Bourgogne et Franche-Comté : un espace de 2,8 millions d’habitants

Audrey Mirault (Insee Franche-Comté), David Brion (Insee Bourgogne), Céline Silactchom (Insee Bourgogne)

La Bourgogne et la Franche-Comté réunies forment un territoire de 47 800 km², peuplé de 2,8 millions d'habitants. Au sein de ce vaste ensemble, la densité de population est plus élevée le long de l'axe Rhin-Rhône, de la vallée de l'Yonne et de la bande frontalière avec la Suisse. Les dynamiques démographiques différent fortement d'un département à l'autre avec une croissance de la population plus soutenue dans le Doubs et la Côte-d'Or et un recul dans la Nièvre.

Le territoire constitué par la réunion de la Bourgogne et de la Franche-Comté comprend 2 816 800 habitants au 1er janvier 2012, soit 4,4 % de la population métropolitaine. En nombre d'habitants, il se positionne au onzième rang des nouvelles régions, derrière la Bretagne et devant le Centre et la Corse, trois régions dont les contours ne sont pas modifiés par la réforme territoriale. Cinquième par sa superficie avec 47 800 km², ce territoire est peu dense avec 59 habitants au km². Seule la Corse, avec 36 habitants au km² enregistre une densité moindre.

Figure 1 – Un maillage plus fin de grandes villes dans la partie Est

  • Source : Insee, Recensement de la population 2012.

Figure 1a – Principales villes : population et évolution

Principales villes : population et évolution
Principales communes Population en 2012 Population en 2007 Évolution 2007 - 2012
Dijon (21) 152 071 151 543 + 0,3
Besançon (25) 116 353 117 836 - 1,3
Belfort (90) 50 102 51 327 - 2,4
Chalon-sur-Saône (71) 44 564 46 676 - 4,5
Nevers (58) 35 327 38 007 - 7,1
Auxerre (89) 35 096 37 218 - 5,7
Mâcon (71) 32 917 33 865 - 2,8
Montbéliard (25) 26 084 26 392 - 1,2
Sens (89) 25 106 25 844 - 2,9
Dole (39) 23 685 25 051 - 5,5
Le Creusot (71) 22 574 23 793 - 5,1
Beaune (21) 21 806 22 012 - 0,9
Montceau-les-Mines (71) 18 956 19 548 -3,0
Pontarlier (25) 17 631 18 939 - 6,9
Lons-le-Saunier (39) 17 353 18 075 - 4,0
Vesoul (70) 15 637 16 329 - 4,2
Audincourt (25) 14 787 14 595 + 1,3
Autun (71) 14 124 15 069 - 6,3
Chenôve (21) 13 959 14 841 - 5,9
Talant (21) 11 204 11 778 - 4,9
Cosne-Cours-sur-Loire (58) 10 551 11 166 - 5,5
Saint-Claude (39) 10 534 11 635 - 9,5
Valentigney (25) 10 513 11 484 - 8,5
Chevigny-Saint-Sauveur (21) 10 330 9 392 + 10,0
Héricourt (70) 10 181 10 457 - 2,6
  • Source : Insee, Recensements de la population 2007 et 2012.

25 communes de plus de 10 000 habitants

Dans cet espace, 25 communes ont plus de 10 000 habitants et rassemblent 27 % de la population. Parmi elles, deux dépassent 100 000 habitants. Dijon, avec 152 100 habitants, est la plus peuplée. À une centaine de kilomètres à l’est, Besançon, avec 116 400 habitants est la deuxième grande ville.

À l’est de l’axe Dijon-Mâcon : une démographie plus dynamique

La majorité des communes de 10 000 habitants et plus sont localisées sur l’axe Rhin-Rhône. Elles dessinent, avec leur couronne périurbaine, les espaces densément peuplés de ce nouveau territoire administratif. De fait, sur le plan démographique, la nouvelle région est coupée en deux par l’axe Dijon-Mâcon. À l’est de cet axe, le territoire est globalement plus dense, plus jeune et plus dynamique démographiquement. Il est bordé par les grandes aires urbaines de Mâcon, Chalon-sur-Saône, Beaune et Dijon qui prolongent le couloir rhodanien, et par celles de Montbéliard et Belfort situées à l’extrémité de l’axe rhénan. Il dessine ainsi un arc urbain qui s’étire jusqu’à la frontière suisse, jalonné des grandes aires urbaines de Dole, Besançon et Pontarlier. La présence de grands axes routiers et autoroutiers favorise la dynamique démographique entre les grands pôles urbains. La proximité de la Suisse, très attractive par les emplois offerts, joue également un rôle structurant. La bande frontalière, bien que située en zone de montagne, est ainsi l’un des espaces dont la densité de population progresse le plus ces dernières années.

Figure 2 – Huit départements à la dynamique démographique contrastée

Huit départements à la dynamique démographique contrastée
Départements Population en 2012 Population en 2007 Variation annuelle moyenne 2007-2012 (%)
Totale Due au solde naturel Due au solde apparent des entrées-sorties
Saône-et-Loire (71) 555 039 551 842 + 0,1 0,0 + 0,1
Doubs (25) 531 062 520 133 + 0,4 + 0,5 - 0,1
Côte-d'Or (21) 527 403 519 143 + 0,3 + 0,3 0,0
Yonne (89) 341 902 341 418 0,0 0,0 0,0
Jura (39) 260 932 258 897 + 0,2 + 0,2 0,0
Haute-Saône (70) 239 750 237 197 + 0,2 + 0,2 0,0
Nièvre (58) 216 786 221 488 - 0,4 - 0,4 0,0
Territoire de Belfort (90) 143 940 142 444 + 0,2 + 0,4 - 0,2
Bourgogne et Franche-Comté 2 816 814 2 792 562 + 0,2 + 0,2 0,0
  • Note : figure entre parenthèses le numéro de département
  • Sources : Insee, Recensements de la population de 2007et 2012 et État-civil 2007 à 2011.

Le versant ouest perd des habitants

À l’inverse, la partie ouest est constituée essentiellement de zones peu denses et peu dynamiques du point de vue démographique. Sept communes de plus de 10 000 habitants (Nevers, Auxerre, Sens, Cosne-Cours-sur-Loire, Autun, Le Creusot et Montceau-les-Mines), relativement distantes les unes des autres, structurent ce vaste territoire. Ce dernier regroupe le nord de la Côte-d’Or, la moitié ouest de la Saône-et-Loire, la majeure partie de la Nièvre et de l’Yonne. Les personnes âgées de 75 ans et plus y sont proportionnellement les plus présentes, en particulier dans le département de la Nièvre

Enfin, deux espaces se démarquent dans ce clivage Est-Ouest, du point de vue de leur dynamique démographique. Le nord de l’Yonne bénéficie, autour de Sens, du desserrement francilien et gagne des habitants. En sens inverse, le nord de la Haute-Saône en prolongement des Vosges et de la Haute-Marne perd des habitants.

L'excédent naturel porte la croissance démographique

La Bourgogne et la Franche-Comté gagnent, à elles deux, environ 4 800 habitants par an entre 2007 et 2012, soit 0,2 % de plus chaque année. Ce rythme de croissance est en dessous de celui de la France métropolitaine (+ 0,5 %). L'excédent des naissances sur les décès explique à lui seul la croissance de la population. Les mouvements migratoires sont à somme nulle, les arrivées d’habitants compensant les départs vers d’autres régions.

Les dynamiques démographiques diffèrent fortement d'un département à l'autre, avec une croissance plus soutenue de la population dans le Doubs et la Côte-d'Or et un recul dans la Nièvre.

Figure 3 – Croissance démographique autour de l’axe Rhin-Rhône et le long de la frontière suisse

  • Sources : Insee, Recensements de la population 2007 et 2012.