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Insee Analyses Ile-de-France · Février 2026 · n° 217
Insee Analyses Ile-de-FranceEn Île-de-France, un ménage sur dix en situation de vulnérabilité énergétique dans son logement

Lauren Berthelot, Marwan Hadour (Insee), Thuriane Mahé, Romain Parent (Direction régionale et interdépartementale de l'Hébergement et du Logement)

En 2021, un ménage francilien sur dix est en situation de vulnérabilité énergétique. L’Île-de-France se distingue comme la région la moins exposée du territoire national. Cela s’explique par des revenus plus élevés, une proportion plus faible de maisons et un climat tempéré limitant les besoins de chauffage. Cependant, les ménages modestes, les personnes seules et les jeunes apparaissent plus vulnérables. Les logements anciens et mal isolés concentrent une part importante des situations à risque.

À l’horizon 2030, une hausse prolongée et sensible des prix de l’énergie pourrait faire augmenter sensiblement la part de ménages vulnérables. En l’absence de toute rénovation thermique de leurs logements, elle atteindrait 15 % en cas d’accroissement des prix de l’énergie de 50 %. Des politiques de rénovation ambitieuses permettraient, à l’inverse, de diviser le nombre de ménages vulnérables par deux d’ici 2050.

Insee Analyses Ile-de-France
No 217
Paru le :Paru le26/02/2026

La lutte contre la vulnérabilité énergétique, un enjeu de politiques publiques

Depuis plusieurs années, la lutte contre la précarité énergétique constitue un enjeu majeur des politiques publiques. Celle-ci a été encadrée par différentes lois : dès 2010 avec les lois Grenelle II, puis les lois de transition énergétique pour une croissance verte en 2015, Énergie-climat en 2019 et, plus récemment, Climat et résilience en 2021. Pour le logement, la lutte contre la précarité énergétique nécessite une amplification de la rénovation énergétique.

La vulnérabilité énergétique désigne une exposition au risque de ne pas pouvoir maintenir un confort thermique standard dans son logement. La notion de précarité, quant à elle, concerne une difficulté déjà constatée. La vulnérabilité énergétique permet d’identifier les ménages qui, sans être forcément en difficulté aujourd’hui, sont fragiles face aux dépenses énergétiques estimées, en raison de leurs revenus ou des caractéristiques thermiques de leur logement. Ces ménages seraient donc susceptibles de basculer en situation de précarité. Les enjeux de la vulnérabilité sont à la fois d’ordre environnemental et social.

La vulnérabilité énergétique recouvre des réalités territoriales contrastées, liées aux caractéristiques des ménages, des logements et des territoires. À l’échelle régionale, les écarts de revenus, la structure du parc de logements et les modes de chauffage contribuent à des situations différenciées face aux dépenses d’énergie.

Une part de ménages vulnérables plus faible en Île-de-France que dans le reste du territoire national

En France, en 2021, la moitié des ménages consacrent plus de 4,6 % de leur aux liées au logement, c’est-à-dire pour maintenir un confort thermique standard (pour comprendre). Ceux qui dépensent au moins le double (9,2 %) sont considérés comme étant en situation de vulnérabilité énergétique.

En Île-de-France, environ 470 000 ménages se trouvent dans cette situation, soit 9,5 % d’entre eux (figure 1).

La proportion de ménages vulnérables en Île-de-France est près de deux fois inférieure à celle observée en France métropolitaine (17,4 %). La région francilienne est la région la moins exposée, suivie de la Corse (11,4 %) et de Provence-Alpes-Côte d’Azur (11,5 %). À l’opposé, la vulnérabilité énergétique est sensiblement plus fréquente en Bourgogne-Franche-Comté (24,0 %) et dans les Hauts-de-France (22,7 %).

Les écarts de vulnérabilité énergétique entre les régions reflètent essentiellement les caractéristiques du parc de logements (type, isolation, mode de chauffage), les revenus des ménages et les conditions climatiques propres à chaque région. L’Île-de-France conjugue des caractéristiques favorables, avec un fort taux de logements collectifs et des modes de chauffage moins coûteux qu’ailleurs. La population bénéficie aussi de revenus plus élevés que dans les autres régions, du fait notamment de sa structure socio-démographique, avec des parts de cadres et de diplômés du supérieur plus élevées qu’ailleurs. Enfin, l’incidence climatique est très faible comparativement aux autres régions, où elle peut être favorable, comme en Provence-Alpes-Côte d’Azur, ou défavorable, comme dans le Grand Est.

En 2021, la dépense énergétique conventionnelle des ménages dans la région s’établit en moyenne à 1 570 euros par an contre 1 730 euros en France métropolitaine. À l’échelle des intercommunalités, la dépense énergétique conventionnelle moyenne est inférieure à 1 570 euros dans la très grande majorité des établissements publics territoriaux (EPT) de la métropole du Grand Paris et des arrondissements parisiens. Seuls font exception deux EPT situés à l’Est, Grand Paris Grand Est en Seine-Saint-Denis et Grand Paris Sud Est Avenir dans le Val-de-Marne, ainsi que cinq arrondissements dans l’ouest de Paris. La facture moyenne dépasse même 2 160 euros dans quelques établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) aux franges de la région. Cela concerne par exemple le Gâtinais Val-de-Loing et Bassée-Montois, en Seine-et-Marne, le Pays Houdanais dans les Yvelines, ou encore Vexin Centre dans le Val-d’Oise.

Figure 1Taux de vulnérabilité par intercommunalité francilienne ou arrondissement parisien en 2021

(en %)
Taux de vulnérabilité par intercommunalité francilienne ou arrondissement parisien en 2021 ((en %)) - Lecture : Dans la communauté d’agglomération Étampois Sud-Essonne, 13,6 % des ménages sont en situation de vulnérabilité énergétique.
Code Intercommunalité ou arrondissement parisien Taux de vulnérabilité
75101 Paris 1er arrondissement 11,5
75102 Paris 2e arrondissement 9,6
75103 Paris 3e arrondissement 9,7
75104 Paris 4e arrondissement 10,7
75105 Paris 5e arrondissement 10,6
75106 Paris 6e arrondissement 10,8
75107 Paris 7e arrondissement 8,0
75108 Paris 8e arrondissement 10,3
75109 Paris 9e arrondissement 7,4
75110 Paris 10e arrondissement 8,0
75111 Paris 11e arrondissement 8,6
75112 Paris 12e arrondissement 8,1
75113 Paris 13e arrondissement 7,2
75114 Paris 14e arrondissement 8,0
75115 Paris 15e arrondissement 7,5
75116 Paris 16e arrondissement 9,0
75117 Paris 17e arrondissement 9,2
75118 Paris 18e arrondissement 8,6
75119 Paris 19e arrondissement 10,5
75120 Paris 20e arrondissement 8,8
200057966 T2 - Vallée Sud - Grand Paris 7,0
200057974 T3 - Grand Paris Seine Ouest 5,9
200057982 T4 - Paris Ouest La Défense 5,8
200057990 T5 - Boucle Nord de Seine 8,9
200057867 T6 - Plaine Commune 12,3
200058097 T7 - Paris Terres d’Envol 14,3
200057875 T8 - Est Ensemble 12,8
200058790 T9 - Grand Paris Grand Est 12,0
200057941 T10 - Paris Est Marne & Bois 8,3
200058006 T11 - Grand Paris Sud Est Avenir 9,9
200058014 T12 - Grand-Orly Seine Bièvre 10,7
200017846 CA Étampois Sud Essonne 13,6
200023125 CC Les Portes Briardes Entre Villes et Forêts 10,4
200023240 CC Pays de Nemours 17,4
200023919 CC Gâtinais Val de Loing 27,2
200033090 CC Plaines et Monts de France 8,9
200033173 CC de la Haute Vallée de Chevreuse 9,0
200034130 CC Gally Mauldre 9,5
200035970 CC Vexin Centre 15,1
200037133 CC du Provinois 19,9
200040251 CC Bassée-Montois 21,2
200055655 CA Roissy Pays de France 12,2
200056232 CA Communauté Paris-Saclay 8,3
200056380 CA Plaine Vallée 9,7
200057859 CA Coeur d'Essonne Agglomération 7,1
200057958 CA Paris - Vallée de la Marne 7,7
200058477 CA Val d'Yerres Val de Seine 12,2
200058485 CA Val Parisis 7,7
200058519 CA Saint Germain Boucles de Seine 7,7
200058782 CA de Saint Quentin en Yvelines 7,4
200059228 CA Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart 8,6
200059889 CU Grand Paris Seine et Oise 9,8
200070779 CC Brie des Rivières et Châteaux 10,1
200071074 CC Les Portes de l'Ile de France 12,0
200072130 CA du Pays de Meaux 15,3
200072346 CA du Pays de Fontainebleau 14,8
200072544 CC des Deux Morin 21,4
200072874 CC Val Briard 14,2
200073013 CC Carnelle Pays-de-France 9,5
200073344 CA Rambouillet Territoires 10,4
200090504 CA Coulommiers Pays de Brie 12,9
247700032 CC Moret Seine et Loing 19,3
247700057 CA Melun Val de Seine 10,1
247700065 CC du Pays de l'Ourcq 14,3
247700107 CC Pays de Montereau 18,9
247700339 CA Val d'Europe Agglomération 5,4
247700594 CA Marne et Gondoire 6,0
247700644 CC l'Orée de la Brie 6,0
247700701 CC Brie Nangissienne 11,8
247800550 CC du Pays Houdanais (partie francilienne) 12,4
247800584 CA Versailles Grand Parc 5,4
247800618 CC Coeur d'Yvelines 12,8
249100074 CC du Pays de Limours 9,9
249100157 CC des 2 Vallées 20,9
249100546 CC du Val d'Essonne 6,9
249100553 CC Entre Juine et Renarde 10,6
249100595 CC le Dourdannais en Hurepoix 9,0
249500109 CA de Cergy-Pontoise 7,5
249500430 CC Sausseron Impressionnistes 14,8
249500455 CC de la Vallée de l'Oise et des Trois Forêts 8,9
249500489 CC du Haut Val d'Oise 8,8
249500513 CC du Vexin-Val de Seine 19,8
  • Lecture : Dans la communauté d’agglomération Étampois Sud-Essonne, 13,6 % des ménages sont en situation de vulnérabilité énergétique.
  • Champ : Ménages vivant en Île-de-France au 1er janvier 2022 et dont le revenu disponible annuel est positif.
  • Sources : Insee, Fidéli 2022 ; SDES, bilan annuel de l’énergie 2021 ; Ademe, base des DPE juillet 2022-juin 2023.

Figure 1Taux de vulnérabilité par intercommunalité francilienne ou arrondissement parisien en 2021

  • Lecture : Dans la communauté d’agglomération Étampois Sud-Essonne, 13,6 % des ménages sont en situation de vulnérabilité énergétique.
  • Champ : Ménages vivant en Île-de-France au 1er janvier 2022 et dont le revenu disponible annuel est positif.
  • Sources : Insee, Fidéli 2022 ; SDES, bilan annuel de l’énergie 2021 ; Ademe, base des DPE juillet 2022-juin 2023.

Une moindre vulnérabilité au cœur de la région, à l’exception de la Seine-Saint-Denis

La répartition des revenus en Île-de-France vient modifier sensiblement la géographie de la vulnérabilité dans la région, au regard de ce qui découlerait des seules caractéristiques du parc de logements. Ainsi, la part de ménages vulnérables s’échelonne de 6,5 % dans les Hauts-de-Seine à 12,8 % en Seine-Saint-Denis. À Paris (8,7 %) et dans les Yvelines (8,4 %), la proportion de ménages vulnérables est inférieure à la moyenne régionale, tandis qu’elle s’en rapproche dans l’Essonne et le Val-de-Marne. À l’inverse, la vulnérabilité énergétique est plus fréquente dans le Val-d’Oise (10,1 %) et en Seine-et-Marne (11,7 %).

Le plus élevé contribue à minorer la vulnérabilité énergétique à Paris, dans les Hauts-de-Seine et les Yvelines. C’est le cas dans quelques intercommunalités yvelinoises où la dépense conventionnelle est élevée [figure complémentaire, données]. A contrario, la Seine-Saint-Denis est le seul département francilien où un effet « revenu » fait augmenter le taux de vulnérabilité. Les dépenses énergétiques conventionnelles y sont certes plus faibles (1 450 euros en moyenne par an contre 1 570 euros dans la région), mais le niveau de vie médian est nettement inférieur à celui de la région (19 000 euros contre 25 000 euros).

Six ménages exposés à la vulnérabilité sur dix sont pauvres

Dans la région, 43,0 % des ménages vivant sous le sont en situation de vulnérabilité énergétique, contre seulement 4,4 % des ménages non pauvres (figure 2). Compte tenu de la proportion de ménages pauvres dans la région (16,1 %), il en résulte que la majorité des ménages vulnérables (six sur dix) vivent sous le seuil de pauvreté. Cependant, des disparités s’observent entre les départements franciliens. La part des ménages vulnérables vivant sous le seuil de pauvreté décroît au fur et à mesure que l’on s’éloigne du cœur de la région, passant de 77 % à Paris à moins d’un sur deux dans la plupart des départements de grande couronne. Dans ces départements, même des ménages non pauvres doivent consentir à des dépenses énergétiques importantes au regard de leurs revenus, liées aux caractéristiques de leur habitat, tandis que les ménages vulnérables à Paris sont essentiellement des ménages sous le seuil de pauvreté.

Les situations de vulnérabilité énergétique varient selon la composition familiale du ménage. Ainsi, les couples avec enfant(s) sont les ménages les moins exposés à la vulnérabilité énergétique (2,2 %). Au contraire, les personnes seules, qui représentent 70 % des ménages vulnérables, sont les plus exposées (17,2 %). Par ailleurs, les familles monoparentales sont plus exposées à la vulnérabilité énergétique que les couples avec ou sans enfant(s). Cela s’explique par leur niveau de vie en moyenne plus faible. Néanmoins, leur accès plus fréquent aux logements sociaux, souvent plus récents et mieux isolés, vient un peu contrebalancer cet effet.

La proportion de ménages vulnérables varie sensiblement selon l’âge de la personne de référence. La vulnérabilité touche fortement les ménages jeunes (moins de 25 ans) : 25,2 % d’entre eux sont concernés. Elle est aussi élevée chez les ménages les plus âgés (65 ans ou plus), avec un taux de 14,6 %. Entre ces deux âges, la vulnérabilité est sensiblement moins fréquente (7,1 %).

Le statut d’occupation d’un logement est aussi un facteur discriminant quant à la situation de vulnérabilité énergétique. La situation francilienne diffère de celle du reste de la France métropolitaine. Ainsi, les locataires du parc privé francilien sont les plus touchés par la vulnérabilité énergétique (11,1 %), devant les locataires du parc social (9,2 %) et les propriétaires (8,8 %), alors que, au niveau national, les propriétaires sont les plus affectés.

Figure 2aTaux de vulnérabilité des ménages et répartition des ménages vulnérables selon diverses caractéristiquesTaux de vulnérabilité des ménages

(en %)
Taux de vulnérabilité des ménages et répartition des ménages vulnérables selon diverses caractéristiques ((en %)) - Lecture : 22 % des ménages franciliens vivant dans des logements énergivores sont en situation de vulnérabilité énergétique.
Caractéristiques Taux de vulnérabilité
Catégorie énergétique
Logement énergivore 22,0
Logement non énergivore 6,6
Type de logement
Maison 12,9
Appartement 8,2
Période de construction
Logement construit après 2000 4,3
Logement construit entre 1948 et 2000 9,4
Logement construit avant 1948 12,9
Tranche d’âge*
Moins de 25 ans 25,2
De 25 à moins de 65 ans 7,1
65 ans ou plus 14,6
Structure du ménage
Famille monoparentale 9,7
Couple avec enfant(s) 2,2
Couple sans enfant 4,7
Personne seule 17,2
Autre 4,6
Pauvreté du ménage
Non pauvre 4,4
Pauvre 43,0
  • * Tranche d’âge de la personne de référence.
  • Lecture : 22 % des ménages franciliens vivant dans des logements énergivores sont en situation de vulnérabilité énergétique.
  • Champ : Ménages vivant en résidence principale en Île-de-France au 1er janvier 2022, avec un revenu disponible positif.
  • Sources : Insee, Fidéli 2022 ; SDES, bilan annuel de l'énergie 2021 ; Ademe, base des DPE juillet 2022-juin 2023.

Figure 2aTaux de vulnérabilité des ménages et répartition des ménages vulnérables selon diverses caractéristiquesTaux de vulnérabilité des ménages

  • * Tranche d’âge de la personne de référence.
  • Lecture : 22 % des ménages franciliens vivant dans des logements énergivores sont en situation de vulnérabilité énergétique.
  • Champ : Ménages vivant en résidence principale en Île-de-France au 1er janvier 2022, avec un revenu disponible positif.
  • Sources : Insee, Fidéli 2022 ; SDES, bilan annuel de l'énergie 2021 ; Ademe, base des DPE juillet 2022-juin 2023.

La forte proportion de logements collectifs en Île-de-France est un facteur favorable

La forte proportion de logements collectifs en Île-de-France (73 % contre 44 % en France) se traduit par une moindre vulnérabilité énergétique des ménages franciliens. Comme au niveau national, ceux-ci y sont moins exposés lorsqu’ils résident dans un logement collectif. Ainsi, la part des ménages vulnérables dans la région est sensiblement plus faible parmi ceux vivant en appartement (8,2 %) que parmi ceux vivant dans une maison (12,9 %). Le taux de vulnérabilité énergétique dans les logements collectifs est inférieur au taux régional moyen (9,5 %) dans tous les départements, à l’exception de la Seine-Saint-Denis, spécificité liée à la faiblesse du niveau de vie de ses habitants.

L’exposition à la vulnérabilité énergétique atteint 9,4 % pour les ménages utilisant le chauffage au gaz naturel, qui concerne plus de quatre logements sur dix. Elle est légèrement moins élevée pour ceux se chauffant à l’électricité (8,3 %) ou mobilisant des énergies renouvelables (bois, granulés, plaquettes ou réseaux de chaleur) (8,2 %). Ces dernières concernent 17,2 % de l’ensemble des ménages, part importante due à la présence des réseaux de chaleur dans les zones densément peuplées de la région. En revanche, les ménages chauffés au fioul ou avec une autre énergie fossile (GPL, propane, butane ou charbon) sont bien plus fortement exposés à la vulnérabilité énergétique (22,5 %), mais ils ne constituent que 6,1 % des ménages franciliens.

En Île-de-France, le taux de vulnérabilité augmente progressivement avec l’ancienneté du parc. Ainsi, 13 % des ménages résidant dans des logements construits avant 1948 y sont exposés et 11 % dans les logements bâtis entre 1948 et 1974, contre moins de 5 % pour ceux construits après 2000. L’évolution des normes a permis d’améliorer l’isolation des constructions. Par ailleurs, l’équipement des logements avec un chauffage au fioul s’est également fortement réduit compte tenu de l’évolution des prix de cette énergie depuis 50 ans.

Les logements peuvent être aussi caractérisés par leur niveau de performance énergétique, déterminé par le (DPE). Plus de sept ménages franciliens vulnérables sur dix résident dans un logement peu performant du point de vue thermique, soit les logements des classes E, F et G, taux similaire à celui observé au niveau national, contre moins de la moitié pour l’ensemble des ménages franciliens.

Plus la performance énergétique des logements est faible, plus la part des ménages vulnérables augmente. Ainsi, 3 % des ménages franciliens vivant dans des logements parmi les mieux classés (B) sont vulnérables contre 18 % des ménages résidant dans un logement classé énergivore (F) et 28 % dans un logement très énergivore (G).

La rénovation énergétique massive permet de baisser les dépenses et la vulnérabilité énergétiques

La connaissance de l’impact des différents facteurs sur la vulnérabilité énergétique des ménages permet d’effectuer des simulations relatives au nombre de ménages qui seraient affectés par l’évolution de l’un de ces facteurs. Deux hypothèses distinctes ont été explorées : d’une part, une forte hausse des prix de l’énergie, d’autre part, une accélération de la rénovation des logements.

Une hausse de 50 % des prix de l’énergie d’ici 2030, accompagnée d’une progression des salaires de 10 %, ferait basculer près de 257 000 ménages supplémentaires dans la vulnérabilité énergétique en Île-de-France. Le taux régional atteindrait alors 14,8 %, contre 9,5 % aujourd’hui.

À l’inverse, une politique de rénovation du parc résidentiel pourrait réduire significativement l’exposition des ménages. Trois scénarios ont été simulés, deux à l’horizon 2030 et un à l’horizon 2050 (figure 3). Le scénario dit « ciblé », conforme aux objectifs régionaux actuels, entraînerait une baisse de 55 000 ménages vulnérables (soit une baisse du taux de vulnérabilité de 1,1 point). Le scénario « étendu », portant sur la rénovation de 70 % des logements de classe F ou G et 30 % de ceux de classe E, permettrait de réduire la vulnérabilité de plus de 90 000 ménages et réduirait de 10,5 % la consommation énergétique conventionnelle. Enfin, un scénario plus ambitieux, cohérent avec la stratégie nationale bas carbone en vigueur, diviserait par deux le nombre de ménages vulnérables d’ici 2050 : 233 000 ménages sortiraient de la vulnérabilité et la consommation énergétique régionale diminuerait de 42 %.

Figure 3Simulation des effets possibles de la rénovation à prix inchangés

(part de logements concernés* en %)
Simulation des effets possibles de la rénovation à prix inchangés ((part de logements concernés* en %)) - Lecture : Dans le scénario de rénovation étendue, 92 400 ménages ne seraient plus vulnérables. De plus, cette rénovation entraînerait une baisse de 10,5 % de la consommation énergétique conventionnelle.
Scénario et cible DPE initial DPE après rénovation
 F   E   D   C   B   A 
Scénario « Rénovation ciblée » - Cible 2030 G 12 18 // // 9 5
F // 15 10 // 8 4
E // // 7 5 4 2
D // // // // 3 2
C // // // // // 6
Résultats attendus
Ménages vulnérables -55 500
Consommation énergétique conventionnelle -8,4
Scénario « Rénovation étendue » - Cible 2030 GF // 10 50 10 // //
E // // 30 // // //
Résultats attendus
Ménages vulnérables -92 400
Consommation énergétique conventionnelle -10,5
Scénario « Rénovation ambitieuse » - Cible 2050 GFE // // 10 40 30 20
D // // // 40 30 20
C // // // // 30 20
Résultats attendus
Ménages vulnérables -233 000
Consommation énergétique conventionnelle -42,2
  • * Part de logements concernés, dans la classe énergétique de départ, par une évolution vers la classe énergétique d’arrivée.
  • // : absence de données due à la nature des choses.
  • Lecture : Dans le scénario de rénovation étendue, 92 400 ménages ne seraient plus vulnérables. De plus, cette rénovation entraînerait une baisse de 10,5 % de la consommation énergétique conventionnelle.
  • Champ : Ménages vivant en résidence principale en Île-de-France au 1er janvier 2022 et dont le revenu disponible annuel est positif.
  • Sources : Insee, Fidéli 2022 ; SDES, bilan annuel de l’énergie 2021 ; Ademe, base des DPE juillet 2022-juin 2023.

Figure 3Simulation des effets possibles de la rénovation à prix inchangés

  • * Part de logements concernés, dans la classe énergétique de départ, par une évolution vers la classe énergétique d’arrivée.
  • Lecture : Dans le scénario de rénovation étendue, 92 400 ménages ne seraient plus vulnérables. De plus, cette rénovation entraînerait une baisse de 10,5 % de la consommation énergétique conventionnelle.
  • Champ : Ménages vivant en résidence principale en Île-de-France au 1er janvier 2022 et dont le revenu disponible annuel est positif.
  • Sources : Insee, Fidéli 2022 ; SDES, bilan annuel de l’énergie 2021 ; Ademe, base des DPE juillet 2022-juin 2023.
Publication rédigée par :Lauren Berthelot, Marwan Hadour (Insee), Thuriane Mahé, Romain Parent (Direction régionale et interdépartementale de l'Hébergement et du Logement)

Pour comprendre

Cette étude repose sur les diagnostics de performance énergétique (DPE), du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023, compilés par l’Ademe. Les modifications des DPE des petits logements prévues dans l’arrêté paru en juillet 2024 ont été prises en compte.

Un travail d’appariement avec les logements du Fichier démographique sur les logements et les individus (Fidéli) 2022 a été effectué. Cette source de données géolocalisées, issue de divers fichiers fiscaux, fournit des informations sur le parc de logements et le profil de leurs occupants. Les données ainsi produites, qui couvrent une partie seulement de l’ensemble des résidences principales métropolitaines, ont été pondérées par calage, afin de retrouver les structures essentielles du parc immobilier au 1er janvier 2023.

Pour chaque logement, des dépenses énergétiques conventionnelles sont calculées en fonction des diagnostics DPE effectivement réalisés pour des logements dans le voisinage et des caractéristiques connues du logement (surface, mode de chauffage notamment), sous l’hypothèse du maintien d’un confort thermique standard dans le logement. Ces dépenses sont donc, par construction, indépendantes des comportements énergétiques réels des occupants. Les dépenses réelles peuvent être inférieures, par exemple lorsqu’un ménage vit dans un logement sous-occupé, et ne chauffe pas l’ensemble des pièces. À l’inverse, elles peuvent être supérieures si le confort thermique recherché dépasse le standard (19 °C en présence des occupants, 16 °C le reste du temps).

Définitions

Le revenu disponible d’un ménage est celui dont il dispose pour consommer et épargner. Il comprend les revenus d’activité nets des cotisations sociales, les indemnités de chômage, les retraites et pensions, les revenus du patrimoine (fonciers et financiers) et les autres prestations sociales perçues, nets des impôts directs.

Les dépenses énergétiques conventionnelles liées à l’habitat correspondent à un usage standard du logement occupé et portent sur cinq usages de l’énergie pour le logement : le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, le refroidissement, l’éclairage et la ventilation. Le chauffage et l’eau chaude représentent en France plus de 95 % des dépenses énergétiques considérées ici.

Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation (UC). Il est donc identique pour tous les individus d’un même ménage. Les UC sont calculées selon l’échelle d’équivalence de l’OCDE modifiée (1 pour le premier adulte du ménage, 0,5 pour les autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 pour les enfants de moins de 14 ans).

Le seuil de pauvreté correspond à 60 % du niveau de vie médian en France métropolitaine.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) renseigne sur la performance énergétique d’un logement en évaluant consommation d’énergie et émissions de gaz à effet de serre conventionnelles au m², pour un usage standard. L’étiquette A à G attribuée dépend ainsi des caractéristiques du bâti (dont les combustibles utilisés) et de l’ampleur des besoins du fait du climat local. Les logements classés F et G sont dits « énergivores ».

Pour en savoir plus

(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.

(2) Berthelot L., Hadour M., Mahé Th., Parent R., « La vulnérabilité énergétique des logements en Île-de-France », Insee Dossier Île-de-France no 11, à paraître en avril 2026.

(3) Lenzi É., Masson K., Mora V., Prusse S., « Près de 5 millions de ménages en situation de vulnérabilité énergétique pour leur logement en 2021 », Insee Analyses no 106, avril 2025.

(4) Ouvrir dans un nouvel ongletTableau de bord 2024 de la précarité énergétique, Observatoire national de la précarité énergétique, édition décembre 2024.