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Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur · Mars 2022 · n° 81
Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'AzurBilan démographique 2021 – Une mortalité record due à l’épidémie de Covid-19

Donia Essaieh, Benjamin Méreau (Insee)

Au 1er janvier 2022, Provence-Alpes-Côte d’Azur compte 5,13 millions d’habitants. Entre 2012 et 2022, la population de la région s’est accrue en moyenne de 0,4 % par an, un rythme un peu supérieur à celui de la France métropolitaine.

Le solde des naissances et des décès, qui s’amenuise depuis le début des années 2010, devient négatif en 2020 et 2021, en raison de la forte hausse de la mortalité due à l’épidémie de Covid-19. En 2021, la région a été particulièrement touchée par l’épidémie avec 13 % de décès en plus qu’en 2019, année de référence. La mortalité s’est même accrue par rapport à 2020, à rebours de la tendance nationale. Cette surmortalité a fait baisser l’espérance de vie des habitants de cinq mois pour les femmes et de huit mois pour les hommes.

Après avoir fortement baissé en 2020 en raison de la crise, le nombre de naissances se stabilise : le léger rebond de la fécondité, la plus élevée de France métropolitaine, compense juste la baisse du nombre de femmes en âge de procréer.

Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 81
Paru le : Paru le 15/03/2022

5 131 000 habitants au 1ᵉʳ janvier 2022 en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Au 1ᵉʳ janvier 2022, selon les estimations provisoires (sources), Provence-Alpes-Côte d’Azur compte 5 131 000 habitants, soit près de 8 % de la population de France métropolitaine. Avec 2,06 millions d’habitants, le département des Bouches-du-Rhône concentre à lui seul 40 % de la population régionale. Les Alpes-Maritimes demeurent légèrement plus peuplées que le Var (1 104 000 contre 1 096 000 habitants). Le Vaucluse (563 000 habitants) représente 11 % de la population régionale, les Alpes-de-Haute-Provence (166 000) et les Hautes-Alpes (141 000) environ 3 %.

Depuis 2020, les décès sont plus nombreux que les naissances

En dix ans, entre les 1er janvier 2012 et 2022, la région a gagné 19 500 habitants en moyenne par an, soit une croissance annuelle de 0,4 %, un rythme un peu supérieur à celui de la France métropolitaine. L’essor démographique de la région est relativement constant sur cette période. Il s’explique pour un tiers par le solde naturel, différence entre les nombres de naissances et de décès, et pour deux tiers par le solde migratoire.

En 2020 et 2021, toutefois, le solde naturel devient négatif dans la région (figure 1), en raison de la forte croissance des décès due à l’épidémie de Covid-19. Ce retournement fait suite à une période de baisse tendancielle du solde naturel, qui est passé de + 13 000 au début de la décennie 2010 à + 5 000 en 2019.

Le solde naturel demeure positif en 2021 pour l’ensemble de la France, mais seulement quatre régions métropolitaines sont dans ce cas : l’Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et, dans une moindre mesure, les Hauts-de-France et les Pays-de-la-Loire. Dans toutes les autres régions, les décès excèdent en 2021 les naissances.

Figure 1Évolution du nombre des naissances et des décès et du solde naturel entre 2012 et 2021 en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Évolution du nombre des naissances et des décès et du solde naturel entre 2012 et 2021 en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Années Naissances Décès
2012 59 800 47 600
2013 60 000 47 000
2014 59 700 46 800
2015 58 800 49 900
2016 57 800 49 700
2017 57 300 51 100
2018 56 500 50 800
2019 56 300 51 500
2020 54 900 55 600
2021 55 000 58 200
  • Note : données 2021 provisoires.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil.

Figure 1Évolution du nombre des naissances et des décès et du solde naturel entre 2012 et 2021 en Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • Note : données 2021 provisoires.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil.

Une année 2021 particulièrement meurtrière

En 2021, 58 200 résidents de la région sont décédés, après 55 600 en 2020. Cela représente respectivement 13 % et 8 % de plus qu’en 2019 (51 500 décès). La poussée de la mortalité s’explique en grande partie par l’épidémie de Covid-19 (encadré). Elle accentue la hausse déjà observée sur la période 2012-2019, conséquence du vieillissement de la population (hausse des décès de + 1,1 % par an en moyenne). La surmortalité par rapport à 2019 a été particulièrement marquée de janvier à avril. Après un reflux au printemps, l’excédent de décès s’est creusé à nouveau entre août et octobre, puis en décembre.

Depuis 2020, Provence-Alpes-Côte d’Azur est l’une des régions les plus touchées par le surcroît de mortalité. En 2021, c’est même la région où la hausse par rapport à 2019 est la plus forte de France métropolitaine (13 % contre 8 %). Le nombre de décès y est également supérieur à 2020 alors qu’il reflue en moyenne en France métropolitaine.

En 2021 comme en 2020, le surcroît de mortalité affecte davantage les hommes (+ 15 %) que les femmes (+ 11 %), et se concentre sur les 65 ans ou plus. En 2021, l’excédent de décès le plus prononcé concerne les personnes de 75 à 84 ans (+ 19 %). Moins épargnées qu’en 2020, les personnes de 65 à 74 ans (+ 12 %) subissent un surcroît de décès comparable à celui des personnes de 85 ans ou plus (+ 13 %).

Les Alpes-Maritimes et le Var sont davantage affectés en 2021 qu’en 2020. À l’inverse, dans le département des Hautes-Alpes, très touché au début de l’épidémie, le nombre de décès a diminué en 2021. Sur les deux années d’épidémie, le département des Bouches-du-Rhône est celui où la hausse des décès par rapport à 2019 est la plus forte.

L’espérance de vie des femmes et des hommes diminue en 2020 et 2021

Conséquence du surcroît de mortalité marqué en Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’espérance de vie à la naissance des femmes et des hommes a reculé en 2020 et en 2021 dans la région, alors qu’elle a diminué puis augmenté en France métropolitaine sur la même période. Une partie des gains d’espérance de vie des dernières années a donc été temporairement annulée par l’épidémie de Covid-19. Comme au niveau national, les hommes sont plus touchés que les femmes. Dans la région, en 2021, l’espérance de vie à la naissance est de 85 ans et deux mois pour les femmes (soit environ cinq mois de moins qu’en 2019) et de 79 ans et six mois pour les hommes (soit environ huit mois de moins qu’en 2019, la surmortalité associée au Covid-19 ayant été plus marquée chez les hommes). Elle se situe désormais au même niveau que la moyenne de France métropolitaine pour les hommes et est devenue légèrement inférieure pour les femmes (quatre mois de moins environ).

Un vieillissement marqué

La région est plus âgée que la moyenne nationale : au 1er janvier 2022, les 65 ans ou plus représentent 23,9 % de la population (contre 21,2 % en France métropolitaine), tandis que les moins de 20 ans sont proportionnellement moins nombreux (22,2 % contre 23,4 %). Le vieillissement de la population est de plus particulièrement marqué en Provence-Alpes-Côte d’Azur : en dix ans, la part des plus de 75 ans dans la population a progressé deux fois plus vite qu’en France métropolitaine (+ 1,5 point contre + 0,8) (figure 2).

Figure 2aPyramide des âges Provence-Alpes-Côte d’Azur et France métropolitaine au 1ᵉʳ janvier 2022

en %
Pyramide des âges Provence-Alpes-Côte d’Azur et France métropolitaine au 1ᵉʳ janvier 2022 (en %) - Lecture : en 2022, les hommes de 23 ans représentent 1,08 % de la population masculine en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 1,19 en France métropolitaine.
Âge Hommes (Provence-Alpes-Côte d’Azur 2022) Femmes (Provence-Alpes-Côte d’Azur 2022) Hommes (France métropolitaine 2022) Femmes (France métropolitaine 2022)
0 1,09 0,94 1,06 0,95
1 1,04 0,90 1,06 0,95
2 1,06 0,94 1,09 0,99
3 1,09 0,94 1,12 1,00
4 1,10 0,98 1,14 1,03
5 1,16 1,01 1,17 1,05
6 1,17 1,03 1,21 1,08
7 1,20 1,05 1,24 1,12
8 1,24 1,06 1,26 1,13
9 1,23 1,07 1,29 1,15
10 1,22 1,07 1,30 1,16
11 1,28 1,11 1,33 1,19
12 1,25 1,09 1,32 1,18
13 1,28 1,10 1,33 1,18
14 1,26 1,09 1,32 1,18
15 1,25 1,10 1,34 1,20
16 1,24 1,07 1,32 1,17
17 1,23 1,05 1,31 1,16
18 1,21 1,04 1,29 1,15
19 1,19 1,04 1,29 1,14
20 1,21 1,03 1,30 1,15
21 1,21 1,04 1,31 1,15
22 1,13 0,96 1,21 1,08
23 1,08 0,95 1,19 1,08
24 1,03 0,94 1,14 1,05
25 1,04 0,95 1,15 1,06
26 1,04 0,93 1,13 1,06
27 1,02 0,93 1,09 1,04
28 0,99 0,96 1,10 1,05
29 1,06 1,01 1,15 1,10
30 1,09 1,06 1,17 1,13
31 1,14 1,09 1,20 1,16
32 1,12 1,13 1,20 1,18
33 1,18 1,15 1,22 1,20
34 1,18 1,14 1,22 1,21
35 1,19 1,19 1,25 1,24
36 1,20 1,19 1,24 1,23
37 1,20 1,18 1,24 1,22
38 1,18 1,18 1,22 1,20
39 1,26 1,23 1,29 1,27
40 1,27 1,25 1,31 1,28
41 1,28 1,27 1,32 1,30
42 1,21 1,21 1,25 1,22
43 1,21 1,18 1,23 1,19
44 1,20 1,16 1,24 1,19
45 1,16 1,11 1,21 1,16
46 1,20 1,16 1,24 1,19
47 1,26 1,21 1,31 1,25
48 1,32 1,29 1,37 1,31
49 1,38 1,33 1,40 1,34
50 1,35 1,32 1,40 1,33
51 1,36 1,33 1,36 1,30
52 1,31 1,30 1,33 1,29
53 1,33 1,31 1,31 1,27
54 1,31 1,33 1,31 1,26
55 1,37 1,34 1,33 1,30
56 1,34 1,37 1,33 1,30
57 1,36 1,40 1,33 1,32
58 1,36 1,36 1,31 1,30
59 1,30 1,30 1,26 1,26
60 1,30 1,30 1,26 1,26
61 1,27 1,31 1,24 1,26
62 1,27 1,29 1,22 1,26
63 1,22 1,27 1,19 1,23
64 1,23 1,27 1,18 1,22
65 1,19 1,25 1,15 1,21
66 1,18 1,26 1,13 1,20
67 1,16 1,26 1,12 1,19
68 1,14 1,22 1,09 1,17
69 1,14 1,24 1,10 1,18
70 1,12 1,21 1,06 1,15
71 1,18 1,27 1,09 1,18
72 1,13 1,25 1,06 1,16
73 1,12 1,24 1,05 1,15
74 1,13 1,25 1,01 1,12
75 1,05 1,20 0,93 1,06
76 0,84 0,97 0,68 0,79
77 0,83 0,96 0,66 0,77
78 0,80 0,95 0,63 0,74
79 0,74 0,87 0,56 0,68
80 0,65 0,79 0,48 0,60
81 0,62 0,77 0,48 0,62
82 0,59 0,73 0,48 0,65
83 0,56 0,70 0,45 0,61
84 0,47 0,66 0,41 0,59
85 0,46 0,65 0,39 0,57
86 0,42 0,60 0,34 0,54
87 0,36 0,58 0,31 0,52
88 0,33 0,51 0,26 0,47
89 0,29 0,50 0,23 0,45
90 0,24 0,42 0,19 0,39
91 0,20 0,38 0,16 0,35
92 0,14 0,31 0,12 0,28
93 0,11 0,27 0,09 0,24
94 0,08 0,22 0,07 0,19
95 0,06 0,17 0,05 0,16
96 0,04 0,14 0,04 0,12
97 0,02 0,10 0,02 0,09
98 0,02 0,08 0,02 0,07
99 0,03 0,13 0,02 0,12
  • Lecture : en 2022, les hommes de 23 ans représentent 1,08 % de la population masculine en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 1,19 en France métropolitaine.
  • Sources : Insee, estimations de population au 1ᵉʳ janvier 2022 (provisoires), statistiques de l’état civil.

Figure 2aPyramide des âges - Provence-Alpes-Côte d’Azur et France métropolitaine au 1ᵉʳ janvier 2022

  • Lecture : en 2022, les hommes de 23 ans représentent 1,08 % de la population masculine en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 1,19 en France métropolitaine.
  • Sources : Insee, estimations de population au 1ᵉʳ janvier 2022 (provisoires), statistiques de l’état civil.

La chute des naissances neuf mois après le premier confinement a été compensée ensuite

En 2021, le nombre de naissances se stabilise à 55 000 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, après plusieurs années de repli, dont une forte baisse en 2020 (- 2,5 % par rapport à 2019). Comme au niveau national, les naissances ont reculé nettement au début de l’année 2021, neuf mois après le 1er confinement. En janvier et février 2021, il est né 10 % de bébés de moins que l’année précédente. Le contexte de crise sanitaire et de forte incertitude économique a pu décourager les couples de procréer au printemps 2020 et les inciter à reporter leurs projets de parentalité. La peur de complications pendant la grossesse a également pu jouer. Par ailleurs, pendant le premier confinement, les centres de procréation médicalement assistée ont été fermés. Le rebond des naissances, observé dès mars-avril 2021 au niveau national, n’est apparu qu’en août dans la région. Cette remontée a toutefois permis de rattraper le niveau des naissances de 2020, le dépassant même légèrement.

Dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes, le nombre de naissances rebondit et dépasse en 2021 son niveau de 2019, mais cette remontée ne s’observe pas dans les départements traditionnellement les plus féconds de la région, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse.

Une fécondité toujours élevée, mais moins de femmes en âge de procréer

Le recul de la natalité observé depuis 2014 résulte à la fois de la baisse du nombre de femmes en âge de procréer et de leur taux de fécondité. La baisse du nombre de femmes âgées de 15 à 49 ans est deux fois plus rapide en Provence-Alpes-Côte d’Azur qu’en France métropolitaine. Quant à l’indicateur conjoncturel de fécondité, il n’a pas retrouvé son niveau d’avant-crise et s’établit en 2021 à 1,92 enfant par femme en Provence-Alpes-Côte d’Azur, contre 1,83 en France métropolitaine (figure 3 ). La région demeure la plus féconde de France métropolitaine. L’âge moyen à la maternité est de 30 ans et dix mois dans la région en 2021 (31 ans au niveau national), en hausse d’environ huit mois au cours de la dernière décennie.

Figure 3Évolution de l’indicateur conjoncturel de fécondité entre 2012 et 2021

Évolution de l’indicateur conjoncturel de fécondité entre 2012 et 2021
Provence-Alpes-Côte d'Azur France métropolitaine
2012 2,06 1,99
2013 2,07 1,97
2014 2,06 1,97
2015 2,02 1,93
2016 2,00 1,89
2017 1,98 1,86
2018 1,96 1,84
2019 1,96 1,83
2020 1,91 1,79
2021 1,92 1,80
  • Note : données 2021 provisoires arrêtées fin novembre 2021.
  • Sources : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil.

Figure 3Évolution de l’indicateur conjoncturel de fécondité entre 2012 et 2021

  • Note : données 2021 provisoires arrêtées fin novembre 2021.
  • Sources : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil.

Encadré – Combien y aurait-il eu de décès en 2020 et 2021 dans la région sans l’épidémie de Covid-19 ?

Depuis mars 2020, la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 affecte le nombre total des décès (toutes causes confondues) observé à l’état civil. Les vagues épidémiques successives depuis mars 2020 ont eu une influence sur la mortalité en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ainsi, en deux ans, près de 11 000 décès supplémentaires ont été comptabilisés par rapport au nombre de décès de 2019. Si une partie de cette surmortalité découle de l’accroissement et du vieillissement de la population, une autre partie est liée à la situation sanitaire.

Pour mesurer l’effet de la crise sanitaire sur les décès, on peut supposer qu’en l’absence d’épidémie, la mortalité aurait évolué en suivant la tendance de la période récente, à l’image du calcul réalisé par l’Insee pour l’ensemble de la France [Blanpain, 2021].

Sous cette hypothèse, en 2020 (respectivement en 2021), 52 300 (resp. 52 500) décès auraient dû avoir lieu parmi les résidents de Provence-Alpes-Côte d’Azur, soit 900 (resp. 1 200) de plus qu’en 2019. Ce nombre est la résultante de l’accroissement de la population et de la baisse des quotients de mortalité correspondant aux gains attendus d’espérance de vie. S’ajoute pour 2020 le fait que l’année était bissextile.

En cumul pour 2020 et 2021, il y a alors eu 9 000 décès de plus que ce qui était attendu. On peut donc considérer que plus de 80 % de la hausse de décès survenue ces deux dernières années est imputable à la crise sanitaire.

Cette mesure de l’impact de la crise sanitaire est inférieure au nombre de morts directement attribués à l’épidémie de Covid-19 par les services de santé (9 700 décès avec diagnostic de Covid-19 cumulés en 2020 et 2021, en tenant compte uniquement du milieu hospitalier) [Santé publique France, 2022]. D’une part, certaines personnes seraient de toute façon décédées sans la pandémie. D’autre part, des décès ont été évités notamment grâce aux confinements, gestes de protection et à la réduction des contacts.

Publication rédigée par : Donia Essaieh, Benjamin Méreau (Insee)

Pour comprendre

Le solde migratoire d’une année est mesuré indirectement par différence entre l’évolution de la population mesurée à deux recensements successifs et le solde naturel déduit de l’état civil. Pour le solde migratoire à partir de 2015, on retire en plus l’ajustement décrit précédemment. Les évolutions de ce solde migratoire peuvent refléter des fluctuations des entrées et des sorties, mais également l’aléa de sondage du recensement. Le dernier recensement disponible étant celui du 1er janvier 2019, les soldes migratoires de 2019, 2020 et 2021 sont estimés provisoirement par la moyenne des trois derniers soldes connus.

Les calculs présentés dans l’encadré ont mobilisé les données des estimations de population (population par âge et sexe détaillés). Le nombre de décès supplémentaires imputable à l’accroissement de la population est obtenu en appliquant les quotients de décès 2019 à la population aux 1er janvier 2020 et 2021 : c’est le nombre de décès qui seraient survenus si la probabilité de décéder pour un âge et un sexe donnés était restée identique à celle de 2019. Le nombre de décès « évités » en 2020 et 2021 en raison des gains d’espérance de vie attendus en 2020 et 2021 est obtenu en faisant l’hypothèse d’une évolution des quotients de mortalité par sexe et âge entre 2019 et 2021 conforme au rythme moyen de la période 2010-2019. Le nombre de décès attendu le 29 février 2020 est calculé à partir des décès survenus en février-mars au cours des années récentes.

Sources

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il en fixe les niveaux de référence pour les années où il est disponible. Pour les années 2020 et suivantes, les estimations de population sont provisoires. Elles sont réalisées en actualisant la population du dernier recensement de 2019 grâce à des estimations, d’une part, du solde naturel et, d’autre part, du solde migratoire et d’un ajustement, introduit pour tenir compte de la rénovation du questionnaire du recensement en 2018 et rendre comparables les niveaux de population annuels successifs. Le nouveau questionnaire permet de mieux appréhender les liens familiaux qui unissent les personnes habitant un même logement et d’améliorer la connaissance des lieux d’habitation des personnes ayant plusieurs résidences, notamment des enfants de parents séparés. Une explication détaillée est disponible dans la documentation relative au recensement de la population sur insee.fr.

Les données sont comparées à celles de la France métropolitaine.

Les statistiques d’état civil sur les naissances et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Pour 2021, il s’agit d’une estimation provisoire, et plus particulièrement sur les derniers mois de l’année.

Dans cette publication, les naissances sont comptabilisées au lieu de domicile de la mère, et les décès au lieu de résidence de la personne défunte (à la différence des Chiffres détaillés sur les décès quotidiens, dans lesquels ils sont comptabilisés au lieu de décès [Insee, 2022]).

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d'une période.

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de l'année. Ce concept est indépendant de la nationalité.

L'espérance de vie à la naissance représente la durée de vie moyenne d'une génération fictive soumise aux conditions de mortalité par âge de l'année considérée.

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) mesure le nombre d'enfants qu'aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.

Pour en savoir plus

PaponS., « Bilan démographique 2021 : La fécondité se maintient malgré la pandémie de Covid-19 », Insee Première n° 1889, janvier 2022.

HocquetM., ZampiniC., « Populations légales – Entre 2013 et 2019, la croissance démographique accélère légèrement », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 76, décembre 2021.

Domens J., Mêlé J., « D’octobre 2020 à mai 2021, une nouvelle période de forte mortalité », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 74, novembre 2021.