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Insee Focus · Mai 2021 · n° 237
Insee FocusDes disparités de revenu plus élevées dans les grandes villes

David Pirou (Insee)

En France métropolitaine, en Martinique et à La Réunion, la moitié de la population a un niveau de vie annuel supérieur à 21 650 euros en 2018. Le niveau de vie médian est plus élevé dans l’ouest de l’Île‑de‑France, dans les départements des capitales régionales et dans les zones frontalières avec la Suisse et l’Allemagne. À l’inverse, il est le plus faible à La Réunion, en Martinique et en Seine‑Saint‑Denis.

Les inégalités de niveau de vie augmentent avec la taille des aires d’attraction des villes. Elles sont plus fortes au sein des pôles, en particulier dans les communes-centres, et dans les départements d’outre-mer. La pauvreté y est également plus présente.

Insee Focus
No 237
Paru le : Paru le 25/05/2021

Des niveaux de vie plus élevés dans l’ouest de l’Île‑de‑France et près de la Suisse

En 2018, en France métropolitaine, en Martinique et à La Réunion, le niveau de vie annuel médian de la population est de 21 650 euros. Cela correspond à un revenu disponible mensuel de 1 800 euros pour une personne seule ou de 3 790 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. Les écarts entre régions (figure 1a) s’expliquent par des différences liées aux spécificités de leur activité économique et aux caractéristiques de leur population (activité, âge, niveau de diplôme, etc.). Ainsi, le niveau de vie médian est plus élevé en Île-de-France (23 860 euros par an) et en Auvergne-Rhône-Alpes (22 480 euros), régions affichant les produits intérieurs bruts (PIB) par habitant les plus importants. Les départements aux niveaux de vie médians les plus élevés font partie de ces deux régions (figure 1b) : Paris (28 270 euros), les Hauts-de-Seine (28 040 euros), les Yvelines (26 810 euros) et la Haute-Savoie (26 600 euros). La part de frontaliers travaillant en Suisse tire à la hausse le niveau de vie médian de ce dernier département. Viennent ensuite les départements abritant la plupart des capitales régionales, ainsi que d’autres départements situés dans le bassin parisien et le long des frontières allemande et suisse.

À l’opposé, les niveaux de vie médians sont les plus faibles à La Réunion, en Martinique et en Seine‑Saint‑Denis (inférieurs à 18 000 euros), et dans une moindre mesure dans le Pas-de-Calais, l’Aude, les Pyrénées-Orientales et la Creuse (entre 18 000 et 19 500 euros).

Au niveau des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI : communautés de communes, communautés d’agglomération, etc.), les niveaux de vie médians sont plus élevés dans les zones littorales, notamment celles du Sud-Est, les zones frontalières, en particulier avec la Suisse, et dans certains EPCI de la région parisienne (figure 1c).

Les niveaux de vie varient également selon la localisation au sein des aires d’attraction des villes (pôle ou couronne), ainsi que selon le nombre d’habitants de l’aire (figure 1d). Le niveau de vie médian est ainsi plus faible dans les pôles (21 000 euros par an), notamment au sein des communes-centres (20 220 euros), que dans les couronnes (22 430 euros). Pour chacune de ces catégories de communes, le niveau de vie augmente avec la taille des aires. Il est ainsi le plus élevé (22 660 euros) dans les aires de 700 000 habitants ou plus hors Paris, en particulier dans leurs couronnes (23 730 euros). Dans l’aire d’attraction de Paris, le niveau de vie médian est de 23 740 euros. Il est plus faible qu’au niveau national dans les communes situées hors attraction des villes (20 410 euros).

Figure 1a - Niveau de vie annuel médian par région en 2018

en euros
Figure 1a - Niveau de vie annuel médian par région en 2018 (en euros) - Lecture : en 2018, en Martinique, la moitié de la population a un niveau de vie annuel inférieur à 17 880 euros.
Niveau de vie annuel médian
Martinique 17 880
La Réunion 15 440
Île-de-France 23 860
Centre-Val de Loire 21 560
Bourgogne-Franche-Comté 21 480
Normandie 21 200
Hauts-de-France 20 110
Grand Est 21 610
Pays de la Loire 21 620
Bretagne 21 750
Nouvelle-Aquitaine 21 290
Occitanie 20 740
Auvergne-Rhône-Alpes 22 480
Provence-Alpes-Côte d'Azur 21 350
Corse 20 670
  • Lecture : en 2018, en Martinique, la moitié de la population a un niveau de vie annuel inférieur à 17 880 euros.
  • Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2018.

Figure 1a - Niveau de vie annuel médian par région en 2018

  • Lecture : en 2018, en Martinique, la moitié de la population a un niveau de vie annuel inférieur à 17 880 euros.
  • Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2018.

Des disparités de niveau de vie plus marquées dans les grandes aires d’attraction et dans les DOM

Le rapport interdécile D9/D1, qui mesure l’écart entre le niveau de vie plancher des 10 % les plus aisés et le niveau de vie plafond des 10 % les plus modestes, s’établit globalement à 3,5 pour la France métropolitaine, la Martinique et La Réunion. Les inégalités sont plus fortes en Île-de-France (figure 2a), notamment à Paris (rapport interdécile de 6,4) et dans les Hauts‑de‑Seine (5,0), mais aussi à La Réunion (4,4) et à la Martinique (4,3) (figure 2b). Si en Île‑de‑France, les inégalités sont principalement dues aux niveaux de vie élevés des plus aisés, dans les départements d’outre-mer (DOM), elles sont plutôt liées aux faibles revenus des plus modestes. À l’opposé, les inégalités sont les plus faibles dans les Pays de la Loire et en Bretagne (rapport égal à 2,8), régions où les niveaux de vie se concentrent plus autour de la médiane. Dans tous les départements de ces deux régions, le rapport interdécile est inférieur ou égal à 2,9, et la Vendée et la Mayenne sont les départements français où les inégalités sont les plus faibles. Au niveau intercommunal (figure 2c), les inégalités apparaissent plus fortes dans les grandes villes et le long des frontières suisse et luxembourgeoise.

Les inégalités de niveau de vie augmentent avec la taille de l’aire (figure 2d). Le rapport interdécile varie ainsi de 3,0 dans les aires de moins de 50 000 habitants à 3,6 dans les aires de 700 000 habitants ou plus hors Paris, et même 4,3 dans l’aire de Paris. Les inégalités sont les plus fortes dans les pôles, en particulier dans les communes‑centres (4,0), le premier décile y étant le plus faible de toutes les catégories de communes, quelle que soit la taille de l’aire.

Dans les communes hors attraction des villes, les inégalités sont moins marquées (2,9).

Figure 2a - Rapport interdécile D9/D1 de niveau de vie par région en 2018

Figure 2a - Rapport interdécile D9/D1 de niveau de vie par région en 2018 - Lecture : en 2018, dans les Pays de la Loire, le niveau de vie plancher des 10 % des personnes les plus aisées (9ᵉ décile, D9) est égal à 2,8 fois le niveau de vie plafond des 10 % des personnes les plus modestes (1ᵉʳ décile, D1).
Rapport interdécile de niveau de vie (D9/D1)
Martinique 4,3
La Réunion 4,4
Île-de-France 4,4
Centre-Val de Loire 3,0
Bourgogne-Franche-Comté 3,0
Normandie 3,0
Hauts-de-France 3,2
Grand Est 3,3
Pays de la Loire 2,8
Bretagne 2,8
Nouvelle-Aquitaine 3,1
Occitanie 3,4
Auvergne-Rhône-Alpes 3,4
Provence-Alpes-Côte d'Azur 3,7
Corse 3,6
  • Lecture : en 2018, dans les Pays de la Loire, le niveau de vie plancher des 10 % des personnes les plus aisées (9ᵉ décile, D9) est égal à 2,8 fois le niveau de vie plafond des 10 % des personnes les plus modestes (1ᵉʳ décile, D1).
  • Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2018.

Figure 2a - Rapport interdécile D9/D1 de niveau de vie par région en 2018

  • Lecture : en 2018, dans les Pays de la Loire, le niveau de vie plancher des 10 % des personnes les plus aisées (9ᵉ décile, D9) est égal à 2,8 fois le niveau de vie plafond des 10 % des personnes les plus modestes (1ᵉʳ décile, D1).
  • Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2018.

Les personnes en situation de pauvreté moins présentes dans les couronnes que dans les pôles

En 2018, le taux de pauvreté en France métropolitaine, à la Martinique et à La Réunion est en moyenne de 15,1 % (figure 3a). Avec des taux ne dépassant pas 10 %, les situations de pauvreté sont moins fréquentes en Haute‑Savoie, en Vendée, dans les Yvelines et en Savoie (figure 3b). À l’opposé, le taux de pauvreté est le plus élevé à La Réunion (38,9 %), en Martinique (29,8 %) et en Seine‑Saint‑Denis (28,4 %). La pauvreté est également marquée, mais dans une moindre mesure, en Haute‑Corse, dans les départements du Nord et du pourtour méditerranéen. Au niveau des intercommunalités, la carte se précise et fait ressortir une situation plus dégradée sur l’ouest que sur l’est du littoral méditerranéen (figure 3c).

Quelle que soit la taille de l’aire d’attraction, le taux de pauvreté est bien plus élevé dans le pôle que dans la couronne (figure 3d) : il y est près du double, sauf dans les aires de moins de 50 000 habitants où l’écart est moins prononcé. La pauvreté est particulièrement élevée dans les communes‑centres où un habitant sur cinq est en situation de pauvreté. Elle est moins fréquente en dehors des aires d’attraction (taux de pauvreté de 14,7 %) que dans les pôles (18,9 %), mais reste toutefois nettement plus marquée que dans les couronnes (10,6 %).

Figure 3a – Taux de pauvreté par région en 2018

en %
Figure 3a – Taux de pauvreté par région en 2018 (en %) - Lecture : en 2018, dans les Pays de la Loire, 10,8 % de la population a un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté.
Taux de pauvreté
Martinique 29,8
La Réunion 38,9
Île-de-France 15,6
Centre-Val de Loire 13,1
Bourgogne-Franche-Comté 12,9
Normandie 13,5
Hauts-de-France 18,0
Grand Est 14,8
Pays de la Loire 10,8
Bretagne 10,9
Nouvelle-Aquitaine 13,6
Occitanie 17,2
Auvergne-Rhône-Alpes 12,7
Provence-Alpes-Côte d'Azur 17,3
Corse 18,5
  • Lecture : en 2018, dans les Pays de la Loire, 10,8 % de la population a un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté.
  • Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2018.

Figure 3a – Taux de pauvreté par région en 2018

  • Lecture : en 2018, dans les Pays de la Loire, 10,8 % de la population a un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté.
  • Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2018.

Une composition du niveau de vie différente selon la taille des aires d’attraction des villes

En Île‑de‑France, qui concentre presque la moitié des personnes à très hauts revenus, les parts des salaires, des revenus du patrimoine et des impôts dans le revenu sont supérieures à celles de l’ensemble des autres régions (figure 4). À l’inverse, la part des pensions et retraites y est moins élevée que dans les autres régions métropolitaines, en lien avec une moindre présence de ménages dont le référent fiscal est âgé de 60 ans ou plus. À La Réunion et en Martinique, ces pensions, retraites et rentes représentent une part encore plus faible du niveau de vie moyen : 15,8 % contre 24,3 % en métropole. À l’inverse, la part des prestations sociales y est plus forte : 16,3 % contre 6,0 %.

Figure 4 - Composition du niveau de vie annuel moyen des ménages selon le territoire en 2018

en euros
Figure 4 - Composition du niveau de vie annuel moyen des ménages selon le territoire en 2018 (en euros) - Lecture : en 2018, en Île-de-France, la moyenne des salaires et traitements par unité de consommation est de 23 700 euros annuels.
Île-de-France France métropolitaine
hors Île-de-France
Martinique et La Réunion
Salaires et traitements 23 700 15 800 12 800
Indemnités de chômage 900 700 1 000
Revenus des activités non salariées 1 600 1 400 1 400
Pensions, retraites et rentes 5 200 6 300 3 200
Prestations sociales 1 500 1 500 3 300
Revenus du patrimoine et autres revenus 3 200 2 300 1 300
Impôts -6 800 -4 100 -2 800
Niveau de vie moyen 29 300 23 900 20 200
  • Lecture : en 2018, en Île-de-France, la moyenne des salaires et traitements par unité de consommation est de 23 700 euros annuels.
  • Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2018.

Figure 4 - Composition du niveau de vie annuel moyen des ménages selon le territoire en 2018

  • Lecture : en 2018, en Île-de-France, la moyenne des salaires et traitements par unité de consommation est de 23 700 euros annuels.
  • Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2018.

La part des salaires augmente avec la taille de l’aire tandis que celle des retraites diminue (figure 5). Ainsi, les ménages tirent davantage leurs ressources des activités salariées dans les aires de 700 000 habitants ou plus hors Paris (72,2 %) et plus encore dans l’aire de Paris (80,1 %), que dans toute autre aire, où la part des salaires est inférieure à 66,7 %. À l’inverse, la part des pensions et des retraites y est moindre (respectivement 21,2 % et 18,2 %, contre au moins 25,8 % dans les autres aires). À l’intérieur de ces grandes aires, les ménages des communes-centres se caractérisent par des proportions de revenus d’activités non salariées et de revenus du patrimoine plus importantes. Dans les autres communes en pôle et dans les communes de la couronne, la part des revenus salariés est plus élevée que dans les communes-centres, et celle des pensions et retraites est légèrement supérieure.

Les composantes du niveau de vie sont très proches dans les aires de moins de 50 000 habitants et les communes hors attraction des villes : inférieures à 60 % pour les activités salariées et supérieures à 30 % pour les pensions et retraites.

Figure 5 - Composition du niveau de vie annuel moyen des ménages selon la taille de l’aire d’attraction des villes en 2018

en euros
Figure 5 - Composition du niveau de vie annuel moyen des ménages selon la taille de l’aire d’attraction des villes en 2018 (en euros) - Lecture : en 2018, dans les aires de moins de 50 000 habitants, la moyenne des salaires et traitement par unité de consommation est de 13 300 euros annuels.
Taille de l’aire d’attraction des villes de la commune Salaires et traitements Indemnités de chômage Revenus des activités non salariées Pensions, retraites et rentes Prestations sociales Revenus du patrimoine et autres revenus Impôts Niveau de vie moyen
Aire de Paris 23 400 900 1 600 5 300 1 500 3 100 -6 600 29 200
700 000 habitants ou plus (hors Paris) 18 700 800 1 400 5 500 1 600 2 700 -4 800 25 900
200 000 à 700 000 habitants 16 000 700 1 400 6 200 1 700 2 200 -4 200 24 000
50 000 à 200 000 habitants 14 600 700 1 400 6 500 1 600 2 000 -3 700 23 100
Moins de 50 000 habitants 13 300 700 1 400 6 900 1 500 2 200 -3 500 22 500
Communes hors attraction des villes 12 700 700 1 800 7 000 1 300 2 300 -3 300 22 500
  • Lecture : en 2018, dans les aires de moins de 50 000 habitants, la moyenne des salaires et traitement par unité de consommation est de 13 300 euros annuels.
  • Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2018.

Figure 5 - Composition du niveau de vie annuel moyen des ménages selon la taille de l’aire d’attraction des villes en 2018

  • Lecture : en 2018, dans les aires de moins de 50 000 habitants, la moyenne des salaires et traitement par unité de consommation est de 13 300 euros annuels.
  • Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2018.
Publication rédigée par : David Pirou (Insee)

Sources

Les statistiques présentées ici sont issues du Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) de 2018. Le champ couvert est celui de l’ensemble des ménages fiscaux ordinaires de France métropolitaine, de la Martinique et de La Réunion, dont le revenu disponible est positif ou nul : il exclut les personnes sans domicile ou vivant en institution (prisons, foyers, maisons de retraite, etc.). Les ménages sont localisés au lieu de déclaration des revenus, sachant qu’une partie de ces ménages peuvent bénéficier d’une double résidence.

Définitions

Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation (UC) : 1 pour le premier adulte, 0,5 pour les suivants, et 0,3 pour les enfants de moins de 14 ans. Pour un couple avec deux enfants de 12 et 16 ans, le nombre d’UC est donc de 2,3. Le niveau de vie est par construction le même pour tous les individus d'un même ménage.

Si on ordonne une distribution, la médiane partage cette distribution en deux parties d’effectifs égaux. Ainsi, pour une distribution de salaires, 50 % des salaires se situent sous la médiane et 50 % au-dessus.

Le revenu disponible est le revenu à la disposition du ménage pour consommer et épargner. Il comprend les revenus d'activité, indemnités de chômage, retraites et pensions, revenus fonciers, les revenus financiers (imputés pour ceux qui ne sont pas soumis à déclaration : livrets exonérés, PEA, LEP, CEL, PEL, produits d'assurance vie) et les prestations sociales reçues (prestations familiales, minima sociaux et prestations logement). Au total de ces ressources, on déduit les impôts directs (impôt sur le revenu, taxe d'habitation) et les prélèvements sociaux : Contribution Sociale Généralisée (CSG), Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS).

Les aides locales (prestations versées par les mairies, associations, etc.) ne sont pas prises en compte pour le calcul du revenu disponible.

L’aire d’attraction d’une ville désigne un ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué d’un pôle de population et d’emploi, et d’une couronne qui regroupe les communes dont au moins 15 % des actifs travaillent dans le pôle. La commune la plus peuplée du pôle est appelée commune-centre.

Les pôles sont déterminés principalement à partir de critères de densité et de population totale, suivant une méthodologie cohérente avec celle de la grille communale de densité. Un seuil d’emplois est ajouté de façon à éviter que des communes essentiellement résidentielles, comportant peu d’emplois, soient considérées comme des pôles.

Les communes qui envoient au moins 15 % de leurs actifs travailler dans le pôle constituent la couronne de l’aire d’attraction du pôle.

Les communes qui n’appartiennent ni à un pôle ni à une couronne sont les communes hors attraction des villes.

Les rapports interdéciles des revenus sont utilisés pour mettre en évidence les disparités (ou écarts) entre les plus riches et les plus pauvres.

Le taux de pauvreté est le pourcentage de la population dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil est fixé à 60 % du niveau de vie médian métropolitain.

Les ménages à très hauts revenus sont ceux qui se situent parmi les 1 % les plus aisés de la population.

Le référent fiscal d’un ménage fiscal est le membre du ménage identifié comme payeur de la taxe d'habitation au sein du ménage fiscal.

Un ménage fiscal est un ménage constitué par le regroupement des foyers fiscaux répertoriés dans un même logement. Son existence, une année donnée, tient au fait que coïncident, pour un logement donné, une ou plusieurs déclarations indépendantes de revenus et l'occupation d'un logement connu à la taxe d'habitation (TH).

Pour en savoir plus

Molina V., « Un niveau de vie et des disparités de revenus plus élevés en Île-de-France et dans les communes denses », Insee Focus n° 196, juin 2020.

Robin M., Guevara S., « 43 % des personnes à très haut revenu habitent en Île-de-France », Insee Focus n° 192, mai 2020.