Les deux tiers des petites communes de la Manche gagnent des habitants

Jean-Luc Lacuve (Insee)

Au 1er janvier 2012, la population de la Manche s’élève à 499 340 habitants. Entre 2007 et 2012, elle a crû presqu’au même rythme que celle de la région mais trois fois moins vite que celle de la France. Les deux tiers des petites communes de moins de 1 000 habitants gagnent des habitants reflétant une périurbanisation qui s'étend parfois jusqu'au littoral et au-delà des limites des aires urbaines.

Au 1er janvier 2012, le département de la Manche compte 499 340 habitants, soit 4 190 de plus que cinq ans auparavant. Avec une hausse moyenne de 0,2 % par an entre 2007 et 2012, la population de la Manche progresse presqu’au même rythme que la population bas-normande. Cette croissance est portée par l’afflux migratoire dont bénéficie la Manche, tandis que les naissances demeurent légèrement supérieures aux décès, générant un excédent naturel très faible. Mais ces deux composantes de la croissance démographique ont légèrement fléchi ces dernières années. Au sein de la région, la population du Calvados affiche une croissance  plus rapide (0,4 %). Celle de l’Orne est en léger recul (- 0,2 %). La population française dans son ensemble  augmente trois fois plus vite.

Figure_1 – Évolution de la population des communes de la Manche entre 2007 et 2012

  • Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2012

La croissance démographique est plus marquée dans les communes de moins de 1 000 habitants, où résident 38 % des Manchois. La population augmente de 0,8 % tous les ans dans l'ensemble de ces petites communes. Celui des communes entre 1000 et 3500 habitants croît également mais sur un rythme deux fois moins élevé. En revanche, la population de l’ensemble des communes de plus de 3 500 habitants se rétracte. Le repli étant plus sensible au-delà de 5 000 habitants (- 0,5 %) et plus encore au-delà de 10 000 habitants (- 0,9 %).

Figure_2 – Evolution de la population bas-normande entre 2007 et 2012

Evolution de la population bas-normande entre 2007 et 2012
2007 2012 Taux de croissance annuel moyen 2007-2012 (en %)
Calvados 673 667 687 854 + 0,4
Manche 495 153 499 340 + 0,2
Orne 292 609 290 015 – 0,2
Basse-Normandie 1 461 429 1 477 209 + 0,2
France 63 600 690 65 241 241 + 0,5
  • Source : Insee, recensements de population 2007 et 2012

Les communes en expansion démographique se situent surtout à l’extrémité Nord-Ouest du Cotentin, dans un triangle formé par Beaumont-Hague, Cherbourg-Octeville et Les Pieux, ainsi qu’au sud-ouest, le long du littoral, d’Agon-Coutainville à Avranches. Inversement,  celles du sud-est du département continuent de perdre des habitants.

La périurbanisation se poursuit dans les quatre grandes aires urbaines, Cherbourg-Octeville, Saint-Lô, Granville et Avranches, qui accueillent 44 % des habitants du département. Dans les couronnes périurbaines de ces grandes aires, la population augmente de 1 % par an tandis que leurs pôles perdent des habitants (- 0,5 %). L’augmentation de la population des couronnes des pôles ne compense pas toujours la baisse dans leur centre. Ainsi, entre 2007 et 2012, l’aire de Cherbourg-Octeville (116 520 habitants en 2012) se rétracte légèrement

(- 0,4 % par an), les 1 260 habitants supplémentaires de sa couronne ne compensant pas les 3 900 perdus au sein de son pôle. En revanche, les aires de Saint-Lô, Granville et Avranches s’accroissent (respectivement de 0,3 %, 0,7 % et 0,4 % par an). Le nombre d’habitants des aires de Granville et Avranches augmente aussi bien dans leur pôle qu’en couronne. Seul le pôle de Saint-Lô se rétracte un peu (- 0,3 %) mais sa couronne augmente de 1,1 %.

Figure_3 – Répartition des communes de la Manche suivant leur taille

Répartition des communes de la Manche suivant leur taille
Taille de la commune en 2012 (habitants) Nombre de communes Population municipale 2007 Population municipale 2012 Taux de croissance annuel moyen 2007-2012 (en %)
Moins de 500 361 90081 93 342 + 0,7
De 500 à 999 137 89935 94 140 + 0,9
De 1 000 à 1 999 61 80598 82 397 + 0,4
De 2 000 à 3 499 25 61587 62 365 + 0,3
De 3 500 à 4 999 6 24343 24 137 - 0,2
De 5 000 à 10 000 6 41741 40 699 - 0,5
10 000 ou plus 5 106868 102 260 - 0,9
Total Manche 601 495153 499 340 + 0,2
  • Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2012

La population de l’aire moyenne de Coutances reste stable, la croissance de sa couronne compensant les pertes de son pôle. Sur les onze petites aires urbaines réparties sur le reste du territoire, sept ont perdu des habitants entre 2007 et 2012 dont Valognes (- 0,5 %), Saint-Vaast-la-Hougue (- 0,9 %) et Mortain (- 1,9 %) alors que même les progressions de Saint-James (+ 0,4 %) ou Torigni-sur-Vire (+ 0,3 %) restent modestes. L’ensemble de ces aires continue néanmoins à structurer le territoire puisque leur proximité dynamise les communes situées dans leur périmètre d’influence, leur population progressant en moyenne de 0,9 % par an entre 2007 et 2012.

Figure_4 – La population de la Manche selon le zonage en aires urbaines

La population de la Manche selon le zonage en aires urbaines
Catégorie d'espace Nombres de communes Population 2007 Population 2012 Taux de croissance annuel moyen 2007-2012( % )
Grandes aires urbaines 133 221 401 221 079 0,0
Grands pôles urbains 25 152 945 149 124 - 0,5
Couronne des grands poles urbains 108 68 456 71 955 + 1,0
Communes mutipolarisées des grandes aires urbaines 46 24 913 26 267 + 1,1
Autres aires 54 77 874 77 246 - 0,2
Pôles (petits et moyens) 28 66 755 65 670 - 0,3
Couronne des petits et moyens pôles 26 11 119 11 576 + 0,8
Autres communes multipolarisées 179 72 048 75 169 + 0,9
Communes isolées hors influence des pôles 189 98 917 99 579 + 0,1
Total Manche 601 495 153 499 340 + 0,2
  • Source : Insee, recensements de population 2007 et 2012

Définitions

Une aire urbaine ou " grande aire urbaine " est un ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

Le zonage en aires urbaines 2010 distingue également :

- les " moyennes aires ", ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de 5 000 à 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

- les " petites aires ", ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle (unité urbaine) de 1 500 à 5 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

Pour en savoir plus

Peu d'effet littoral sur la croissance démographique du Calvados, Insee Flash Basse-Normandie, N°15 janvier 2015

Dans l'Orne, le léger repli démographique n'entrave pas la périurbanisation, Insee Flash Basse-Normandie, N°17 janvier 2015