Déplacements domicile-travail - Une intensification des déplacements domicile-travail en Martinique

Lanwenn Le Corre

En 2013, 71 950 actifs martiniquais quittent leur commune de résidence pour se rendre à leur travail. La part de ces navetteurs a augmenté de 7 points depuis 1999, passant de 49 % à 56 % des actifs occupés, témoignant de la déconnexion progressive entre lieu de domicile et lieu de travail. Les navetteurs se rendent pour près de 60 % à Fort-de-France et au Lamentin et 90 % se déplacent en voiture.

56 % des actifs travaillent hors de leur commune de résidence

En 2013, 56 % des 127 860 actifs martiniquais habitent et travaillent dans des communes différentes. L’île compte 71 950 navetteurs et leur part parmi les actifs occupés a augmenté de 7 points par rapport à 1999. Case-Pilote et Saint-Joseph sont les communes où la proportion de navetteurs est la plus importante : huit résidents sur dix quittent leur commune pour travailler. Seules huit communes, majoritairement situées au nord de l’île, ont un nombre d’actifs travaillant dans leur commune de résidence supérieur ou égal au nombre d’actifs navetteurs. Ainsi, la Communauté d’agglomération du Pays Nord Martinique compte 60 % de navetteurs, soit 6 points de moins que pour la communauté de l’Espace Sud de la Martinique. Cependant, cet écart tend à se réduire depuis 1999.

Une concentration des flux de navetteurs au centre de la Martinique

Fort-de-France et Le Lamentin attirent près de 60 % des navetteurs en raison de la concentration des emplois dans ces deux communes. En effet, plus de la moitié des emplois martiniquais y est localisée. Néanmoins, par rapport à 1999, la part de navetteurs à destination du chef-lieu s’est contractée au profit du Lamentin et de Ducos suite au développement des zones d’activités de ces communes.

Les navetteurs se rendant à Fort-de-France proviennent à 43 % des communes limitrophes : Le Lamentin, Schoelcher et Saint-Joseph et à 23 % des communes de la seconde couronne. De même, les communes jouxtant Le Lamentin accueillent 60 % des navetteurs s’y rendant pour travailler. Les principaux flux de navetteurs s’effectuent entre Fort-de-France et Le Lamentin avec un chassé-croisé quotidien de plus de 4 500 navetteurs dans chaque sens, soit 13 % des navetteurs de l’île.

Figure 1 – Les navetteurs sont plus souvent des cadres - Part de navetteurs parmi les actifs occupés (en %)

Les navetteurs sont plus souvent des cadres - Part de navetteurs parmi les actifs occupés (en %)
2013 1999
Sexe
Homme 57,0 49,4
Femme 55,6 49,5
Catégorie socioprofessionnelle
Agriculteurs exploitants 30,9 19,8
Artisans, commerçants, chefs entreprise 35,5 28,0
Cadres, professions intellectuelles supérieures 64,1 59,3
Professions intermédiaires 63,2 58,5
Employés 54,0 48,9
Ouvriers 59,1 50,2
Âge
Moins de 30 ans 60,1 50,9
De 30 à 34 ans 61,3 51,5
De 35 à 39 ans 60,0 49,9
De 40 à 44 ans 57,0 50,2
Supérieur à 45 ans 53,5 47,1
Ensemble 56,3 49,4
  • Sources : Insee, recensements 2013 et 1999, exploitations complémentaires

Entre 1999 et 2013, la progression plus rapide du nombre de navetteurs dans les communes les plus excentrées confirme l’étalement urbain de la Martinique. En 2013 la part des navetteurs atteint 49 % à Basse-Pointe (+ 18 points) et 50 % à Sainte-Anne (+ 14 points).

Neuf navetteurs sur dix se déplacent en voiture

La voiture est le mode de déplacement de 90 % des navetteurs. De plus, la part des travailleurs se déplaçant en voiture de leur résidence vers leur lieu de travail situé au sein de la même commune est également élévée (72 %). Seul 8 % des navetteurs utilisent les transports en commun.

Les « cadres, professions intellectuelles supérieures » et « les professions intermédiaires » changent le plus de commune pour aller travailler : respectivement 64 % et 63 % d’entre-eux sont des navetteurs.

La propension à travailler et résider dans des communes différentes progresse avec le niveau de qualification des actifs. En 2013, six Martiniquais diplômés du supérieur sur dix ne travaillent pas dans leurs communes de résidences.

Les hommes se déplacent un peu plus que les femmes pour aller travailler : la part de navetteurs parmi les hommes est supérieure de 1,4 point à celle des femmes. En 1999, ces parts étaient équivalentes. Les personnes vivants seules et celles à la tête d’une famille monoparentale sont les moins mobiles : 51 % d’entre-elles sont navetteuses.

Figure_2 – Une concentration des flux vers le centre de la Martinique - Les flux domicile-travail

  • Sources : Insee, recensements 2013 et 1999, exploitations complémentaires.

Encadré

Parmi les nouveaux résultats statistiques du recensement de la population : les flux de mobilité

Tous les ans en fin de chaque premier semestre, l’Insee met à jour via le site www.insee.fr, les résultats statistiques du recensement de la population :

- les chiffres clés fournissent les résultats essentiels du recen-sement territoire par territoire via une recherche thématique. Les bases de chiffres clés contiennent toutes les données pour calculer ces résultats sur des zones personnalisées ;

- les tableaux détaillés fournissent des statistiques complé-mentaires aux chiffres clés sur le recensement de la population en croisant plusieurs critères. Ils sont disponibles territoire par territoire via une recherche thématique ;

- les bases sur les flux de mobilité fournissent le dénom-brement des déplacements domicile-lieu de travail, des déplacements domicile-lieu d'études et des migrations résiden-tielles entre communes. Ces bases permettent d'effectuer les regroupements souhaités sur tout niveau supra-communal. Chaque base de flux associée à un thème fournit, pour l'ensemble des communes (France métropolitaine et DOM), les effectifs correspondant aux croisements du lieu de résidence avec l'une des variables de localisation suivante : lieu de travail, lieu d'études, lieu de résidence antérieure. Les données sont issues de l'exploitation complémentaire du recensement.

Ces bases de flux sont d'un usage très simple car elles contiennent peu d'informations. Pour faire des analyses plus approfondies sur les mobilités, il est recommandé d'utiliser les fichiers détail anonymisés qui traitent des mobilités et des migrations et qui comportent des variables relatives aux caractéristiques de l'individu ou du ménage (âge, sexe, activité, diplôme, nationalité, type de ménage et taille, mode de cohabitation, etc.).

Sources

Sources

Les résultats sont issus des recensements de la population de 1999, 2008 et 2013, exploitations complémentaires.

Méthodes

Le champ est défini par les actifs âgés de 15 à 64 ans résidant en Martinique.

Définitions

Les navetteurs sont les actifs ayant un emploi qui ne travaillent pas dans leur commune de résidence.