Emploi salarié - Plus de 8 000 emplois salariés créés en Normandie en 2022 Bilan économique 2022

Diane Delver-Custos (Insee)

En 2022, l’emploi salarié poursuit sa hausse en Normandie (+8 100 emplois en un an après +32 700 en 2021). Tous les secteurs d’activités créent des emplois dans la région, excepté le tertiaire non marchand. L’emploi salarié progresse, de manière plus ou moins forte, selon les départements normands, de +300 dans l’Orne à +4 000 en Seine-Maritime.

Insee Conjoncture Normandie
No 37
Paru le :Paru le01/06/2023
Diane Delver-Custos (Insee)
Insee Conjoncture Normandie No 37- Juin 2023
Avertissement

Dans cette publication, le concept d'emploi se réfère aux critères du Bureau international du travail (BIT). Sont comprises dans l'emploi à la fois les personnes ayant travaillé au moins une heure rémunérée pendant une période donnée, mais également les personnes en emploi n’ayant pas travaillé pour certaines raisons (en particulier celles en chômage partiel et en arrêt maladie).

L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) a pu transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises. Durant la phase de montée en charge de la DSN, des adaptations ont été réalisées dans la chaîne de traitement statistique des estimations d’emploi afin de tenir compte de ces changements. En particulier, au troisième trimestre 2022, une bascule vers la source DSN a été opérée pour la fonction publique de l’État. Ce changement de source a pu entraîner une rupture de la saisonnalité de la mesure de l’emploi public ; les ruptures les plus nettes ont été neutralisées, mais certaines moins évidentes et plus légères peuvent subsister.

Plus de trois emplois salariés normands sur quatre dans le tertiaire

Au 31 décembre 2022, la Normandie compte 1 232 100 emplois salariés. Pour l’essentiel il s’agit d’emplois tertiaires (931 600, soit 76 % de l’ensemble) mais la région Normandie concentre encore de nombreux emplois industriels (203 000, soit 16 %) et dans une moindre mesure dans le BTP (près de 80 000, soit 6 %).

L’emploi de la région a progressé de 0,7 % sur un an, près de deux fois moins qu’au niveau national (+1,3 %). Cette évolution relativement modeste la place parmi les régions les moins dynamiques de ce point de vue (14e sur 17) devant la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est (+0,5 %) et les Hauts-de-France (+0,4 % ; figure 1).

Figure 1Évolution régionale de l'emploi salarié total entre fin 2021 et fin 2022

Évolution de l'emploi salarié total entre fin 2021 et fin 2022 (en %)
Évolution régionale de l'emploi salarié total entre fin 2021 et fin 2022 (Évolution de l'emploi salarié total entre fin 2021 et fin 2022 (en %))
Évolution de l'emploi salarié total entre fin 2021 et fin 2022 (en %)
Auvergne-Rhône-Alpes 1,4
Bourgogne-Franche-Comté 0,5
Bretagne 1,6
Centre-Val de Loire 0,8
Corse 1,8
France hors Mayotte 1,3
Grand Est 0,5
Guadeloupe 3,3
Guyane 3,3
Hauts-de-France 0,4
Île-de-France 1,9
La Réunion 2,2
Martinique 2,0
Normandie 0,7
Nouvelle-Aquitaine 1,1
Occitanie 1,4
Pays de la Loire 1,4
Provence-Alpes-Côte d'Azur 1,2
  • Lecture : les bornes comprennent une limite correspondant à l'évolution au niveau national (+1,3 % entre fin décembre 2021 et fin décembre 2022), ce qui permet de visualiser si les régions ont évolué plus ou moins vite comparativement au niveau national.
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total ; France hors Mayotte.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 1Évolution régionale de l'emploi salarié total entre fin 2021 et fin 2022

  • Lecture : les bornes comprennent une limite correspondant à l'évolution au niveau national (+1,3 % entre fin décembre 2021 et fin décembre 2022), ce qui permet de visualiser si les régions ont évolué plus ou moins vite comparativement au niveau national.
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total ; France hors Mayotte.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Le tertiaire marchand premier secteur créateur d’emplois

Au total 8 100 emplois ont été créés en 2022. Tous les secteurs d’activités continuent à créer des emplois en Normandie, excepté le tertiaire non marchand (-800 en un an, -0,2 % ; figure 2). Le tertiaire marchand est toujours le premier secteur créateur d’emploi (+6 100 sur un an), devant l’industrie (+1 400), la construction (+1 000) et l’agriculture (+400).

À l’inverse, l’intérim repart à la baisse en Normandie (-800 emplois sur un an, soit -1,8 %) comme au niveau national (-1,2 %). Il reste toutefois supérieur à son niveau d’avant-crise dans la région comme en France hors Mayotte.

En 2022, l’emploi privé est toujours en hausse en Normandie avec la création de plus de 10 000 emplois en un an (+1,1 % ; figure 3) comme au niveau national (+1,6 %). En revanche, l’emploi public continue de perdre des emplois dans la région (-2 000 en un an, -0,7 %) et se stabilise en France hors Mayotte (0,0 %).

Figure 2Emploi salarié total par secteur d'activité - Normandie

(en %)
Emploi salarié total par secteur d'activité - Normandie ((en %))
Secteur d'activité Emploi au 31/12/2022 (milliers) Évolution entre fin 2021 et fin 2022 Évolution entre fin 2019 et fin 2022 Évolution annuelle moyenne entre fin 2016 et fin 2021 ¹
Normandie Normandie France hors Mayotte Normandie France hors Mayotte Normandie France hors Mayotte
Agriculture 18,7 2,3 1,4 12,0 5,8 3,4 2,1
Industrie 203,0 0,7 1,2 0,9 1,6 0,3 0,3
Industrie agroalimentaire 38,8 0,9 0,6 5,6 6,0 1,4 1,8
Énergie, eau, déchets, cokéfaction et raffinage 24,7 1,7 1,7 2,6 4,0 0,5 0,6
Biens d'équipement 20,3 0,4 1,9 -2,2 0,6 -0,7 0,0
Matériels de transport 26,7 -0,9 0,6 -2,5 -3,6 0,7 -0,8
Autres branches industrielles 92,5 0,9 1,2 0,3 0,6 -0,0 -0,0
Construction 78,9 1,3 0,7 7,4 7,8 2,1 3,0
Tertiaire marchand 524,4 1,2 2,0 5,6 6,5 1,5 2,0
Commerce 150,6 0,4 0,7 5,5 5,5 1,7 1,5
Transports 69,2 1,6 0,7 2,7 1,8 0,4 1,0
Hébergement - restauration 47,7 3,9 4,7 10,0 7,3 3,1 2,5
Information - communication 12,7 3,6 5,3 9,2 13,1 2,3 3,5
Services financiers 30,3 0,4 2,1 2,3 4,8 0,6 0,9
Services immobiliers 10,3 -1,5 0,0 3,0 3,3 0,9 1,5
Services aux entreprises hors intérim 99,9 1,3 2,8 6,0 8,4 2,0 2,7
Intérim 43,9 -1,8 -1,2 3,1 4,7 2,1 3,7
Services aux ménages 59,8 3,0 2,7 8,3 8,5 0,5 0,9
Tertiaire non marchand 407,2 -0,2 0,3 0,8 2,0 -0,1 0,3
Total 1 232,1 0,7 1,3 3,4 4,5 0,8 1,3
  • ¹ : évolution qui aurait été observée pour l'emploi salarié total du secteur pour chaque année de la période considérée, en supposant une évolution identique chaque année.
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

figure 3Évolution trimestrielle de l'emploi salarié

(indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2016)
Évolution trimestrielle de l'emploi salarié ((indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2016))
Emploi salarié total - Normandie Emploi salarié total - France hors Mayotte Emploi salarié privé - Normandie Emploi salarié privé - France hors Mayotte
4ᵉ trim. 2016 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2017 100,1 100,5 100,2 100,6
2ᵉ trim. 2017 100,4 100,9 100,6 101,1
3ᵉ trim. 2017 100,4 101,0 100,7 101,3
4ᵉ trim. 2017 100,5 101,3 100,9 101,8
1ᵉ trim. 2018 100,7 101,6 101,1 102,2
2ᵉ trim. 2018 100,8 101,6 101,4 102,4
3ᵉ trim. 2018 100,5 101,6 101,1 102,4
4ᵉ trim. 2018 100,7 101,8 101,2 102,6
1ᵉ trim. 2019 101,3 102,5 102,0 103,4
2ᵉ trim. 2019 101,3 102,7 102,1 103,7
3ᵉ trim. 2019 101,2 103,0 102,1 104,1
4ᵉ trim. 2019 101,5 103,3 102,4 104,4
1ᵉ trim. 2020 99,5 101,5 99,8 102,1
2ᵉ trim. 2020 99,7 101,3 100,3 102,1
3ᵉ trim. 2020 101,3 103,2 102,1 104,1
4ᵉ trim. 2020 101,5 103,0 102,2 103,9
1ᵉ trim. 2021 102,0 103,7 103,1 104,8
2ᵉ trim. 2021 103,0 105,0 104,2 106,3
3ᵉ trim. 2021 103,7 105,9 105,1 107,5
4ᵉ trim. 2021 104,3 106,6 105,9 108,5
1ᵉ trim. 2022 104,4 107,1 106,2 109,0
2ᵉ trim. 2022 104,6 107,5 106,5 109,5
3ᵉ trim. 2022 105,0 107,8 107,1 110,0
4ᵉ trim. 2022 105,0 108,0 107,1 110,2
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

figure 3Évolution trimestrielle de l'emploi salarié

  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Des créations d’emplois salariés dans tous les départements normands

Tous les départements normands suivent cette tendance favorable de création d’emploi salarié en 2022 (figure 4). Ces créations nettes d’emploi sont modérées dans l’Orne (+300), l’Eure (+400) et la Manche (+600), elles sont plus conséquentes dans le Calvados (+2 800) et surtout en Seine-Maritime (+4 000). Le tertiaire marchand (+2 800 dans le Calvados et +3 200 en Seine-Maritime ; figure 5) explique la forte hausse observée dans ces deux départements qui concentrent toujours plus de six emplois salariés régionaux sur dix.

La Manche fait face à une diminution des emplois dans le tertiaire non marchand (-400) qui atténue les créations observées dans les autres secteurs d’activités, notamment l’industrie (+600) et le tertiaire marchand (+200). L’Eure est le seul département normand à voir baisser l’emploi salarié dans le tertiaire marchand sur un an (-300). Ce recul est toutefois compensé par les gains des autres secteurs, notamment l’industrie (+300) et la construction (+200).

En 2022, la situation de l’Orne est atypique. En effet, c’est le seul département en Normandie à connaître une destruction d’emplois industriels (-100). Les hausses constatées dans les autres secteurs, notamment dans le tertiaire (+300), compensent très légèrement cette baisse.

Figure 4Évolution de l'emploi salarié total par département

(en %)
Évolution de l'emploi salarié total par département ((en %))
Évolution entre fin 2020 et fin 2021 Évolution entre fin 2021 et fin 2022
Calvados 3,3 1,0
Eure 2,4 0,2
Manche 2,9 0,3
Orne 1,8 0,3
Seine-Maritime 2,7 0,8
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 4Évolution de l'emploi salarié total par département

  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 5Emploi salarié total par département et par grand secteur d'activité - Normandie

(en %)
Emploi salarié total par département et par grand secteur d'activité - Normandie ((en %))
Zonage Emploi au 31/12/2022 (milliers) Évolution entre fin 2021 et fin 2022 Évolution entre fin 2019 et fin 2022
Agriculture Industrie Construction Tertiaire marchand dont Intérim Tertiaire non marchand Total
Calvados 272,0 -0,1 0,8 1,4 2,2 1,5 -0,6 1,0 4,0
Eure 185,7 3,7 0,9 1,6 -0,4 -2,4 0,1 0,2 2,0
Manche 184,8 2,0 1,6 0,4 0,3 -6,0 -0,7 0,3 3,6
Orne 95,3 3,8 -0,7 1,4 0,5 1,5 0,3 0,3 2,7
Seine-Maritime 494,2 3,3 0,4 1,5 1,4 -2,3 -0,0 0,8 3,6
Normandie 1 232,1 2,3 0,7 1,3 1,2 -1,8 -0,2 0,7 3,4
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Avertissement

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Pour comprendre

Emploi salarié

Par rapport aux bilans économique publiés en 2022, les Estimations trimestrielles d’emploi (ETE) sont révisées sur le passé à partir de l’année 2020 : elles ont été calées sur les Estimations annuelles d’emploi de fin 2020, elles-mêmes révisées en janvier 2023, avec pour principal impact de réhausser le niveau de l’emploi salarié en 2020 (voir l’Insee Focus no 288 « En 2021, l’emploi augmente de façon inédite » et la note méthodologique des ETE). Par ailleurs les séries sur l’alternance dans le secteur privé ont été révisées, en raison notamment d’une nouvelle correction des variations saisonnières, avec pour conséquence une légère révision de la dynamique infra-annuelle de l’emploi salarié privé depuis 2020.

Nomenclature

Définitions

Emploi salarié :

Les salariés sont les personnes qui travaillent, aux termes d’un contrat, pour une autre entité résidente en échange d’un salaire ou d’une rétribution équivalente, avec un lien de subordination.

Estimations d'emploi localisées / Estel :

Le concept central d'Estel est une synthèse ascendante des sources administratives utilisées avec prise en compte de la multi-activité. Estel mesure l'emploi selon un concept « BIT répertorié ».

Intérim / Travail temporaire / Travail intérimaire :

L'intérim (ou travail intérimaire ou travail temporaire) consiste à mettre à disposition provisoire d’entreprises clientes, des salariés qui, en fonction d'une rémunération convenue, sont embauchés et rémunérés à cet effet par l'entreprise de travail temporaire.

Correction des variations saisonnières / CVS / Désaisonnalisation :

La correction des variations saisonnières permet d’éliminer l’effet de fluctuations périodiques infra-annuelles dues au calendrier et aux saisons, de manière à faire ressortir les évolutions les plus significatives de la série. Celles-ci sont contenues dans la tendance et la composante irrégulière.

Nomenclature d'activités française / NAF :

La nomenclature des activités économiques en vigueur en France depuis le 1er janvier 2008 est la nomenclature d'activités française (NAF rév. 2). La NAF a la même structure que de la nomenclature d'activités de la Communauté européenne (NACE rév. 2) mais elle comporte un niveau supplémentaire, spécifique à la France, celui des sous-classes.

La NAF rév. 2 comporte cinq niveaux comprenant respectivement : 21, 88, 272, 615 et 732 postes.

La NAF rév. 2 s'est substituée à la NAF rév. 1 datant de 2003 (entrée en vigueur au 1er janvier 2003). La NAF rév. 1 comporte cinq niveaux ayant respectivement 17, 31, 62, 224, et 712 postes .

La NAF rév. 1 avait succédé à la NAF qui était en vigueur depuis le 1er janvier 1993.

Emploi (au sens du Bureau International du Travail (BIT)) :

Une personne en emploi au sens du Bureau International du Travail (BIT) est une personne de 15 ans ou plus ayant effectué au moins une heure de travail rémunéré au cours d’une semaine donnée ou absente de son emploi sous certaines conditions de motif (congés annuels, maladie, maternité,etc.) et de durée.

Chômage partiel :

Lorsqu'une entreprise réduit son activité au-dessous de l'horaire légal ou arrête momentanément tout ou partie de son activité et qu'elle n'entend pas rompre les contrats de travail qui la lient à ses salariés, elle peut avoir recours au chômage partiel.

Pour en savoir plus