI concernent un nombre moins élevéde sociétés, leur montant (3,8 milliards d’euros) est nettement plus important que celui des ventes effectuées via le web (de l'ordre de 300 millions d'euros).

Ciblant les particuliers comme les entreprises, la vente par internet est, en Basse-Normandie, d’abord destinée aux particuliers (BTC, "Business to Consumers") et dans une mesure moindre aux entreprises (BTB, "Business to Business"). Les sociétés bas-normandes se démarquent ainside celles de province, qui présentent une répartition des ventes électroniques plus équilibrée en moyenne entre BTB et BTC.

tab1 – Obstacles liés à la vente par internet selon les sociétés

en %
Obstacles liés à la vente par internet selon les sociétés
Basse-Normandie Province
Les biens ou les services n'étaient pas adaptés à la vente via le web 49 50
Le cout de mise en place des ventes était trop important comparé aux bénéfices 29 31
Problèmes logistiques liés à la vente 29 27
Problèmes liés au paiement par Internet 23 21
Problèmes de ventes liés au cadre juridique 20 21
Problèmes liés à la sécurité ou à la protection des données sur Internet 20 19
  • Source : Insee, estimations à partir de l'enquête TIC 2013 (nationale et extension Basse-Normandie)

Toutes les sociétés n'ont pourtant pas recours au commerce électronique ce qui s'explique, pour les sociétés régionales, principalement pour deux raisons : soit leurs biens ou services ne sont pas adaptés à la vente via le web (dans un cas sur deux), soit le coût de mise en place est jugé trop élevé comparé aux bénéfices escomptés (un cas sur trois). Les sociétés bas-normandes sont trois fois plus nombreuses à effectuer des achats via le web ou EDI qu’à vendre des biens. Les montants associés sont toutefois assez proches de ceux réalisés pour la vente. Dans la région, les achats électroniques via le web représentent 1 % du total des achats, contre 3 % en province. Concernant l’origine des fournisseurs, 98 % des sociétés ayant passé des commandes électroniques ont effectuées des achats auprès de fournisseurs français. Elles ne sont que 22 % à s’être approvisionnées auprès de fournisseurs européens et seulement 4 % auprès de fournisseurs hors Europe.

La facturation électronique, traitement automatique entre le client et le fournisseur via un opérateur de service ou un système bancaire permet d'optimiser les commandes. 9 % des sociétés régionales envoient des factures avec traitement automatique, ce chiffre étant similaire en province. La facturation électronique est plus répandue dans le Calvados, où l’on compte davantage de sociétés dans le secteur du commerce que dans la Manche ou l’Orne.

Encadrés

La filière des producteurs de TIC en Basse-Normandie

Afin d’obtenir une première évaluation de l’ampleur de la filière TIC, l’Insee et les membres de la Gouvernance du numérique en Basse-Normandie ont déterminé un périmètre construit sur une sélection de 25 codes NAF.

Cette liste de 25 activités fines est ensuite répartie selon 5 grands secteurs : la fabrication TIC, les services informatiques et le développement de logiciels, les télécommunications, le commerce de gros et la réparation. Selon ce périmètre, la filière compterait près de 1 600 établissements dans la région et regrouperait plus de 6 000 salariés.

Les deux tiers de ces établissements appartiennent à la catégorie "services informatiques et développement logiciels", qui compte principalement des établissements de conseil ou de programmation informatique. La filière TIC se caractérise par un fort nombre d’établissements "non-employeurs" : près des trois quarts n’emploie en effet aucun salarié.

Les établissements producteurs de TIC sont localisés dans les grands centres d’activité de la région. De nombreux établissements (plus de 300) ont leur siège dans l’agglomération caennaise, près de 100 sont situés dans les unités urbaines de Cherbourg et d’Alençon. On note enfin quelques établissements (près de 30) producteurs de TIC dans certaines villes moyennes comme Saint-Lô ou Lisieux.

tab2 – Répartition des sociétés et effectifs de la filière TIC en Basse-Normandie

en nombre
Répartition des sociétés et effectifs de la filière TIC en Basse-Normandie
Etablissements Effectifs salarié
Fabrication TIC 58 2079
Services informatiques et développement de logiciels 1103 2098
Telecommunications 83 1468
Commerce de gros TIC 111 455
Réparation TIC 271 93
Total 1624 6193
  • Source : Clap 2010

Selon le secteur, la répartition par catégorie socioprofessionnelle varie. Dans le domaine de la fabrication prédominent les ouvriers, alors que les professions intermédiaires et les employés sont plus nombreux parmi les salariés du commerce de gros. Par ailleurs, les professions intermédiaires sont plus représentées dans le secteur des télécommunications. Au sein des services informatiques, où nombre d’emplois exigent un niveau assez élevé de qualification, on note une domination des cadres parmi les emplois salariés. Si cette répartition par catégories socioprofessionnelles diffère selon les secteurs, tous ont en commun d’employer plus d’hommes que de femmes.

Ainsi à titre d’exemple, dans le secteur de la réparation en TIC, un peu plus de 80 % des salariés sont des hommes. Par ailleurs, ce secteur affiche également le niveau de rémunération le plus bas (17 400 euros annuels) comparé aux autres grands secteurs de la filière, en raison de la structure en catégories socioprofessionnelles qui la caractérise (secteur où l’on rencontre la plus faible part de cadres). A l’opposé, les revenus sont les plus élevés (27 340 euros annuels) dans le secteur de la fabrication TIC, en raison notamment de revenus élevés dans le sous-secteur "fabrication de composants électroniques".

Contexte

L’État et les collectivités, partenaires de la Gouvernance du Numérique en Basse-Normandie (Conseil régional de Basse-Normandie, Conseils généraux des départements du Calvados, de l’Orne et de la Manche représenté par le syndicat mixte Manche Numérique),  communauté d’agglomération de Caen-la-Mer  ont sollicité l’Insee dans le cadre d‘un partenariat, afin de réaliser une première série d’observations sur l’usage du numérique par les entreprises situées sur le territoire régional.

Cette observation s’inscrit dans un cadre stratégique partagé par les acteurs de la Gouvernance et formalisé dans le document officiel Scoran (Stratégie de Cohérence Régionale d’Aménagement Numérique). Les partenaires ont décliné dans trois grands axes : infrastructures, usages, formation,  les projets à porter sur le territoire régional. L’observatoire du numérique mis en place en 2013 est l’outil indispensable  de cette stratégie pour permettre :

- d’identifier et de mesurer dans le temps les évolutions des usages des TIC,

- de comparer ces dynamiques bas-normandes aux échelles nationale et européenne.

L’importance du numérique dans le développement économique n’est plus à démontrer et les sociétés bas-normandes ont leur place à prendre dans ces dynamiques. L’enjeu de l’observatoire du numérique est de contribuer à relever ces défis en aidant à évaluer, de manière récurrente, le niveau de transformation numérique déjà à l’œuvre dans le tissu économique régional et à son évolution.

Champ retenu pour la filière des producteurs de TIC en Basse-Normandie

Afin d’obtenir une première évaluation de l’ampleur de la filière TIC, l’Insee et les membres de la Gouvernance du numérique en Basse-Normandie ont déterminé un périmètre construit sur la sélection suivante de 25 codes NAF :

tab3 – Répartition des 25 codes NAF selon chaque secteur TIC

Répartition des 25 codes NAF selon chaque secteur TIC
Fabrication TIC
26.11Z Fabrication de composants électroniques
26.12Z Fabrication de cartes électroniques assemblées
26.20Z Fabrication d'ordinateurs et d'équipements périphériques
26.30Z Fabrication d'équipements de communication
26.40Z Fabrication de produits électroniques grand public
26.80Z Fabrication de supports magnétiques et optiques
Commerce de gros TIC
46.51Z Commerce de gros (commerce interentreprises) d'ordinateurs, d'équipements informatiques périphériques et de logiciels
46.52Z Commerce de gros (commerce interentreprises) de composants et d'équipements électroniques et de télécommunication
Télécommunications
61.10Z Télécommunications filaires
61.20Z Télécommunications sans fil
61.30Z Télécommunications par satellite
61.90Z Autres activités de télécommunication
Services informatiques et développement de logiciels
58.21Z Édition de jeux électroniques
58.29A Édition de logiciels système et de réseau
58.29B Édition de logiciels outils de développement et de langages
58.29C Édition de logiciels applicatifs
62.01Z Programmation informatique
62.02A Conseil en systèmes et logiciels informatiques
62.02B Tierce maintenance de systèmes et d'applications informatiques
62.03Z Gestion d'installations informatiques
62.09Z Autres activités informatiques
63.11Z Traitement de données, hébergement et activités connexes
63.12Z Portails Internet
Réparation TIC
95.11Z Réparation d'ordinateurs et d'équipements périphériques
95.12Z Réparation d'équipements de communication

    Sources

    L’enquête communautaire sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) et le commerce électronique dans les entreprises s’inscrit dans le dispositif d’enquêtes européennes, en application du règlement européen n° 1006/2009 du 16 septembre 2009 amendant le règlement du 21 avril 2004. Ces règlements exigent la fourniture de données jusqu’en 2019. Ce dispositif permet d’évaluer la progression de l’usage des TIC dans les entreprises européennes.

    L’enquête sur les technologies de l’information et de la communication et le commerce électronique a été réalisée, début 2013, en Basse-Normandie auprès de 750 unités légales, sociétés ou entreprises individuelles, actives, occupant au moins 10 personnes.

    Cette enquête vise à mieux connaître l’informatisation et la diffusion des technologies de l’information et de la communication dans les sociétés.

    En 2013, le questionnaire comporte pour la première fois des questions sur l’utilisation des médias sociaux. Les questions sur les taux d’équipement en TIC portent en général sur la situation au moment de l’enquête (premier trimestre 2013). Celles portant sur le commerce se réfèrent à l’année 2012.

    Parmi les sociétés de l'échantillon actives au moment de l'enquête, ce taux de réponse atteint 78 %.

    Définitions

    Enquête sur les Technologies de l'information et de la communication auprès des entreprises (TIC) : http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/enq-tic-entreprises.htm

    3G - 4G : réseaux de troisième et quatrième génération des standards de téléphonie mobile permettant des transferts d’information à des hauts-débits pouvant théoriquement atteindre100 MB/s pour le 4G contre un débit maximum estimé entre 2 à 42 MB/s pour la 3G.

    Pour en savoir plus

    Demoly (Elvire), "Fin 2012, une partie des micro entreprises reste à l’écart des TIC", Insee Première n° 1491, février 2014

    Vacher (Thomas), "L’usage d’Internet par les sociétés en 2013 : un recours minoritaire aux médias sociaux" Insee Première n° 1495 - avril 2014