Insee Flash Ile-de-FranceDémographie de l’Île-de-France en 2019L’excédent naturel reste le plus important des régions métropolitaines

Vinciane Bayardin, Danielle Jabot (Insee)

Au 1er janvier 2020, l’Île-de-France compte environ 12 292 000 habitants. La population continue de croître grâce à l’excédent naturel. Du fait de la jeunesse de sa population, l’Île-de-France connaît un nombre de naissances élevé, bien qu’en légère baisse ; le nombre de décès est quasi stable ces cinq dernières années. L’Île-de-France contribue le plus à l’excédent naturel de la France métropolitaine.

Insee Flash Ile-de-France
No 54
Paru le : Paru le 19/01/2021
Vinciane Bayardin, Danielle Jabot (Insee)
Insee Flash Ile-de-France  No 54 - Janvier 2021

La population francilienne a gagné 500 000 habitants en dix ans

Au 1er janvier 2020, la population francilienne est estimée à 12 292 000 habitants. Elle augmente entre 2010 et 2020, mais à un rythme moins soutenu sur les cinq dernières années par rapport aux cinq années précédentes : + 41 900 habitants par an en moyenne entre 2015 et 2020 (+ 0,3 %) contre + 59 200 en moyenne annuelle entre 2010 et 2015 (+ 0,5 %, figure 1).

Figure 1Un nombre de naissances à la baisse dans toute l’Île-de-France

Un nombre de naissances à la baisse dans toute l’Île-de-France
Population Naissances Décès ICF* en 2019
Estimation au 1ᵉʳ janvier 2020 Évolution annuelle moyenne 2015-2020 Évolution annuelle moyenne 2010-2015 En 2019 Évolution annuelle moyenne 2009-2019 En 2019 Évolution annuelle moyenne 2009-2019 Femmes de 15 à 49 ans
Paris 2 154 100 -0,5 -0,3 27 373 -1,4 13 805 -0,1 1,55
Hauts-de-Seine 1 628 800 0,4 0,4 22 251 -0,8 10 022 0,6 1,81
Seine-Saint-Denis 1 657 900 0,8 0,9 28 456 -0,3 8 946 0,8 2,27
Val-de-Marne 1 411 800 0,6 0,7 20 399 -0,4 8 726 0,9 1,99
Petite couronne 4 698 500 0,6 0,6 71 106 -0,5 27 694 0,7 -
Seine-et-Marne 1 426 300 0,5 1,0 18 585 -0,4 9 244 1,3 1,95
Yvelines 1 449 500 0,3 0,3 18 550 -0,4 9 374 1,1 2,07
Essonne 1 309 600 0,5 1,0 18 520 -0,3 8 078 1,2 2,11
Val-d’Oise 1 253 600 0,6 0,7 19 758 0,1 7 593 1,3 2,27
Grande couronne 5 439 000 0,5 0,7 75 413 -0,3 34 289 1,2 -
Île-de-France 12 291 600 0,3 0,5 173 892 -0,4 75 788 0,8 1,93
France métropolitaine 65 123 800 0,3 0,5 712 204 -0,7 597 134 1,2 1,84
  • * Indicateur conjoncturel de fécondité.
  • Source : Insee, estimations de population, état civil.

Le solde naturel francilien, unique moteur de la croissance de la population

Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2019, la population progresse dans tous les départements franciliens, sauf à Paris (- 6 800 habitants) qui perd régulièrement des habitants depuis 2012. Près de la moitié de la hausse de la population francilienne provient de la Seine-Saint-Denis.

En raison d’un solde migratoire déficitaire dans tous les départements, l’excédent naturel est l’unique moteur de la croissance francilienne (+ 98 100 personnes en 2019). Néanmoins, il baisse depuis dix ans, à un rythme deux fois plus rapide entre 2015 et 2019 qu’entre 2009 et 2015 (respectivement - 1,7 % et - 0,9 %). En France métropolitaine, cette baisse est cinq fois plus forte (- 10 % par an entre 2015 et 2019). Cela s’explique, en partie, par un taux de natalité qui reste plus élevé en Île-de-France qu’en France (14 ‰ contre 11 ‰ en 2019) et par un taux de mortalité qui, à l’inverse, demeure nettement plus faible (6,1 ‰ contre 9,2 ‰).

En 2019, l’Île-de-France contribue le plus au solde naturel métropolitain. L’excédent naturel francilien s’observe dans tous les départements. Avec environ 14 % de la population francilienne, la Seine-Saint-Denis est le département qui contribue le plus à cet excédent régional : près de 20 %. À l’opposé, la Seine-et-Marne et les Yvelines contribuent le moins (9,5 %) alors que leurs populations représentent chacune près de 12 % de la population francilienne.

La baisse des naissances est moins forte qu’en France métropolitaine

En 2019, 174 000 bébés sont nés en Île-de-France, soit 500 de moins qu’en 2018 (- 0,3 %). Sur un an, cette baisse est équivalente à celle enregistrée au niveau national. Le nombre de naissances baisse quasiment chaque année depuis dix ans, mais à un rythme deux fois moins élevé en Île-de-France qu’en France métropolitaine (figure 2). En effet, la part des femmes en âge de procréer (15-49 ans) est plus élevée en Île‑de‑France (25 % de l’ensemble des Franciliens) qu’en France métropolitaine (22 %). Elle est stable entre 2015 et 2019 alors qu’elle baisse en France métropolitaine (- 1,4 %).

Figure 2L’Île-de-France : principal contributeur à l’excédent naturel métropolitainSoldes naturels francilien et métropolitain depuis 2009

L’Île-de-France : principal contributeur à l’excédent naturel métropolitain
Solde naturel Île‑de‑France Solde naturel France métropolitaine Contribution de l’Île-de-France (en %)
2009 111 055 255 583 43,5
2010 113 325 262 684 43,1
2011 111 411 258 309 43,1
2012 108 701 231 320 47,0
2013 108 159 223 477 48,4
2014 112 213 234 253 47,9
2015 105 223 178 878 58,8
2016 103 361 163 795 63,1
2017 100 238 163 725 61,2
2018 98 868 123 488 80,1
2019 98 104 115 070 85,3
  • Source : Insee, état civil.

Figure 2L’Île-de-France : principal contributeur à l’excédent naturel métropolitainSoldes naturels francilien et métropolitain depuis 2009

  • Source : Insee, état civil.

L’indicateur de fécondité se stabilise après quatre années de baisse

En outre, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est plus élevé en Île-de-France qu’au niveau national : il s’établit à 1,93 enfant par femme en 2019, contre 1,84 au niveau national. Comme en France métropolitaine, cet indicateur, en baisse depuis 2012, reste quasi stable entre 2018 et 2019 (1,94 en 2018). L’indicateur conjoncturel de fécondité révèle de fortes disparités entre les départements franciliens en 2019 : de 1,55 enfant à Paris à 2,27 enfants en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise. Cela s’explique en partie par les profils différents des femmes en âge d’avoir des enfants : à Paris, on compte davantage de femmes seules (27 % contre 9,5 % en Seine-Saint-Denis et 7,5 % dans le Val-d’Oise) et moins de femmes immigrées (respectivement 23 % contre 36 % et 24 %) et de femmes employées ou inactives (respectivement 42 % contre 66 % et 61 %). Or, en France, la fécondité des femmes est plus importante pour les femmes employées, inactives ou immigrées.

Une maternité de plus en plus tardive

Les Franciliennes sont comme l’ensemble des Françaises plus fécondes entre 25 et 34 ans. Le taux de fécondité des femmes de moins de 25 ans baisse régulièrement depuis 2009 tandis que celui des femmes de 35 à 49 ans croît durant la même période. L’Île-de-France est ainsi la région de France métropolitaine où l’ICF des femmes âgées de 35 à 49 ans est le plus important (0,61 contre 0,45 au niveau national).

En 2019, l’âge moyen des mères à la naissance reste le plus élevé des régions de France métropolitaine : il atteint 31,9 ans contre 31 ans pour l’ensemble des régions.

Une stabilité des décès franciliens alors qu'ils continuent d'augmenter en France métropolitaine

En 2019, 75 800 personnes sont décédées en Île-de-France, soit quasiment comme en 2018, alors qu'en France métropolitaine le nombre de décès a progressé (+ 2 800). L’Île-de-France représente 13 % des décès enregistrés en France métropolitaine, soit autant qu’en 2009. Le taux de mortalité francilien est le plus faible de toutes les régions de métropole (6,1 ‰). Le nombre de décès est quasi stable en Île-de-France entre 2015 et 2019.

L’espérance de vie à la naissance des Franciliens est la plus élevée de toutes les régions métropolitaines

En 2019, l’espérance de vie à la naissance des hommes franciliens (81,4 ans) est la plus élevée des régions métropolitaines, devant les habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Corse (80,5 ans pour les deux régions). Pour les femmes franciliennes, l’espérance de vie à la naissance est de 86,1 ans, juste derrière les Corses et devant les habitantes des Pays de la Loire (respectivement 86,4 ans et 86 ans). Ces espérances de vie élevées s’expliquent en partie par une plus forte présence de cadres en Île-de-France.

Entre 2009 et 2019, en Île-de-France, l’espérance de vie à la naissance des femmes a augmenté d’une année et celle des hommes, de deux.

Légère hausse des mariages en Île-de-France

En 2019, 46 400 mariages ont été célébrés en Île-de-France (21 % des mariages métropolitains), soit 2 800 de plus qu’en 2018. Les mariages de même sexe représentent 3,1 % de cet ensemble (2,8 % en France métropolitaine).

Définitions

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours d’une période.

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période. Lorsque le solde naturel est positif, on parle d’excédent naturel ; lorsqu’il est négatif, on parle de déficit naturel.

Le taux de natalité est le rapport du nombre de naissances vivantes de l’année à la population totale moyenne de l’année.

Le taux de mortalité est le rapport du nombre de décès de l’année à la population totale moyenne de l’année.

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) mesure le nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés à chaque âge l’année considérée demeuraient inchangés.

L’espérance de vie à la naissance représente la durée de vie moyen- ne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée.

Pour en savoir plus

Beaumel C., Papon S., « Bilan démographique 2019 - La fécondité se stabilise en France », Insee Première n° 1789, janvier 2020.

Chaput K., Laurent P., « Démographie de l’Île-de-France en 2018 - Un vieillissement moins prononcé qu’ailleurs », Insee Flash Île-de-France n° 47, janvier 2020.

Daguet F., « En 2016, les femmes cadres ont un peu moins d’enfants que les employées », Insee Première n° 1769, août 2019.

Volant S., Pison G., Héran F., « La France a la plus forte fécondité d’Europe. Est-ce dû aux immigrées ? » , Ined, Population & Sociétés n° 568, juillet 2019.