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Insee Flash Grand Est · Mars 2021 · n° 48
Insee Flash Grand EstLes femmes qui accouchent sont de plus en plus âgées dans le Grand Est et dans les territoires frontaliers

Marie-Laure Kayali, Brigitte Martin, Olivasoa Razafindramanana (Insee)

Le nombre de naissances recule ces dernières années, dans le Grand Est comme dans les territoires frontaliers voisins. Les femmes font aussi leurs enfants de plus en plus tardivement.

Insee Flash Grand Est
No 48
Paru le : Paru le 10/03/2021

En 2019, 54 800 bébés ont vu le jour dans le Grand Est, soit 10 000 de moins que dix ans plus tôt. Entre 2009 et 2019, le nombre de nouveaux-nés évolue de manière très contrastée dans les « territoires » NUTS de la Grande Région et de la Conférence du Rhin Supérieur. Il augmente de plus de 20 % en Rhénanie-Palatinat et dans le Pays de Bade, de plus de 15 % dans la Sarre et les cantons suisses et de plus de 10 % au Luxembourg. À l’inverse, les naissances diminuent de plus de 10 % en Wallonie, de 11 % en Alsace et de près de 18 % en Lorraine et en Champagne-Ardenne (figure 1). En 2019, 170 800 enfants sont nés dans les deux espaces de coopération transfrontalière auxquels la région Grand Est participe : 61 400 dans la Conférence du Rhin Supérieur et 109 400 dans la Grande Région. Par rapport à 2018, la tendance est à la baisse dans tous les territoires sauf en Champagne-Ardenne. La même tendance s’observe dès 2015 dans les territoires du Grand Est, ainsi qu’en Wallonie.

Figure 1Évolution des naissances par territoire

indice base 100 en 1997
Évolution des naissances par territoire (indice base 100 en 1997)
Alsace Champagne-Ardenne Lorraine Luxembourg Pays de Bade Rhénanie-Palatinat Sarre Suisse du Nord-Ouest Wallonie
1997 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
1998 101,4 100,7 100,8 97,9 94,8 95,1 91,2 97,2 99,4
1999 102,4 100,7 99,1 101,4 92,4 91,6 89,5 95,7 99,4
2000 104,8 104,3 102,1 104,0 90,6 90,8 87,9 94,0 102,2
2001 103,1 101,5 101,3 99,2 86,6 85,9 82,1 86,3 101,2
2002 100,1 97,6 98,7 97,1 84,9 83,4 78,9 87,6 97,5
2003 101,1 96,1 97,0 96,4 82,8 81,8 76,1 87,2 97,3
2004 99,7 96,6 99,1 99,1 82,7 80,2 76,7 87,9 98,8
2005 101,2 97,8 98,6 97,6 81,7 78,2 74,9 87,7 100,2
2006 104,0 97,8 100,4 100,2 79,6 76,2 72,3 86,6 102,5
2007 101,2 97,3 97,8 99,5 81,0 78,1 72,8 87,5 100,7
2008 101,4 98,3 98,4 101,7 80,3 77,3 71,7 91,1 104,8
2009 101,5 96,6 97,2 102,5 78,4 74,1 69,4 91,7 104,3
2010 103,1 96,5 97,1 106,7 80,2 75,8 70,8 96,4 105,0
2011 100,5 94,8 94,6 102,5 78,1 74,6 71,0 96,3 103,9
2012 99,4 93,0 93,9 109,5 79,5 74,8 68,9 99,1 103,5
2013 99,6 92,5 92,8 111,1 81,6 76,8 68,6 98,2 101,4
2014 101,1 90,9 91,5 110,3 84,5 80,2 73,4 102,2 100,4
2015 97,1 87,8 87,8 111,1 87,5 83,8 75,2 103,7 98,3
2016 95,3 84,9 85,9 109,9 95,1 90,0 82,3 106,6 96,6
2017 93,7 80,0 83,9 112,2 93,3 89,8 83,2 106,6 95,7
2018 92,6 79,4 80,7 114,0 95,5 90,3 81,6 107,0 93,6
2019 90,3 79,5 79,8 113,2 95,0 89,2 80,2 106,7 93,6
  • Champ : Grand Est, territoires de la Conférence du Rhin Supérieur et de la Grande Région.
  • Sources : Insee, statistiques de l'état civil, STATEC, STATBEL, OFS, Destatis, Statistische Landesämter Rheinland-Pfalz, Baden-Württemberg.

Figure 1Évolution des naissances par territoire

  • Champ : Grand Est, territoires de la Conférence du Rhin Supérieur et de la Grande Région.
  • Sources : Insee, statistiques de l'état civil, STATEC, STATBEL, OFS, Destatis, Statistische Landesämter Rheinland-Pfalz, Baden-Württemberg.

Le taux de natalité poursuit son recul

Avec 8,1 naissances pour 1 000 habitants en 2019, la Sarre conserve le taux de natalité le plus bas et l’Alsace le plus élevé (10,6 ‰), malgré une diminution constante entre 1997 et 2019. Dans la Grande Région, ce recul persistant s’observe également en Lorraine et au Luxembourg. Les Länder évoluent de manière similaire avec un recul de 1997 à 2009, puis un rebond jusqu’en 2016 avant une stabilisation. Les taux de natalité sont en baisse dans l’ensemble des territoires entre 2018 et 2019, à l’exception des cantons d’Argovie et du Jura. Ce dernier présente même une hausse (+ 0,3 point). Les écarts entre territoires se réduisent fortement à partir de 2016.

Les femmes qui accouchent de plus en plus âgées

L’âge moyen des mères à la naissance varie, en 2019, de 30 ans et 5 mois en Lorraine à plus de 32 ans au Luxembourg. Jusqu’en 2007, c’est dans le Bade-Wurtemberg que les femmes donnaient naissance à leurs enfants le plus tardivement, puis dans les cantons suisses frontaliers à partir de 2008. Ils ont été rejoints puis devancés par le Luxembourg à partir de 2016. Entre 2009 et 2019, les mères alsaciennes ont 1 an et 1 mois de moins que leurs voisines du Bade-Wurtemberg et 1 an et 5 mois de moins que celles de Suisse du Nord-Ouest. Sur la même période, dans la Grande Région, c’est en Lorraine que les femmes deviennent mères le plus tôt.

Les Alsaciennes et les Lorraines plus fécondes

La fécondité est également contrastée selon les territoires. En 2019, l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) est le plus faible dans le canton de Bâle-Ville avec 1,32 enfant par femme, et le plus élevé en Champagne-Ardenne (1,79) (figure 2). Entre 2009 et 2019, l'ICF en Sarre augmente de 1,23 à 1,45 ; il s’est stabilisé à 1,6 en Rhénanie-Palatinat.

Dans le Grand Est, comme ailleurs en France, les femmes nées à l'étranger ont plus d’enfants que les femmes nées en France : leur ICF moyen entre 2016 et 2018 s’élève à 2,8 contre 1,6. Dans les autres territoires étudiés, où l'indicateur privilégié est la nationalité, on constate de manière similaire que les femmes de nationalité étrangère ont plus d'enfants que les femmes ayant la nationalité de leur pays de résidence. De 2011 à 2019, au Luxembourg, l’écart entre le nombre d’enfants des femmes de nationalité luxembourgeoise et celui des femmes de nationalité étrangère s’est réduit du fait de la baisse de fécondité de ces dernières. En Wallonie, l’écart s’est creusé en raison de la diminution du nombre d’enfants des femmes de nationalité belge. Dans le Bade-Wurtemberg, l’ICF passe de 1,36 à 1,57 entre 2009 et 2019 ; celui des femmes de nationalité allemande progresse moins vite (1,35 à 1,48) que celui des femmes de nationalité étrangère (1,57 à 1,93). Les femmes de Suisse du Nord-Ouest de nationalité suisse ont moins d’enfants que les femmes de nationalité étrangère qui y vivent ; leur ICF croît moins vite (1,16 à 1,62) que celui des étrangères (1,56 à 2,36) entre 2011 et 2019.

Figure 2Évolution de l’indice conjoncturel de fécondité de 1997 à 2019 par territoire

Évolution de l’indice conjoncturel de fécondité de 1997 à 2019 par territoire
Alsace Champagne-Ardenne Lorraine Luxembourg Bade-Wurtemberg Rhénanie-Palatinat Sarre Bâle-Ville Wallonie
1997 1,66 1,74 1,67 1,71 1,47 1,34 1,24 1,67
1998 1,69 1,78 1,70 1,67 1,43 1,27 1,25 1,67
1999 1,72 1,80 1,70 1,71 1,41 1,29 1,25 1,69
2000 1,78 1,90 1,78 1,78 1,42 1,44 1,30 1,24 1,76
2001 1,77 1,88 1,79 1,66 1,38 1,39 1,25 1,16 1,76
2002 1,73 1,84 1,76 1,63 1,37 1,37 1,23 1,18 1,72
2003 1,76 1,84 1,76 1,62 1,36 1,36 1,21 1,21 1,73
2004 1,75 1,88 1,81 1,66 1,37 1,36 1,25 1,20 1,76
2005 1,79 1,92 1,82 1,62 1,36 1,35 1,25 1,22 1,79
2006 1,85 1,95 1,86 1,64 1,34 1,33 1,23 1,21 1,82
2007 1,81 1,95 1,82 1,61 1,37 1,37 1,26 1,22 1,82
2008 1,82 2,00 1,84 1,60 1,37 1,37 1,25 1,22 1,84
2009 1,84 1,98 1,82 1,59 1,36 1,34 1,23 1,26 1,82
2010 1,88 2,00 1,83 1,63 1,38 1,38 1,27 1,31 1,85
2011 1,83 1,98 1,80 1,51 1,39 1,37 1,31 1,35 1,83
2012 1,82 1,95 1,81 1,57 1,39 1,38 1,27 1,37 1,81
2013 1,83 1,95 1,80 1,55 1,42 1,41 1,27 1,33 1,76
2014 1,86 1,93 1,80 1,50 1,46 1,47 1,35 1,37 1,74
2015 1,80 1,88 1,74 1,47 1,51 1,51 1,38 1,36 1,69
2016 1,77 1,84 1,72 1,40 1,59 1,60 1,49 1,38 1,66
2017 1,75 1,75 1,70 1,39 1,57 1,59 1,51 1,35 1,63
2018 1,74 1,76 1,65 1,38 1,58 1,59 1,47 1,35 1,59
2019 1,72 1,79 1,65 1,34 1,57 1,56 1,45 1,32 1,59
  • Champ : femmes de 15 à 49 ans pour tous les territoires sauf pour l'Allemagne (15-50 ans).
  • Sources : Insee, statistiques de l'état civil, STATEC, STATBEL, OFS, Destatis, Statistische Landesämter Rheinland-Pfalz, Baden-Württemberg.

Figure 2Évolution de l’indice conjoncturel de fécondité de 1997 à 2019 par territoire

  • Champ : femmes de 15 à 49 ans pour tous les territoires sauf pour l'Allemagne (15-50 ans).
  • Sources : Insee, statistiques de l'état civil, STATEC, STATBEL, OFS, Destatis, Statistische Landesämter Rheinland-Pfalz, Baden-Württemberg.
Publication rédigée par : Marie-Laure Kayali, Brigitte Martin, Olivasoa Razafindramanana (Insee)

Définitions


Taux de natalité : Le taux de natalité est le rapport du nombre de naissances vivantes de l'année à la population totale moyenne de l'année.


Indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) : L’indicateur conjoncturel de fécondité, ou somme des naissances réduites, mesure le nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l’année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.


Territoire : dans cette étude, le terme territoire est employé au sens de la nomenclature des unités territoriales statistiques (NUTS), pour désigner les « territoires » qui composent - pour tout ou partie - les espaces de coopération transfrontalière de la Grande Région et de la Conférence du Rhin Supérieur. La Grande Région regroupe la Lorraine (NUTS2), la Wallonie (NUTS1), la Sarre (NUTS1), la Rhénanie-Palatinat (NUTS1) et le Luxembourg (NUTS1). La Conférence franco-germano-suisse du Rhin Supérieur regroupe l’Alsace (NUTS2), la Suisse du Nord-Ouest (NUTS2), une partie du Bade-Wurtemberg (NUTS1) et une partie de la Rhénanie-Palatinat (NUTS1).

Pour en savoir plus

Mom K., Nieto V, « Le solde naturel se dégrade et la croissance démographique marque le pas », Insee Flash Grand Est n° 44, décembre 2020

Papon S., Beaumel C, « Bilan démographique 2020 : Avec la pandémie du Covid-19, nette baisse de l’espérance de vie et chute du nombre de mariages », Insee Première n° 1834, janvier 2021

Fabienne Daguet, « La fécondité baisse moins dans les grandes métropoles », Insee Première n° 1838, février 2021

Division statistiques sociales, « Les femmes au Luxembourg deviennent maman de plus en plus tard », Regards n° 02/2019, mars 2019