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Insee Première · Juin 2022 · n° 1905
Insee PremièreLa crise sanitaire double le recours aux applications d’appels par Internet en entreprise

Nicolas Boudrot, Insee

En 2021, près des deux tiers des employés des sociétés de 10 personnes ou plus utilisent Internet pour des raisons professionnelles. Parmi eux, six sur dix y accèdent notamment sur des appareils portables (smartphone, PC portable, tablette) via le réseau mobile.

L’Internet fixe équipe presque toutes les sociétés implantées en France, mais elles ne sont que huit sur dix à disposer du très haut débit, moins que la moyenne de l’Union européenne.

Près de six sociétés sur dix utilisent des applications d’appels via Internet, soit deux fois plus qu’en 2019. Cette croissance a été stimulée par la crise sanitaire, qui a poussé à développer ou intensifier cet usage pour neuf sociétés sur dix, dont près de la moitié de façon pérenne.

L’usage des médias sociaux dans les sociétés a triplé entre 2013 et 2021. Plus de six sociétés sur dix possèdent désormais un profil sur l’un des médias sociaux les plus répandus.

En 2021, sept sociétés sur dix disposent d’un site web. Parmi elles, deux sur dix ont fait évoluer leur site web à la suite de la crise sanitaire, en particulier sur la description des biens ou des services, la liste des prix ou la commande ou la réservation en ligne.

Presque toutes les sociétés ont accès à Internet

En 2021, la quasi-totalité (99 %) des sociétés implantées en France de 10 personnes ou plus utilisent Internet. Cette utilisation n’est en revanche que partielle au sein des sociétés, où 63 % des employés l’utilisent (figure 1). Cette part est supérieure à la moyenne européenne (58 %). Elle est plus faible en Bulgarie, Roumanie, Portugal et Grèce (de 37 % à 45 %), et plus élevée dans les pays nordiques (Pays-Bas, Danemark, Suède et Finlande, de 73 % à 85 %). Avec une progression de 18 points depuis 2012, l’usage d’Internet en entreprise s’est davantage intensifié en France que dans l’Union européenne (+ 14 points). En Autriche, Lituanie, Hongrie et Finlande, les progressions sont les plus fortes (+ 20 points).

Figure 1 – Utilisation d'Internet dans les sociétés en France et dans l'Union européenne

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Figure 1 – Utilisation d'Internet dans les sociétés en France et dans l'Union européenne (en %) - Lecture : en 2021, 63 % des employés des sociétés françaises utilisent Internet pour des raisons professionnelles, et 38 % sur le réseau mobile via un appareil portable fourni par l’employeur.
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Employés sur réseau mobile en France 15 16 18 21 24 25 29 32 32 38
Employés sur Internet hors réseau mobile en France 30 33 33 32 30 30 32 30 29 25
Ensemble des employés avec Internet en France 45 49 51 53 54 55 61 62 61 63
Employés sur réseau mobile dans l'UE 14 15 18 19 22 23 26 28 29 31
Employés sur Internet hors réseau mobile dans l'UE 30 31 28 29 27 27 27 26 27 27
Ensemble des employés avec Internet dans l'UE 44 46 46 48 49 50 53 54 56 58
  • Lecture : en 2021, 63 % des employés des sociétés françaises utilisent Internet pour des raisons professionnelles, et 38 % sur le réseau mobile via un appareil portable fourni par l’employeur.
  • Champ : sociétés de 10 personnes ou plus, implantées en France, des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d'assurance.
  • Sources : Eurostat, Insee, enquêtes TIC entreprises 2012 à 2021.

Figure 1 – Utilisation d'Internet dans les sociétés en France et dans l'Union européenne

  • Lecture : en 2021, 63 % des employés des sociétés françaises utilisent Internet pour des raisons professionnelles, et 38 % sur le réseau mobile via un appareil portable fourni par l’employeur.
  • Champ : sociétés de 10 personnes ou plus, implantées en France, des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d'assurance.
  • Sources : Eurostat, Insee, enquêtes TIC entreprises 2012 à 2021.

Les secteurs de l’information et communication, et des activités spécialisées, scientifiques et techniques se distinguent par une utilisation très répandue (plus de 90 % des employés). À l’inverse, dans l’hébergement et la restauration, seuls 37 % des employés utilisent Internet. Dans les très grandes sociétés, les employés y ont le plus souvent recours (70 %). Dans les sociétés de moins de 250 personnes, cette part est plus faible et peu dépendante de la taille des sociétés : de 52 % à 59 % pour les petites, moyennes et grandes sociétés.

Six employés sur dix utilisant Internet disposent d’un appareil portable connecté au réseau mobile

En 2021, 38 % des employés utilisent un appareil portable (smartphone, ordinateur portable, tablette) connecté à un réseau mobile fourni par leur entreprise, contre 15 % en 2012. Cette progression est plus forte que dans l’Union européenne, où 31 % des employés sont équipés en 2021, alors qu’ils étaient presque autant qu’en France en 2012 (14 %).

Si l’augmentation de l’usage d’Internet en entreprise explique en partie cette progression, les appareils mobiles prennent malgré tout, de plus en plus de place dans la connectivité professionnelle. Ils y sont désormais dominants : 60 % des employés qui accèdent à Internet ont un appareil portable fourni par l’employeur, contre 32 % en 2012. La connectivité portable est particulièrement importante dans les secteurs où les employés sont les moins sédentaires, comme la construction (78 %) ou le transport et l’entreposage (73 %), et c’est là qu’elle a le plus progressé (respectivement + 47 points et + 41 points en 9 ans). Dans la construction, seules 7 % des sociétés de ce secteur équipent moins d’un employé sur 10 (contre 12 % tous secteurs confondus). Dans le transport et l’entreposage, les situations sont plus hétérogènes entre sociétés, et le taux de connectivité portable élevé est pour l’essentiel imputable à quelques très grandes sociétés où un grand nombre d’employés sont équipés.

En France, le très haut débit est moins répandu que dans l’Union européenne

En 2021, 95 % des sociétés sont équipées d’une connexion fixe à haut débit (figure 2). Ce taux était déjà élevé en 2014 (93 %), et ce quel que soit le secteur ou la taille de la société, excepté dans l’hébergement et la restauration, où il a néanmoins progressé de 86 % à 93 %. Le taux d’équipement dépasse 80 % dans tous les pays de l’Union européenne ; il est même supérieur à 90 % dans 21 d’entre eux.

Figure 2 – Équipement internet fixe des sociétés selon la vitesse de connexion

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Figure 2 – Équipement internet fixe des sociétés selon la vitesse de connexion (en %) - Lecture : en 2021, 12 % des sociétés de 10 à 19 personnes disposent d’une connexion fixe à Internet d’un débit supérieur à 1 Gbit/s.
1 Gbit/s
ou plus
De 30 Mbits/s
à moins
de 1 Gbit/s
Moins de
30 Mbit/s
Ensemble
Transports et entreposage 12 57 21 90
Services administratifs et de soutien ; activités immobilières 19 60 14 93
Construction 10 63 21 93
Hébergement et restauration 11 67 15 93
Industrie 12 60 22 94
Commerce de détail 13 64 19 96
Commerce de gros ; commerce et réparation automobiles 17 64 15 97
Activités spécialisées, scientifiques et techniques 23 65 10 98
Information et communication ; réparation d'ordinateurs 32 59 8 99
10-19 personnes 12 63 18 93
20-49 personnes 18 59 18 95
50-249 personnes 20 65 14 98
250 personnes ou plus 27 65 8 99
Ensemble 15 62 17 95
  • Lecture : en 2021, 12 % des sociétés de 10 à 19 personnes disposent d’une connexion fixe à Internet d’un débit supérieur à 1 Gbit/s.
  • Champ : sociétés de 10 personnes ou plus, implantées en France, des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d'assurance.
  • Source : Insee, enquête TIC entreprises 2021.

Figure 2 – Équipement internet fixe des sociétés selon la vitesse de connexion

  • Lecture : en 2021, 12 % des sociétés de 10 à 19 personnes disposent d’une connexion fixe à Internet d’un débit supérieur à 1 Gbit/s.
  • Champ : sociétés de 10 personnes ou plus, implantées en France, des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d'assurance.
  • Source : Insee, enquête TIC entreprises 2021.

En ce qui concerne le déploiement de la connexion à très haut débit, le plan « France Très Haut Débit », lancé en 2013, vise à couvrir l’intégralité du territoire en très haut débit d’ici fin 2022, essentiellement en fibre optique. Au 31 décembre 2021, 33,2 millions de locaux sont éligibles au très haut débit filaire, d’après l’observatoire de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep). En 2021, 77 % des sociétés disposent d’une connexion fixe à très haut débit. Elles sont 15 % à avoir accès aux débits les plus élevés (1 Gbit/s ou plus). La part de ces abonnements est inférieure à la moyenne européenne (81 %) pour les connexions à très haut débit mais supérieure pour la connexion aux débits les plus élevés, qui concerne 10 % des sociétés en moyenne en Europe. La Hongrie, la Grèce et la Croatie sont les pays dans lesquels les abonnements à très haut débit sont les moins fréquents (de 60 % à 62 %). En France, ces abonnements sont largement répandus dans les secteurs de l’information et communication, et réparation d’ordinateurs et d'équipements de communication (91 %), des activités spécialisées, scientifiques et techniques (88 %), ainsi qu’au sein des très grandes sociétés (92 %).

Avec la crise sanitaire, le recours aux applications d’appels via Internet a doublé

Entre 2019 et 2021, la part des sociétés recourant à des applications d’appel via Internet (audio ou vidéo, par exemple Skype, Whatsapp, Teams, Zoom) a doublé : 56 % des sociétés utilisent ce type d’applications en 2021, contre 27 % en 2019 (figure 3). Ce développement concerne les sociétés de toute taille ou activité (de + 22 points à + 35 points), y compris celles déjà habituées aux appels via Internet. L’utilisation est presque généralisée (plus de 93 %) dans l’information et communication et la réparation d’ordinateurs, et dans les très grandes sociétés. Pour ces dernières, le recours était déjà élevé en 2019 (plus de 70 %).

Figure 3 – Impact de la crise sanitaire sur l'usage des applications d’appels via Internet dans les sociétés

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Figure 3 – Impact de la crise sanitaire sur l'usage des applications d’appels via Internet dans les sociétés (en %) - Lecture : en 2021, pour 6 % des sociétés, la crise n’a pas intensifié leur usage des applications d’appels via Internet.
Usage
en développement permanent
lié à la crise
Usage
en développement temporaire
lié à la crise
Usage
non lié à la crise
Hébergement et restauration 12 17 9
Construction 16 21 8
Transports et entreposage 21 19 5
Commerce de détail 19 23 6
Industrie 28 23 6
Commerce de gros ; commerce et réparation automobiles 34 19 7
Services administratifs et de soutien ; activités immobilières 29 28 4
Activités spécialisées, scientifiques et techniques 48 30 3
Information et communication ; réparation d'ordinateurs 59 26 8
10-19 personnes 18 21 7
20-49 personnes 29 27 6
50-249 personnes 53 24 5
250 personnes ou plus 75 16 3
Ensemble 27 23 6
  • Lecture : en 2021, pour 6 % des sociétés, la crise n’a pas intensifié leur usage des applications d’appels via Internet.
  • Champ : sociétés de 10 personnes ou plus, implantées en France, des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d'assurance.
  • Source : Insee, enquête TIC entreprises 2021.

Figure 3 – Impact de la crise sanitaire sur l'usage des applications d’appels via Internet dans les sociétés

  • Lecture : en 2021, pour 6 % des sociétés, la crise n’a pas intensifié leur usage des applications d’appels via Internet.
  • Champ : sociétés de 10 personnes ou plus, implantées en France, des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d'assurance.
  • Source : Insee, enquête TIC entreprises 2021.

Pour neuf sociétés sur dix qui utilisent des applications d’appel via Internet, les restrictions de déplacement liées à la crise sanitaire en ont développé ou intensifié l’usage, de façon permanente pour près de la moitié d’entre elles. Encore une fois, ce constat concerne toutes les sociétés, quel que soit le secteur ou la taille de l'entreprise. Il est cependant moindre dans l’hébergement et la restauration, où l’usage s’est développé ou intensifié pour 77 % des sociétés.

Pour les sociétés les plus utilisatrices en 2021, l’intensification n’est que temporaire. En particulier, la quasi-totalité des très grandes sociétés ont renforcé l’usage des applications d’appel via Internet pendant la crise sanitaire, mais 82 % d’entre elles ont repris ensuite leur rythme d’avant-crise.

La France rattrape son retard sur l’utilisation de médias sociaux

En huit ans, la part de sociétés de 10 personnes ou plus qui utilisent les médias sociaux a triplé, progressant de 20 % en 2013 à 61 % en 2021. Sur cette période, la France enregistre la plus forte progression, rattrapant son retard sur la moyenne de l’Union européenne, où le recours aux médias sociaux a progressé de 29 % à 59 %. L’utilisation des médias sociaux augmente pour les sociétés de toutes les tailles (de + 39 points pour les petites à + 48 points pour les grandes). Le commerce de détail enregistre la plus forte progression et devient l’un des plus grands utilisateurs en 2021 (71 %), après avoir été parmi ceux y ayant le moins recours en 2013 (18 %). Les médias sociaux sont les plus utilisés dans l’information et communication et leur usage s’y est nettement répandu : 86 % en 2021, après 57 % en 2013.

Pour 42 % des sociétés disposant d’un profil sur un média social en 2021, leur usage s’est développé ou intensifié à la suite de la crise sanitaire. Bien que cet usage ait plus évolué dans les très grandes entreprises que dans les petites, l’effet est plus souvent durable pour ces dernières : si 49 % des grandes sociétés ont davantage utilisé leur profil à la suite de la crise sanitaire, dont un tiers de façon permanente, c’est le cas de 40 % des petites sociétés, dont la moitié de façon permanente.

Les réseaux sociaux comme Facebook et LinkedIn, les incontournables médias sociaux des sociétés

Six sociétés sur dix utilisent des réseaux sociaux comme Facebook ou LinkedIn, qui permettent de partager des informations sur son profil, ses activités ou ses centres d’intérêts, soit trois fois plus qu’en 2013. Parmi les sociétés possédant un profil sur les médias sociaux, la quasi-totalité en possède un sur ce type de plateforme (97 %). Cette prédominance existait déjà en 2013, même si elle était moins marquée (89 %).

L’usage des médias sociaux de partage de contenu multimédia, comme YouTube, Instagram, Snapchat ou TikTok, s’est également fortement développé dans les sociétés : 23 % des sociétés ont un profil en 2021, soit 18 points de plus qu’en 2013. Cette progression est portée par les très grandes sociétés (54 % en 2021, après 35 % en 2013), notamment en raison d’un besoin plus important en ressources pour produire du contenu. La France est en retrait de 5 points sur l’usage de ce type de médias sociaux par rapport au niveau européen, et ce depuis 2013. Ce retard ne concerne néanmoins pas les très grandes sociétés, pour lesquelles le taux d’usage est le même que dans l’Union européenne.

Les blogs ou micro blogs comme Twitter et les wikis sont moins souvent utilisés par les sociétés (respectivement 12 % et 4 %). Le premier est contraignant en raison du besoin d’actualisation presque quotidien pour garder un lien avec sa communauté. Les wikis, basés sur un partage de connaissances, correspondent à un besoin particulier et nécessitent un travail plus complexe que la diffusion d’informations. Si plus de sociétés utilisent les blogs (+ 6 points) ou autant pour les wikis, leur représentation dans le paysage des médias sociaux est en recul, en raison du poids grandissant des réseaux sociaux. En effet, la proportion d’utilisatrices de blogs ou de wikis a reculé parmi les sociétés qui utilisent les médias sociaux (respectivement – 8 points et – 10 points en 8 ans). 26 % des sociétés en France utilisent au moins deux de ces quatre types de médias sociaux, dont les réseaux sociaux dans 99 % des cas.

En France, les sociétés possèdent moins souvent un site web que dans l’Union européenne

En 2021, sept sociétés implantées en France sur dix disposent d’un site web (figure 4). Cette proportion augmente depuis 2010 (+ 12 points), mais à un rythme nettement ralenti ces dernières années (+ 1 point depuis 2018). Les sites web sont moins répandus en France qu’au niveau européen (78 %), où la progression suit la même tendance qu’en France sur la période. La France se situe dans le dernier tiers des pays européens, avec la Roumanie et la Bulgarie où les parts dépassent à peine 50 %. À l’inverse, en Autriche, en Suède, aux Pays-Bas et en Finlande, plus de 90 % des sociétés ont un site web. Le classement de la France s’explique par le fait que les petites et moyennes sociétés ont moins souvent un site web (67 %, contre 75 % en Europe). En France comme en Europe, 94 % des très grandes sociétés en possèdent un.

Figure 4 – Possession d’un site web dans les sociétés européennes

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Figure 4 – Possession d’un site web dans les sociétés européennes (en %) - Lecture : en 2021, 75 % des sociétés en Italie possèdent un site web.
Pays Sociétés avec un site web
Roumanie 51
Bulgarie 52
Portugal 62
Grèce 62
Hongrie 63
Croatie 68
Lettonie 68
Chypre 69
France 71
Pologne 71
Italie 75
Slovaquie 76
Espagne 77
Lituanie 78
Estonie 80
Luxembourg 81
Malte 82
Irlande 82
République tchèque 83
Slovénie 83
Belgique 87
Allemagne 89
Suède 91
Autriche 91
Pays-Bas 92
Danemark 93
Finlande 96
  • Lecture : en 2021, 75 % des sociétés en Italie possèdent un site web.
  • Champ : Union Européenne, sociétés de 10 personnes ou plus, des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d'assurance.
  • Source : Eurostat, enquêtes TIC entreprises 2021, et 2020 pour le l’Estonie, le Danemark et la Belgique.

Figure 4 – Possession d’un site web dans les sociétés européennes

  • Lecture : en 2021, 75 % des sociétés en Italie possèdent un site web.
  • Champ : Union Européenne, sociétés de 10 personnes ou plus, des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d'assurance.
  • Source : Eurostat, enquêtes TIC entreprises 2021, et 2020 pour le l’Estonie, le Danemark et la Belgique.

Les sociétés des activités spécialisées, scientifiques et techniques (82 %), et de l’information et communication (88 %) ont plus souvent un site web. À l’inverse, les sites web sont moins répandus dans les secteurs des transports et entreposage (55 %), de la construction (60 %) et du commerce de détail (65 %), ces deux derniers ayant déjà les parts parmi les plus faibles en 2010.

Les sites web français proposent plus de fonctionnalités

En 2021, 81 % des sociétés qui disposent d’un site web mettent à disposition sur celui-ci la description ou le prix des biens ou des services qu’elles vendent, notamment celles de l’hébergement et la restauration (96 %) et du commerce de détail (90 %). 28 % des sociétés proposent la commande ou la réservation en ligne sur leur site web. Davantage le font dans le commerce de détail (69 %) ou l’hébergement et la restauration (70 %), et moins dans la construction (4 %). Parmi les sociétés qui permettent la commande ou la réservation en ligne sur leur site web, 55 % offrent la possibilité de suivre la commande. Davantage le proposent dans le commerce de détail (68 %), l’information et communication (65 %), ainsi que dans les très grandes sociétés (78 %). Afin d’offrir plus de visibilité sur leurs produits et services, 53 % des sociétés incluent sur leur site web un lien vers leur page de médias sociaux. Cependant, 28 % des sociétés qui ont un profil sur les médias sociaux ne le font pas. La personnalisation ou la conception en ligne par un client d’un produit ou service, de même que la personnalisation du contenu du site en fonction du visiteur, sont des fonctionnalités plus évoluées qui demandent des logiciels et compétences supplémentaires, elles sont donc moins souvent proposées (respectivement 11 % et 15 % des sites web des sociétés).

Bien que moins de sociétés en proportion aient un site web en France que dans l’Union européenne, les sites proposent plus de fonctionnalités en France : 58 % ont au moins deux des six fonctionnalités énumérées ci-dessus, contre 55 % en Europe. Pour les sites des très grandes sociétés, 45 % ont au moins trois fonctionnalités, contre 40 % en Europe.

Avec la crise sanitaire, les sociétés de commerce de détail ont plus souvent dû faire évoluer leur site web

Du fait de la crise sanitaire, 21 % des sociétés qui ont un site web l’ont fait évoluer (figure 5), dont près de quatre sur dix de façon permanente. L’impact de la crise sanitaire consiste davantage en une adaptation de l’existant qu’un développement de ses fonctionnalités. La part des sociétés qui disposent d’un site web avec la description ou le prix des biens ou des services, ou bien la commande ou encore la réservation en ligne, est stable depuis 2019. Huit fois sur dix, les évolutions ont porté soit sur la description ou le prix des biens ou des services, soit sur la commande ou la réservation en ligne, soit sur les deux. C’est particulièrement le cas pour les sociétés du commerce de détail (95 %), qui ont dû s’adapter pour pouvoir continuer à vendre leurs produits pendant les fermetures. Ces sociétés sont d’ailleurs celles qui ont le plus fait évoluer leur site web en raison de la crise sanitaire (40 %), même si elles n’envisagent pas plus souvent que les autres sociétés de pérenniser les évolutions apportées. À l’inverse, peu de sociétés dans la construction ont fait évoluer leur site web à la suite de la crise sanitaire (9 %).

Figure 5 – Impact de la crise sanitaire sur l’évolution des sites web des sociétés

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Figure 5 – Impact de la crise sanitaire sur l’évolution des sites web des sociétés (en %) - Lecture : 7 % des sociétés qui possèdent un site web en 2021 ont fait évoluer exclusivement la description des biens ou des prix sur leur site web en raison de la crise sanitaire.
Évolution exclusive de la description des biens ou des prix Évolution exclusive de la commande en ligne Double évolution : description et commande Autres évolutions Ensemble
Construction 5 0 1 3 9
Transports et entreposage 5 0 2 4 11
Industrie 5 2 5 3 15
Activités spécialisées, scientifiques et techniques 8 1 2 7 18
Information et communication ; réparation d'ordinateurs 11 1 3 6 21
Services administratifs et de soutien ; activités immobilières 11 0 6 6 23
Commerce de gros ; commerce et réparation automobiles 7 3 9 5 24
Hébergement et restauration 8 6 17 4 35
Commerce de détail 4 11 23 2 40
Ensemble 7 3 8 3 21
  • Lecture : 7 % des sociétés qui possèdent un site web en 2021 ont fait évoluer exclusivement la description des biens ou des prix sur leur site web en raison de la crise sanitaire.
  • Champ : sociétés de 10 personnes ou plus disposant d’un site web, implantées en France, des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d'assurance.
  • Source : Insee, enquête TIC entreprises 2021.

Figure 5 – Impact de la crise sanitaire sur l’évolution des sites web des sociétés

  • Lecture : 7 % des sociétés qui possèdent un site web en 2021 ont fait évoluer exclusivement la description des biens ou des prix sur leur site web en raison de la crise sanitaire.
  • Champ : sociétés de 10 personnes ou plus disposant d’un site web, implantées en France, des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d'assurance.
  • Source : Insee, enquête TIC entreprises 2021.
Publication rédigée par : Nicolas Boudrot, Insee

Sources

L’enquête sur les technologies de l’information et de la communication et le commerce électronique (TIC) de 2021 a été réalisée début 2021 auprès d’un échantillon d’environ 12 900 sociétés implantées en France. L’enquête vise à mieux connaître l’informatisation et la diffusion des TIC dans les entreprises. Sauf mention contraire, les questions concernent la situation au moment de l’enquête, c’est-à-dire au cours du premier trimestre 2021 pour l’enquête TIC 2021. Pour suivre au mieux l’évolution des outils numériques, les thématiques étudiées dans cette enquête évoluent constamment, et certaines ne sont présentes qu’épisodiquement. Les différentes analyses ne portent donc pas toutes sur la même période, et certaines ne sont pas disponibles pour toutes les années. Des enquêtes analogues ont été menées dans tous les pays européens en application du règlement communautaire n° 1006/2009 sur la société de l’information. Leurs résultats et les rapports qualité sont disponibles sur le site d’Eurostat. Cette étude s’appuie sur la définition juridique de l’entreprise (unité légale).

Définitions

Les sociétés sont ici des unités légales actives, sociétés ou entreprises individuelles, de 10 personnes occupées ou plus (salariés ou non-salariés). Les petites sociétés regroupent les sociétés avec 10 à 19 personnes occupées, les moyennes de 20 à 49, les grandes de 50 à 249, et les très grandes sociétés avec 250 personnes occupées ou plus.

Le très haut débit correspond à un débit minimum théorique de 30 Mbit/s. Ce seuil est fixé par les autorités européennes, dont l’Arcep en France.

Les médias sociaux considérés sont les réseaux sociaux (Facebook ou LinkedIn), les blogs d’entreprise ou micro-blogs (Twitter), les sites web de partage de contenu multimédia (YouTube, Instagram, Pinterest, Snapchat, TikTok), les wikis (outils collaboratifs de partage de connaissances qui permettent aux utilisateurs de contribuer en éditant le contenu des pages web).

Les six fonctionnalités des sites web considérées sont la description ou le prix des biens ou services, la commande ou la réservation en ligne (panier virtuel), la possibilité pour les visiteurs de personnaliser ou de concevoir des biens ou des services en ligne, le suivi de commande par le client, un contenu personnalisé du site pour les visiteurs réguliers ou habitués, des liens permettant d'accéder aux pages de l'entreprise dans les médias sociaux.

Pour en savoir plus