Insee Flash Pays de la Loire ·
Mai 2026 · n° 161
Les centres urbains attirent l’emploi, moins la résidence Morphologie des territoires et interactions
Dans les Pays de la Loire, l’emploi se concentre dans les centres urbains, qui attirent davantage d’activités que d’habitants, avec 45 % de l’emploi et 30 % des actifs résidents. Toutefois, dans la région, l’emploi est plus présent en dehors des centres urbains qu’en France métropolitaine. Les dix principales communes de chaque département concentrent les emplois, de façon plus ou moins marquée. En Loire-Atlantique et en Maine-et-Loire, les pôles d’emploi abritent des activités diverses, quand ils sont davantage spécialisés dans la Sarthe et en Mayenne. En Vendée, l’emploi est davantage réparti sur le territoire.
Cette étude fait partie de la série de publications Pays de la Loire « Morphologie des territoires et interactions ».
- Spécificités des territoires et concentration de l’emploi et de la population : des interdépendances
- Les centres urbains attirent 45 % de l’emploi et 30 % des actifs résidents
- Plus d’actifs travaillent en dehors des centres urbains qu’en France métropolitaine
- L’emploi se concentre dans les dix principales communes de chaque département
- Loire-Atlantique et Maine-et-Loire : des pôles d’emploi diversifiés
- Sarthe et Mayenne : des pôles d’emploi spécialisés
- Vendée : un emploi davantage réparti sur le territoire
Spécificités des territoires et concentration de l’emploi et de la population : des interdépendances
La région des Pays de la Loire est composée de grands pôles urbains et de zones rurales, mais aussi d’espaces littoraux, de marais, de bocage, etc. Ses cours d’eau, et en particulier la Loire et son estuaire, structurent le territoire et concentrent population et activités à ses abords. Ces spécificités territoriales influencent les choix de résidence des ménages et d’implantation des entreprises. Elles constituent des opportunités ou des contraintes selon les situations, et impactent les dynamiques locales.
Ainsi, le degré d’urbanisation d’un territoire permet d’identifier des tendances en matière d’organisation spatiale du marché du travail, et de guider les politiques publiques de l’emploi à l’échelle des territoires.
Les centres urbains attirent 45 % de l’emploi et 30 % des actifs résidents
Les centres urbains concentrent historiquement les fonctions économiques, administratives et les principales infrastructures de transport (gares, aéroports, etc.), dynamique qui s’inscrit dans une tendance nationale de métropolisation. Ainsi, plus un territoire est densément peuplé, plus il génère de l’emploi. Toutefois, l’emploi est particulièrement concentré dans les principaux centres urbains, davantage que le lieu de résidence des actifs. Ainsi, les grands centres urbains et les centres urbains intermédiaires, qui ne représentent que 2 % des communes, concentrent 45 % des emplois de la région, quand 30 % des actifs y résident (figure 1 et figure 2). En France métropolitaine, les emplois comme la résidence des actifs sont davantage concentrés : les centres urbains regroupent 60 % des emplois et 45 % des actifs résidents. Dans la région comme en France métropolitaine, l’usage de l’automobile pour les trajets domicile-travail, le développement des transports et, plus récemment, celui du télétravail contribuent à cette différence d’attractivité entre lieu de travail et lieu de résidence.
Les grands centres urbains sont les plus pourvoyeurs d’emploi. À elle seule, la commune de Nantes contribue à 12 % de l’emploi régional et à 9 % des actifs résidents. Les communes d’Angers et du Mans contribuent chacune à hauteur de 5 % de l’emploi régional et accueillent respectivement 4 % et 3 % des actifs résidents.
graphiqueFigure 1 – Les dix communes les plus pourvoyeuses d’emploi de chaque département en 2022 dans les Pays de la Loire

- Note : Les données sont disponibles en téléchargement.
- Note : Géographie au 1er janvier 2025.
- Lecture : La commune de La Roche-sur-Yon est un centre urbain intermédiaire et est une des dix communes les plus pourvoyeuses d’emploi du département de la Vendée.
- Source : Insee, Recensement de la population (RP) 2022.
Plus d’actifs travaillent en dehors des centres urbains qu’en France métropolitaine
La région se distingue de la France métropolitaine par une plus forte présence de l’emploi dans les communes urbaines moins denses et dans le rural : 55 % des emplois, contre 40 % en France métropolitaine.
Les actifs résident aussi plus souvent dans les communes urbaines moins denses et dans le rural : 70 % des actifs y résident dans la région, contre 55 % au niveau national.
En effet, la population vivant dans les communes périurbaines ou rurales est attirée par un foncier plus abordable et un environnement résidentiel favorable, en particulier les familles avec enfants [Delhomme, Jacod, 2025 ; pour en savoir plus (1)]. En conséquence, cette spatialisation contribue à augmenter les déplacements quotidiens des actifs entre leur domicile et leur lieu de travail.
Ainsi, dans la région, les petites villes et les ceintures urbaines accueillent 22 % des emplois et 19 % des actifs résidents, davantage qu’en France métropolitaine (16 % des emplois et 17 % des résidents). Les bourgs ruraux, qui constituent un tiers des communes, concentrent 24 % des emplois ligériens et 33 % d’actifs résidents, nettement plus qu’en France métropolitaine (14 % des emplois et 17 % des résidents).
Par ailleurs, les communes rurales à habitat dispersé ou très dispersé, soit plus de la moitié des communes, accueillent 9 % des emplois régionaux et 18 % des résidents (10 % des emplois et 20 % des résidents en France métropolitaine).
tableauFigure 2 – Répartition des actifs occupés selon leur lieu de travail et leur lieu de résidence en fonction de la grille communale de densité, en 2022 dans les Pays de la Loire
| Type de communes | Population active au lieu de travail | Population active au lieu de résidence |
|---|---|---|
| Grands centres urbains | 30,0 | 21,6 |
| Centres urbains intermédiaires | 14,6 | 8,8 |
| Petites villes | 13,9 | 10,6 |
| Ceintures urbaines | 8,3 | 8,2 |
| Bourgs ruraux | 24,0 | 32,7 |
| Rural à habitat dispersé | 8,3 | 16,2 |
| Rural à habitat très dispersé | 0,9 | 1,9 |
| Ensemble | 100,0 | 100,0 |
- Lecture : En 2022, 30,0 % des actifs ligériens travaillent dans les grands centres urbains ligériens, 21,6 % y résident.
- Source : Insee, Recensement de la population (RP) 2022, exploitation complémentaire.
L’emploi se concentre dans les dix principales communes de chaque département
Dans chaque département des Pays de la Loire, à l’exception de la Vendée, les dix communes les plus pourvoyeuses d’emplois concentrent plus de la moitié des postes. En particulier, en Mayenne, les dix communes les plus pourvoyeuses d’emploi concentrent 64 % de l’emploi du département. L’emploi est beaucoup moins concentré en Vendée (48 %).
Une part variable d’actifs résident dans ces communes. Plus faible en Vendée (29 %), elle est plus élevée en Maine-et-Loire (45 %) et en Loire-Atlantique (44 %). Dans ces deux départements, les entreprises tirent un avantage direct plus marqué de leur regroupement géographique, avec des économies d’agglomération liées à la proximité des clients et des fournisseurs, au partage d’infrastructures (parcs d’activités, transport) et à l’accès plus facile à une main-d’œuvre qualifiée.
Loire-Atlantique et Maine-et-Loire : des pôles d’emploi diversifiés
En Loire-Atlantique, le territoire s’organise autour de deux pôles d’emploi (figure 3). D’une part, la commune de Nantes, métropole régionale, concentre à elle seule près d’un emploi sur trois du département. Elle attire des entreprises issues de secteurs variés tels que les services aux entreprises ou aux particuliers, la santé, l’action sociale ou encore l’industrie. L’effet d’agglomération s’y traduit par une forte densité d’infrastructures, une dynamique d’innovation et un vivier de main-d’œuvre qualifiée. D’autre part, Saint-Nazaire, pôle industriel, concentre 6 % des emplois du département. Elle se distingue par la présence de grands groupes comme les Chantiers de l’Atlantique et Airbus Atlantic. La proximité entre les donneurs d’ordre et les sous-traitants permet notamment de réduire les coûts de production.
En Maine-et-Loire, le territoire est constitué d’un pôle d’emploi principal et de pôles secondaires. Angers offre des activités économiques diverses et concentre 27 % des emplois. Au sud-ouest du département, la région des Mauges et de Cholet a un tissu dense de petites et moyennes entreprises industrielles et artisanales, qui tirent parti de synergies locales. La concentration de l’emploi dans ce second pôle est toutefois à nuancer, en raison de la taille relativement importante des communes qui le composent, conséquence de fusions communales successives [Hervy, Manceau, 2023 ; pour en savoir plus (3)]. Enfin, au nord du département, Segré-en-Anjou Bleu dispose d’un tissu industriel dense, notamment dans le secteur de la plasturgie, de l’agroalimentaire et de l’électronique.
Sarthe et Mayenne : des pôles d’emploi spécialisés
Dans la Sarthe, Le Mans, avec 38 % de l’emploi départemental, est un pôle industriel régional de premier plan, notamment dans le secteur automobile, avec des acteurs comme Renault et Claas Tractor. La ville bénéficie également d’axes ferroviaires TGV et d’un réseau autoroutier, ce qui renforce son attractivité logistique. Elle abrite par ailleurs le siège de grands groupes d’assurance, tels que MMA. À la lisière du département, d’autres pôles plus petits sont présents (Sablé-sur-Sarthe, La Ferté-Bernard), en lien avec les spécificités industrielles du territoire.
En Mayenne, Laval, avec 28 % de l’emploi départemental, combine plusieurs spécialisations : l’agroalimentaire avec Lactalis, l’imprimerie et la métallurgie avec des entreprises comme Eiffage. L’activité économique est soutenue par la présence d’infrastructures partagées. Les communes de Mayenne et de Château-Gontier-sur-Mayenne, situées respectivement au nord et au sud de Laval, regroupent à elles deux 16 % de l’emploi du département.
Vendée : un emploi davantage réparti sur le territoire
La Vendée se distingue par une économie davantage répartie sur le territoire. Sa principale commune pourvoyeuse, La Roche-sur-Yon, ne représente que 15 % de l’emploi départemental. Ainsi, l’absence de pôle économique dominant, conjuguée à la diversité des activités – agroalimentaire, BTP, tourisme – contribue à limiter la concentration géographique de l’emploi.
graphiqueFigure 3 – Répartition des actifs en emploi par département au lieu de travail, en 2022, dans les Pays de la Loire

- Note : Les données sont disponibles en téléchargement.
- Lecture : En 2022, Le Mans pourvoit 38 % de l’emploi du département de la Sarthe.
- Source : Insee, RP 2022, exploitation complémentaire.
Définitions
La métropolisation désigne le processus de concentration de populations, d’activités, de valeur dans des villes de grande taille. Il peut se faire au détriment de villes de moindre densité. Les facteurs de la métropolisation sont divers : économies d’échelle et d’agglomération, avantages comparatifs, besoins d’accessibilité aux réseaux, etc. Le phénomène de métropolisation ne se réduit pas à sa dimension démographique. Il doit son ampleur et son originalité à la concentration spatiale des fonctions stratégiques du système productif : siège de décision ; foyers de l’innovation ; accessibilités aux réseaux de communication virtuels ou physiques ; attractivité et poids culturels.
Un actif est une personne en emploi ou au chômage. Cette étude porte sur les actifs en emploi.
L’économie d’agglomération désigne les bénéfices externes liés à la proximité spatiale d’entreprises entre elles. Ils s’apparentent souvent à des économies d’échelle : présence d’infrastructures communes, d’un bassin de main-d’œuvre spécialisée souvent important, multiplication des échanges entre entreprises et meilleure diffusion des innovations techniques, coût des transports souvent réduit dans le cas d’échanges ou de sous-traitance entre les différentes entreprises, etc.
Un pôle d’emploi désigne un espace géographique qui concentre un grand nombre d’emplois. C’est un lieu vers lequel les actifs se déplacent pour travailler, ils peuvent y résider ou non.
Pour en savoir plus
(1) Delhomme I., Jacod C., « A la lisière des grandes villes, un essor démographique », Insee Analyses Pays de la Loire no 151, décembre 2025.
(2) Diagnostics départementaux, Insee Dossier Pays de la Loire.
(3) Hervy C., Manceau C., « Communes nouvelles : organisation en pôles d’emploi et de services sous le signe de la continuité », Insee Analyses Pays de la Loire no 120, octobre 2023.
(4) Fontaine M., Gallais L., « Industrie et tertiaire productif : des atouts à conforter », Insee Analyses Pays de la Loire no 109, février 2023.
