Évolution de la population active - Les aires urbaines d’Amiens et de Beauvais résistent mieux à la crise

Virginie Bonduaeux, Martial Maillard

De 2006 à 2011, la population active a augmenté à un rythme plus modéré en Picardie que dans la plupart des régions de province (15e rang sur 21). Elle se recompose sous l'effet du vieillissement de la population, de la participation accrue des femmes au marché du travail et de l'allongement de la vie active. Le "noyau dur" de la population active, constitué des actifs de 25 à 54 ans, se replie sauf pour les femmes, tandis que le nombre de seniors actifs s'accroît fortement.

Les territoires ont été affectés différemment par la crise survenue en 2008 en fonction du poids de l'industrie, secteur le plus touché par les pertes d'emploi. De ce fait, les évolutions de la population active, liées à celles de la population et des taux d'activité, ont eu des impacts variables notamment sur l'évolution du chômage. De 2006 à 2011, Amiens et Beauvais sont les seules grandes aires urbaines de Picardie qui ont créé des emplois et contenu l'augmentation de la part d'actifs au chômage. Dans les aires urbaines de plus petite taille, le marché de l'emploi se dégrade souvent.

En 2011, la Picardie compte 896 000 actifs résidants, soit 3,0 % des actifs métropolitains. Leur nombre a progressé de +1,5 % de 2006 à 2011, plaçant la Picardie au 15e rang des 21 régions de province pour cette évolution. La population active des 25 à 54 ans, "noyau dur" de la population active, diminue de -1,0 % car le gain en taux d'activité est totalement absorbé par la baisse de la population (fig. 3). Néanmoins, le nombre de femmes actives de cette tranche d'âge augmente légèrement en cinq ans : la progression de leur taux d'activité l'emporte sur le repli démographique. Au 7e rang des régions de province, la hausse du taux d'activité féminin des 25 à 54 ans est notable en Picardie.

Figure_3 – Une diminution du nombre d'actifs de 26 à 54 ans en Picardie - Évolution de l'activité, de l'emploi et du chômage de 2006 à 2011

Une diminution du nombre d'actifs de 26 à 54 ans en Picardie - Évolution de l'activité, de l'emploi et du chômage de 2006 à 2011
Picardie France métropolitaine
2011 Évolution 2006-2011 (En %) 2011 Évolution 2006-2011 (En %)
Population totale 1 918 155 +1,3 +2,7
Population active totale 895 656 +1,5 +3,5
Population active des 25-54 ans 678 747 -1,0 +0,8
Population active féminine de 25 à 54 ans 321 106 +0,5 +2,1
Emploi au lieu de travail 678 953 -1,3 +1,9
Taux d'activité féminin de 25 à 54 ans 83,8 - 86,5 -
Part des chômeurs dans la population active des 25 à 54 ans (%) 11,7 - 10,6 -
Part des cadres et professions intellectuelles supérieures des 25 à 54 ans (%) 11,2 - 16,4 -
  • Source: Insee, recensements de la population 2006 et 2011

Figure_3suite – Une diminution du nombre d'actifs de 26 à 54 ans en Picardie - Évolution de l'activité, de l'emploi et du chômage de 2006 à 2011

Une diminution du nombre d'actifs de 26 à 54 ans en Picardie - Évolution de l'activité, de l'emploi et du chômage de 2006 à 2011
Écart 2006-2011 (points de %)
Picardie France métropolitaine
Écart des taux d'activité féminins de 25 à 54 ans +2,6 +2,3
Écart des taux d'activité des 55 à 64 ans 2006-2011 +2,7 +3,6
Écart part des chômeurs dans la population active des 25 à 54 ans +1,3 +0,7
Écart part des cadres et professions intellectuelles supérieures des 25 à 54 ans +0,7 +1,2
  • Source: Insee, recensements de la population 2006 et 2011

Un vieillissement des actifs

La Stratégie européenne de Lisbonne vise à porter à 50 % le taux d'emploi des 55 à 64 ans en 2010. En Picardie, la population active des seniors, a bondi de 26,8 % entre 2006 et 2011. D'une part, le nombre de seniors a nettement augmenté (+18,4 %) du fait du vieillissement de la population ; d'autre part, leur taux d'activité a progressé de +2,7 points.

L'emploi régional au lieu de travail a reculé de -1,3 % de 2006 à 2011 contre une progression de +1,9 % en métropole (19e rang métropolitain). L'évolution de l'emploi picard a été pénalisée par le poids régional de l'industrie, secteur qui a particulièrement souffert de la crise survenue en 2008, ainsi que par une moindre présence mais aussi un développement moins rapide de l'emploi dans les services marchands.

Par ailleurs, les actifs picards progressent en qualification. La part des cadres et des professions intermédiaires se développe, bien qu'insuffisamment pour rattraper le niveau national. Du fait de la baisse de l'emploi et malgré la diminution du nombre d'actifs de moins de 55 ans, la part de chômeurs dans la population active s'est accrue pour chaque tranche d'âge.

Une progression de l'activité féminine insuffisante pour rattraper le niveau national

La Picardie figure parmi les régions dont le taux d'activité des 25 à 54 ans est le moins élevé. En 2011, il se situe à 89,1 % contre 90,4 % en métropole (16e rang sur 21 régions de province). Cet écart est plus accentué pour les femmes, dont les taux d'activité des 25 à 54 ans sont respectivement de 83,8 % et 86,5 %. En Picardie, de 2006 à 2011, ce taux a augmenté de +2,6 points, soit un peu plus rapidement qu'au niveau national (+2,3 points). Néanmoins, cette progression a permis de réduire l'écart entre les taux d'activité féminins picard et métropolitain de 0,3 point. Cet écart se situe à 2,7 points en 2011. Cette progression est plus marquée dans les petites aires urbaines, où l'activité féminine est moins fréquente.

Hausse de la population active dans les espaces multipolarisés

Comptant 23,1 % des actifs picards, les espaces multipolarisés, au sens du zonage en aires urbaines 2010, ont connu l'évolution de la population active la plus dynamique de 2006 à 2011 (+3,7 %). D'une part, l'activité féminine y progresse plus rapidement tandis que le repli démographique est moins accentué qu'ailleurs. D'autre part, le vieillissement plus rapide de la population des espaces multipolarisés accroît le nombre de seniors actifs (+30,0 %).

En 2011, la population active picarde réside majoritairement dans les aires urbaines : 59 % dans les 31 aires urbaines picardes et 12,9 % dans la couronne de l'aire urbaine de Paris.

Les quatre aires urbaines moyennes, rassemblant 3,3 % des actifs picards, perdent de la population active de 2006 à 2011 (-2,5 %), en raison de leur déclin démographique mais aussi de taux d'activité moins élevés. Du fait d'une évolution démographique moins défavorable et d'une progression plus vigoureuse des taux d'activité, les 17 petites aires, comptant 4,8 % des actifs picards, parviennent à stabiliser leur population active.

Néanmoins, les petites et moyennes aires ont été particulièrement éprouvées par la crise de 2008 du fait de leur orientation industrielle. En 2011, la part du chômage dans la population active y frôle 17 %. Les petites et moyennes aires affichent les taux d'activité des 25 à 54 ans les plus bas, en particulier dans les moyennes aires où celui des femmes n'atteint que 75,5 %. Ce sont les aires qui ont vu l'emploi se contracter et la population active diminuer le plus fortement.

Dans les communes isolées hors influence des pôles urbains, la population active stagne et vieillit. Les taux d'activité, notamment féminins, progressent, permettant à ces territoires de contrebalancer la diminution de la population des moins de 55 ans.

Les pôles des dix grandes aires urbaines concentrent une proportion notable des emplois. En 2011, 41,6 % des actifs picards travaillent dans ces pôles et 7,3 % d'entre eux dans cinq pôles franciliens. La Somme compte deux grandes aires urbaines, l'Oise et l'Aisne quatre chacune.

L'aire urbaine d'Amiens résiste mieux à la crise

Principale aire urbaine picarde avec 120 900 emplois en 2011, soit 55,1 % des emplois de la Somme, l'aire urbaine d'Amiens a été moins touchée par la crise que d'autres aires picardes. De 2006 à 2011, la population active a progressé un peu plus vite que dans l'ensemble des grandes aires urbaines de Picardie (fig. 1). L’aire urbaine d’Amiens se place au 122e rang national sur 241 aires) pour son évolution. Cette progression est due aux jeunes et aux seniors : la population active des 25 à 54 ans a diminué de -1,0 % (fig. 4). Le nombre de femmes actives âgées de 25 à 54 ans se réduit au même rythme que dans l'ensemble des aires urbaines picardes (-0,5 %). La hausse des taux d'activité féminins est plus que compensée par la baisse de la population des femmes de 25 à 54 ans (-2,8 %). L'aire urbaine d'Amiens, capitale régionale, offre un marché du travail plus tertiarisé, donc plus ouvert aux femmes. L'activité féminine est de ce fait plus fréquente : 85,9 % d'entre elles sont actives en 2011.

Figure_1 – Une croissance du « noyau dur » de la population active à Creil et à Beauvais

  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2011

Figure4 – Un repli de la population active à Compiège et à Senlis - Évolution de l'activité, de l'emploi et du chômage dans les grandes aires urbaines picardes de 2006 à 2011

Un repli de la population active à Compiège et à Senlis - Évolution de l'activité, de l'emploi et du chômage dans les grandes aires urbaines picardes de 2006 à 2011
Amiens Abbeville Beauvais Creil Compiègne Senlis Saint- Quentin Soissons Laon Château- Thierry
Nombre d'emplois au lieu de travail en 2011 120 847 16 780 55 650 40 328 43 459 10 775 41 483 23 067 21 975 13 720
Poids dans l'emploi en Picardie en 2011 17,8 2,5 8,2 5,9 6,4 1,6 6,1 3,4 3,2 2,0
Taux d'activité féminin de 25 à 54 ans en 2011 (%) 85,9 82,8 85,7 79,7 84,0 87,8 81,1 82,8 83,0 86,3
Part des chômeurs dans la population active des 25 à 54 ans en 2011 (%) 12,0 14,6 11,0 14,8 11,0 7,8 14,7 14,1 13,6 11,8
Part des cadres et professions intellectuelles supérieures en 2011 des 25 à 54 ans (%) 14,9 8,2 11,3 9,8 17,7 26,1 9,3 9,4 10,2 11,3
Évolution de l'emploi au lieu de travail 2006-2011 (%) +0,7 -0,2 +3,2 -2,3 -0,2 -7,5 -2,3 -2,2 -5,9 -0,5
Évolution de la population totale 2006-2011 (%) +1,0 +0,9 +1,2 +1,6 -1,2 -3,6 +0,2 +0,8 +0,9 +2,6
Évolution de la population active totale 2006-2011 (%) +1,9 +0,6 +0,3 +1,0 -3,5 -3,9 +1,0 +1,0 +0,2 +4,3
Évolution de la population active des 25-54 ans 2006-2011 (%) -1,0 -2,9 -2,0 +0,9 -5,6 -4,0 -1,9 -1,8 -3,5 +2,1
Évolution de la population active féminine de 25 à 54 ans 2006-2011 (%) -0,5 -1,7 -0,8 +1,6 -4,0 -0,9 -1,1 -0,2 -3,5 +2,1
Écart des taux d'activité féminins de 25 à 54 ans 2006-2011 (points de %) +2,0 +2,8 +2,2 +1,4 +2,7 +3,5 +2,8 +3,1 +0,8 +1,8
Écart des taux d'activité des 55 à 64 ans 2006-2011 (points de %) +3,4 +5,1 +2,0 +0,7 +0,6 +0,0 +3,3 +3,2 +1,3 +2,8
Écart part des chômeurs dans la population active 2006-2011 des 25 à 54 ans (points de %) +0,8 +2,4 +0,7 +2,3 +1,6 +0,7 +2,3 +1,1 +2,7 +2,5
Écart part des cadres et professions intellectuelles supérieures 2006-2011 des 25 à 54 ans (points de %) +1,6 +0,2 +0,5 -0,1 +1,3 +3,4 +0,2 +0,6 -0,7 +1,6
  • Source: Insee, recensements de la population 2006 et 2011

Ce territoire a gagné quelques emplois au cours de la période 2006-2011 grâce à une meilleure résistance de l'industrie et un développement plus rapide des services principalement non marchands.

La part des cadres a augmenté plus vite qu'ailleurs et atteint 14,9 % en 2011 (fig. 4). Le chômage est un peu moins présent que dans les aires urbaines voisines car il a augmenté deux fois moins rapidement au cours de cette période.

L'activité des seniors reste en retrait à Abbeville

L'aire urbaine d'Abbeville est la deuxième de la Somme avec 16 800 emplois en 2011. La population active totale y a progressé au même rythme que dans l'ensemble des grandes aires urbaines picardes de 2006 à 2011 (+0,6 %), malgré une plus forte diminution pour les 25 à 54 ans. Du fait d'un vieillissement plus marqué dans ce territoire, la population active des 25 à 54 ans a reculé plus vite qu'ailleurs bien que la hausse du taux d'activité féminin à ces âges soit plus marquée. Cette diminution est compensée par la croissance de la population active des seniors, tranche d'âge qui a connu un fort rattrapage de son taux d'activité dans ce territoire (+5,1 points). L'aire urbaine d'Abbeville se caractérise néanmoins par le taux d'activité des seniors le moins élevé des grandes aires urbaines picardes en 2011.

De 2006 à 2011, le dynamisme local de l'emploi dans les services principalement non marchands a permis de compenser les lourdes pertes dans l'industrie et de maintenir ainsi l'emploi. Comme ailleurs, la périurbanisation allonge les navettes domicile-travail et affecte le fonctionnement du marché du travail. Ainsi, les flux entrants ont augmenté plus vite que les flux sortants. De ce fait, la légère croissance de la population active a entraîné une nette hausse du chômage malgré la stabilité de l'emploi.

Les évolutions de la population active dans les moyennes et les petites aires de la Somme sont diverses. À Doullens, le dynamisme démographique favorise le développement de la population active, à la différence de Péronne ou de Ham (fig. 1). L'emploi progresse à Albert, Roye ou Doullens, favorisant le développement de l'activité féminine. Souvent encore très industrielles en 2006, les petites aires urbaines samariennes ont perdu proportionnellement beaucoup d'emplois.

Créations d'emplois à Beauvais

Deuxième aire urbaine picarde, Beauvais compte 55 700 emplois en 2011. La population active totale est restée stable entre 2006 et 2011. La population active totale est restée stable entre 2006 et 2011. L'aire urbaine de Beauvais est la seule grande aire picarde qui a créé beaucoup d'emplois au cours de cette période (+3,2 %) (fig. 2). En effet, les pertes de l'industrie ont été moins importantes qu'ailleurs et la croissance de l'emploi dans les autres secteurs a été plus dynamique. De ce fait, l'aire urbaine de Beauvais est de plus en plus attractive pour les actifs résidant à l'extérieur et les navettes entrantes ont augmenté plus fortement que les sortantes. Liée à la périurbanisation, cette concurrence accrue pour les actifs résidants a contribué à une augmentation du chômage mais elle reste deux fois moins forte que dans l'ensemble des grandes aires picardes.

Figure_2 – Une hausse de l’emploi à Amiens et à Beauvais

  • Source Insee, recensements de la population 2006 et 2011

Dans l'aire urbaine de Creil, qui compte 40 300 emplois en 2011, la population active a légèrement augmenté au cours de ces cinq ans (+1,0 %). Le nombre d'actifs âgés de 25 à 54 ans a un peu progressé, a contrario de la tendance régionale des grandes aires. Cette évolution tient à la stabilité de la population de cette tranche d'âge, en repli ailleurs, le taux d'activité ayant augmenté moins vite. Malgré la taille de cette aire urbaine et le poids des activités tertiaires, l'activité féminine reste peu développée. Moins fréquente, l'activité des seniors progresse aussi moins rapidement qu'ailleurs. Encore très industriel en 2006 avec 20,5 % de l'emploi dans ce secteur, ce territoire a perdu un quart des emplois industriels de 2006 à 2011. Cependant, l'essor des services marchands a contribué à limiter les pertes totales d'emplois.

Baisse de la population active à Compiègne et à Senlis

Les aires urbaines de Compiègne et de Senlis, comptant respectivement 43 500 et 10 800 emplois en 2011, sont les seules grandes aires urbaines picardes qui ont

perdu des actifs de 2006 à 2011 (fig.4). Le recul atteint respectivement -5,6 % et -4,0 %

parmi les 25 à 54 ans. La baisse de la population active s'explique avant tout par la diminution de la population, en lien avec les restructurations dans la Défense et la périurbanisation.

L'aire urbaine de Senlis présente un taux d'activité féminin des 25 à 54 ans très élevé, à la faveur d'une hausse de 3,5 points de 2006 à 2011. Les aires urbaines de Compiègne et de Senli présentent, de loin, les taux d'activité des seniors les plus élevés parmi les grandes aires urbaines picardes, respectivement 44,5 % et 50,9 % contre une moyenne régionale de 38,6%. L'emploi s'est maintenu dans l'aire urbaine de Compiègne : très industriel en 2006, ce territoire a compensé les pertes dans ce secteur par le dynamisme des créations dans l'ensemble des autres grands secteurs. L'aire urbaine de Senlis a perdu 7,5 % de ses emplois en cinq ans malgré des créations d'emplois industriels.

La périurbanisation autour de Compiègne se traduit par une augmentation plus forte des navettes entrantes que des navettes sortantes. À l'inverse, les actifs résidant dans l'aire urbaine de Senlis sont toujours plus nombreux à travailler à l'extérieur, notamment dans l'aire urbaine de Paris.

Également frappée par les restructurations militaires, l’aire urbaine de Noyon, de taille moyenne, a perdu des actifs et un emploi sur six en cinq ans. Les petites aires de Saint-Just-en-Chaussée et de Feuquières ont gagné des actifs à la faveur d'une progression soutenue de l'activité féminine.

Une part élevée d'actifs au chômage à Saint-Quentin, Soissons et Laon

En 2011, les grandes aires urbaines de Saint-Quentin et de Soissons comptent respectivement 41 500 et 23 100 emplois en 2011 (fig.4). La population active y progresse de 1,0 % entre 2006 et 2011. La contraction de 2,0 % pour les 25 à 54 ans est contrebalancée, dans la première par une augmentation du nombre de jeunes actifs (+2,2 %), dans la deuxième par une progression plus forte (+30 %) du nombre de seniors actifs. Les aires urbaines de Saint-Quentin et de Soissons ont connu les plus fortes progressions du taux d'activité des grandes aires urbaines picardes.

L'emploi s'est cependant contracté de 2 % dans ces deux aires urbaines. Elles comptent parmi les plus touchées par le chômage pour chaque tranche d’âge. Dans l’aire urbaine de Saint-Quentin, la hausse de la population active s'est traduite par une augmentation équivalente du chômage, du fait de la baisse de l'emploi et en l'absence de navettes sortantes supplémentaires. À Soissons, la moitié de la hausse du nombre d'actifs s'est répercutée sur le chômage, l'autre moitié accroissant le flux de navettes sortantes.

La stabilité de la population active de l'aire urbaine de Laon (22 000 emplois) résulte de la forte progression du nombre de seniors actifs, qui a compensé une diminution du nombre d'actifs de 25 à 54 ans plus marquée.

De 2006 à 2011, l'aire urbaine de Laon a subi un repli de 5,9 % de l'emploi. Fortement tertiarisé, ce territoire a perdu des effectifs dans les services marchands comme non marchands. Parmi les grandes aires urbaines picardes, le Laonnois a connu la plus forte hausse de la part des chômeurs dans la population active des 25 à 54 ans en cinq ans (+2,7 points). Les deux tiers du repli de l'emploi se sont répercutés sur le chômage, le tiers restant accroissant le flux de navettes sortantes, notamment vers le pôle rémois.

Une croissance élevée de la population active à Château-Thierry

Comptant 13 700 emplois en 2011, l'aire urbaine de Château-Thierry a connu une évolution dynamique de la population active de 2006 à 2011 (+ 4,3 %). Cette croissance résulte d'une part de la croissance de la population et notamment des 25 à 54 ans. D'autre part, les taux d'activité ont nettement progressé et se situent en 2011 parmi les plus élevés de la région.

Le maintien de l'emploi industriel a permis de stabiliser l'emploi total, bien que les services marchands aient perdu des postes. L'aire urbaine de Château-Thierry reste moins touchée par le chômage des 25 à 54 ans (11,8 %). Du fait de la stagnation de l'emploi local, la progression marquée de la population active a entraîné une hausse du chômage qui correspond à plus de la moitié de l'augmentation du nombre d'actifs et un accroissement du flux de navettes sortantes.

L'évolution de la population active des petites et moyennes aires urbaines axonnaises est peu dynamique comme à Chauny, Hirson et Vervins, voire négative à Tergnier, Guise et au Nouvion-en-Thiérache. Dans l'ensemble de ces aires la population a diminué et l'activité féminine est moins développée qu'ailleurs, en particulier à Tergnier, Hirson ou Guise. L'emploi y a souvent nettement régressé.

Encadré

Des taux d’activité élevés dans la partie picarde de l’aire urbaine de Paris

À cheval sur l’Oise et l’Aisne, la partie picarde de l’aire urbaine de Paris compte 125 000 actifs en 2011, soit 13,9 % du nombre d’actifs picards. Dans ce territoire, l’évolution de la population active totale de 2006 à 2011 est plus favorable que dans l’ensemble des grandes aires urbaines picardes (respectivement +2,7 % et +0,7 %). D’une part, la population de moins de 55 ans diminue moins vite tandis que le nombre de seniors augmente plus rapidement. D’autre part, les taux d’activité pour chaque tranche d’âge sont supérieurs de 4 points, écarts qui ont peu varié de 2006 à 2011.

Comptant 21,0 % d’emplois dans l’industrie en 2006, ce territoire a perdu 21,0 % de ses emplois industriels en cinq ans. Malgré un développement des services principalement non marchands, et une progression plus marquée qu’ailleurs des services marchands, l’emploi total a légèrement fléchi (- 0,4 %). Ainsi, les deux tiers de l’accroissement de la population active se sont traduits par un accroissement des navettes, essentiellement vers le pôle parisien et le tiers restant par une augmentation du chômage.

Les actifs de ce territoire sont plus qualifiés : 43,9 % d’entre eux sont cadres ou exercent une profession intermédiaire contre 38,0 % dans l’ensemble des grandes aires urbaines picardes.

Définitions

Aire urbaine ou « grande aire urbaine » : ensemble de communes constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci. La notion d’aire urbaine permet ainsi de définir un concept de grande ville ou métropole à l’aide d’une approche fonctionnelle et économique.

De la même façon sont définies les moyennes aires (pôle de 5 000 à 10 000 emplois) et les petites aires (pôle de 1 500 à 5 000 emplois). Les communes multipolarisées sont des communes situées hors des aires, dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans plusieurs aires urbaines, sans atteindre ce seuil avec une seule d’entre elles. Les autres communes en dehors des aires sont les communes isolées, hors influence des pôles.

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