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Insee Analyses Bretagne · Avril 2026 · n° 138
Insee Analyses BretagneEn Bretagne et dans les Pays de la Loire, le parc social est moins présent et la moitié des locataires y vivent seuls

Simon Bertin, Soazig Jolivet (Insee), Ambre Pioger (Centre Régional d'Études pour l'Habitat de l'Ouest)

En Bretagne et dans les Pays de la Loire, 70 % des ménages sont éligibles au logement social. Le parc social y est moins présent que dans d’autres régions françaises. Le trois pièces est le type de logement majoritaire et la construction de quatre pièces ou plus tend à diminuer au profit de logements plus petits. Le parc social accueille un tiers des ménages les plus modestes en leur permettant de se loger moyennant un loyer réduit. Plus d’un tiers des ménages du parc social se trouvent en situation de pauvreté, une part en hausse depuis 6 ans. La moitié des ménages locataires du parc social sont des personnes vivant seules, une proportion plus élevée qu’au niveau national. La durée d’occupation d’un logement est plus longue au sein du parc social que dans le secteur libre. Ses occupants sont en effet moins mobiles que les locataires du secteur libre. Plus de 90 % des logements du parc social relèvent de la catégorie dite des HLM traditionnelles et la moitié des ménages bretons et ligériens y sont éligibles. Les HLM traditionnelles sont plus présentes dans les territoires les plus urbains, en lien avec une demande d’accès à ces logements plus élevée.

Insee Analyses Bretagne
No 138
Paru le :Paru le28/04/2026
Les données de l'infographie sont présentes dans l'onglet suivant : Étude
Publication rédigée par :Simon Bertin, Soazig Jolivet (Insee), Ambre Pioger (Centre Régional d'Études pour l'Habitat de l'Ouest)

70 % des ménages sont éligibles au logement social

Le parc locatif social permet aux personnes ayant des ressources modestes ou rencontrant des difficultés socio-économiques de se loger moyennant un loyer réduit. On distingue différentes catégories de logements dans le parc social, qui déterminent elles-mêmes les plafonds d’éligibilité à ces logements (figure 1). Ils sont identifiés par le mode de financement qui a permis de les construire. Le prêt locatif aidé d’intégration (PLAI) finance la catégorie des logements dits « très sociaux ». Il correspond au plafond d’éligibilité le plus bas et s’adresse aux personnes en situation de grande précarité. Le prêt locatif à usage social (PLUS) est le dispositif le plus fréquemment mobilisé ; il finance les logements dits « sociaux ». Ces deux catégories représentent la quasi-totalité du parc social (94 % des logements du parc social en Bretagne et Pays de la Loire et 92 % en France). Elles correspondent en pratique aux habitations à loyer modéré appelées communément les HLM traditionnelles. Le prêt locatif social (PLS) est quant à lui destiné aux personnes dont les revenus dépassent les deux premiers plafonds mais qui ont des difficultés à se loger dans le secteur libre. Ces logements sont considérés comme des logements « moins sociaux » et sont situés en priorité dans les zones dont le marché immobilier est le plus tendu. Enfin, le prêt locatif intermédiaire (PLI), également destiné aux personnes dont les revenus dépassent les plafonds précédents, finance les logements dits « intermédiaires ». Contrairement aux catégories précédentes, ils ne font pas l’objet d’une convention conclue avec l’État déterminant le loyer maximal au m2 et sont à ce titre considérés comme étant les moins sociaux. Leur part est très minoritaire au sein du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire (1 %).

Figure 1Répartition des ménages de Bretagne et des Pays de la Loire selon les plafonds progressifs d’éligibilité aux catégories de logements du parc social

(en %)
Répartition des ménages de Bretagne et des Pays de la Loire selon les plafonds progressifs d’éligibilité aux catégories de logements du parc social ((en %)) - Lecture : 50 % des ménages de Bretagne et des Pays de la Loire ont des ressources inférieures au plafond PLUS, ce qui les rend éligibles aux HLM traditionnelles (logements « très sociaux » et « sociaux »), qui représentent 94 % des logements du parc social.
Plafond d’éligibilité ou catégorie de logement Dénomination Part cumulée de ménages éligibles Part cumulée des logements du parc social
PLAI Logements « très sociaux » 19 ///
PLUS Logements « très sociaux » + « sociaux » (HLM traditionnelles) 50 94
PLS Logements « très sociaux » + « sociaux » + « moins sociaux » (Logements sociaux) 70 99
PLI Ensemble du parc social /// 100
  • Lecture : 50 % des ménages de Bretagne et des Pays de la Loire ont des ressources inférieures au plafond PLUS, ce qui les rend éligibles aux HLM traditionnelles (logements « très sociaux » et « sociaux »), qui représentent 94 % des logements du parc social.
  • Champ : Ménages résidant en Bretagne ou dans les Pays de la Loire au 1er janvier 2022 et logements du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire.
  • Source : SDES, RPLS 2024 ; Insee, Fidéli 2022.

Figure 1Répartition des ménages de Bretagne et des Pays de la Loire selon les plafonds progressifs d’éligibilité aux catégories de logements du parc social

  • Lecture : 50 % des ménages de Bretagne et des Pays de la Loire ont des ressources inférieures au plafond PLUS, ce qui les rend éligibles aux HLM traditionnelles (logements « très sociaux » et « sociaux »), qui représentent 94 % des logements du parc social.
  • Champ : Ménages résidant en Bretagne ou dans les Pays de la Loire au 1er janvier 2022 et logements du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire.
  • Source : SDES, RPLS 2024 ; Insee, Fidéli 2022.

Le parc social est ainsi constitué de trois catégories de logements dits très sociaux, sociaux et moins sociaux, et d’une catégorie de logements dits intermédiaires. Dans cette étude, l’expression « logement social » désigne les logements du parc social à l’exclusion des logements intermédiaires. Les expressions « HLM traditionnelles » et « logement HLM » sont quant à elles réservées aux logements très sociaux et sociaux.

Parmi les 3,3 millions de ménages qui résident en Bretagne ou dans les Pays de la Loire, 70 % ont des ressources inférieures au plafond PLS, cela les rendant éligibles au logement social ; cette proportion est similaire à celle observée en France. La quasi-totalité des occupants du parc social des deux régions (97 %) ont d’ailleurs des ressources inférieures à ce plafond. À noter que les ménages les plus modestes, qui peuvent obtenir un logement très social, ont aussi la possibilité d’accéder à des logements sociaux ou moins sociaux, car leurs ressources n’en dépassent pas les plafonds.

En Bretagne et dans les Pays de la Loire, un parc social moins présent que dans la plupart des autres régions

Au 1er janvier 2024, le parc social des régions Pays de la Loire et Bretagne compte respectivement 247 000 et 193 000 logements. Le parc social représente 14,0 logements pour 100 résidences principales dans les Pays de la Loire et 12,0 en Bretagne. Ces densités sont inférieures à la moyenne française qui s’établit à 17,4. Les deux régions se situent aux 13e et 14e rangs des régions françaises selon cet indicateur, loin derrière l’Île-de-France où la densité du parc social atteint 25,9, tandis que la Corse ferme le classement avec 10,3. Au sein des deux régions, cet indicateur varie sensiblement selon les départements : de 8,0 en Vendée et 8,4 dans les Côtes-d’Armor à 18,0 dans le Maine-et-Loire.

De moins en moins de grands logements, le trois pièces demeurant le plus répandu

Parmi les 440 000 logements du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire, près des deux tiers (63 %) ont été bâtis après 1977, dont 18 % après 2012. Le logement de trois pièces, qui comprend deux chambres, est la catégorie de logement la plus représentée dans le parc social quelle que soit la période de construction. La majorité des grands ensembles de logements sociaux collectifs ont été construits dans les décennies qui suivent la Seconde Guerre mondiale pour répondre à une grave crise du logement, en particulier dans les quartiers aujourd’hui identifiés comme (encadré 1). Les choix de construction privilégiaient les logements familiaux, offrant un cadre de vie en adéquation avec les besoins de la France du baby-boom. Les logements de quatre pièces ou plus constituaient ainsi plus d’un tiers des logements sociaux bâtis jusqu’en 1977 (figure 2). La tendance est désormais à la construction de logements moins grands, en lien avec la diminution de la taille des ménages, de 3 personnes en moyenne en 1975 à respectivement 2,1 et 2,2 en 2022 en Bretagne et Pays de la Loire. Depuis 2013, les logements d’une ou deux pièces représentent un tiers des logements du parc social construits en Bretagne et dans les Pays de la Loire, contre moins d’un quart jusqu’en 1977.

Figure 2Répartition des logements du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire selon leur ancienneté de construction et leur nombre de pièces

(en %)
Répartition des logements du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire selon leur ancienneté de construction et leur nombre de pièces ((en %)) - Lecture : Les logements de 5 pièces ou plus représentent 7 % de l’ensemble des logements du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire. Ils constituent 3 % des logements du parc social bâtis depuis 2013, contre 6 % de ceux bâtis entre 1978 et 2012, et 9 % de ceux bâtis jusqu’en 1977.
Ancienneté de construction des logements du parc social Nombre de pièces
1 pièce 2 pièces 3 pièces 4 pièces 5 pièces ou plus
Bâtis jusqu’en 1977 5 18 38 30 9
Bâtis entre 1978 et 2012 9 23 38 24 6
Bâtis depuis 2013 5 29 43 20 3
Ensemble des logements 7 22 39 25 7
  • Lecture : Les logements de 5 pièces ou plus représentent 7 % de l’ensemble des logements du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire. Ils constituent 3 % des logements du parc social bâtis depuis 2013, contre 6 % de ceux bâtis entre 1978 et 2012, et 9 % de ceux bâtis jusqu’en 1977.
  • Champ : Logements du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire. La source RPLS recense également des logements non loués.
  • Source : SDES, RPLS 2024.

Figure 2Répartition des logements du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire selon leur ancienneté de construction et leur nombre de pièces

  • Lecture : Les logements de 5 pièces ou plus représentent 7 % de l’ensemble des logements du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire. Ils constituent 3 % des logements du parc social bâtis depuis 2013, contre 6 % de ceux bâtis entre 1978 et 2012, et 9 % de ceux bâtis jusqu’en 1977.
  • Champ : Logements du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire. La source RPLS recense également des logements non loués.
  • Source : SDES, RPLS 2024.

Parmi les ménages les plus modestes, un tiers résident dans le parc social

Parmi les 10 % de l’ensemble des ménages de Bretagne et des Pays de la Loire les plus modestes, un tiers sont locataires du parc social au sein des deux régions, une part équivalente à celle observée au niveau national. Cette part est en revanche plus élevée dans les Pays de la Loire qu’en Bretagne (36 % contre 29 %). En particulier, 43 % des ménages les plus modestes du Maine-et-Loire sont locataires du parc social, soit le double de la proportion observée dans les Côtes-d’Armor (20 %) et en Vendée (22 %). La part des locataires du parc social diminue à mesure que le des ménages augmente : ainsi, au sein des 30 % des ménages les plus aisés, seuls 1 % sont locataires du parc social (3 % au niveau national). Le parc social breton et ligérien remplit donc pleinement son rôle d’accueil des ménages modestes.

La proportion de ménages pauvres augmente dans le parc social en Bretagne et dans les Pays de la Loire, comme en France

En 2022, plus du tiers des 382 000 ménages locataires du parc social de Bretagne et des Pays de la Loire ont des revenus inférieurs au , un taux identique à la (34 %) (figure 3). Cette proportion a augmenté de 6 points entre 2016 et 2022, au même rythme qu’en France, témoin d’une paupérisation du parc social. La paupérisation des personnes seules du parc social est particulièrement marquée : en 2022, une sur trois est concernée par la pauvreté, contre une sur cinq en 2016. Parmi les locataires du secteur libre et les propriétaires occupants de Bretagne et des Pays de la Loire, la part de ménages pauvres est bien moindre que dans le parc social (16 % et 6 % respectivement), et stable par rapport à 2016. Dans le parc social comme dans le secteur libre, les familles monoparentales sont davantage touchées par la pauvreté que l’ensemble des ménages. La pauvreté concerne en effet près de la moitié (43 %) des familles monoparentales du parc social et 26 % de celles du secteur libre.

Figure 3Profil socio-économique des ménages demandeurs et attributaires d’un logement du parc social et des ménages résidant en Bretagne ou dans les Pays de la Loire selon leur statut d’occupation

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Profil socio-économique des ménages demandeurs et attributaires d’un logement du parc social et des ménages résidant en Bretagne ou dans les Pays de la Loire selon leur statut d’occupation ((en %)) - Lecture : Les ménages dont le référent est âgé de moins de 25 ans représentent 12 % des demandes, 15 % des attributions et 3 % des locataires du parc social en Bretagne ou dans les Pays de la Loire.
Situation des ménages Nombre de ménages Configuration familiale des ménages Âge du référent des ménages Situation financière des ménages
Personnes seules Familles monoparentales Familles nombreuses* Moins de 25 ans 65 ans ou plus Sous le seuil de pauvreté Ayant un revenu d’activité
Demandes de logement social 225 000 48 29 11 12 11 34 58
Attributions d’un logement social 38 000 36 37 10 15 9 30 66
Locataires du parc social, dont : 382 000 51 22 9 3 25 34 62
Locataires du parc social résidant depuis plus de 10 ans dans le même logement 98 000 59 11 4 0 48 29 46
Locataires du secteur libre 723 000 58 10 4 15 17 16 73
Propriétaires occupants 2 162 000 29 6 6 0 42 6 61
Ensemble des ménages 3 267 000 38 9 6 4 35 12 64
Locataires du parc social résidant en France 4 600 000 42 21 12 2 28 34 65
  • * Les familles nombreuses désignent les familles de trois enfants ou plus.
  • Note : La mesure de la pauvreté pour les ménages concernés par la demande ou l’attribution d’un logement du parc social est approchée à partir des revenus de la personne de référence majorés du montant moyen de l’Aide personnalisée au logement (APL), soit 215 € mensuels. En effet, l’APL ne figure pas dans les revenus déclarés lors du dépôt d’une demande d’accès au parc social.
  • Lecture : Les ménages dont le référent est âgé de moins de 25 ans représentent 12 % des demandes, 15 % des attributions et 3 % des locataires du parc social en Bretagne ou dans les Pays de la Loire.
  • Champ : Ménages résidant en France au 1er janvier 2022, ménages ayant une demande d’accès au parc social en cours en Bretagne ou dans les Pays de la Loire au 1er janvier 2025 et ménages ayant obtenu un logement du parc social en Bretagne ou dans les Pays de la Loire en 2024. Le champ des données relatives à la situation financière des locataires du parc social au niveau national est restreint à la France métropolitaine, la Martinique et La Réunion.
  • Source : CREHA Ouest, FDLS 2025 ; Insee, Fidéli 2022.

La moitié des ménages locataires du parc social sont des personnes seules

Au 1er janvier 2022, en Bretagne et Pays de la Loire, les ménages du parc social sont plus souvent constitués de personnes seules que l’ensemble des ménages. C’est également le cas en France, mais de manière moins marquée. En effet, au sein des deux régions, plus de la moitié (51 %) des ménages locataires du parc social sont des personnes seules, davantage qu’en France (42 %). Les ménages d’une personne ne représentent pourtant que 38 % de l’ensemble des ménages en Bretagne et Pays de la Loire, comme en France. Par ailleurs, les occupants du parc social sont plus âgés que les locataires du secteur libre, mais moins que les propriétaires. En particulier, les ménages dont le référent est âgé de 65 ans ou plus représentent 25 % des ménages locataires du parc social, contre 42 % des propriétaires et 17 % des locataires du secteur libre. Ils représentent même la moitié des 98 000 locataires du parc social qui occupent leur logement depuis plus de 10 ans.

L’âge et plus précisément les étapes du cycle de vie jouent un rôle structurant dans le parcours résidentiel. Ainsi, les locataires du secteur libre, plus jeunes et donc plus souvent en âge de travailler, perçoivent plus fréquemment un revenu d’activité (73 % d’entre eux contre 64 % de l’ensemble des ménages). Cela peut toutefois recouvrir des situations différentes : une ou deux personnes en emploi, emploi tout au long de l’année ou sur une courte période, temps complet ou partiel, etc.

Les familles monoparentales plus représentées parmi les attributaires que parmi les demandeurs

Au 1er janvier 2025, 225 000 ménages ont une d’accès au parc social en cours sur au moins un des neuf départements de Bretagne et des Pays de la Loire. Un tiers d’entre eux résident déjà dans le parc social. En 2024, environ 38 000 ménages ont obtenu un logement du parc social, dont 61 % sont reconnus comme au sens du Code de la construction et de l’habitation (CCH). Pour un quart de ces , les ménages étaient déjà locataires du parc social. L’attribution des logements est définie par l’article L441-1 du Code de la construction et de l’habitation. Il prévoit une priorité envers les personnes bénéficiant d’une décision favorable au titre du droit au logement opposable (Loi Dalo) et participe plus largement à la mise en œuvre du droit au logement, pour satisfaire les besoins des personnes de ressources modestes ou défavorisées. Le dispositif d’attribution doit respecter divers principes tels que la diversité de la demande constatée localement, l’égalité des chances des demandeurs et la mixité sociale des villes et des quartiers.

Ainsi, plus d’un tiers des attributions de logements du parc social durant l’année 2024 concernent des familles monoparentales (37 %). C’est également le cas pour les personnes seules (36 %). Cependant, les personnes seules représentent près de la moitié des demandeurs d’accès au parc social, alors que les familles monoparentales en représentent à peine un tiers. La plus forte proportion de familles monoparentales dans les attributions en comparaison des demandes témoigne des difficultés socio-économiques qu’elles cumulent plus fréquemment. En définitive, elles sont deux fois plus présentes au sein du parc social que parmi l’ensemble des ménages et leur part y a augmenté de 2 points depuis 2016.

Dans le parc social, la durée d’occupation des logements est plus élevée que dans le secteur libre

L’ancienneté dans le logement est supérieure ou égale à 6 ans pour 47 % des locataires du parc social contre 21 % des locataires du secteur libre (figure 4). Entre 2016 et 2022, cette part a augmenté de 8 points dans le parc social, davantage que dans le secteur libre (+4 points). Ces écarts reflètent la moindre mobilité des occupants du parc social, dont la situation s’avère souvent plus durable que transitoire. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer. L’une d’elle est d’ordre structurel : les jeunes ménages de moins de 25 ans, souvent plus mobiles en raison de la poursuite d’études ou de l’entrée dans la vie active, sont moins présents dans le parc social (9 % d’entre eux) que dans le secteur libre (85 %). Par ailleurs, l’augmentation des revenus au cours du cycle de vie favorise en principe l’accession à la propriété des locataires du secteur libre. En revanche, elle semble moins participer aux déménagements hors du parc social pour ses occupants, dont les plus aisés ont souvent plus d’ancienneté dans leur logement [Insee, 2017 ; pour en savoir plus (2)]. En parallèle de cette moindre mobilité au sein du parc social, un vieillissement de ses occupants est observé, légèrement plus prononcé que pour l’ensemble des ménages. L’âge de plus en plus élevé des ménages attributaires du parc social y participe, la propension à quitter un logement diminuant avec l’âge [ANCOLS, 2026 ; pour en savoir plus (5)]. En 2022, dans la moitié des ménages locataires du parc social, le référent a plus de 52 ans en Bretagne et dans les Pays de la Loire, alors qu’en 2016, cet âge médian dans le parc social était de 50 ans.

Figure 4Répartition des ménages résidant en Bretagne ou dans les Pays de la Loire selon leur statut d’occupation et leur ancienneté d’emménagement

(en %)
Répartition des ménages résidant en Bretagne ou dans les Pays de la Loire selon leur statut d’occupation et leur ancienneté d’emménagement ((en %)) - Lecture : En 2022, 49 % des propriétaires occupants résident dans leur logement depuis plus de 10 ans.
Statut d’occupation Ancienneté d’emménagement
Depuis moins de 2 ans Entre 2 ans et 5 ans Entre 6 ans et 10 ans Depuis plus de 10 ans
Locataires du parc social 22 31 21 26
Locataires du secteur libre 47 32 12 9
Propriétaires occupants 13 20 18 49
Ensemble des ménages 22 24 17 37
  • Lecture : En 2022, 49 % des propriétaires occupants résident dans leur logement depuis plus de 10 ans.
  • Champ : Ménages résidant en Bretagne ou dans les Pays de la Loire au 1er janvier 2022.
  • Source : Insee, Fidéli 2022.

Figure 4Répartition des ménages résidant en Bretagne ou dans les Pays de la Loire selon leur statut d’occupation et leur ancienneté d’emménagement

  • Lecture : En 2022, 49 % des propriétaires occupants résident dans leur logement depuis plus de 10 ans.
  • Champ : Ménages résidant en Bretagne ou dans les Pays de la Loire au 1er janvier 2022.
  • Source : Insee, Fidéli 2022.

Les HLM traditionnelles sont plus présentes dans les territoires où la demande est la plus élevée

La moitié des ménages bretons et ligériens ont des revenus inférieurs au plafond PLUS et sont donc éligibles aux HLM traditionnelles, à peine moins qu’en France. Ces ménages sont plus nombreux dans les zones urbaines, mais proportionnellement plus présents dans les intercommunalités rurales. Cette part atteint 89 % parmi les locataires du parc social, contre 66 % des locataires du secteur libre et 39 % des propriétaires occupants. De manière générale, les ménages qui demandent un accès au parc social sont en proportion bien moins nombreux que ceux qui y sont éligibles. Le croisement entre la densité de HLM traditionnelles (nombre de logements HLM existants pour 100 résidences principales) et l’intensité de la demande de HLM traditionnelles (nombre de demandes de logement HLM pour 100 résidences principales) permet de distinguer différents types de territoires (figure 5). Il ne s’agit pas d’une mesure de la tension sur le logement social, celle-ci prenant en compte le nombre de demandes pour une attribution.

Figure 5Nombre de logements HLM et de demandes de logement HLM pour 100 résidences principales en Bretagne et dans les Pays de la Loire

(en %)
Nombre de logements HLM et de demandes de logement HLM pour 100 résidences principales en Bretagne et dans les Pays de la Loire ((en %)) - Lecture : Pour 100 résidences principales, l’intercommunalité de Cholet Agglomération compte 14,1 logements HLM et 6,2 demandes de logement HLM. Elle se classe ainsi dans la catégorie supérieure aux moyennes interrégionales pour ces deux indicateurs. La densité de logements HLM et l’intensité de la demande de logement HLM y vont respectivement de 12,3 à 25,9 et de 6,1 à 11,5.
Code de l’EPCI Libellé de l’EPCI Part de logements HLM parmi les résidences principales Part de demandes éligibles aux logements HLM parmi les résidences principales
247200132 CU Le Mans Métropole 25,9 8,8
244900015 CU Angers Loire Métropole 24,2 11,5
244400644 CA de la Région Nazairienne et de l'Estuaire (CARENE) 20,2 9,1
243500139 Rennes Métropole 19,4 10,6
247200090 CC du Pays Sabolien 18,8 5,5
242900314 Brest Métropole 18,4 6,5
243500782 CA du Pays de Saint Malo Agglomération 18,2 8,3
244400404 Nantes Métropole 18,2 10,6
200083392 CA Laval Agglomération 17,3 7,2
248500589 CA La Roche-sur-Yon - Agglomération 17,0 9,7
200042174 CA Lorient Agglomération 16,6 7,3
242900645 CC Douarnenez Communauté 16,2 5,6
200071876 CA Saumur Val de Loire 15,0 5,5
200068120 CA Quimper Bretagne Occidentale 14,8 6,8
247200348 CC du Pays Fléchois 14,7 4,7
200072452 CA Fougères Agglomération 14,3 4,7
200071678 CA Cholet Agglomération 14,1 6,2
244900809 CC Anjou Bleu Communauté 13,7 4,6
200067932 CA Golfe du Morbihan - Vannes Agglomération 13,1 6,8
243500725 CC Côte d'Émeraude 12,5 6,6
200069409 CA Saint-Brieuc Armor Agglomération 12,3 6,4
200071868 CC des Vallées du Haut-Anjou 11,5 4,4
242900769 CA Concarneau Cornouaille Agglomération 11,5 4,8
244900882 CC Baugeois Vallée 10,8 4,1
245300447 CC du Pays de Château-Gontier 10,2 4,6
200068955 CC Anjou Loir et Sarthe 10,0 3,9
247200686 CC du Perche Emeraude 9,7 2,8
200039022 CA Vitré Communauté 9,6 4,5
200071934 CC du Pays de Fontenay-Vendée 9,6 5,3
242900835 CA Morlaix Communauté 9,5 3,8
200060010 CA Mauges Communauté 9,4 3,3
200070670 CC du Pays de Dol et de la Baie du Mont Saint-Michel 9,2 4,3
200055887 CC Mayenne Communauté 9,0 3,3
200067247 CC Pleyben-Châteaulin-Porzay 8,9 3,1
243500774 CC Liffré-Cormier Communauté 8,9 4,3
244400610 CA de la Presqu'île de Guérande Atlantique (Cap Atlantique) 8,8 5,6
200067981 CA Guingamp-Paimpol Agglomération de l'Armor à l'Argoat 8,6 4,0
200072676 CC Maine Saosnois 8,6 2,2
243500550 CC Montfort Communauté 8,6 3,3
200072692 CC des Vallées de la Braye et de l'Anille 8,5 1,8
242900801 CA du Pays de Landerneau-Daoulas 8,5 3,6
200068989 CA Dinan Agglomération 8,4 4,8
248500662 CC du Pays de Mortagne 8,4 3,0
242900744 CC Poher communauté 8,2 4,2
200033298 CC des Coëvrons 8,1 2,8
200072726 CC Châteaubriant-Derval 8,1 4,0
200070373 CC Loir-Lucé-Bercé 8,0 2,6
200065928 CA Lannion-Trégor Communauté 7,8 3,8
243500659 CC Pays de Châteaugiron Communauté 7,6 3,6
244400552 CC du Pays d'Ancenis 7,6 4,6
200071553 CC Loire Layon Aubance 7,5 3,2
244400453 CC Pays de Blain Communauté 7,5 4,5
248500340 CC Pays de Chantonnay 7,5 3,6
200043123 CC Auray Quiberon Terre Atlantique 7,4 4,7
243500667 CC Val d'Ille-Aubigné 7,4 2,9
248500621 CC du Pays des Herbiers 7,4 6,1
247200421 CC du Sud Est Manceau 7,3 2,8
248500415 CC du Pays de la Châtaigneraie 7,3 2,4
200070688 CC Couesnon Marches de Bretagne 7,2 1,8
200072882 CC de Vie et Boulogne 7,0 3,7
243500733 CC Bretagne Romantique 7,0 3,4
242900694 CA Quimperlé Communauté 6,9 4,5
242900710 CC du Haut Pays Bigouden 6,9 2,3
200042182 CC du Mont des Avaloirs 6,8 2,6
200071165 CA Les Sables d'Olonne Agglomération 6,7 6,4
200072734 CC Estuaire et Sillon 6,7 4,1
200048551 CC du Pays de Craon 6,6 3,2
200067866 CC Sèvre et Loire 6,6 3,8
242900561 CC de Haute Cornouaille 6,6 2,3
245600465 CC de Belle-Île-en-Mer 6,6 2,7
200073112 CC Sud Sarthe 6,5 1,5
200066868 CC Presqu'île de Crozon-Aulne maritime 6,4 2,4
245300223 CC du Pays de Meslay-Grez 6,4 2,5
245614433 CC Pontivy Communauté 6,4 3,9
242900629 CC Cap Sizun - Pointe du Raz 6,3 2,2
248500464 CC du Pays de Pouzauges 6,3 2,3
200071918 CC du Pays de Saint-Fulgent - Les Essarts 6,2 3,2
242900702 CC du Pays Bigouden Sud 6,2 3,5
244400503 CC d'Erdre et Gesvres 6,2 3,8
245300355 CC de l'Ernée 6,2 2,6
245600440 CC Blavet Bellevue Océan Communauté 6,1 2,5
247200629 CC du Val de Sarthe 6,1 2,3
243500618 CC Brocéliande Communauté 6,0 3,1
200067072 CC Haut-Léon Communauté 5,9 2,9
246100663 CU d'Alençon (partie ligérienne) 5,9 2,0
247200447 CC Orée de Bercé - Belinois 5,9 2,3
244400586 CC du Sud Estuaire 5,8 4,3
200067460 CC Loudéac Communauté - Bretagne Centre 5,7 3,7
200070233 CA Terres de Montaigu 5,7 4,3
200073260 CC Sud Vendée Littoral 5,7 3,9
242900751 CC du Pays de Landivisiau 5,7 2,8
242900793 CC Communauté Lesneven Côte des Légendes 5,7 3,0
200072684 CC Le Gesnois Bilurien 5,6 2,2
242900074 CC du Pays d'Iroise 5,5 3,0
200096683 CC Centre Morbihan Communauté 5,4 2,5
245300389 CC du Bocage Mayennais 5,4 2,1
200043990 CC Vallons de Haute-Bretagne Communauté 5,3 2,5
243500741 CA Redon Agglomération 5,3 3,8
200038990 CC de Saint-Méen Montauban 5,2 2,9
200071629 CC Challans-Gois Communauté 5,2 5,3
248500258 CC Océan Marais de Monts 5,2 5,2
200072700 CC Haute Sarthe Alpes Mancelles 5,1 1,5
248500563 CC Vendée, Sèvre, Autise 5,1 2,8
200067635 CA Clisson Sèvre et Maine Agglo 5,0 3,6
248500191 CC de l'Île de Noirmoutier 5,0 3,9
242900553 CC du Pays des Abers 4,9 2,7
244400438 Grand Lieu Communauté 4,9 3,5
200040475 LBN Communauté 4,8 1,4
242900660 CC du Pays Fouesnantais 4,8 3,4
243500634 Roche aux Fées Communauté 4,8 3,2
248500530 CC du Pays des Achards 4,6 3,6
200068963 CC Maine Cœur de Sarthe 4,5 1,9
200069391 CA Lamballe Terre et Mer 4,4 3,3
244400537 CC de Nozay 4,3 3,2
200070662 CC Bretagne porte de Loire Communauté 4,2 2,8
242200715 CC du Kreiz-Breizh (CCKB) 4,2 2,0
200000438 CC du Pays de Pontchâteau Saint-Gildas-des-Bois 4,1 3,5
200023778 CA du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie 4,1 4,6
200066777 Ploërmel Communauté 4,1 3,0
200071546 CC Sud Retz Atlantique 4,1 4,0
200067346 CA Pornic Agglo Pays de Retz 4,0 4,6
200066785 CC de l'Oust à Brocéliande 3,9 2,1
245614383 CC Questembert Communauté 3,8 2,7
200067197 CC Monts d'Arrée Communauté 3,6 1,8
200071900 CC Vendée Grand Littoral 3,3 3,0
200072718 CC de la Champagne Conlinoise et du Pays de Sillé 2,9 1,1
245614417 CC Roi Morvan Communauté 2,9 1,6
200027027 CC Arc Sud Bretagne 2,8 3,4
200069086 CC Leff Armor Communauté 2,8 1,6
200096675 CC Baud Communauté 2,3 1,7
  • Lecture : Pour 100 résidences principales, l’intercommunalité de Cholet Agglomération compte 14,1 logements HLM et 6,2 demandes de logement HLM. Elle se classe ainsi dans la catégorie supérieure aux moyennes interrégionales pour ces deux indicateurs. La densité de logements HLM et l’intensité de la demande de logement HLM y vont respectivement de 12,3 à 25,9 et de 6,1 à 11,5.
  • Champ : Ménages éligibles aux HLM traditionnelles ayant une demande de logement HLM en cours dans un département de Bretagne ou des Pays de la Loire au 1er janvier 2025.
  • Source : CREHA Ouest, FDLS 2025 ; Insee, recensement de la population 2022 ; SDES, RPLS 2024.

Figure 5Nombre de logements HLM et de demandes de logement HLM pour 100 résidences principales en Bretagne et dans les Pays de la Loire

  • Lecture : Pour 100 résidences principales, l’intercommunalité de Cholet Agglomération compte 14,1 logements HLM et 6,2 demandes de logement HLM. Elle se classe ainsi dans la catégorie supérieure aux moyennes interrégionales pour ces deux indicateurs. La densité de logements HLM et l’intensité de la demande de logement HLM y vont respectivement de 12,3 à 25,9 et de 6,1 à 11,5.
  • Champ : Ménages éligibles aux HLM traditionnelles ayant une demande de logement HLM en cours dans un département de Bretagne ou des Pays de la Loire au 1er janvier 2025.
  • Source : CREHA Ouest, FDLS 2025 ; Insee, recensement de la population 2022 ; SDES, RPLS 2024.

Le premier groupe est constitué des intercommunalités les plus urbaines de Bretagne et des Pays de la Loire. Ces 15 territoires sont ceux où la densité de logements HLM et l’intensité de la demande d’accès au parc HLM sont les plus fortes. Elles dépassent les moyennes observées pour l’ensemble des deux régions, Bretagne et Pays de la Loire, pour les deux indicateurs : 12,3 logements et 6,1 demandes pour 100 résidences principales respectivement. Ces intercommunalités regroupent près des deux tiers des demandes de logement HLM des deux régions. La densité de logements HLM y varie de 12,3 à Saint-Brieuc Agglomération à 24,2 à Angers Loire Métropole et 25,9 à Le Mans Métropole.

Le deuxième groupe comprend essentiellement des territoires ruraux, du Nord Finistère, de l’est du Morbihan, du sud-ouest de l’Ille-et-Vilaine et de Sarthe, notamment autour du Mans. À l’inverse du premier, il s’agit des zones où la densité du parc HLM et l’intensité de la demande de logement HLM sont les plus faibles, bien inférieures aux moyennes interrégionales. Dans ces territoires, la part des propriétaires occupants est souvent élevée. Les communes de moins de 3 500 habitants y sont aussi nombreuses, or celles-ci ne sont pas concernées par la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), qui impose aux communes les plus peuplées de disposer d’une part minimale de logements sociaux au sein de leur parc résidentiel.

Dans le troisième groupe, la densité du parc HLM est aussi parmi les plus faibles, mais l’intensité de la demande d’accès au parc HLM est plus élevée, tout en restant inférieure à la moyenne interrégionale. Ce groupe couvre presque l’intégralité du littoral des Pays de la Loire, ainsi que la couronne sud nantaise. Il comprend également des intercommunalités limitrophes du Morbihan et de Loire-Atlantique, et celles du Pays Fouesnantais, de Loudéac et de Lamballe Terre et Mer.

Le quatrième groupe, constitué des intercommunalités des Sables d’Olonne et du Pays des Herbiers en Vendée, se rapproche du troisième groupe pour la densité de logements HLM qui y est aussi inférieure à la moyenne interrégionale, alors que l’intensité de la demande de HLM y est supérieure.

Le cinquième groupe concerne principalement les intercommunalités de Mayenne, de l’est de la Sarthe et de Vendée, et des pointes ouest et sud du Finistère. L’intensité de la demande y est aussi parmi les plus faibles comme dans le deuxième groupe, mais la densité de logements HLM est un peu plus élevée, quoique toutefois inférieure à la moyenne interrégionale. Pour autant, ces territoires et ceux du deuxième groupe ont en commun une part de ménages éligibles aux HLM traditionnelles souvent plus forte qu’ailleurs, illustrant potentiellement un moindre recours à la demande.

Le sixième groupe, regroupant les intercommunalités de Douarnenez, Fougères, Saumur, d’Anjou Bleu et des Pays de Sablé-sur-Sarthe et de La Flèche, se rapproche du cinquième groupe pour l’intensité de la demande de HLM qui y est aussi inférieure à la moyenne interrégionale, alors que la densité de logements HLM y est supérieure.

Les 33 autres intercommunalités constituent un septième groupe qui se situe dans la classe centrale tant du point de vue de la densité du parc HLM que de l’intensité de la demande de logement HLM. Ces indicateurs y sont plus élevés que dans le deuxième groupe mais en deçà des moyennes observées en Bretagne et Pays de la Loire.

Encadré 1 - Dans le parc social des QPV, une structure plus familiale et davantage de pauvreté

En Bretagne et dans les Pays de la Loire, les QPV concentrent une part importante du parc social et des ménages modestes. Dans ces quartiers, huit ménages sur dix sont locataires d’un logement du parc social, souvent issu des grands ensembles construits après la Seconde Guerre mondiale. Ce parc, principalement situé dans les agglomérations, est plus ancien (50 ans en moyenne contre 34 ans pour l’ensemble du parc social) et de structure plus familiale (76 % de logements de trois pièces ou plus, contre 72 %). La fragilité sociale y est plus marquée : 46 % des ménages locataires du parc social des QPV vivent sous le seuil de pauvreté, contre 34 % dans l’ensemble du parc social. Cette situation s’accompagne d’une mobilité résidentielle plus difficile, la durée d’occupation des logements y étant généralement plus longue. Dans les QPV des Pays de la Loire, et notamment dans le Maine-et-Loire, le parc social est plus familial et plus ancien que dans les QPV de Bretagne, en lien avec une part plus élevée de logements du parc social situés dans les QPV (26 % contre 19 %).

Encadré 2 - Partenariat d’étude

Cette publication a été réalisée en partenariat avec le Centre Régional d’Études pour l’Habitat de l’Ouest (CREHA Ouest) et la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) de Bretagne. Le CREHA Ouest administre le système d’information des demandes et des attributions de logements du parc social des neuf départements de Bretagne et des Pays de la Loire. Il intervient pour le compte des bailleurs sociaux et des autres acteurs du logement social (État, collectivités, Action Logement Services…). Par ailleurs, la Dreets Bretagne pilote les politiques d’insertion et d’accompagnement des publics fragiles notamment en favorisant l’accès au logement.

Cette étude a également bénéficié du concours de l’Insee Pays de la Loire, de l’Association Régionale de l’Habitat Social (ARO Hlm) de Bretagne, de l’Union Sociale pour l’Habitat (USH) des Pays de la Loire, de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) des Pays de la Loire et des Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) des régions Bretagne et Pays de la Loire.

Publication rédigée par :Simon Bertin, Soazig Jolivet (Insee), Ambre Pioger (Centre Régional d'Études pour l'Habitat de l'Ouest)

Champ

L’étude porte sur les ménages vivant dans un logement ordinaire au 1er janvier 2022 (les ménages logés gratuitement sont exclus du champ de l’étude), ou en demande d’accès au parc social en Bretagne ou dans les Pays de la Loire au 1er janvier 2025, ou ayant emménagé dans un logement du parc social dans l’une des deux régions en 2024.

Publication rédigée par :Simon Bertin, Soazig Jolivet (Insee), Ambre Pioger (Centre Régional d'Études pour l'Habitat de l'Ouest)

Sources

Le Fichier démographique sur les logements et les individus (Fidéli) est constitué par l’Insee à partir de données fiscales. Il permet de décrire les logements ainsi que leurs occupants, en distinguant locataires et propriétaires.

Le Ouvrir dans un nouvel ongletRépertoire des logements locatifs des bailleurs sociaux (RPLS) est géré par le Service de la donnée et des études statistiques (SDES). C’est la source officielle pour observer le parc social.

Les Ouvrir dans un nouvel ongletFichiers départementaux de la Demande Locative Sociale (FDLS) des neuf départements des régions Bretagne et Pays de la Loire sont gérés par le CREHA Ouest. Ces fichiers apportent un éclairage sur le profil des ménages concernés par la demande ou l’attribution d’un logement du parc social.

Définitions

La demande d’accès au parc social concerne dans cette étude les demandes de logement du parc social en cours au 1er janvier 2025 déposées dans chacun des neufs départements de Bretagne et des Pays de la Loire par des ménages qui en remplissent les conditions réglementaires d’accès. Pour ne pas comptabiliser de doublons, la demande retenue est celle associée à la commune désignée en 1er choix par le demandeur.

L’attribution d’un logement du parc social concerne les demandes satisfaites suivies d’une entrée dans un logement locatif du parc social de Bretagne ou des Pays de la Loire durant l’année 2024.

Un ménage est considéré comme prioritaire pour l’attribution selon les critères définis dans l’article Ouvrir dans un nouvel ongletL441-1 du CCH.

Les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) sont des territoires d’intervention de l’État et des collectivités territoriales où l’objectif est de réduire les écarts de développement entre les quartiers défavorisés et leurs unités urbaines.

Le niveau de vie d’un ménage est égal au revenu disponible (revenu dont il dispose pour consommer et épargner) divisé par le nombre d’unités de consommation (1 UC pour le premier adulte du ménage, 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d’un même ménage.

Un ménage est considéré comme pauvre lorsque son niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. En France et en Europe, le seuil est fixé à 60 % du niveau de vie médian.

France métropolitaine, Martinique et La Réunion.