Espérance de vie : avantage aux femmes

Nicole Gicquaud, Insee

Dans les Pays de la Loire comme en France, les femmes vivent plus longtemps que les hommes, même si l'écart tend à se resserrer depuis le milieu des années quatre-vingt-dix. Cette plus grande longévité des femmes peut être mise à l’actif de comportements plus favorables à leur santé comme un suivi médical plus régulier et une plus grande adhésion aux programmes de dépistages généralisés. Les femmes de la région sont moins nombreuses à fumer et à consommer de l’alcool que les hommes. De plus, leurs conditions de travail sont généralement moins pénibles que celles des hommes.

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Insee Flash Pays de la Loire – No 23
Paru le : 05/03/2015

Si des inégalités persistent en défaveur des femmes dans de nombreux domaines de la vie sociale et professionnelle, les disparités de santé sont à l'avantage des femmes. En 2013, les femmes des Pays de la Loire ont la plus longue espérance de vie de France avec les femmes de Rhône-Alpes et de Midi-Pyrénées. Ces femmes peuvent espérer vivre 85 ans et 7 mois, soit six mois de plus que l’ensemble des Françaises. Les Ligériennes vivent près de 7 ans de plus que les hommes de la région. L’espérance de vie de ces derniers (78 ans et 11 mois) est supérieure d’un mois à la moyenne nationale.

Les femmes vivent plus longtemps, les hommes réduisent l’écart

Depuis le début des années 2000, l'espérance de vie (définitions) des femmes s'est accrue dans les Pays de la Loire, de 2 ans et 2 mois, comme en moyenne nationale (figure 1). Dans le même temps, celle des hommes a progressé de 3 ans et 5 mois. En treize ans, l'écart d'espérance de vie entre les femmes et les hommes de la région s’est réduit d’un an et trois mois.

Figure 1 – L’espérance de vie s’accroît, les écarts se réduisent - Évolution de l'espérance de vie des femmes et des hommes entre 2000 et 2013

  • Source : Insee, État civil, Estimations localisées de population.

Cette plus grande espérance de vie des femmes peut s'expliquer par plusieurs facteurs. Elles sont moins souvent exposées à des conditions de travail pénibles au cours de leur vie professionnelle (contraintes physiques, travail de nuit, exposition à des produits nocifs...). De plus, elles consultent plus fréquemment un professionnel de santé que les hommes (suivis médicaux liés à la contraception, la grossesse, la ménopause), et elles ont plus souvent recours à la prévention.

Dans les Pays de la Loire, en 2013 et 2014, 40 % des femmes de 50 à 74 ans ont participé au programme national de dépistage généralisé du cancer colorectal contre 36 % des hommes. La région se situe ainsi respectivement aux 4e et 3e rangs des régions de France métropolitaine.

Moins de décès prématurés chez les femmes

Les décès prématurés, c'est-à-dire survenant avant l'âge de 65 ans, frappent moins fréquemment les femmes ligériennes que l’ensemble des Françaises de métropole. Entre 2009 et 2011, 112 femmes de moins de 65 ans pour 100 000 habitants sont décédées en moyenne chaque année, contre 123 en France métropolitaine. Les Pays de la Loire se situent ainsi au 3e rang des régions de métropole aux plus faibles taux de mortalité prématurée (définitions), juste derrière Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées   (figure 2).

Les hommes des Pays de la Loire ne sont pas aussi bien placés : 9e taux de mortalité prématurée de France métropolitaine avec 267 décès masculins de moins de 65 ans pour 100 000 habitants (270 au niveau national).

Les avancées de la recherche médicale mais aussi les changements de comportements de la population, notamment en termes d'alimentation et d'hygiène de vie, ont pour effet de réduire le taux de mortalité avant l’âge de 65 ans. Il y a dix ans, pour 100 000 habitants, 128 femmes et 326 hommes mouraient prématurément dans la région.

Figure_2 – Faible mortalité prématurée des femmes des Pays de la Loire - Taux de mortalité prématurée des femmes, en moyenne annuelle sur la période 2009-2011

  • Sources : Inserm, CépiDc ; Insee, État civil, Estimations localisées de population.

Les tumeurs : première cause des décès prématurés

Les maladies de l’appareil circulatoire constituent les premières causes de décès féminins, devant les tumeurs, c’est l’inverse pour les hommes. Parmi les décès prématurés, les causes les plus fréquentes sont les tumeurs, pour les femmes comme pour les hommes. Ces pathologies sont responsables de près de la moitié des décès prématurés chez les femmes de la région et de deux sur cinq chez les hommes. Viennent ensuite les traumatismes et empoisonnements (dont accidents et suicides), qui représentent 14 % de l’ensemble des décès prématurés féminins et 21 % chez les hommes dans les Pays de la Loire, soit respectivement 2 et 3 points de plus que la moyenne nationale. Les maladies de l’appareil circulatoire sont moins fréquentes dans la région. Avec 40 décès avant 65 ans pour 100 000 habitants (9 femmes et 31 hommes), la région des Pays de la Loire a le plus faible taux de mortalité prématurée due à ce type de pathologie. Elles représentent 8 % des décès prématurés des femmes et 10 % de ceux des hommes, soit 2 points de moins que la moyenne nationale. Enfin, le nombre de décès prématurés liés à l’alcoolisme est proche de la moyenne nationale pour les femmes (respectivement 5,2 et 5,4 femmes décédées pour 100 000 habitants), mais il est légèrement supérieur pour les hommes de la région (19,6 contre 18,1 pour 100 000 habitants, soit 7 % de l’ensemble des décès prématurés masculins).

Moins de comportements à risque chez les femmes

L’alcool et le tabac constituent des risques majeurs pour les maladies chroniques, notamment certains cancers. En 2010, dans la région, une femme de 15 à 75 ans sur cinq fume quotidiennement contre une sur quatre en France. Les Pays de la Loire sont, derrière l'Alsace, la 2e région où les femmes sont les moins consommatrices de tabac. Avec 31 % de fumeurs, les hommes placent les Pays de la Loire au 6e rang des régions françaises (32 % en moyenne). Si la part de femmes qui fument régulièrement est restée stable depuis 2005, en revanche celle des hommes a progressé (+ 8 points).

Les habitudes de consommation d'alcool sont nettement moins fréquentes chez les femmes que chez les hommes (6 % des femmes de 15 à 75 ans contre 20 % des hommes). La proportion de femmes qui déclarent un usage régulier d'alcool à risque est quasi identique à la moyenne des Françaises, tandis que celle des hommes est supérieure de près de 4 points à la moyenne nationale.

Les femmes déclarent également une moindre consommation de drogues illicites, comme le cannabis, produit le plus répandu. Dans les Pays de la Loire, comme en France, moins d'une femme sur cent consomme régulièrement du cannabis. Si l’usage en est plus fréquent chez les hommes dans la région (2,2 %), la proportion de consommateurs réguliers reste inférieure à la moyenne nationale (3,4%) (figure 3).

Figure 3 – Tabac, alcool, cannabis : une consommation moins répandue chez les femmes

%
Tabac, alcool, cannabis : une consommation moins répandue chez les femmes
Femmes des Pays de la Loire Femmes de France métropolitaine* Hommes des Pays de la Loire Hommes de France métropolitaine*
Tabac 20,4 25,9 31,1 32,4
Alcool 5,7 5,5 20,3 16,6
Cannabis 0,8 0,9 2,2 3,4
  • * France métropolitaine hors Corse (données non disponibles).
  • Champ : population résidant en ménage ordinaire (15 à 75 ans pour le tabac et l'alcool ; 15 à 64 ans pour le cannabis).
  • Source : Inpes, Baromètre Santé 2010.

Figure 3 – Tabac, alcool, cannabis : une consommation moins répandue chez les femmesProportion de consommateurs quotidiens de tabac, d'alcool et de cannabis

Définitions

L'espérance de vie à la naissance représente la durée de vie moyenne - autrement dit l'âge moyen au décès - d'une génération fictive soumise aux conditions de mortalité de l'année. Elle caractérise la mortalité indépendamment de la structure par âge.

Le taux de mortalité prématurée (avant 65 ans) est le taux de mortalité (rapport entre le nombre de décès et la population résidente) que l’on observerait dans une région si elle avait la même structure par âge que la population de référence (population de France métropolitaine au recensement).

Le CépiDc, le Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès, est un service de l'Inserm dont les missions essentielles sont la production annuelle et la diffusion de statistiques nationales des causes médicales de décès en France ainsi que la conduite d'études et de recherches sur les données de mortalité.

Le baromètre santé (www.inpes.sante.fr) est une enquête nationale téléphonique répétée réalisée par l’Institut national de prévention pour la santé (Inpes) qui permet d’étudier les principaux comportements, attitudes et connaissances des Français en matière de santé (consommation de tabac, d’alcool, usages de drogues illicites, vaccination, dépistages des cancers, santé mentale, qualité de vie…).

Pour en savoir plus

L’état de santé de la population en France, édition 2015, Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), février 2015.

Rodrigues A., Égalité professionnelle femmes - hommes dans les Pays de la Loire : état des lieux, Insee, Étude, n° 131, avril 2014.

Fourcade N. et al., La santé des femmes en France , Direction de la recherche, des études,de l'évaluation et des statistiques (Drees), Études et statistiques, n° 834, mars 2013.

« Santé et recours aux soins », in Femmes et hommes - Regards sur la parité, édition 2012, mars 2012.

Retrouvez également le dossier « Femmes et Hommes » sur www.insee.fr