Insee Analyses Martinique ·
Mai 2026 · n° 82
En Martinique, la dépendance à la voiture s’accentue dans les déplacements domicile-travail
En 2022, 127 900 personnes se déplacent en Martinique pour rejoindre leur lieu de travail. La voiture demeure largement dominante dans les modes de déplacements domicile-travail et sa part progresse même depuis 2012, principalement au détriment des transports en commun et de la marche. Cette dépendance est comparable à la Guadeloupe et plus marquée qu’ailleurs dans les régions ultramarines (hors Mayotte) et qu’en France métropolitaine hors Île-de-France. Elle s’explique par une organisation de l’emploi fortement intercommunale : six personnes en emploi sur dix travaillent en dehors de leur commune de résidence. Ces navettes contribuent à une congestion routière accrue autour des principales communes d’emploi. Ainsi, en tenant compte aussi des trajets internes aux communes et ceux qui les traversent, environ 40 000 automobilistes empruntent chaque jour le réseau routier de Fort-de-France pour se rendre au travail et presque autant celui du Lamentin. Si les transports en commun sont davantage utilisés en Martinique que dans les autres régions ultramarines (hors Mayotte), en lien avec une offre plus développée, leur usage recule néanmoins sur dix ans. Les modes de déplacement alternatifs restent minoritaires et concernent davantage les jeunes et les ouvriers.
- La grande majorité des personnes se déplace pour travailler
- La dépendance à la voiture s’accentue dans les déplacements domicile-travail
- Six travailleurs sur dix sont des navetteurs
- La majorité des travailleurs des principales communes d’emploi sont des navetteurs
- En recul, l’usage des transports en commun reste cependant plus répandu que dans les autres Drom
- Seuls 5 % des déplacements domicile-travail se font en marchant
- Les alternatives à la voiture sont davantage utilisées par les jeunes et les ouvriers
La grande majorité des personnes se déplace pour travailler
À pied, en bus, en navette maritime et surtout en voiture, 127 900 personnes se déplacent pour rejoindre leur lieu de travail en Martinique en 2022, soit la très grande majorité (97 %) des travailleurs de la région. Par rapport à 2012, ce sont 800 personnes supplémentaires qui se déplacent. Sans compter d’éventuels détours pour déposer les enfants à l’école ou faire d’autres arrêts, elles parcourent en moyenne 11,7 kilomètres pour se rendre au travail, une distance inférieure à celles observées en Guadeloupe (12,6 km), à La Réunion (13,4 km) et en France métropolitaine hors Île-de-France (13,7 km) (pour comprendre). Trois personnes sur cinq parcourent moins de 10 kilomètres par trajet en Martinique, tandis qu’une sur cinq effectue plus de 20 kilomètres [Figure complémentaire 1 ; données].
À l’inverse, 3 800 personnes exercent leur activité à domicile. La population des personnes travaillant depuis chez elles, notamment celles qui ont un atelier, un cabinet ou un commerce sur leur lieu de résidence, reste minoritaire : elles représentent 3 % des travailleurs, une proportion inchangée depuis 2012.
La dépendance à la voiture s’accentue dans les déplacements domicile-travail
En Martinique, la voiture reste le principal mode de transport pour les déplacements domicile-travail. En 2022, 87 % des actifs qui se déplacent pour travailler l’utilisent, soit 111 300 automobilistes. Cette part est comparable à la Guadeloupe mais supérieure à celle observée dans les autres départements ultramarins (hors Mayotte) ainsi qu’en France métropolitaine hors Île-de-France (figure 1).
Entre 2012 et 2022, la voiture accroît encore son avantage sur les autres modes de déplacements séduisant 4 500 automobilistes supplémentaires. Cette progression contraste avec la situation en France métropolitaine hors Île-de-France où l’usage de la voiture reste stable sur la période. Les modes de déplacements alternatifs s’y diversifient davantage : la marche recule (-2 points) au profit des transports en commun et des deux-roues (+1 point chacun).
À l’inverse, en Martinique, la hausse de l’usage de la voiture s’inscrit dans un contexte où les alternatives restent limitées. Elle concerne l’ensemble des configurations de déplacements. En effet, même lorsqu’elles travaillent au sein de leur commune de résidence, la part des personnes utilisant la voiture passe de 77 % à 81 %. En outre pour les trajets intercommunaux, dont les distances sont plus longues, la voiture s’impose encore plus systématiquement : 92 % des personnes travaillant hors de leur commune de résidence l’utilisent en 2022, contre 90 % dix ans plus tôt.
tableauFigure 1 – Part des personnes en emploi utilisant la voiture pour les déplacements domicile-travail en 2012 et 2022
| Régions | 2012 | 2022 |
|---|---|---|
| Martinique | 84 | 87 |
| Guadeloupe | 84 | 88 |
| Guyane | 76 | 78 |
| Réunion | 81 | 82 |
| France métropolitaine (hors île-de-France) | 81 | 81 |
- Lecture : En 2022, 87 % des personnes en emploi utilisent comme mode de déplacement principal la voiture pour se rendre au travail en Martinique.
- Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
- Source : Insee, Recensement de la population 2022 et 2012, exploitation principale.
graphiqueFigure 1 – Part des personnes en emploi utilisant la voiture pour les déplacements domicile-travail en 2012 et 2022

- Lecture : En 2022, 87 % des personnes en emploi utilisent comme mode de déplacement principal la voiture pour se rendre au travail en Martinique.
- Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
- Source : Insee, Recensement de la population 2022 et 2012, exploitation principale.
Six travailleurs sur dix sont des navetteurs
En Martinique, travailler dans une autre commune est le quotidien du plus grand nombre de résidents (figure 2). En 2022, six travailleurs sur dix exercent leur emploi hors de la commune où ils vivent, une part comparable à celle de Guadeloupe mais plus élevée qu’en Guyane ou à La Réunion et moins élevée qu’en France métropolitaine (hors Île-de-France).
Au total, 74 800 navetteurs effectuent des déplacements intercommunaux pour se rendre au travail ; leur part dans la population en emploi reste inchangée par rapport à 2012.
Ces déplacements intercommunaux sont plus fréquents pour les catégories socioprofessionnelles plus élevées. En effet, 63 % des cadres sont navetteurs contre 58 % pour les ouvriers et 56 % pour les employés, et jusqu’à seulement 36 % pour les agriculteurs [Figure complémentaire 2 ; données]. Cela traduit une mobilité résidentielle et professionnelle plus élevée pour les cadres, motivée par la recherche de meilleures conditions de logement ou d’un cadre de vie plus attractif.
Avec plus de trois travailleurs sur quatre qui sont des navetteurs, les communes de Saint-Joseph, Case Pilote, Fonds-Saint-Denis et Saint-Esprit s’illustrent par leur caractère essentiellement résidentiel. En nombre, les navetteurs résident principalement à Fort-de-France (8 500), Le Lamentin (8 000) Le Robert et Schoelcher (5 300 chacune).
Entre 2012 et 2022, se déplacer en dehors de sa commune pour travailler devient plus fréquent dans vingt-et-une des trente-quatre communes de Martinique. En particulier, la part des navetteurs parmi les travailleurs augmente de manière marquée à Grand’Rivière (+20 points), Fonds-Saint-Denis (+12 points), Bellefontaine (+9 points) et le Lorrain (+8 points), traduisant le renforcement de leur fonction résidentielle.
tableauFigure 2 – Nombre et part des navetteurs domicile-travail par commune de résidence en 2022
| Code commune | Commune | Nombre de navetteurs | Part de navetteurs (en %) |
|---|---|---|---|
| 97203 | Basse-Pointe | 460 | 53 |
| 97234 | Bellefontaine | 490 | 70 |
| 97205 | Case-Pilote | 1 560 | 81 |
| 97207 | Ducos | 4 800 | 72 |
| 97208 | Fonds-Saint-Denis | 180 | 79 |
| 97209 | Fort-de-France | 8 480 | 32 |
| 97211 | Grand'Rivière | 90 | 59 |
| 97212 | Gros-Morne | 2 250 | 73 |
| 97201 | L'Ajoupa-Bouillon | 350 | 74 |
| 97230 | La Trinité | 2 270 | 59 |
| 97204 | Le Carbet | 840 | 63 |
| 97206 | Le Diamant | 1 720 | 71 |
| 97210 | Le François | 3 500 | 63 |
| 97213 | Le Lamentin | 8 000 | 51 |
| 97214 | Le Lorrain | 1 140 | 55 |
| 97216 | Le Marigot | 660 | 69 |
| 97217 | Le Marin | 1 520 | 53 |
| 97218 | Le Morne-Rouge | 860 | 59 |
| 97233 | Le Morne-Vert | 410 | 71 |
| 97219 | Le Prêcheur | 200 | 49 |
| 97222 | Le Robert | 5 320 | 70 |
| 97232 | Le Vauclin | 1 910 | 66 |
| 97202 | Les Anses-d'Arlet | 900 | 67 |
| 97231 | Les Trois-Îlets | 1 630 | 62 |
| 97215 | Macouba | 120 | 41 |
| 97220 | Rivière-Pilote | 2 830 | 75 |
| 97221 | Rivière-Salée | 3 030 | 73 |
| 97223 | Saint-Esprit | 2 660 | 77 |
| 97224 | Saint-Joseph | 4 700 | 82 |
| 97225 | Saint-Pierre | 600 | 49 |
| 97226 | Sainte-Anne | 780 | 55 |
| 97227 | Sainte-Luce | 2 620 | 74 |
| 97228 | Sainte-Marie | 2 700 | 61 |
| 97229 | Schœlcher | 5 290 | 68 |
| Ensemble | Martinique | 74 800 | 58 |
- Lecture : En 2022, 53 % des personnes en emploi résidant à Basse-Pointe sont des navetteurs, c’est-à-dire qu’ils travaillent dans une autre commune.
- Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
- Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation principale.
graphiqueFigure 2 – Nombre et part des navetteurs domicile-travail par commune de résidence en 2022

- Lecture : En 2022, 53 % des personnes en emploi résidant à Basse-Pointe sont des navetteurs, c’est-à-dire qu’ils travaillent dans une autre commune.
- Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
- Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation principale.
La majorité des travailleurs des principales communes d’emploi sont des navetteurs
En 2022, les communes de Fort-de-France et du Lamentin concentrent à elles seules plus de la moitié de l’emploi en Martinique. Cette répartition territoriale demeure stable depuis 2012.
Fort-de-France, premier pôle d’emploi avec un emploi régional sur trois, accueille 42 700 travailleurs qui se déplacent (figure 3). Or 60 % de ces travailleurs résident dans une des trois autres communes composant la Communauté d’agglomération centre Martinique (Cacem) soit Le Lamentin, Schoelcher et Saint-Joseph.
Ces déplacements domicile-travail génèrent une pression automobile particulièrement forte : 91 % des navetteurs se rendent à Fort-de-France en voiture, soit 22 700 automobilistes entrants chaque jour.
À ces flux s’ajoutent 14 100 déplacements internes réalisés par des personnes résidant et travaillant dans la commune et 4 700 automobilistes traversant la commune pour rejoindre une autre commune de travail. Au total, ces flux représentent 41 500 automobilistes circulant chaque jour, contribuant à une forte congestion du réseau routier local.
Deuxième pôle d’emploi, Le Lamentin, accueille 25 900 travailleurs dont 70 % résident en dehors de la commune. Ces 18 100 navetteurs viennent principalement de Fort-de-France (24 %), Le Robert et Ducos (9 % chacune), et se déplacent majoritairement en voiture (92 %). À ces navetteurs quotidiens s’ajoutent d’importants flux traversant (16 800 automobilistes), ainsi que les déplacements internes des personnes résidant et travaillant dans la commune (5 900 automobilistes). Au total, 39 400 automobilistes circulent chaque jour sur les axes routiers lamentinois pour se rendre sur leur lieu de travail, participant à la saturation du réseau.
tableauFigure 3 – Flux domicile-travail intercommunaux et nombre de travailleurs par commune en 2022
| Commune | Flux | ||
|---|---|---|---|
| Résidence | Lieu de travail | ||
| Nom | Nombre de travailleurs | ||
| Le Lamentin | Fort-de-France | 42 700 | 5 000 |
| Fort-de-France | Le Lamentin | 25 900 | 4 300 |
| Schoelcher | Fort-de-France | 42 700 | 3 400 |
| Saint-Joseph | Fort-de-France | 42 700 | 2 300 |
| Ducos | Fort-de-France | 42 700 | 1 900 |
| Le Robert | Le Lamentin | 25 900 | 1 700 |
| Ducos | Le Lamentin | 25 900 | 1 600 |
| Le Robert | Fort-de-France | 42 700 | 1 600 |
| Fort-de-France | Schoelcher | 6 100 | 1 400 |
| Saint-Joseph | Le Lamentin | 25 900 | 1 300 |
| Le François | Le Lamentin | 25 900 | 1 200 |
| Le François | Fort-de-France | 42 700 | 1 100 |
| Schoelcher | Le Lamentin | 25 900 | 1 100 |
| Rivière-Salée | Fort-de-France | 42 700 | 1 000 |
| Case-Pilote | Fort-de-France | 42 700 | 800 |
- Note : Pour faciliter la lecture, ne sont affichés que les flux supérieurs ou égaux à 1 000 travailleurs.
- Lecture : En 2022, Fort-de-France accueille 42 700 travailleurs, dont 5 000 résident au Lamentin.
- Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
- Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation principale.
graphiqueFigure 3 – Flux domicile-travail intercommunaux et nombre de travailleurs par commune en 2022

- Note : Pour faciliter la lecture, ne sont affichés que les flux supérieurs ou égaux à 1 000 travailleurs.
- Lecture : En 2022, Fort-de-France accueille 42 700 travailleurs, dont 5 000 résident au Lamentin.
- Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
- Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation principale.
En recul, l’usage des transports en commun reste cependant plus répandu que dans les autres Drom
En 2022, 9 400 personnes empruntent les transports en commun pour se rendre à leur travail en Martinique, soit 7 % des personnes en emploi qui se déplacent (figure 4). La région reste le territoire ultramarin (hors Mayotte) où le recours à ce mode de déplacement dans les trajets domicile-travail demeure le plus élevé, devant la Guadeloupe (5 %), en lien avec une offre plus dense et plus variée (navettes maritimes, taxis collectifs, dits « taxicos ») et des passages plus fréquents.
Les transports en commun sont mobilisés quel que soit l’éloignement du lieu de travail. Les usagers parcourent en moyenne 11,0 kilomètres et ce mode de déplacement conserve une place non négligeable sur les longues distances (30 km ou plus), pour lesquelles 5 % des personnes concernées l’utilisent pour se rendre au travail. Cependant, l’usage des transports en commun diminue de 2 points en dix ans, au profit de la voiture, et ce malgré le développement du transport collectif en site propre (TCSP) sur la période. Ce recul est imputable aux trajets de proximité : en 2022, 8 % des personnes en emploi dans leur commune de résidence se rendent sur leur lieu de travail en transports en commun, contre 10 % en 2012. En particulier, la part des résidents de Fort-de-France et du Lamentin utilisant les transports en commun pour se rendre sur leur lieu de travail recule, malgré l’offre de services du TCSP.
Leur recours est relativement diffus sur le territoire : dans vingt-et-une communes sur trente-quatre, leur part dans les déplacements domicile-travail dépasse 7 % (figure 5). Leur usage est particulièrement fréquent dans certaines communes : Les Trois-Ilets (15 %), Saint-Pierre, le Lorrain (12 % chacune), Bellefontaine, Fort-de-France (11 % chacune) et Macouba (10 %). Aux Trois-Îlets, ces trajets concernent principalement des déplacements vers Fort-de-France, notamment via la navette maritime. À Saint-Pierre, au Lorrain et à Fort-de-France, il s’agit davantage de trajets internes à la commune, tandis qu’à Bellefontaine et à Macouba, les usages se répartissent de manière équilibrée entre déplacements de proximité et intercommunaux.
tableauFigure 4 – Modes de déplacement domicile-travail des personnes en emploi en 2012 et 2022
| Mode de déplacement | 2012 | 2022 |
|---|---|---|
| Voiture | 84 | 87 |
| Transports en commun | 9 | 7 |
| Marche | 6 | 5 |
| Deux-roues (motos, scooters, vélos) | 1 | 1 |
| Ensemble | 100 | 100 |
- Lecture : En 2022, 87 % des personnes en emploi utilisent la voiture comme mode de déplacement principal pour se rendre au travail en Martinique.
- Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
- Source : Insee, Recensement de la population 2022 et 2012, exploitation principale.
tableauFigure 5 – Nombre et part des personnes se rendant au travail en transports en commun parmi les personnes en emploi, par commune de résidence en 2022
| Code commune | Commune de résidence | Usagers des transports en commun | Part (en %) |
|---|---|---|---|
| 97203 | Basse-Pointe | 60 | 7 |
| 97234 | Bellefontaine | 80 | 11 |
| 97205 | Case-Pilote | 140 | 7 |
| 97207 | Ducos | 300 | 5 |
| 97208 | Fonds-Saint-Denis | 20 | 8 |
| 97209 | Fort-de-France | 2790 | 11 |
| 97211 | Grand'Rivière | 10 | 9 |
| 97212 | Gros-Morne | 170 | 5 |
| 97201 | L'Ajoupa-Bouillon | 20 | 5 |
| 97230 | La Trinité | 330 | 9 |
| 97204 | Le Carbet | 100 | 8 |
| 97206 | Le Diamant | 100 | 4 |
| 97210 | Le François | 200 | 4 |
| 97213 | Le Lamentin | 870 | 6 |
| 97214 | Le Lorrain | 240 | 12 |
| 97216 | Le Marigot | 70 | 8 |
| 97217 | Le Marin | 220 | 8 |
| 97218 | Le Morne-Rouge | 120 | 8 |
| 97233 | Le Morne-Vert | 30 | 5 |
| 97219 | Le Prêcheur | 30 | 9 |
| 97222 | Le Robert | 370 | 5 |
| 97232 | Le Vauclin | 220 | 7 |
| 97202 | Les Anses-d'Arlet | 120 | 9 |
| 97231 | Les Trois-Îlets | 390 | 15 |
| 97215 | Macouba | 30 | 10 |
| 97220 | Rivière-Pilote | 180 | 5 |
| 97221 | Rivière-Salée | 170 | 4 |
| 97223 | Saint-Esprit | 150 | 4 |
| 97224 | Saint-Joseph | 320 | 6 |
| 97225 | Saint-Pierre | 150 | 12 |
| 97226 | Sainte-Anne | 130 | 9 |
| 97227 | Sainte-Luce | 170 | 5 |
| 97228 | Sainte-Marie | 350 | 8 |
| 97229 | Schœlcher | 690 | 9 |
- Lecture : En 2022, 7 % des résidents en emploi de Basse-Pointe se rendent au travail en transports en commun.
- Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
- Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation principale.
graphiqueFigure 5 – Nombre et part des personnes se rendant au travail en transports en commun parmi les personnes en emploi, par commune de résidence en 2022

- Lecture : En 2022, 7 % des résidents en emploi de Basse-Pointe se rendent au travail en transports en commun.
- Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
- Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation principale.
Seuls 5 % des déplacements domicile-travail se font en marchant
En 2022, 5 600 personnes se rendent à pied sur leur lieu d’activité professionnelle, soit 5 % des travailleurs qui se déplacent. Cette pratique concerne principalement l’emploi de proximité : neuf marcheurs sur dix travaillent dans leur commune de résidence. Rapportée aux seuls déplacements internes aux communes, la marche concerne 10 % des personnes en emploi qui se déplacent mais cette part recule depuis 2012 (-3 points), au profit de la voiture. La marche reste néanmoins très pratiquée dans certaines communes du Nord de la Martinique, en particulier à Grand’Rivière (71 %), en lien avec l’isolement de la commune, au Prêcheur (40 %) et à Macouba (36 %) [Figure complémentaire 4 ; données].
Les alternatives à la voiture sont davantage utilisées par les jeunes et les ouvriers
Si la voiture reste le mode de transport dominant quels que soient l’âge et la catégorie sociale, des différences apparaissent pour ceux usant de modes alternatifs. En effet, les jeunes de 15 à 29 ans recourent plus fréquemment aux transports en commun [Figure complémentaire 5 ; données]. Ils sont moins souvent en possession d’une voiture, en lien avec des contraintes budgétaires plus marquées en début de vie active. Pour les mêmes raisons, les travailleurs, enfants au sein des ménages dans lesquels ils vivent , sont plus souvent usagers des transports en commun. Ceux, issus d’une famille monoparentale ont aussi plus souvent recourent à la marche. Les parents isolés utilisent plus fréquemment les transports en communs que les adultes en couple, probablement en lien avec des contraintes économiques plus fortes. Les femmes, plus souvent à la tête des familles monoparentales, utilisent davantage les transports en commun pour se rendre au travail que les hommes, qui se tournent davantage vers les deux-roues motorisés. Enfin, pour des raisons probablement économiques également, les pratiques varient selon la catégorie socio-professionnelle : les ouvriers et les employés recourent davantage aux transports en commun et à la marche, tandis que les cadres, artisans, commerçants et professions intermédiaires utilisent plus majoritairement la voiture.
Pour comprendre
Les distances domicile-travail correspondent à un trajet aller simple, sans tenir compte du trajet retour ni des éventuels détours ou déplacements intermédiaires au cours de la journée (notamment la pause méridienne).
Les distances de déplacement sont calculées à partir des distances routières fournies par le distancier Metric-OSRM de l’Insee. Une même base de calcul est ainsi retenue pour l’ensemble des modes de transport : quel que soit le mode déclaré (voiture, transports en commun, marche, vélo ou deux-roues motorisés), les distances correspondent au « trajet routier optimal » en voiture, c’est-à-dire au trajet le plus court, sans prise en compte de la congestion ni d’autres ralentissements.
Cette méthode, fondée sur un itinéraire routier optimisé pour la voiture, est susceptible de majorer les distances des trajets effectués par les piétons, ceux-ci n’étant pas toujours contraints par le réseau de circulation automobile.
Dans la grande majorité des cas, les lieux de travail et de résidence sont géolocalisés à leur adresse précise. À défaut, ils sont localisés par convention au chef-lieu de la commune correspondante.
Champ
L’étude porte sur les personnes en emploi, âgées de 15 ans ou plus, résidant et travaillant en Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et France métropolitaine hors Île-de-France. L’Île-de-France est exclue de l’analyse en raison de son poids démographique qui masquerait les réalités des autres territoires. La région se distingue en effet par une forte concentration d’emploi, un étalement urbain important et un réseau de transports en commun particulièrement dense. Sont également exclues du champ de l’analyse (hors cadrage initial), les personnes ayant déclaré ne pas se déplacer pour se rendre sur leur lieu de travail (travail à domicile), les personnes dont la distance domicile-travail est nulle et les trajets domicile-travail supérieurs ou égaux à 100 kilomètres.
Les personnes recensées indiquent le mode de transport principal qu’elles utilisent pour aller travailler. La modalité « vélo » comprend les vélos à assistance électrique. La « marche » inclut les patinettes et la voiture inclut les camions et les fourgonnettes.
L’emploi est appréhendé à partir des déclarations individuelles issues du recensement de la population. Il s’agit donc d’un concept d’emploi déclaratif, différent des estimations d’emploi issues des sources administratives fondées sur la définition du Bureau international du travail (BIT).
Les déplacements sont observés du point de vue des personnes et non des véhicules : l’étude ne permet donc pas d’identifier le taux de remplissage des véhicules, et notamment le recours au covoiturage.
Les déplacements domicile-travail, mesurés à partir des données du recensement, doivent toutefois être nuancés par le développement du télétravail : en 2022, 10 % des personnes en emploi déclarent télétravailler au moins ponctuellement en Martinique (source : enquête emploi). Celles-ci sont comptabilisées parmi les personnes qui se déplacent pour travailler, bien que leurs mobilités domicile-travail puissent être partiellement réduites.
Enfin, cette étude se limite aux déplacements liés à l’emploi. Elle ne permet pas d’appréhender l’ensemble des déplacements quotidiens (travail, achats, accompagnements, etc.).
Sources
Les résultats sont issus des recensements de la population 2012 et 2022 (exploitations complémentaires).
Définitions
Les navetteurs désignent les personnes en emploi résidant dans une commune et travaillant dans une autre commune.
Pour en savoir plus
(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.
(2) Ah-Woane M., « Davantage de trajets entre communes, plus souvent en voiture », Insee Analyses Réunion no 91, octobre 2024.
(3) Le Corre L., « Déplacements domicile-travail – Une intensification des déplacements domicile-travail en Martinique », Insee Flash Martinique no 44, juin 2016.
