Insee Analyses Guadeloupe ·
Mai 2026 · n° 91
En 2025, le marché du travail se stabilise en Guadeloupe mais la situation des jeunes
se détériore
En 2025, le taux d’emploi est stable en Guadeloupe, inférieur de 15 points à celui de France métropolitaine. Le sous-emploi se maintient et concerne une personne en emploi sur dix : il progresse toutefois chez les jeunes de 15 à 29 ans tandis qu’il recule légèrement chez les 50 à 64 ans. Le taux de chômage se maintient, augmentant chez les jeunes et diminuant, plus modérément, chez les plus âgés. En parallèle, le chômage de longue durée recule légèrement mais demeure élevé : il concerne un actif de 15 ans ou plus sur dix. Il croît chez les moins de 30 ans alors qu’il diminue chez les plus de 50 ans.
Enfin, le halo autour du chômage s’élargit et concerne 10 % des personnes âgées de 15 à 64 ans en Guadeloupe en 2025, contre 4 % en France métropolitaine. Au total, en incluant les chômeurs et les personnes figurant dans le halo, une personne de 15 à 64 ans sur cinq est sans emploi tout en souhaitant travailler, une proportion deux fois plus élevée qu’en Hexagone.
- Le taux d’emploi se maintient
- Le temps partiel concerne surtout les femmes et les moins de 30 ans
- Le sous-emploi concerne toujours une personne en emploi sur dix
- Le chômage s’accentue chez les jeunes
- Le chômage de longue durée recule mais demeure cinq fois plus élevé qu’en Hexagone
- Le halo autour du chômage s’élargit
- Encadré 1 - Une population âgée et peu diplômée
- Encadré 2 - Un sous-emploi plus fréquent parmi les personnes peu diplômées et les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées
- Encadré 3 - Un chômage de longue durée plus installé qu’en France métropolitaine
Le taux d’emploi se maintient
En 2025, 55 % des personnes âgées de 15 à 64 ans résidant en Guadeloupe occupent un emploi au sens du Bureau international du travail (BIT) (figure 1). Ce taux est stable par rapport à 2024, mais reste nettement inférieur à celui observé en France métropolitaine (70 %).
Les taux d’emploi des femmes et des hommes se maintiennent à des niveaux proches. Tous deux demeurent en retrait par rapport à la France métropolitaine, mais l’écart est plus marqué pour les hommes.
Près de deux tiers des 30-49 ans occupent un emploi, une part stable sur un an. Bien qu’il s’agisse de la tranche d’âge la plus insérée sur le marché du travail, elle enregistre le plus gros écart de taux d’emploi avec la France métropolitaine (85 %), traduisant des difficultés d’insertion au cœur de la vie active.
tableauFigure 1 – Taux d’emploi entre 2024 et 2025 en Guadeloupe
| Caractéristiques | Guadeloupe – 2024 | Guadeloupe – 2025 | France métropolitaine – 2024 | France métropolitaine – 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Ensemble | 54 | 55 | 69 | 70* |
| Hommes | 54 | 53 | 72 | 72 |
| Femmes | 54 | 56 | 67 | 67 |
| De 15 à 29 ans | 27 | 29 | 49 | 49 |
| De 30 à 49 ans | 66 | 64 | 84 | 85 |
| De 50 à 64 ans | 61 | 62 | 69 | 70* |
- Note : Des variations non significatives peuvent refléter les fluctuations normales liées au recours à une enquête par sondage. Les évolutions significatives sont signalées d’un astérisque.
- Lecture : En 2025, 53 % des hommes âgés de 15 à 64 ans sont en emploi en Guadeloupe.
- Champ : Personnes vivant en logement ordinaire, de 15 à 64 ans.
- Source : Insee, Enquête Emploi.
graphiqueFigure 1 – Taux d’emploi entre 2024 et 2025 en Guadeloupe

- Note : Des variations non significatives peuvent refléter les fluctuations normales liées au recours à une enquête par sondage. Les évolutions significatives sont signalées d’un astérisque.
- Lecture : En 2025, 53 % des hommes âgés de 15 à 64 ans sont en emploi en Guadeloupe.
- Champ : Personnes vivant en logement ordinaire, de 15 à 64 ans.
- Source : Insee, Enquête Emploi.
Le taux d’emploi des jeunes de 15 à 29 ans, se maintient en 2025. Comme au niveau national, les jeunes sont les moins insérés sur le marché du travail (29 %), en partie parce que la moitié d’entre eux poursuivent leurs études, ce qui limite mécaniquement leur accès à l’emploi (encadré 1).
Toutefois, le taux d’emploi des jeunes en Guadeloupe est inférieur à celui de France métropolitaine, où près d’un jeune sur deux est en emploi (49 %). Cet écart s’explique notamment par une part plus importante de jeunes sortis de leur parcours de formation initiale sans diplôme dans la région. En effet, l’écart est encore plus marqué parmi les jeunes non scolarisés : seul près d’un sur cinq occupe un emploi en Guadeloupe, contre 71 % en Hexagone. Ce déficit d’insertion s’inscrit également dans un contexte de moindre recours à l’alternance, levier d’accès à l’emploi : seuls 3 % des jeunes y ont recours en Guadeloupe, contre 8 % au national.
Par ailleurs, plus d’un jeune sur cinq en Guadeloupe n’est ni en emploi, ni en études, ni en formation en 2025 [Anaïs, Salibekyan-Rosain, 2023 ; pour en savoir plus (4)]. Cette proportion, relativement stable sur un an, est près de deux fois plus élevée qu’au national (12 %).
Enfin, le taux d’emploi des seniors (50-64 ans) se stabilise à 62 %, après une forte hausse en 2024 en lien avec la réforme des retraites, qui a eu pour conséquence le prolongement de leur activité. Il reste inférieur de 8 points à celui observé en France métropolitaine.
En 2025, le taux d’emploi progresse uniquement parmi les titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme équivalent en Guadeloupe. Comme en 2024, il augmente de 5 points sur un an, pour atteindre 60 % [Figure complémentaire 1 ; données].
Le niveau de formation demeure un déterminant majeur de l’accès à l’emploi : 83 % des diplômés de l’enseignement supérieur occupent un emploi, soit une proportion 2,5 fois plus élevée que parmi les personnes peu ou pas diplômées (sans diplôme ou titulaires du seul brevet des collèges).
Négligeable pour les diplômés du supérieur, l’écart avec la France métropolitaine est le plus marqué pour les titulaires d’un CAP-BEP ou équivalent (-14 points).
Le temps partiel concerne surtout les femmes et les moins de 30 ans
En Guadeloupe, 19 % des personnes en emploi travaillent à temps partiel en 2025. Cette proportion est stable sur un an et proche de celle de la France métropolitaine (17 %) [Figure complémentaire 2 ; données]. Le travail à temps partiel progresse toutefois chez les femmes (+3 points par rapport à 2024). Elles y recourent deux fois plus que les hommes en Guadeloupe. Les plus concernés par le temps partiel sont les moins de 30 ans dans la région (28 %), alors qu’il s’agit des plus de 50 ans en France métropolitaine.
Le sous-emploi concerne toujours une personne en emploi sur dix
Parmi les personnes en emploi, certaines sont à temps partiel mais souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire. Elles sont alors considérées en sous-emploi. En 2025, 10 % des personnes en emploi sont en situation de sous-emploi, soit 6 points de plus qu’en France métropolitaine (figure 2). Cette part est stable sur un an. Le sous-emploi augmente de 6 points chez les 15-29 ans (19 %), renforçant l’écart avec leurs homologues métropolitains. À l’inverse, le sous-emploi recule de 2 points chez les plus âgés.
Comme dans le reste du pays, les femmes sont davantage exposées au sous-emploi que les hommes en Guadeloupe (12 % contre 8 %). Le sous-emploi concerne également davantage les personnes les moins qualifiées et les catégories socioprofessionnelles les plus modestes (encadré 2).
tableauFigure 2 – Part des personnes en situation de sous-emploi parmi les personnes en emploi entre 2024 et 2025 en Guadeloupe
| Caractéristiques | Guadeloupe – 2024 | Guadeloupe – 2025 | France métropolitaine – 2024 | France métropolitaine – 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Ensemble | 10 | 10 | 4 | 4 |
| Hommes | 8 | 8 | 3 | 3 |
| Femmes | 12 | 12 | 6 | 6 |
| 15-29 ans | 13 | 19* | 5 | 6 |
| 30-49 ans | 10 | 9 | 4 | 4 |
| 50-64 ans | 10 | 8* | 4 | 4 |
- Note : Des variations non significatives peuvent refléter les fluctuations normales liées au recours à une enquête par sondage. Les évolutions significatives sont signalées d’un astérisque.
- Lecture : En 2025, 10 % des personnes en emploi sont en situation de sous-emploi en Guadeloupe.
- Champ : Personnes vivant en logement ordinaire, de 15 à 64 ans.
- Source : Insee, Enquête Emploi.
Le chômage s’accentue chez les jeunes
En 2025, le taux de chômage au sens du BIT reste stable en Guadeloupe (figure 3). Il concerne 17 % de la population active de 15 ans ou plus, soit 9 points de plus qu’en France métropolitaine. Il reste à un niveau proche pour les femmes et les hommes.
Le taux de chômage des jeunes s’élève de 4 points pour atteindre 32 %. Il est ainsi plus de deux fois élevé que celui de leurs homologues métropolitains. Le taux de chômage des 30-49 ans reste stable à 17 %. Enfin, il recule de 2 points pour les 50 ans et plus et s’établit à 11 %.
Comme au niveau national, les personnes peu ou pas diplômées sont les plus exposées au chômage (27 %) tandis que les diplômés du supérieur en sont nettement plus protégés (10 %) [Figure complémentaire 3 ; données]. Cependant, le taux de chômage de ces derniers augmente de 3 points par rapport à 2024.
tableauFigure 3 – Taux de chômage entre 2024 et 2025 en Guadeloupe
| Caractéristiques | Guadeloupe – 2024 | Guadeloupe – 2025 | France métropolitaine – 2024 | France métropolitaine – 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Ensemble | 17 | 17 | 7 | 8* |
| Hommes | 17 | 17 | 7 | 8 |
| Femmes | 16 | 16 | 7 | 7 |
| De 15 à 29 ans | 28 | 32* | 14 | 15* |
| De 30 à 49 ans | 18 | 17 | 6 | 6 |
| De 50 à 64 ans | 13 | 11* | 5 | 5 |
- Note : Des variations non significatives peuvent refléter les fluctuations normales liées au recours à une enquête par sondage. Les évolutions significatives sont signalées d’un astérisque.
- Lecture : En 2025, 17 % des hommes actifs en Guadeloupe sont au chômage au sens du BIT.
- Champ : Personnes actives de 15 ans ou plus vivant en logement ordinaire.
- Source : Insee, Enquête Emploi.
graphiqueFigure 3 – Taux de chômage entre 2024 et 2025 en Guadeloupe

- Note : Des variations non significatives peuvent refléter les fluctuations normales liées au recours à une enquête par sondage. Les évolutions significatives sont signalées d’un astérisque.
- Lecture : En 2025, 17 % des hommes actifs en Guadeloupe sont au chômage au sens du BIT.
- Champ : Personnes actives de 15 ans ou plus vivant en logement ordinaire.
- Source : Insee, Enquête Emploi.
Le chômage de longue durée recule mais demeure cinq fois plus élevé qu’en Hexagone
Le chômage peut s’installer dans le temps, signe d’un éloignement persistant du marché du travail. Les personnes concernées sont alors considérées chômeurs de longue durée, c’est-à-dire privées d’emploi depuis au moins un an. En Guadeloupe, 10 % de la population active est concernée. Malgré une diminution de 1 point sur un an, le taux de chômage de longue durée demeure cinq fois plus élevé qu’en France métropolitaine (figure 4). Cette situation reflète des difficultés d’insertion plus durables sur le marché du travail, notamment pour les personnes n’ayant jamais travaillé (encadré 3).
Le chômage de longue durée affecte les hommes et les femmes dans des proportions similaires. Il diminue toutefois de 3 points chez les femmes sur un an, tandis qu’il reste stable chez les hommes. La situation se dégrade chez les jeunes, désormais les plus concernés : la part du chômage de longue durée augmente de 4 points pour atteindre 15 % chez ces derniers. À l’inverse, elle recule chez les 30-49 ans (-3 points) et chez les 50 ans ou plus (-2 points).
tableauFigure 4 – Taux de chômage de longue durée entre 2024 et 2025 en Guadeloupe
| Caractéristiques | Guadeloupe – 2024 | Guadeloupe – 2025 | France métropolitaine – 2024 | France métropolitaine – 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Ensemble | 11 | 10* | 2 | 2 |
| Hommes | 11 | 10 | 2 | 2 |
| Femmes | 12 | 9* | 2 | 2 |
| De 15 à 29 ans | 11 | 15* | 2 | 2 |
| De 30 à 49 ans | 13 | 10* | 1 | 1 |
| De 50 à 64 ans | 10 | 8* | 2 | 2 |
- Note : Des variations non significatives peuvent refléter les fluctuations normales liées au recours à une enquête par sondage. Les évolutions significatives sont signalées d’un astérisque.
- Lecture : En 2025, 10 % des hommes actifs en Guadeloupe sont en situation de chômage de longue durée.
- Champ : Personnes vivant en logement ordinaire, de 15 à 64 ans.
- Source : Insee, Enquête Emploi.
Le halo autour du chômage s’élargit
Parmi les personnes inactives, c’est-à-dire ni en emploi, ni au chômage, certaines déclarent souhaiter travailler sans pour autant rechercher activement un emploi ou être disponibles à court terme pour en occuper un : elles constituent le halo autour du chômage.
En 2025, le halo autour du chômage concerne 10 % des 15 à 64 ans en Guadeloupe (figure 5), en hausse de 1 point sur un an. Cette part est plus de deux fois supérieure à celle observée en France métropolitaine. L’augmentation affecte en particulier les hommes (10 %, après 8 % en 2024) ainsi que les 30-49 ans (14 %, après 11 %).
En ajoutant aux chômeurs les personnes figurant dans le halo, un résident de 15 à 64 ans de Guadeloupe sur cinq se trouve sans emploi tout en souhaitant travailler, contre un sur dix en France métropolitaine. Cette proportion croît de 1 point sur un an sous l’effet de la progression des personnes dans le halo.
En Guadeloupe, l’inactivité est plus souvent contrainte qu’en France métropolitaine. Parmi les personnes inactives ne souhaitant pas travailler, hormis les jeunes se déclarant en études ou en cours de formation, les difficultés liées aux problèmes de santé sont les motifs les plus fréquemment cités (29 % contre 19 % en Hexagone), tandis que la retraite l’est moins (14 % contre 21 %) [Figure complémentaire 4 ; données].
tableauFigure 5 – Part du chômage et du halo autour du chômage entre 2024 et 2025 en Guadeloupe
| Zonage – Période | Chômage et halo autour du chômage | Chômage BIT | Halo autour du chômage |
|---|---|---|---|
| Guadeloupe – 2024 | 20 | 11 | 9 |
| Guadeloupe – 2025 | 21* | 11 | 10* |
| France métropolitaine – 2024 | 10 | 6 | 4 |
| France métropolitaine – 2025 | 10 | 6 | 4 |
- Note : Des variations non significatives peuvent refléter les fluctuations normales liées au recours à une enquête par sondage. Les évolutions significatives sont signalées d’un astérisque.
- Lecture : En 2025, 21 % des personnes âgés de 15 à 64 ans en Guadeloupe sont sans emploi et souhaiteraient travailler.
- Champ : Personnes vivant en logement ordinaire, de 15 à 64 ans.
- Source : Insee, Enquête Emploi.
graphiqueFigure 5 – Part du chômage et du halo autour du chômage entre 2024 et 2025 en Guadeloupe

- Note : Des variations non significatives peuvent refléter les fluctuations normales liées au recours à une enquête par sondage. Les évolutions significatives sont signalées d’un astérisque.
- Lecture : En 2025, 21 % des personnes âgés de 15 à 64 ans en Guadeloupe sont sans emploi et souhaiteraient travailler.
- Champ : Personnes vivant en logement ordinaire, de 15 à 64 ans.
- Source : Insee, Enquête Emploi.
Encadré 1 - Une population âgée et peu diplômée
En Guadeloupe, la population en âge de travailler est particulièrement âgée. En 2025, 41 % des 15-64 ans ont 50 ans ou plus, contre 31 % en France métropolitaine. À l’inverse, les moins de 30 ans y sont moins représentés (24 % contre 28 % dans l’Hexagone).
Cette structure par âge contribue à un niveau de diplôme globalement plus faible, les générations les plus âgées ayant moins souvent accédé aux études supérieures. Elle s’explique également par les mobilités liées aux études et à l’emploi. Les jeunes en Guadeloupe poursuivent fréquemment leurs études supérieures hors du territoire, en raison d’une offre de formation limitée. Une partie d’entre eux ne reviennent pas s’installer dans la région, faute d’opportunités professionnelles suffisamment qualifiées ou diversifiées. Dans le même temps, le territoire attire peu d’actifs diplômés venant d’autres régions. En effet, la part des emplois de cadres dans l’emploi privé régional est plus faible qu’en France métropolitaine. Ainsi, près d’une personne de 15 à 64 ans sur trois est diplômée au plus du brevet des collèges, contre une sur cinq en France métropolitaine. À l’inverse, seul un résident sur quatre est diplômé du supérieur, contre deux sur cinq en Hexagone.
Encadré 2 - Un sous-emploi plus fréquent parmi les personnes peu diplômées et les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées
Comme en France métropolitaine, les personnes en situation de sous-emploi présentent un profil proche de celui des chômeurs, notamment en matière de niveau de diplôme. Elles sont 43 % à disposer au plus du brevet des collèges, une proportion similaire à celle observée parmi les chômeurs (40 %). À l’inverse, ce taux tombe à 19 % chez les personnes en emploi hors sous-emploi [Figure complémentaire 5 ; données].
Le sous-emploi concerne davantage les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées : 54 % des personnes en sous-emploi sont des employés et 21 % des ouvriers, contre respectivement 30 % et 13 % parmi les autres personnes en emploi . À l’inverse, les cadres y sont très peu représentés (1 % contre 14 % hors sous-emploi).
Encadré 3 - Un chômage de longue durée plus installé qu’en France métropolitaine
En Guadeloupe, le chômage s’inscrit plus souvent dans la durée qu’en France métropolitaine : six chômeurs sur dix sont en situation de chômage de longue durée, contre seulement deux sur dix en France métropolitaine. Plus révélateur encore, quatre chômeurs sur dix en Guadeloupe sont au chômage depuis au moins deux ans (contre moins d’un sur dix en Hexagone).
Il concerne également plus fréquemment des personnes n’ayant jamais travaillé : 38 % des chômeurs de longue durée sont dans ce cas, contre 12 % en France métropolitaine. Ces personnes sans expérience professionnelle sont par ailleurs plus âgées qu’en France métropolitaine : 40 % ont plus de 30 ans, soit près de deux fois plus qu’en Hexagone (22 %), traduisant des difficultés d’insertion durables.
Certaines catégories socioprofessionnelles sont particulièrement exposées : parmi les personnes ayant déjà travaillé, le taux de chômage de longue durée atteint 14 % chez les ouvriers contre moins de 2 % chez les cadres. Le niveau de diplôme joue également un rôle déterminant : le taux de chômage de longue durée s’élève à 20 % chez les personnes peu ou pas diplômées, contre 4 % parmi les diplômés du supérieur.
Pour comprendre
Les évolutions à la hausse ou à la baisse d’une année sur l’autre qui ne sont pas statistiquement significatives, signalées par l’absence d’astérisque dans les figures, ne permettent pas de conclure à une variation réelle. Ces variations pouvant résulter de fluctuations liées au recours à une enquête par sondage, sont interprétées avec prudence et sont donc considérées comme globalement stables.
Sources
L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage et l’activité au sens du Bureau international du travail (BIT). Elle est menée en continu, sur l’ensemble des semaines de l’année, en France métropolitaine mais également depuis janvier 2014, dans les départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion), et récemment, depuis janvier 2024, à Mayotte.
Le niveau et la structure de l’emploi fournis par l’enquête Emploi peuvent différer de ceux obtenus à partir des sources administratives (Estimations d’emploi). Les évolutions entre ces deux sources statistiques peuvent également diverger [Fabre, Jauneau, 2025 ; pour en savoir plus (3)].
Définitions
Une personne en emploi au sens du Bureau international du travail (BIT) est une personne de 15 ans ou plus ayant effectué au moins une heure de travail rémunéré au cours d’une semaine donnée ou absente de son emploi sous certaines conditions de motif (congés annuels, maladie, maternité, etc.) et de durée.
Le taux d’emploi rapporte le nombre de personnes en emploi à la population totale. Il peut être calculé pour une sous-catégorie de la population donnée (par exemple une tranche d’âge, les habitants d’une région, les titulaires d’un diplôme, etc.).
Le sous-emploi recouvre les personnes ayant un emploi à temps partiel qui souhaitent travailler plus d’heures et qui sont disponibles pour le faire, qu’elles recherchent ou non un emploi. Sont aussi incluses les personnes ayant involontairement travaillé moins que d’habitude, pour cause de chômage partiel par exemple, qu’elles travaillent à temps plein ou à temps partiel.
Un chômeur au sens du BIT est une personne âgée de 15 ans ou plus qui répond simultanément à trois conditions : être sans emploi durant une semaine donnée ; être disponible pour prendre un emploi dans les deux semaines ; avoir cherché activement un emploi au cours des quatre dernières semaines ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.
Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’actifs.
Le taux de chômage de longue durée est le rapport entre le nombre de chômeurs de longue durée (chômeurs au sens du BIT qui déclarent ne pas avoir d’emploi et en chercher un depuis douze mois au moins) et le nombre d’actifs.
Le halo autour du chômage est composé de personnes sans emploi qui, soit recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler, soit n’ont pas effectué de démarche active de recherche d’emploi dans le mois précédent mais souhaitent travailler, qu’elles soient disponibles ou non.
Pour en savoir plus
(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.
(2) Devivier Chieze V., « En 2024, le marché du travail s’améliore en Guadeloupe mais les fragilités persistent », Insee Analyse Guadeloupe no 86, septembre 2025.
(3) Fabre M., Jauneau Y., « Pourquoi les sources de référence sur l’emploi ont-elles divergé entre 2019 et 2023 ? », le Blog de l’Insee, février 2025.
(4) Anaïs A., Salibekyan-Rosain Z., « En Guadeloupe, un quart des jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation », Insee Analyse Guadeloupe no 63, mars 2023.
