Insee
Insee Première · Mars 2021 · n° 1846
Insee PremièreBilan démographique 2020 Avec la pandémie de Covid-19, nette baisse de l’espérance de vie et chute du nombre de mariages

Sylvain Papon, Catherine Beaumel (Insee)

Au 1ᵉʳ janvier 2021, la France compte 67,4 millions d’habitants. En 2020, la population a augmenté de 0,2 %. Le solde naturel, différence entre les nombres de naissances et de décès, a fortement baissé du fait de la forte hausse des décès liée à la pandémie de Covid-19 et de la poursuite de la baisse des naissances ; il s’élève à + 67 000.

En 2020, 736 000 bébés sont nés en France. En recul depuis 2015, l’indicateur conjoncturel de fécondité s’établit à 1,83 enfant par femme en 2020. La France reste, en 2019, le pays le plus fécond de l’Union européenne.

En 2020, 669 000 personnes sont décédées en France, soit 9,1 % de plus qu’en 2019. La pandémie de Covid-19 a particulièrement affecté les décès au printemps et en fin d’année. L’espérance de vie à la naissance s’établit à 85,1 ans pour les femmes et à 79,1 ans pour les hommes. Elle diminue nettement par rapport à 2019 (– 0,5 an pour les femmes et – 0,6 an pour les hommes). La baisse est bien plus forte qu’en 2015, année marquée par une forte grippe hivernale (– 0,3 an et – 0,2 an).

En 2020, 155 000 mariages ont été célébrés, en recul de 31 % par rapport à 2019, la pandémie ayant empêché la tenue des célébrations ou incité à les repousser en raison de la limitation du nombre d’invités.

Dans le bilan démographique pour l’année 2020 publié le 19 janvier 2021 ( Insee Première n° 1834), les événements démographiques survenus en fin d’année n’étaient pas connus et avaient donc été estimés. Ce bilan est ici actualisé à partir des données d’état civil de l’ensemble de l’année 2020 (extraction du 22 février 2021). Les nombres de naissances, décès et mariages de 2020 ont été révisés, ainsi que les indicateurs en découlant : population en 2021, espérance de vie et indicateur de fécondité en 2020.

Au 1ᵉʳ janvier 2021, la France compte 67 407 000 habitants (figure 1) : 65 236 000 résident en métropole et 2 171 000 dans les cinq départements d’outre-mer. La population augmente de 0,2 % en 2020, soit à un rythme plus modéré qu’en 2019 (+ 0,3 %). De 2014 à 2018, la population augmentait en moyenne de 0,4 % par an.

Figure 1 - Évolution générale de la situation démographique

en milliers
Figure 1 - Évolution générale de la situation démographique (en milliers) - Lecture : la population est de 66 774 482 habitants au 1ᵉʳ janvier 2017 d'après le recensement de 2017, et de 66 992 159 habitants au 1ᵉʳ janvier 2018 d'après le recensement de 2018. La population évolue donc en apparence de + 217 677 habitants : + 163 279 dû au solde naturel, + 154 661 dû au solde migratoire et – 100 263 dû au changement de questionnaire. L'évolution de la population à questionnaire identique est donc estimée à + 317 940 habitants, soit une hausse de la population de 0,48 % en un an.
Population au 1ᵉʳ janvier Nombre de naissances vivantes Nombre de décès Solde naturel Solde migratoire évalué Ajustement¹ Évolution de la population² (en %)
2015 66 422 798,9 593,7 + 205,3 + 40 - 65 0,37
2016 66 603 783,6 593,9 + 189,8 + 65 - 83 0,38
2017 66 774 769,6 606,3 + 163,3 + 155 - 100 0,48
2018 66 992 758,6 609,7 + 148,9 + 87p - 84p 0,35p
2019 67 144p 753,4 613,3 + 140,1 + 87p - 84p 0,34p
2020 67 287p 736,0p,r 669,0p,r + 67,0p,r + 87p - 34p 0,23p,r
2021 67 407p,r
  • p : données provisoires fin février 2021 ; r : révisé par rapport aux données provisoires fin 2020 ; … : résultat non disponible.
  • 1. Du fait d'un changement de questionnaire du recensement de la population visant à améliorer la connaissance des situations de multi-résidence, un ajustement a été introduit pour estimer les évolutions de population à questionnement inchangé. Cet effet de questionnaire sera visible pendant huit ans compte tenu de la méthode de recensement [Insee, 2020].
  • 2. Le taux de variation de la population une année donnée correspond à la somme du solde naturel et du solde migratoire divisée par la population au 1ᵉʳ janvier de cette année.
  • Lecture : la population est de 66 774 482 habitants au 1ᵉʳ janvier 2017 d'après le recensement de 2017, et de 66 992 159 habitants au 1ᵉʳ janvier 2018 d'après le recensement de 2018. La population évolue donc en apparence de + 217 677 habitants : + 163 279 dû au solde naturel, + 154 661 dû au solde migratoire et – 100 263 dû au changement de questionnaire. L'évolution de la population à questionnaire identique est donc estimée à + 317 940 habitants, soit une hausse de la population de 0,48 % en un an.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin février 2021.

En 2020, le , différence entre les nombres de naissances et de décès, s’établit à + 67 000. En 2016, il avait atteint son niveau le plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (figure 2). Il n’a cessé de baisser depuis lors et atteint de nouveau un point très bas en 2020. Cette baisse est due au recul des naissances qui se poursuit, mais surtout à la forte hausse du nombre des décès pendant la pandémie de Covid-19. Le est estimé à + 87 000 personnes.

Figure 2a - Nombre de naissances, de décès et solde naturel

en milliers
Figure 2a - Nombre de naissances, de décès et solde naturel (en milliers) - Lecture : en 2020, 726 000 naissances et 668 000 décès ont eu lieu en France hors Mayotte. Le solde naturel, différence entre les deux, s’établit à 58 000.
Naissances Décès Solde naturel
1957 851,5 542,2 309,3
1958 847,2 510,7 336,5
1959 864,6 518,6 346,0
1960 856,5 530,6 325,9
1961 875,2 509,4 365,8
1962 870,5 550,5 320,0
1963 907,3 567,2 340,1
1964 916,1 529,2 386,9
1965 904,7 552,8 351,9
1966 902,0 538,9 363,2
1967 877,5 551,9 325,6
1968 872,9 562,4 310,6
1969 877,1 582,5 294,6
1970 883,7 551,3 332,4
1971 916,4 562,6 353,8
1972 911,2 558,5 352,7
1973 888,8 567,4 321,4
1974 832,1 560,8 271,3
1975 774,5 568,4 206,2
1976 747,2 565,2 182,0
1977 770,2 544,0 226,2
1978 761,0 554,7 206,3
1979 782,4 549,4 233,1
1980 826,1 555,0 271,1
1981 831,0 562,4 268,6
1982 823,3 550,7 272,5
1983 775,4 567,8 207,7
1984 787,4 550,3 237,2
1985 796,1 560,4 235,7
1986 805,5 554,7 250,8
1987 795,8 535,4 260,4
1988 800,6 532,5 268,0
1989 796,1 537,5 258,6
1990 793,1 534,4 258,7
1991 790,1 532,9 257,2
1992 774,8 529,8 244,9
1993 741,3 540,5 200,8
1994 740,8 528,1 212,7
1995 759,1 540,3 218,7
1996 764,0 544,6 219,4
1997 757,4 539,3 218,1
1998 767,9 543,4 224,5
1999 775,8 547,3 228,5
2000 807,4 540,6 266,8
2001 803,2 541,0 262,2
2002 792,7 545,2 247,5
2003 793,0 562,5 230,6
2004 799,4 519,5 279,9
2005 806,8 538,1 268,7
2006 829,4 526,9 302,4
2007 818,7 531,2 287,5
2008 828,4 542,6 285,8
2009 824,6 548,5 276,1
2010 832,8 551,2 281,6
2011 823,4 545,1 278,3
2012 821,0 569,9 251,2
2013 811,5 569,2 242,3
2014 811,4 558,7 252,7
2015 790,1 593,1 197,1
2016 774,3 593,2 181,2
2017 760,1 605,6 154,5
2018 749,3 608,9 140,4
2019 743,9 612,5 131,4
2020p,r 726,0 668,0 58,0
  • : données provisoires fin février 2021 ; r : révisé par rapport aux données provisoires fin 2020
  • Lecture : en 2020, 726 000 naissances et 668 000 décès ont eu lieu en France hors Mayotte. Le solde naturel, différence entre les deux, s’établit à 58 000.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil réalisées fin février 2021.

Figure 2a - Nombre de naissances, de décès et solde naturel

  • : données provisoires fin février 2021 ; r : révisé par rapport aux données provisoires fin 2020
  • Lecture : en 2020, 726 000 naissances et 668 000 décès ont eu lieu en France hors Mayotte. Le solde naturel, différence entre les deux, s’établit à 58 000.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil réalisées fin février 2021.

Six années de baisse des naissances

En 2020, 736 000 bébés sont nés en France, soit 17 000 naissances de moins qu’en 2019 (– 2,3 %). Le nombre de naissances diminue chaque année depuis six ans : en 2020, il y a eu 83 000 naissances de moins qu’en 2014. Ce nombre de naissances est le plus bas observé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et inférieur au point bas de 1994.

Le nombre de naissances dépend à la fois du nombre de femmes en âge de procréer et de leur fécondité. La population féminine de 20 à 40 ans, âges où les femmes sont les plus fécondes, a globalement diminué depuis le milieu des années 1990, bien qu’elle semble marquer un palier depuis 2016. Les évolutions récentes s’expliquent donc davantage par la baisse de la fécondité (figure 3).

Figure 3 - Évolution du nombre de naissances, de femmes en âge de procréer et ICF*

Figure 3 - Évolution du nombre de naissances, de femmes en âge de procréer et ICF*
Nombre de femmes âgées
de 15 à 50 ans
Nombre de femmes âgées
de 20 à 40 ans
Nombre de naissances Indicateur conjoncturel de fécondité
pour 100 femmes
(indice 100 en 1995)
1995 100,0 100,0 100,0 173,0
1996 100,6 99,3 100,7 175,0
1997 101,1 98,6 99,8 174,5
1998 101,0 97,9 101,2 177,9
1999 100,6 97,3 102,2 180,8
2000 100,5 97,0 106,4 189,3
2001 100,5 96,8 105,8 189,5
2002 100,5 96,7 104,4 188,1
2003 100,6 96,6 104,5 189,1
2004 100,7 96,4 105,3 191,5
2005 100,9 96,0 106,3 193,8
2006 101,0 95,8 109,3 199,7
2007 100,9 95,5 107,9 197,7
2008 100,7 95,1 109,1 200,7
2009 100,3 94,8 108,6 200,4
2010 100,0 94,5 109,7 202,9
2011 99,6 94,1 108,5 201,0
2012 99,2 93,6 108,2 200,8
2013 98,9 93,0 106,9 198,8
2014 98,7 92,3 106,9 199,0
2015 98,4 91,6 104,1 194,3
2016 98,0 91,1 102,0 191,0
2017 97,6 91,0 100,1 187,8
2018p 97,4 91,0 98,7 185,6
2019p 97,1 90,9 98,0 185,0
2020p,r 96,9 90,8 95,6 181,3
  • : données provisoires fin février 2021 ; r : révisé par rapport aux données provisoires fin 2020.
  • * Indicateur conjoncturel de fécondité.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin février 2021.

Figure 3 - Évolution du nombre de naissances, de femmes en âge de procréer et ICF*

  • : données provisoires fin février 2021 ; r : révisé par rapport aux données provisoires fin 2020.
  • * Indicateur conjoncturel de fécondité.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin février 2021.

Fécondité : 1,83 enfant par femme en 2020

En 2020, l’ (ICF) s’établit à 1,83 enfant par femme, après 1,86 en 2019 (figure 4). L’ICF diminue depuis six ans, même si la baisse s’était atténuée en 2019 (– 0,01). L’ICF oscillait autour de 2,0 enfants par femme entre 2006 et 2014.

Figure 4a - Taux de fécondité par groupe d'âges

Figure 4a - Taux de fécondité par groupe d'âges - Lecture : en 2020, 100 femmes âgées de 30 à 34 ans (âge atteint dans l'année) ont eu en moyenne 12,4 enfants.
Nombre de naissances pour 100 femmes ICF pour 100 femmes¹ Âge moyen des mères²
15-24 ans 25-29 ans 30-34 ans 35-39 ans 40-50 ans
2000 3,3 13,4 11,7 5,0 0,5 189,3 29,3
2010 3,3 12,9 13,3 6,4 0,7 202,9 29,9
2015 2,7 11,9 12,9 7,0 0,8 195,5 30,4
2016 2,6 11,5 12,9 7,0 0,8 192,4 30,5
2017 2,4 11,2 12,7 6,9 0,9 189,3 30,5
2018p 2,3 11,0 12,7 6,9 0,9 187,0 30,6
2019p 2,3 10,8 12,6 7,0 0,9 186,4 30,7
2020p,r 2,2 10,6 12,4 6,9 0,9 182,8 30,8
  • : données provisoires fin février 2021 ; : révisé par rapport aux données provisoires fin 2020.
  • 1. Indicateur conjoncturel de fécondité.
  • 2. Âge calculé pour une génération fictive de femmes qui auraient à tous les âges la fécondité de l'année considérée.
  • Lecture : en 2020, 100 femmes âgées de 30 à 34 ans (âge atteint dans l'année) ont eu en moyenne 12,4 enfants.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin février 2021.

L’âge moyen à la maternité continue de croître régulièrement : il atteint 30,8 ans en 2020, contre 29,3 ans vingt ans plus tôt. Les femmes les plus fécondes sont celles ayant entre 25 et 34 ans. Toutefois, le des femmes de moins de 30 ans baisse depuis les années 2000 et cette diminution s’accentue depuis 2015. En 2020, 100 femmes âgées de 25 à 29 ans donnent naissance à 10,6 enfants, contre 12,9 en 2010 et 13,4 en 2000. La baisse du taux de fécondité des femmes de 30 à 34 ans est plus récente : 12,4 enfants pour 100 femmes en 2020 contre 13,3 en 2010.

En 2019, la France reste le pays de l’Union européenne (UE) le plus fécond (ICF de 1,86), suivie par la Roumanie (1,77). Aussi fécondes que la France il y a quelques années, l’Irlande et la Suède ont un ICF désormais plus bas : 1,71 en 2019, comme la République tchèque. Trois pays méditerranéens ont des ICF inférieurs à 1,3 : Malte, l’Espagne et l’Italie. L’Allemagne, qui faisait partie il y a dix ans des pays les moins féconds de l’UE, figure désormais dans la moyenne (ICF de 1,54, contre 1,53 pour l’ensemble de l’UE).

Un fort excédent de décès lié à la pandémie

En 2020, 669 000 personnes sont décédées en France ; c’est 56 000 de plus qu’en 2019, soit une hausse de 9,1 %. L’augmentation est particulièrement importante pour les personnes de 65 ans ou plus, dont le nombre de décès en 2020 est supérieur de 54 000 par rapport à 2019, soit une hausse de 10,5 %. Du fait de l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité, le nombre de décès a tendance à augmenter ces dernières années (+ 0,7 % par an en moyenne entre 2004 et 2014, puis + 1,9 % entre 2014 et 2019), mais l’augmentation en 2020 est sans commune mesure. L’épidémie de Covid-19 a eu un impact fort sur la lors de la première vague, en mars et avril, puis lors de la deuxième vague, à partir d’octobre. Le nombre de décès associés à la première vague de l’épidémie est évalué entre 25 000 et 30 000, malgré le confinement et les consignes sanitaires [Ouvrir dans un nouvel ongletSanté publique France, 2020]. En comparaison, la grippe de l’hiver 2019-2020 a entraîné environ 4 000 décès, après 10 000 décès pour la grippe de l’hiver précédent [Ouvrir dans un nouvel ongletSanté publique France, 2020].

L’excédent de mortalité, toutes causes confondues, lors de la première vague de la pandémie (en mars et avril 2020) par rapport à la moyenne 2016-2019 est plus élevé en Espagne (+ 70 %), en Italie (+ 47 %), au Royaume-Uni et en Belgique (+ 43 %) qu’en France (+ 28 %) [Barhoumi et al., 2020]. À l’inverse, il est beaucoup plus faible en Allemagne (+ 4 %).

La hausse des décès due à la seconde vague de l’épidémie a débuté en France en septembre, avec une accélération des décès mi-octobre et un pic atteint au cours de la première semaine de novembre. La hausse des décès a été nettement plus marquée dans l’est de l’Europe, mais aussi en Belgique [Ourliac, 2021]. Selon les données disponibles en mars 2021 (Eurostat), le surplus de décès entre septembre et décembre 2020 parmi les pays voisins de la France est le plus élevé en Italie (+ 25 %) et en Belgique (+ 24 %). Il est en revanche équivalent en Espagne (+ 18 %) et en France (+ 16 %) et plus faible en Allemagne (+ 12 %). La seconde vague ayant débuté un peu plus tardivement au Royaume-Uni, le surplus était de 12 % sur la même période en Angleterre et au Pays-de-Galles.

En 2020, la pandémie fait perdre 0,5 an d’espérance de vie aux femmes et 0,6 an aux hommes

En 2020, l’ est de 85,1 ans pour les femmes et de 79,1 ans pour les hommes (figure 5). Les femmes perdent 0,5 an d’espérance de vie par rapport à 2019 et les hommes 0,6 an. Cette baisse est bien plus marquée qu’en 2015 (respectivement – 0,3 an et – 0,2 an), où la grippe hivernale avait été très meurtrière. Ces dernières années, les gains d’espérance de vie avaient ralenti pour les hommes comme pour les femmes : entre 2010 et 2019, soit avant 2020, les femmes avaient gagné 1,0 an contre 1,7 an entre 2001 et 2010 ; pour les hommes, les gains étaient de 1,7 an après 2,6 ans.

La baisse de l’espérance de vie en 2020 est essentiellement due à la hausse des décès aux âges élevés. Pour les femmes, l’augmentation des décès après 70 ans explique 91 % de la baisse de l’espérance de vie, contre 85 % pour les hommes. L’évolution des décès de personnes de 80 ans ou plus explique à elle seule 63 % de la baisse de l’espérance de vie des femmes et 48 % de celle des hommes. La mortalité avant 40 ans a en revanche baissé en 2020 par rapport à 2019 et a donc contribué à une hausse de l’espérance de vie.

En 2020, l‘espérance de vie à 60 ans baisse fortement par rapport à 2019 : – 0,5 an pour les femmes, passant de 27,8 ans à 27,3 ans ; et – 0,7 an pour les hommes, de 23,4 ans à 22,7 ans. L’espérance de vie à 80 ans baisse de 0,4 an pour les femmes et de 0,5 an pour les hommes. En 2015, la baisse était moins forte, et plus marquée pour les femmes (– 0,3 an à 60 comme à 80 ans pour les femmes, – 0,2 an pour les hommes).

Figure 5 - Espérance de vie à divers âges et mortalité infantile

Figure 5 - Espérance de vie à divers âges et mortalité infantile - Lecture : en 2020, l'espérance de vie des femmes de 60 ans est de 27,3 ans. Ce chiffre représente le nombre d'années restant à vivre aux femmes de 60 ans dans les conditions de mortalité à chaque âge observées en 2020.
Femmes Hommes Taux de mortalité infantile
pour 1 000 enfants
nés vivants¹
0 an 1 an 20 ans 60 ans 80 ans 0 an 1 an 20 ans 60 ans 80 ans
2010 84,6 83,9 65,1 27,1 10,7 78,0 77,3 58,6 22,4 8,5 3,6
2014 85,4 84,7 65,8 27,7 11,1 79,2 78,5 59,8 23,1 9,0 3,5
2015 85,1 84,4 65,6 27,4 10,8 79,0 78,3 59,6 22,9 8,8 3,7
2016 85,3 84,6 65,7 27,6 11,0 79,3 78,6 59,8 23,1 9,0 3,7
2017 85,3 84,6 65,8 27,6 11,1 79,4 78,7 60,0 23,2 9,0 3,9
2018p 85,4 84,7 65,9 27,7 11,2 79,5 78,8 60,1 23,3 9,1 3,8
2019p 85,6 84,9 66,0 27,8 11,3 79,7 79,0 60,3 23,4 9,2 3,8
2020p,r 85,1 84,4 65,6 27,3 10,9 79,1 78,4 59,6 22,7 8,7 3,6
  • : données provisoires fin février 2021 ; r : révisé par rapport aux données provisoires fin 2020.
  • 1. Rapport entre le nombre d’enfants décédés avant leur premier anniversaire et l’ensemble des enfants nés vivants.
  • Lecture : en 2020, l'espérance de vie des femmes de 60 ans est de 27,3 ans. Ce chiffre représente le nombre d'années restant à vivre aux femmes de 60 ans dans les conditions de mortalité à chaque âge observées en 2020.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin février 2021.

La population vieillit avec l’avancée en âge des baby-boomers

Fortes du dynamisme de leur fécondité depuis plus de quinze ans, l’Irlande et la France ont la proportion de jeunes de moins de 15 ans la plus élevée de l’UE en 2020 (respectivement 20,3 % et 17,9 %). Cette part est inférieure à 14 % dans quatre pays (Allemagne, Italie, Malte, Portugal) et elle est de 15,1 % pour l’ensemble de l’UE.

Au 1ᵉʳ janvier 2021, plus d’une personne sur cinq (20,7 %) en France a 65 ans ou plus (figure 6). Cette part augmente depuis plus de trente ans et le vieillissement de la population s’accélère depuis le milieu des années 2010, avec l’arrivée à ces âges des premières générations nombreuses nées après-guerre [Athari, Papon, Robert-Bobée et al., 2019]. La part des personnes âgées de 65 ans ou plus augmente dans tous les pays de l’UE. En 2020, elles représentent 20,6 % de la population de l’UE, contre 17,6 % en 2010. Leur part varie de 14,4 % en Irlande à 23,2 % en Italie.

Figure 6a - Pyramides des âges au 1ᵉʳ janvier 2021

en milliers
Figure 6a - Pyramides des âges au 1ᵉʳ janvier 2021 (en milliers)
Âge¹ Hommes Femmes
0 an 353 339
1 an 364 351
2 ans 370 354
3 ans 377 364
4 ans 389 373
5 ans 399 383
6 ans 409 397
7 ans 416 398
8 ans 425 405
9 ans 426 410
10 ans 437 420
11 ans 432 414
12 ans 437 416
13 ans 432 413
14 ans 439 420
15 ans 433 411
16 ans 431 408
17 ans 426 405
18 ans 423 401
19 ans 424 400
20 ans 424 401
21 ans 395 377
22 ans 385 373
23 ans 370 363
24 ans 370 369
25 ans 365 367
26 ans 354 361
27 ans 356 364
28 ans 373 384
29 ans 382 393
30 ans 391 405
31 ans 390 413
32 ans 396 419
33 ans 397 422
34 ans 403 430
35 ans 402 430
36 ans 400 426
37 ans 397 421
38 ans 421 444
39 ans 425 447
40 ans 430 451
41 ans 408 426
42 ans 400 414
43 ans 402 414
44 ans 391 404
45 ans 406 415
46 ans 426 436
47 ans 446 460
48 ans 457 467
49 ans 456 464
50 ans 444 455
51 ans 437 449
52 ans 429 446
53 ans 428 443
54 ans 437 455
55 ans 437 456
56 ans 438 461
57 ans 431 456
58 ans 416 441
59 ans 414 441
60 ans 408 440
61 ans 403 438
62 ans 391 429
63 ans 387 426
64 ans 380 424
65 ans 373 421
66 ans 370 416
67 ans 360 408
68 ans 362 413
69 ans 351 400
70 ans 361 412
71 ans 350 405
72 ans 346 401
73 ans 335 391
74 ans 311 369
75 ans 229 278
76 ans 221 270
77 ans 210 261
78 ans 190 241
79 ans 164 213
80 ans 164 220
81 ans 164 228
82 ans 154 220
83 ans 143 212
84 ans 134 207
85 ans 119 196
86 ans 111 190
87 ans 96 173
88 ans 86 167
89 ans 73 150
90 ans 62 137
91 ans 47 112
92 ans 37 97
93 ans 29 80
94 ans 21 67
95 ans 16 53
96 ans 12 41
97 ans 8 31
98 ans 5 23
99 ans 3 16
100 ans 2 11
101 ans 1 4
102 ans 0 3
103 ans 0 2
104 ans 0 1
105 ans 0 1
106 ans 0 1
107 ans 0 0
108 ans 0 0
109 ans 0 0
110 ans ou plus 0 0
  • Note : données provisoires fin février 2021, révisées par rapport aux données provisoires fin 2020.
  • 1. Âge atteint le 1ᵉʳ janvier.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin février 2021.

Figure 6a - Pyramides des âges au 1ᵉʳ janvier 2021

  • Note : données provisoires fin février 2021, révisées par rapport aux données provisoires fin 2020.
  • 1. Âge atteint le 1ᵉʳ janvier.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin février 2021.

Une chute historique du nombre des mariages en 2020 liée au contexte sanitaire

En 2020, 155 000 mariages ont été célébrés, dont 150 000 entre personnes de sexe différent et 5 000 entre personnes de même sexe (figure 7). Il s’agit d’un recul historique : – 31,0 % par rapport à 2019. En effet, les célébrations de mariages ont été interdites durant le confinement du printemps, puis autorisées, mais avec une stricte limitation du nombre d’invités. De nombreux mariages ont ainsi été annulés ou reportés. Il n’y a eu presque aucun mariage en avril-mai, et nettement moins que les années précédentes en juin-juillet.

Pour la première fois depuis la promulgation de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, le nombre de mariages de femmes est supérieur au nombre de mariages d’hommes.

En 2019, 196 000 pactes civils de solidarité (Pacs) ont été conclus, soit 13 000 de moins qu’en 2018. Le nombre de Pacs a augmenté chaque année de 2002 à 2018 à l’exception de 2011, année depuis laquelle les couples ne peuvent plus signer trois déclarations de revenus différentes l’année de leur union. À partir de novembre 2017, la possibilité de contractualiser un Pacs en mairie plutôt qu’au tribunal a pu entraîner un report calendaire de 2017 à 2018 expliquant la forte progression du nombre de Pacs en 2018.

Figure 7a - Mariages et Pacs de 2000 à 2020

Figure 7a - Mariages et Pacs de 2000 à 2020 - Lecture : en 2020, 155 000 mariages ont été célébrés en France, dont 150 000 de couples de sexe différent et 5 000 de couples de même sexe.
Mariages de personnes de sexe différent Mariages de personnes de même sexe Ensemble des mariages Pacs* de personnes de sexe différent Pacs* de personnes de même sexe Ensemble des Pacs*
2000 305 234 /// 305 234 16 859 5 412 22 271
2001 295 720 /// 295 720 16 306 3 323 19 629
2002 286 169 /// 286 169 21 683 3 622 25 305
2003 282 756 /// 282 756 27 276 4 294 31 570
2004 278 439 /// 278 439 35 057 5 023 40 080
2005 283 036 /// 283 036 55 597 4 865 60 462
2006 273 914 /// 273 914 72 276 5 071 77 347
2007 273 669 /// 273 669 95 772 6 206 101 978
2008 265 404 /// 265 404 137 766 8 194 145 960
2009 251 478 /// 251 478 166 192 8 437 174 629
2010 251 654 /// 251 654 196 405 9 145 205 550
2011 236 826 /// 236 826 144 714 7 499 152 213
2012 245 930 /// 245 930 153 715 6 975 160 690
2013 231 225 7 367 238 592 162 609 6 083 168 692
2014 230 770 10 522 241 292 167 469 6 262 173 731
2015 228 565 7 751 236 316 181 930 7 017 188 947
2016 225 612 7 113 232 725 184 425 7 112 191 537
2017 226 671 7 244 233 915 188 233 7 400 195 633
2018 228 349 6 386 234 735 200 282 8 589 208 871
2019 218 468 6 272 224 740 188 014 8 356 196 370
2020p,r 150 000 5 000 155 000
  • * Pacte civil de solidarité.
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • … : résultat non disponible.
  • p : mariages 2020, Pacs 2018 et 2019 : résultats provisoires fin février 2021 ; r : révisé par rapport aux données provisoires fin 2020.
  • Lecture : en 2020, 155 000 mariages ont été célébrés en France, dont 150 000 de couples de sexe différent et 5 000 de couples de même sexe.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Sources : Insee, statistiques de l'état civil réalisées fin février 2021 (mariages) ; ministère de la Justice, Conseil supérieur du notariat (pacs).

Figure 7a - Mariages et Pacs de 2000 à 2020

  • * Pacte civil de solidarité.
  • p : mariages 2020, Pacs 2018 et 2019 : résultats provisoires fin février 2021 ; r : révisé par rapport aux données provisoires fin 2020.
  • Lecture : en 2020, 155 000 mariages ont été célébrés en France, dont 150 000 de couples de sexe différent et 5 000 de couples de même sexe.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Sources : Insee, statistiques de l'état civil réalisées fin février 2021 (mariages) ; ministère de la Justice, Conseil supérieur du notariat (pacs).
Publication rédigée par :Sylvain Papon, Catherine Beaumel (Insee)

Sources

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il en fixe les niveaux de référence pour les années où il est disponible. Pour les années 2019 et suivantes, les estimations de population sont provisoires. Elles sont réalisées en actualisant la population du dernier recensement de 2018 grâce à des estimations, d’une part, du solde naturel et, d’autre part, du solde migratoire et d’un ajustement, introduit pour tenir compte de la rénovation du questionnaire du recensement en 2018 et rendre comparables les niveaux de population annuels successifs. Le nouveau questionnaire permet de mieux appréhender les liens familiaux qui unissent les personnes habitant un même logement et d’améliorer la connaissance des lieux d’habitation des personnes ayant plusieurs résidences, notamment des enfants de parents séparés. Une explication détaillée est disponible dans la documentation relative au recensement de la population sur insee.fr.

Le recensement est quinquennal à Mayotte. Aussi, pour ce département, l’Insee réalise des estimations de population au 1ᵉʳ janvier à partir du dernier recensement disponible qui a eu lieu en 2017 et grâce à des estimations du solde naturel et du solde migratoire, comme pour les autres départements français.

Les statistiques d’état civil sur les naissances, les décès et les mariages sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee, et réceptionnées fin février 2021. Ces données sont provisoires. Les statistiques concernant les pactes civils de solidarité (Pacs) sont fournies conjointement par le ministère de la Justice, le Conseil supérieur du notariat et l’Insee et sont disponibles plus tardivement que les données d’état civil.

Le solde migratoire d’une année est mesuré indirectement par différence entre l’évolution de la population mesurée à deux recensements successifs et le solde naturel déduit de l’état civil. Pour le solde migratoire à partir de 2015, on retire en plus l’ajustement. Les évolutions de ce solde migratoire peuvent refléter des fluctuations des entrées et des sorties, mais également l’aléa de sondage du recensement. Le dernier recensement disponible étant celui du 1ᵉʳ janvier 2018, les soldes migratoires de 2018, 2019 et 2020 sont estimés provisoirement par la moyenne des trois derniers soldes connus.

Les données sur l’Union européenne sont celles disponibles sur le site d’Eurostat fin février 2021. Selon la thématique, elles s'arrêtent en 2019 ou 2020. Dans cette publication, l’Union européenne ne comprend pas le Royaume-Uni. Afin de suivre l’évolution de la pandémie, Eurostat a compilé, sur la base du volontariat, des données hebdomadaires sur les décès dans les pays européens. Les estimations figurant ici sont fondées sur les données téléchargées au 3 mars 2021.

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours d’une période.

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Il peut être interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtrait, tout au long de leur vie féconde, les taux de fécondité par âge observés cette année-là. Il est exprimé en nombre d’enfants par femme. C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de l’année considérée.

Le taux de fécondité à un âge donné (ou pour une tranche d’âges) est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année, rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge.

Le taux de mortalité à un âge donné (ou pour une tranche d’âges) est le nombre de décès à cet âge au cours de l'année rapporté à la population moyenne de l’année des personnes de même âge.

L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée. C’est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de l’année considérée.

Pour en savoir plus

Insee, nombre de décès quotidiens .

Insee, « Conseils pour l’utilisation des résultats statistiques », janvier 2021.

Insee, « Forte baisse des naissances en décembre 2020 et janvier 2021 », communiqué de presse, février 2021.

Le Minez S., Roux V., « 2020 : une hausse des décès inédite depuis 70 ans », Insee Première n° 1847, mars 2021.

Ourliac B., « Covid et mortalité en Europe en 2020 : des statistiques à regarder de près », blog de l’Insee, février 2021.

Barhoumi et al., « Les inégalités sociales à l’épreuve de la crise sanitaire : un bilan du premier confinement », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2020.

Dahoo U., Gaudy L., « En France, comme en Europe, un pic de surmortalité lié à la Covid-19 fin mars-début avril », Insee Focus n° 200, juillet 2020.

Santé publique France, « Ouvrir dans un nouvel ongletSurveillance de la mortalité au cours de l’épidémie de COVID-19 du 2 mars au 31 mai 2020 en France », juillet 2020.

Beaumel C., Papon S., « La situation démographique en 2018 », Insee Résultats, juin 2020.

Santé publique France, « Ouvrir dans un nouvel ongletBulletin épidémiologique grippe. Bilan de la surveillance, saison 2019-2020 », 2020.

Athari E., Papon S., Robert-Bobée I., « Quarante ans d’évolution de la démographie française : le vieillissement de la population s’accélère avec l’avancée en âge des baby-boomers  », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2019.