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Insee Conjoncture Hauts-de-France · Juillet 2021 · n° 27
Insee Conjoncture Hauts-de-FranceLéger sursaut de l’emploi au 1ᵉʳ trimestre 2021Note de conjoncture régionale - 1ᵉʳ trimestre 2021

Géraldine Caron, Noémie Cavan, Megan Courthial, Kévin Fusillier, Julien Marache (Insee), Julie Pariente (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités)

Au 1ᵉʳ trimestre 2021, l’emploi salarié dans les Hauts-de-France progresse de 0,4 % grâce au dynamisme de la construction et du tertiaire marchand. Après plusieurs trimestres en hausse, l’intérim recule de 2,0 %. Le taux de chômage se stabilise à 9,4 %. La baisse de la demande d’emploi observée au trimestre précédent se poursuit (– 0,2 %). Dans la construction, les volumes de logements autorisés et commencés repartent à la hausse. Dans l’hôtellerie, la situation reste difficile, mais la baisse de fréquentation hôtelière est moindre qu’au niveau national. Les créations d’entreprises progressent de nouveau ce trimestre.

Insee Conjoncture Hauts-de-France
No 27
Paru le : Paru le 12/07/2021

L’emploi salarié progresse de 0,4 %

Fin mars 2021, le nombre d’emplois salariés s’établit à 2 037 500 en Hauts-de-France, soit un niveau proche de celui d’avant-crise. Malgré les mesures de confinement, d’abord prises dans le Pas-de-Calais, puis étendues à la mi-mars à l’ensemble de la région, 7 500 emplois ont été créés au cours du 1ᵉʳ trimestre, soit une hausse de 0,4 % (+ 0,3 % au niveau national) (figure 1). Cette dynamique est portée par le secteur privé (+ 0,6 %).

La hausse de l’emploi salarié ce trimestre est la 3ᵉ consécutive depuis le début de la crise sanitaire. Comparée à la moyenne nationale (– 0,8 %), la baisse depuis fin 2019 est plus contenue dans la région (– 0,2 %).

Les effectifs salariés dans le Nord qui progressent de 0,3 % ce trimestre, sont désormais supérieurs à leur niveau d’avant-crise. Ils restent inférieurs dans les autres départements de la région, malgré des hausses comprises entre + 0,2 % et + 0,4 %.

Figure 1Évolution de l'emploi salarié

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi salarié (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Emploi salarié total - Hauts-de-France Emploi salarié total - France hors Mayotte Emploi salarié privé - Hauts-de-France Emploi salarié privé - France hors Mayotte
4ᵉ trim. 2010 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2011 100,2 100,2 100,1 100,3
2ᵉ trim. 2011 100,2 100,3 100,2 100,4
3ᵉ trim. 2011 100,0 100,2 100,1 100,4
4ᵉ trim. 2011 99,9 100,3 100,0 100,4
1ᵉ trim. 2012 99,8 100,3 99,9 100,4
2ᵉ trim. 2012 99,6 100,3 99,5 100,3
3ᵉ trim. 2012 99,2 100,1 99,0 100,1
4ᵉ trim. 2012 98,8 100,0 98,6 99,9
1ᵉ trim. 2013 98,7 100,0 98,5 99,9
2ᵉ trim. 2013 98,4 99,9 98,0 99,7
3ᵉ trim. 2013 98,6 100,1 98,1 99,8
4ᵉ trim. 2013 98,7 100,4 98,1 99,9
1ᵉ trim. 2014 98,8 100,4 98,0 99,9
2ᵉ trim. 2014 98,7 100,4 97,9 99,9
3ᵉ trim. 2014 98,4 100,3 97,5 99,8
4ᵉ trim. 2014 98,6 100,4 97,6 99,8
1ᵉ trim. 2015 98,5 100,4 97,6 99,8
2ᵉ trim. 2015 98,6 100,6 97,6 100,0
3ᵉ trim. 2015 98,7 100,7 97,7 100,1
4ᵉ trim. 2015 98,8 100,9 97,9 100,3
1ᵉ trim. 2016 98,9 101,1 97,9 100,5
2ᵉ trim. 2016 99,1 101,3 98,2 100,8
3ᵉ trim. 2016 99,3 101,6 98,5 101,1
4ᵉ trim. 2016 99,5 101,7 98,7 101,3
1ᵉ trim. 2017 99,6 102,1 98,8 101,8
2ᵉ trim. 2017 99,7 102,4 98,9 102,2
3ᵉ trim. 2017 100,1 102,7 99,5 102,6
4ᵉ trim. 2017 100,2 103,1 99,9 103,2
1ᵉ trim. 2018 100,1 103,2 99,8 103,3
2ᵉ trim. 2018 100,1 103,3 100,0 103,5
3ᵉ trim. 2018 100,0 103,4 100,0 103,7
4ᵉ trim. 2018 100,1 103,7 100,1 104,1
1ᵉ trim. 2019 100,4 104,1 100,5 104,6
2ᵉ trim. 2019 100,5 104,3 100,6 104,8
3ᵉ trim. 2019 100,5 104,5 100,5 105,1
4ᵉ trim. 2019 100,6 104,9 100,8 105,5
1ᵉ trim. 2020 98,7 102,9 98,4 102,9
2ᵉ trim. 2020 98,1 102,0 98,0 102,2
3ᵉ trim. 2020 99,9 103,8 99,8 103,9
4ᵉ trim. 2020 100,1 103,7 100,0 103,7
1ᵉ trim. 2021 100,5 104,0 100,6 104,2
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 1Évolution de l'emploi salarié

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Les effectifs dans la construction et le tertiaire marchand en hausse

Au 1ᵉʳ trimestre 2021, 112 100 salariés travaillent dans la construction en Hauts-de-France, soit le plus haut niveau atteint depuis 2014 (figure 2). Ce secteur d’activité reste dynamique : + 1 200 emplois créés dans la région depuis le début de l’année (+ 1,1 % contre + 1,4 % en France) et + 3 200 emplois depuis fin 2019 (+ 2,9 % contre + 3,6 % en France).

Après une baisse de 1,4 % au trimestre précédent, l’emploi salarié dans les services marchands (hors intérim) augmente de 0,9 % (+ 7 200 postes). Avec 4 400 emplois perdus depuis fin 2019 (– 0,5 %), ce secteur a particulièrement souffert des mesures de confinement liées à la Covid-19. Ce repli est toutefois moindre qu’au niveau national (– 2,0 %). Ce trimestre, les activités d’hébergement et de restauration parviennent à maintenir leurs effectifs salariés, après – 3,8 % au trimestre précédent.

Figure 2Évolution de l’emploi salarié par secteur

Évolution de l’emploi salarié par secteur
Secteur d’activité Effectif au 1ᵉʳ trimestre 2021 Évolution par rapport au 4ᵉ trimestre 2020 Évolution par rapport à fin 2019 (en %)
En effectif en % France Hors Mayotte (en %)
Agriculture 20 700 – 300 – 1,5 – 1,1 – 1,0
Industrie 280 700 + 200 + 0,1 + 0,1 – 2,0
Construction 112 100 + 1 200 + 1,1 + 1,4 + 2,9
Tertiaire marchand (hors intérim) 837 000 + 7 200 + 0,9 + 0,4 – 0,5
Intérim 69 700 – 1 400 – 2,0 + 0,3 – 1,1
Tertiaire non marchand 717 200 + 600 + 0,1 + 0,8 + 0,6
Ensemble 2 037 500 + 7 500 + 0,4 + 0,3 – 0,2
  • Note : données corrigées des variations saisonnières et arrondies pour les effectifs. Les données dudernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Avertissement : les données du secteur agricole sont provisoires suite à des difficultés de traitementde la MSA. L’insee réalise une estimation en prolongeant les tendances des trimestres précédents.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d’emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Stabilité de l’emploi dans l’industrie et le tertiaire non marchand

Comme en France, l’emploi salarié dans l’industrie est quasiment stable en Hauts-de-France (+ 0,1 %, soit + 200 emplois), après – 0,5 % au trimestre précédent (– 1 300 emplois). Seuls les effectifs dans la fabrication de transports se replient légèrement (– 0,2 %). Ils progressent dans l’agroalimentaire (+ 0,2 %), la cokéfaction et le raffinage (+ 0,6 %), ainsi que la fabrication d’équipements électriques et électroniques (+ 0,7 %). Au sein de la région, les effectifs salariés sont quasi stables dans tous les départements. Comparé à son niveau d’avant crise, l’emploi industriel reste inférieur de 2,0 % dans la région. Depuis le début de la pandémie, 5 700 emplois ont ainsi été perdus dans l’industrie.

Après deux trimestres consécutifs de hausses (+ 1,5 % et + 0,6 %), le tertiaire non marchand se stabilise en ce début d’année (+ 0,1 %, + 600 salariés) en Hauts-de-France. Les timides progressions des activités de santé et de l’hébergement médico-social (+ 0,4 % chacun) ne suffisent pas à compenser l’atonie dans l’enseignement (– 0,1 %) et la baisse dans les administrations publiques (– 0,4 %). Avec 717 200 salariés, le tertiaire non marchand dépasse son niveau d’avant-crise, principalement grâce au secteur de la santé où 4 100 emplois ont été créés depuis fin 2019.

L’intérim se replie

Après trois trimestres consécutifs de hausse, l’emploi dans l’intérim recule de 2,0 % au 1ᵉʳ trimestre 2021 (figure 3), tandis qu’il progresse de 0,3 % au niveau national. Ce repli est le plus fort de France de province. Les baisses les plus marquées se situent dans le Nord (– 2,5 %), le Pas-de-Calais (– 2,4 %) et la Somme (– 4,7 %). À l’inverse, les effectifs progressent dans l’Aisne et l’Oise (respectivement de 0,9 % et 0,6 %).

Dans ce contexte, le niveau d’emploi dans l’intérim repasse sous son niveau d’avant-crise. Ce secteur occupe désormais 69 700 personnes dans la région, soit une baisse de 1,1 % par rapport à fin 2019 (– 5,0 % au niveau national).

Figure 3Évolution de l'emploi intérimaire

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi intérimaire (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Hauts-de-France France hors Mayotte
4ᵉ trim. 2010 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2011 102,2 101,1
2ᵉ trim. 2011 103,9 101,5
3ᵉ trim. 2011 101,7 100,1
4ᵉ trim. 2011 102,3 99,4
1ᵉ trim. 2012 97,3 95,0
2ᵉ trim. 2012 94,2 92,0
3ᵉ trim. 2012 86,0 88,0
4ᵉ trim. 2012 82,7 85,4
1ᵉ trim. 2013 88,4 88,2
2ᵉ trim. 2013 84,6 87,2
3ᵉ trim. 2013 87,8 89,8
4ᵉ trim. 2013 87,8 90,3
1ᵉ trim. 2014 86,7 89,3
2ᵉ trim. 2014 90,8 91,2
3ᵉ trim. 2014 88,0 88,9
4ᵉ trim. 2014 89,8 90,1
1ᵉ trim. 2015 90,7 89,7
2ᵉ trim. 2015 94,1 93,4
3ᵉ trim. 2015 97,6 97,0
4ᵉ trim. 2015 101,6 99,6
1ᵉ trim. 2016 103,2 99,3
2ᵉ trim. 2016 105,4 102,2
3ᵉ trim. 2016 108,3 105,5
4ᵉ trim. 2016 113,6 110,8
1ᵉ trim. 2017 114,1 115,4
2ᵉ trim. 2017 115,7 120,3
3ᵉ trim. 2017 122,7 124,4
4ᵉ trim. 2017 129,1 130,8
1ᵉ trim. 2018 124,9 129,6
2ᵉ trim. 2018 124,6 127,9
3ᵉ trim. 2018 120,8 127,8
4ᵉ trim. 2018 118,9 126,5
1ᵉ trim. 2019 121,9 127,4
2ᵉ trim. 2019 120,1 127,0
3ᵉ trim. 2019 117,5 126,5
4ᵉ trim. 2019 117,3 126,0
1ᵉ trim. 2020 72,7 75,3
2ᵉ trim. 2020 86,7 92,5
3ᵉ trim. 2020 111,0 113,5
4ᵉ trim. 2020 118,4 119,3
1ᵉ trim. 2021 116,1 119,6
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 3Évolution de l'emploi intérimaire

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Stabilité du taux de chômage

Au 1ᵉʳ trimestre 2021, le taux de chômage en Hauts-de-France se stabilise alors qu’il augmente légèrement au niveau national (+ 0,1 point). Il s’établit désormais à 9,4 % (contre 8,1 % en France), soit le taux le plus élevé de France métropolitaine à égalité avec l’Occitanie. Depuis fin 2019, le chômage stagne au niveau national alors qu’il recule de 0,6 point dans les Hauts-de-France. Il s’agit de la 2ᵉ plus forte baisse sur la période, après la Corse (– 1,1 point).

À l’échelle régionale, le chômage diminue légèrement (– 0,1 point) ce trimestre dans l’Oise (7,9 %) et la Somme (9,0 %). À l’inverse, il augmente de 0,1 point dans le Pas-de-Calais (9,1 %), tandis qu’il est stable dans l’Aisne (11,0 %) et le Nord (9,8 %). Depuis fin 2019, les baisses varient de – 0,2 point dans l’Oise à – 0,8 point dans le Nord.

Ce trimestre, la plus forte augmentation est observée dans la zone d’emploi de Roubaix-Tourcoing (+ 0,5 point) (figure 4). À l’inverse, la plus importante baisse est mesurée dans la zone de Calais (– 0,3 point). C’est dans cette zone d’emploi et celles de Boulogne-sur-mer (8,9 %) et Lens (11,0 %) que la diminution du taux de chômage est la plus marquée depuis fin 2019 (– 1,1 point).

Figure 4Taux de chômage localisés par zone d’emploi

Taux de chômage localisés par zone d’emploi - Note de lecture : le taux de chômage de la zone d’emploi de Dunkerque diminue de 0,2 point ce trimestre, atteignant 9,1 % de sa population active.
Zone d’emploi Libellé Taux de chômage Évolution en %
3201 Abbeville 8,5 0,0
3202 Amiens 9,1 -0,1
3203 Arras 6,4 -0,1
3204 Berck 6,9 0,2
3205 Béthune 8,9 0,1
3206 Boulogne-sur-Mer 8,9 -0,2
3207 Calais 12,2 -0,3
3208 Cambrai 10,4 0,0
3209 Château-Thierry 9,3 -0,2
3210 Compiègne 7,9 -0,1
3211 Creil 8,0 -0,1
3212 Douai 11,2 0,3
3213 Dunkerque 9,1 -0,2
3214 Laon 9,9 -0,1
3215 Lens 11,0 0,1
3216 Lille 7,4 -0,1
3217 Maubeuge 12,9 0,3
3218 Roubaix-Tourcoing 12,0 0,5
3219 Saint-Omer 8,0 -0,1
3220 Saint-Quentin 11,4 -0,1
3221 Soissons 8,8 -0,1
3222 Valenciennes 12,0 0,0
3254 Beauvais - partie Hauts de France 8,0 -0,1
3258 La Vallée de la Bresle - Vimeu - partie Hauts de France 8,9 -0,2
  • Note : données corrigées des variations saisonnières, provisoires pour le 1ᵉʳ trimestre 2021.
  • Note de lecture : le taux de chômage de la zone d’emploi de Dunkerque diminue de 0,2 point ce trimestre, atteignant 9,1 % de sa population active.
  • Source : Insee, taux de chômage localisés.

Figure 4Taux de chômage localisés par zone d’emploi

  • Note : données corrigées des variations saisonnières, provisoires pour le 1ᵉʳ trimestre 2021.
  • Note de lecture : le taux de chômage de la zone d’emploi de Dunkerque diminue de 0,2 point ce trimestre, atteignant 9,1 % de sa population active.
  • Source : Insee, taux de chômage localisés.
Avertissement sur le marché du travail

Depuis la publication de juillet 2018, portant sur le premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi publiées au niveau localisé (région et département) est étendu aux départements d’outre-mer (hors Mayotte) et à l’ensemble de l’emploi salarié. Par rapport à la situation antérieure, sont donc ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

De plus, les niveaux de l’emploi « privé » publiés par les Urssaf et par l’Insee diffèrent du fait d’écarts de champ et de concept, et de légères différences peuvent exister sur les taux d’évolution.

La situation des personnes sur le marché du travail a été fortement affectée depuis le début de la crise sanitaire (secteur d’activité à l’arrêt, contrainte de garde d’enfant par exemple). Pour être considéré comme chômeur, il faut être sans emploi, disponible pour travailler et avoir fait des démarches actives de recherche d’emploi. Début 2021, la quasi-stabilité du taux de chômage résulte à la fois de celle du taux d’emploi et de la persistance d’un comportement de retrait d’activité, du fait de la crise et du maintien de restrictions sanitaires.

Enfin, l’introduction de la déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut entraîner des révisions accrues sur les données, durant la phase de montée en charge de la DSN.

La baisse de la demande d’emploi A, B, C se confirme

En moyenne sur le premier trimestre 2021, la région compte 576 310 demandeurs d’emploi de catégories ABC, soit 1 200 de moins que fin 2020. C’est une nouvelle baisse (– 0,2 %) après celle observée le trimestre précédent (– 1,9 %). Comparée à l’évolution observée à l’échelle nationale (+ 0,1 %), la situation du marché du travail en Hauts-de-France reste ce trimestre plus favorable.

À l’exception de l’Aisne (+ 0,3 %), la demande d’emploi A, B, C diminue dans tous les départements. La baisse varie de – 0,1 % dans le Nord à – 0,5 % dans le Pas-de-Calais.

En moyenne sur le premier trimestre 2021, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, tenus de rechercher un emploi et sans activité, s’établit à 359 730 dans la région, soit un recul de 1,0 % par rapport à fin 2020 (– 0,3 % en France métropolitaine). Ce repli s’inscrit dans la continuité de la baisse observée depuis le troisième trimestre 2020.

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégories ABC inscrits depuis plus d’un an continue cependant d’augmenter : + 1,0 % contre + 2,3 % en France métropolitaine. Les effectifs d’inscrits depuis un à deux ans, qui représentent quatre chômeurs de longue durée sur dix, progresse de nouveau : + 2,9 %, après + 1,9 % au trimestre précédent. Fin mars 2021, les demandeurs d’emploi de longue durée représentent 53 % du total de la demande d’emploi de catégories ABC, soit 0,7 point de plus que fin 2020.

La demande d’emploi continue de baisser pour les hommes (– 0,6 %), tandis qu’elle augmente pour les femmes (+ 0,2 %). Le nombre de demandeurs d’emplois de 25 à 49 ans, comme ceux de moins de 25 ans, diminue respectivement de 0,5 % et 0,3 % alors qu’il est en hausse pour ceux de 50 ans ou plus (+ 0,6 %).

Le nombre de logements autorisés et commencés en légère hausse

Au cours des 12 derniers mois, 24 900 logements ont été autorisés à la construction dans les Hauts-de-France, soit 0,7 % de plus en glissement du cumul annuel sur un trimestre (contre – 0,5 % en France) (figure 5). Le nombre de logements autorisés à la construction reste toutefois inférieur à son niveau d’avant-crise (– 5,3 %). L’Aisne est le département enregistrant la plus forte progression (+ 12 %), tandis que l’Oise est celui où le repli est le plus marqué (– 3,7 %).

Figure 5Évolution du nombre de logements autorisés à la construction

indice base 100 en décembre 2010
Évolution du nombre de logements autorisés à la construction (indice base 100 en décembre 2010)
Hauts-de-France France hors Mayotte
déc. 2010 100,0 100,0
janv. 2011 101,5 101,6
févr. 2011 102,1 101,8
mars 2011 101,8 101,2
avr. 2011 102,4 101,0
mai 2011 104,0 102,6
juin 2011 103,7 102,9
juil. 2011 104,0 103,1
août 2011 103,7 104,3
sept. 2011 105,2 105,8
oct. 2011 107,0 106,5
nov. 2011 107,6 107,5
déc. 2011 110,4 108,6
janv. 2012 110,4 108,4
févr. 2012 110,7 108,6
mars 2012 109,8 108,5
avr. 2012 110,4 109,0
mai 2012 108,6 107,7
juin 2012 106,7 107,2
juil. 2012 103,4 106,4
août 2012 104,0 106,7
sept. 2012 101,5 104,5
oct. 2012 101,2 104,0
nov. 2012 100,3 102,9
déc. 2012 97,9 101,1
janv. 2013 97,9 101,3
févr. 2013 101,5 102,8
mars 2013 105,5 103,1
avr. 2013 104,3 101,3
mai 2013 103,7 99,4
juin 2013 104,3 97,7
juil. 2013 107,0 95,7
août 2013 104,9 92,5
sept. 2013 101,8 91,0
oct. 2013 100,9 90,4
nov. 2013 97,2 89,6
déc. 2013 94,5 88,7
janv. 2014 91,1 86,6
févr. 2014 85,3 83,5
mars 2014 78,9 82,6
avr. 2014 76,5 81,4
mai 2014 72,8 81,4
juin 2014 70,0 81,4
juil. 2014 66,1 81,8
août 2014 68,5 81,6
sept. 2014 69,4 81,8
oct. 2014 70,3 80,9
nov. 2014 71,9 80,0
déc. 2014 72,5 79,8
janv. 2015 73,4 79,6
févr. 2015 73,1 79,1
mars 2015 71,9 78,2
avr. 2015 71,9 79,1
mai 2015 71,6 78,6
juin 2015 72,5 79,5
juil. 2015 72,8 79,4
août 2015 70,9 80,3
sept. 2015 70,6 81,1
oct. 2015 69,7 81,7
nov. 2015 71,3 83,7
déc. 2015 71,9 84,9
janv. 2016 71,3 85,2
févr. 2016 71,3 86,6
mars 2016 71,3 86,9
avr. 2016 72,2 88,0
mai 2016 74,3 89,9
juin 2016 74,9 90,3
juil. 2016 77,7 91,3
août 2016 79,2 92,4
sept. 2016 83,5 94,5
oct. 2016 85,3 95,2
nov. 2016 85,3 96,1
déc. 2016 85,3 97,2
janv. 2017 87,5 97,9
févr. 2017 88,1 98,1
mars 2017 89,9 100,3
avr. 2017 89,6 100,1
mai 2017 91,4 100,9
juin 2017 93,0 102,0
juil. 2017 93,3 103,4
août 2017 91,7 103,7
sept. 2017 91,4 104,0
oct. 2017 90,2 104,5
nov. 2017 90,2 103,6
déc. 2017 89,9 103,3
janv. 2018 89,0 103,5
févr. 2018 91,7 104,0
mars 2018 93,0 102,7
avr. 2018 95,1 102,7
mai 2018 95,7 102,5
juin 2018 92,7 101,0
juil. 2018 90,8 99,7
août 2018 90,5 99,3
sept. 2018 91,1 98,4
oct. 2018 90,8 98,2
nov. 2018 90,8 98,0
déc. 2018 91,1 96,6
janv. 2019 92,0 96,3
févr. 2019 88,4 94,8
mars 2019 87,2 94,1
avr. 2019 83,5 94,4
mai 2019 82,6 93,8
juin 2019 80,4 93,6
juil. 2019 82,3 94,1
août 2019 80,4 93,2
sept. 2019 77,4 92,0
oct. 2019 76,8 92,6
nov. 2019 77,4 92,5
déc. 2019 80,4 94,1
janv. 2020 80,1 94,8
févr. 2020 82,0 95,8
mars 2020 81,3 95,4
avr. 2020 80,7 90,8
mai 2020 78,3 87,4
juin 2020 82,3 86,3
juil. 2020 78,3 84,0
août 2020 78,9 83,4
sept. 2020 80,7 83,6
oct. 2020 80,1 82,3
nov. 2020 79,2 82,5
déc. 2020 75,2 81,3
janv. 2021 76,8 80,5
févr. 2021 76,5 80,1
mars 2021 75,5 81,0
avr. 2021 78,9 85,1
mai 2021 82,3 88,5
  • Notes : données mensuelles brutes, en date réelle. Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • Source : SDES, Sit@del2.

Figure 5Évolution du nombre de logements autorisés à la construction

  • Notes : données mensuelles brutes, en date réelle. Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • Source : SDES, Sit@del2.

À l’instar des logements autorisés, le nombre de logements commencés est également en hausse ce trimestre : + 3,1 % en glissement du cumul annuel (+ 4,1 % en France). Avec 1 000 logements commencés au cours des 12 derniers mois, l’Aisne observe la plus forte hausse dans la région : + 21 % par rapport au trimestre précédent.

Avec 3 300 milliers de m² au cours des douze derniers moins, les surfaces de plancher des locaux autorisés à la construction sont en hausse de 18 % par rapport au trimestre précédent. Au sein de la région, les surfaces autorisées progressent de 36 % dans la Somme alors qu’elles diminuent de 13 % dans l’Aisne.

Au cours des douze derniers mois, les surfaces de plancher des locaux commencés sont en revanche en baisse dans la région : – 5,6 %, contre – 1,8 % au niveau national. Le plus fort repli en Hauts-de-France s’explique par la forte diminution observée dans l’Oise (– 35 %).

Le nombre de nuitées en forte baisse sur un an

Au 1ᵉʳ trimestre 2021, la fréquentation dans l’hôtellerie des Hauts-de-France reste très impactée par les effets de la crise sanitaire. Avec 901 000 nuitées enregistrées, la baisse s’établit à 39 % par rapport à la même période en 2020 (– 55 % au niveau national). En mars 2021, la fréquentation dans les hôtels affiche cependant une hausse de 28 % par rapport au même mois de l’an dernier où les hôtels avaient dû fermer leurs portes en milieu de mois.

Malgré les mesures sanitaires prises au 1ᵉʳ trimestre 2021, la part des établissements ouverts progresse légèrement dans la région, passant de 67 % en décembre 2020 à 71 % en mars 2021 (60 % en France métropolitaine). Le taux d’occupation des établissements en activité reste, quant à lui, stable à 36 % en moyenne (32 % en moyenne nationale).

Les créations d’entreprises de nouveau en hausse

Au 1ᵉʳ trimestre 2021, 16 200 entreprises ont de nouveau été créées en Hauts-de-France (+ 7,1 % contre + 1,8 % au niveau national). C’est une nouvelle hausse après la diminution du trimestre précédent (– 0,9 %) (figure 6). En cumul sur un an, 56 600 entreprises ont été créées, soit 10 % de plus que fin 2020. La hausse est notamment marquée dans le Nord (+ 11 %) tandis qu’elle est la moins forte dans l’Aisne (+ 8,2 %).

Figure 6Créations d'entreprises

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Créations d'entreprises (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Hauts-de-France hors micro-entrepreneurs France entière hors micro-entrepreneurs Hauts-de-France y compris micro-entrepreneurs France entière y compris micro-entrepreneurs
4ᵉ trim. 2010 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2011 103,5 98,9 95,3 91,9
2ᵉ trim. 2011 96,4 98,7 94,3 92,4
3ᵉ trim. 2011 101,7 99,6 96,9 92,9
4ᵉ trim. 2011 105,1 99,2 101,6 93,3
1ᵉ trim. 2012 95,9 95,4 97,9 94,6
2ᵉ trim. 2012 92,5 92,3 96,9 93,5
3ᵉ trim. 2012 97,5 92,6 98,7 93,4
4ᵉ trim. 2012 91,5 92,6 91,2 90,5
1ᵉ trim. 2013 103,4 100,1 94,0 90,9
2ᵉ trim. 2013 105,9 101,7 93,4 91,6
3ᵉ trim. 2013 108,9 101,9 93,2 90,4
4ᵉ trim. 2013 108,4 103,4 94,6 92,3
1ᵉ trim. 2014 110,0 103,3 93,1 92,6
2ᵉ trim. 2014 112,2 104,4 95,3 92,8
3ᵉ trim. 2014 109,0 103,1 97,2 94,5
4ᵉ trim. 2014 110,4 102,2 92,5 93,8
1ᵉ trim. 2015 94,9 93,6 91,5 88,0
2ᵉ trim. 2015 90,9 94,3 87,7 88,5
3ᵉ trim. 2015 91,6 97,4 86,5 89,2
4ᵉ trim. 2015 95,2 97,6 86,8 90,0
1ᵉ trim. 2016 98,9 102,1 89,0 92,3
2ᵉ trim. 2016 103,3 103,6 93,4 95,2
3ᵉ trim. 2016 100,7 102,5 88,0 93,5
4ᵉ trim. 2016 105,5 104,1 89,7 92,6
1ᵉ trim. 2017 101,7 104,5 90,6 95,2
2ᵉ trim. 2017 104,3 104,9 92,1 96,2
3ᵉ trim. 2017 108,5 107,0 95,5 101,5
4ᵉ trim. 2017 110,2 111,5 102,0 108,0
1ᵉ trim. 2018 111,1 111,8 106,5 112,1
2ᵉ trim. 2018 109,2 113,4 106,5 116,9
3ᵉ trim. 2018 108,3 111,6 106,4 117,5
4ᵉ trim. 2018 110,7 112,7 114,2 121,9
1ᵉ trim. 2019 117,8 121,6 123,7 133,9
2ᵉ trim. 2019 118,3 120,1 128,7 134,5
3ᵉ trim. 2019 119,7 120,8 139,4 138,7
4ᵉ trim. 2019 121,6 121,8 144,9 146,9
1ᵉ trim. 2020 112,9 115,4 125,1 130,0
2ᵉ trim. 2020 85,5 84,6 108,8 110,1
3ᵉ trim. 2020 126,4 131,4 167,4 167,3
4ᵉ trim. 2020 124,3 131,6 165,9 169,2
1ᵉ trim. 2021 130,6 135,8 177,6 172,3
  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Figure 6Créations d'entreprises

  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Le nombre de défaillances d’entreprises poursuit sa baisse comme en France : 2 100 de moins au cours des 12 derniers mois, soit  – 15 % par rapport à la situation observée au trimestre précédent (– 10 % en France). L’Oise affiche la plus forte baisse (– 21 %), suivie par l’Aisne et la Somme (– 17 %). En raison des mesures de soutien mises en place par le gouvernement, ce repli ne traduit pas une réduction du nombre d’entreprises en difficulté.

Encadré 1 - Contexte international – En 2021, l’activité économique dépend encore largement des conditions sanitaires

Début 2021, la conjoncture économique est restée marquée par la crise sanitaire, avec des contrastes entre les pays. Aux États-Unis, le rebond économique a été porté par l’allègement des restrictions sanitaires et les plans de relance massifs, tandis que l’activité chinoise s’est appuyée sur la vigueur de ses exportations. À l’inverse en Europe, les restrictions ont pesé sur l’activité, en recul dans les principales économies et particulièrement en Allemagne et au Royaume-Uni, soumis à des confinements. Sur l’ensemble de l’année 2021, l’activité économique se redresserait dans les principales économies européennes, sous l’hypothèse de stabilisation de la situation sanitaire.

Encadré 2 - Contexte national – En France, l’activité a stagné au premier trimestre 2021, marqué par un renforcement progressif des restrictions sanitaires

La dégradation de la situation sanitaire a conduit au premier trimestre à un renforcement progressif des mesures de restrictions (couvre-feu avancé à 18h, fermetures de centres commerciaux, confinements locaux). Dans ce contexte, l’activité a stagné (- 0,1 % par rapport au trimestre précédent, soit  - 4,7 % par rapport à son niveau du quatrième trimestre 2019), se dégradant légèrement au mois le mois, notamment dans les services. La consommation des ménages a été quasi stable elle aussi (+ 0,1 % par rapport au trimestre précédent, soit - 6,8 % sous son niveau d’avant-crise). En particulier, les restrictions ont pénalisé la consommation de biens, après son dynamisme de fin 2020, tandis que les fermetures d’activité mises en place à l’automne 2020 et maintenues tout l’hiver ont continué de plomber la consommation en hébergement-restauration et en services de transport ou de loisirs.

Publication rédigée par : Géraldine Caron, Noémie Cavan, Megan Courthial, Kévin Fusillier, Julien Marache (Insee), Julie Pariente (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités)

En partenariat avec :

- le préfet de la région
Hauts-de-France
- le préfet de la région Hauts-de-France
  - l'URSSAF
  - l'URSSAF

Pour en savoir plus

Tableau de bord de la conjoncture des Hauts-de-France sur insee.fr

« Maintien de l’emploi malgré un 2ᵉ confinement », Insee Conjoncture Hauts-de-France, n°25, avril 2021

« Bilan économique 2020 – Hauts-de-France », Insee Conjoncture Hauts-de-France, n°26, juillet 2021

« Note de conjoncture nationale du 1ᵉʳ juillet 2021 », Insee Note de conjoncture, juillet 2021

« Les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi au 1ᵉʳ trimestre 2021 en Hauts-de-France », Dreets, Info Emploi en bref, avril 2021

« L’économie régionale recrée des emplois au 1ᵉʳ trimestre 2021 », Urssaf, Stat’UR n°25 Conjoncture, juin 2021