Insee Flash Hauts-de-FranceLes transports doux utilisés pour près d’un quart des trajets domicile-travail de courte distance

Kevin Fusillier, Line Leroux (Insee)

En Hauts-de France, 646 400 actifs résident à moins de 5 km de leur lieu de travail. Près d’un quart d’entre eux s’y rendent en marche, vélo ou trottinette. Ces modes de transport, dits « doux », sont plus fréquents dans les grandes aires urbaines que sont celles de Lille et Amiens. Si la voiture demeure le mode privilégié quelle que soit la distance de déplacement, les femmes privilégient davantage la marche que les hommes, tandis que les cadres et employés utilisent plus fréquemment les transports en commun que les autres catégories socioprofessionnelles.

Insee Flash Hauts-de-France
No 116
Paru le : Paru le 19/01/2021
Kevin Fusillier, Line Leroux (Insee)
Insee Flash Hauts-de-France  No 116 - Janvier 2021

31 % des déplacements domicile-travail inférieurs à 5 km

En 2017, 646 400 actifs des Hauts-de-France parcourent une distance de moins de 5 km pour aller travailler, représentant 31 % des trajets domicile-travail. C’est en moyenne 2,7 points de moins qu’en France de province (encadré). Comme ailleurs, deux tiers de ces courts trajets s’effectuent en voiture (figure 1). L’utilisation des transports en commun y est légèrement moins fréquente qu’en province (8,1 % contre 9,2 %). En revanche, 23 % des actifs de la région, soit 146 900 personnes, choisissent un des transports doux que sont la marche, le vélo, la trottinette…, soit une proportion légèrement supérieure à celle de France de province (22 %).

Figure 1La voiture domine pour les trajets domicile-travail de courte distanceRépartition des actifs parcourant moins de 5 kilomètres selon le mode de déplacement en %, en 2017

La voiture domine pour les trajets domicile-travail de courte distance - Lecture : 67,7 % des actifs des Hauts-de-France utilisent leur voiture pour leurs déplacements domicile-travail inférieurs ou égaux à 5 km.
Hauts-de-France
Marche 18,1
Vélo 4,6
Transport en commun 8,1
2 roues motorisés 1,4
Voiture 67,7
  • Note : La distance est la distance routière entre le lieu de résidence et le lieu de travail.
  • Lecture : 67,7 % des actifs des Hauts-de-France utilisent leur voiture pour leurs déplacements domicile-travail inférieurs ou égaux à 5 km.
  • Champ : actifs ayant déclaré des déplacements domicile travail inférieurs ou égaux à 5 km, France hors Mayotte.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017, exploitation complémentaire, distancier Metric-OSRM.

Figure 1La voiture domine pour les trajets domicile-travail de courte distanceRépartition des actifs parcourant moins de 5 kilomètres selon le mode de déplacement en %, en 2017

  • Note : La distance est la distance routière entre le lieu de résidence et le lieu de travail.
  • Lecture : 67,7 % des actifs des Hauts-de-France utilisent leur voiture pour leurs déplacements domicile-travail inférieurs ou égaux à 5 km.
  • Champ : actifs ayant déclaré des déplacements domicile travail inférieurs ou égaux à 5 km, France hors Mayotte.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017, exploitation complémentaire, distancier Metric-OSRM.

Le vélo davantage utilisé dans les aires de Lille et d’Amiens

Plus l’aire d’attraction d’une ville est peuplée, plus les actifs utilisent des modes de transport doux pour les trajets courts. Ainsi dans l’aire de Lille où résident près d’1,5 million d’habitants, ces modes de déplacement sont utilisés par 24 % des actifs. Le vélo y est plus pratiqué qu’ailleurs : 6,4 % contre 4,6 % en région. Avec 6,1 % d’adeptes du vélo, la commune de Lille ne se place cependant qu’au 11e rang national des 19 villes de plus de 150 000 habitants. Cette proportion est 4 fois supérieure à celle de Saint-Étienne (1,5 %), mais près de 3 fois inférieure à celle de Grenoble (17 %). Grâce à un réseau très développé, les transports en commun implantés dans l’aire de Lille sont également 2 fois plus fréquentés qu’au niveau régional (16 % contre 8,1 %).

L’aire d’Amiens présente des caractéristiques proches de celle de Lille. Les actifs y recourent souvent aux modes de déplacement doux (27 %) et en particulier au vélo (6 %). En revanche, dans celles de Dunkerque et de Lens-Liévin, ces modes de déplacement sont un peu moins prisés (19 %). Dans l’aire de Lens-Liévin, l’utilisation des transports en commun est marginale (3,1 %), comme à Douai (4,3 % contre 8,1 % dans la région). Au sein d’aires moins peuplées, telles que celles d’Abbeville, Arras et Saint-Quentin, la voiture prédomine plus largement (73 % contre 68 % en région), au détriment des modes de déplacements doux (21 %) et en particulier du vélo (3,3 %).

Les femmes privilégient la marche, les cadres et employés les transports en commun

Les femmes travaillent plus fréquemment à proximité de leur domicile (35 % contre 28 % pour les hommes). Ainsi, 16 % d’entre elles parcourent moins de 2 km, soit 3 points de plus que les hommes. Cette proximité est un atout pour se déplacer plus souvent à pied (20 % contre 16 % des hommes) ou en transport en commun (9,6 % contre 6,5 %). À l’inverse, les hommes utilisent plus souvent le vélo (6,2 % contre 3,2 %) et la voiture (69 % contre 67 %).

En Hauts-de France, 10 % des employés et 11 % des cadres empruntent les transports en commun pour des trajets domicile-travail de courte distance, soit 2 et 3 points de plus qu’en moyenne régionale (figure 2). Travaillant plus fréquemment dans les villes où se concentrent les activités de services, ils profitent d’un réseau de transport plus développé. Ils sont aussi plus nombreux à utiliser les modes de déplacement doux (respectivement 23 % et 26 %). Parmi ces modes de transport, les cadres sont ceux qui se déplacent le plus en vélo (6,5 % contre 4,6 % en moyenne). Cette proportion reste néanmoins inférieure à celle de leurs homologues de province (9,2 %). Ce constat est toutefois inverse pour les ouvriers, nombreux à utiliser ce mode de transport pour de courtes distances (5,8 % contre 5,3 %).

Figure 2Les transports en commun davantage utilisés par les cadres et les employésRépartition des actifs parcourant moins de 5 kilomètres selon le mode de déplacement et la catégorie socio-professionnelle, en %, en 2017

Les transports en commun davantage utilisés par les cadres et les employés - Lecture : 4,8 % des agriculteurs parcourant des petites distances domicile-travail ont recours au vélo, 24,7 % marchent et 0,7 % utilisent les transports en commun.
Marche à pied Vélo Transports en commun
Ensemble 18,1 4,6 8,1
Femmes 19,8 3,2 9,6
Hommes 16,3 6,2 6,5
Employés 22,5 3,8 10,0
Cadres 16,7 6,5 10,8
Agriculteurs 24,7 4,8 0,7
Ouvriers 16,2 5,8 6,8
Professions intermédiaires 15,4 4,2 7,0
Artisans, commerçants 12,9 1,5 2,5
  • Note : La distance est la distance routière entre le lieu de résidence et le lieu de travail.
  • Lecture : 4,8 % des agriculteurs parcourant des petites distances domicile-travail ont recours au vélo, 24,7 % marchent et 0,7 % utilisent les transports en commun.
  • Champ : actifs ayant déclaré des déplacements domicile travail inférieurs ou égaux à 5 km, France hors Mayotte.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017, exploitation complémentaire, distancier Métric-OSRM.

Figure 2Les transports en commun davantage utilisés par les cadres et les employésRépartition des actifs parcourant moins de 5 kilomètres selon le mode de déplacement et la catégorie socio-professionnelle, en %, en 2017

  • Note : La distance est la distance routière entre le lieu de résidence et le lieu de travail.
  • Lecture : 4,8 % des agriculteurs parcourant des petites distances domicile-travail ont recours au vélo, 24,7 % marchent et 0,7 % utilisent les transports en commun.
  • Champ : actifs ayant déclaré des déplacements domicile travail inférieurs ou égaux à 5 km, France hors Mayotte.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017, exploitation complémentaire, distancier Métric-OSRM.

Encadré - Les Hauts-de-France : 2ᵉ région des trajets domicile-travail les plus longs

En 2017, les actifs des Hauts-de-France parcourent en moyenne 17,6 km pour aller travailler, soit 2,6 km de plus qu’en moyenne nationale. C’est dans la région que ces trajets sont les plus longs, derrière Centre-Val de Loire (17,9 km) et devant la Normandie (17,1 km). Cette particularité résulte en partie de l’attractivité de la Métropole européenne de Lille (MEL) au nord de la région et de l’Île-de-France au sud, ainsi que des facilités routières offertes par le territoire. Quelle que soit la distance à parcourir, la voiture reste le mode de transport privilégié par 82 % des actifs, soit une proportion similaire à la moyenne nationale. Les autres modes de déplacement sont largement moins utilisés : 9,0 % pour les transports en commun, 7,7 % pour la marche, le vélo ou la trottinette et 1,1 % pour la moto. Pour les trajets inférieurs à 2 km, la marche est le mode de déplacement le plus utilisé, hors voiture. Au-delà de cette distance, les transports en commun prennent le relais (le bus, puis le train). Leur recours, plus élevé dans la région qu’en province, est notamment dû aux trajets vers la MEL et la région parisienne.

Sources

Les résultats sont issus de l’enquête annuelle de recensement de la population, dans laquelle les répondants déclarent leur mode de transport principal pour aller travailler. Depuis 2015, les « deux-roues » sont scindés en « vélos (yc à assistance électrique) » et « deux-roues motorisées ». Les autres modalités sont : « pas de déplacement », « marche (ou rollers, patinette) », « voiture, camion ou fourgonnette », « transports en commun ».

Le distancier Métric mesure les distances routières entre lieux de communes de résidence et de travail. Une distance moyenne représentative est calculée pour les déplacements à l’intérieur d’une même commune (arrondissements pour Paris, Lyon et Marseille).

Définitions


Les déplacements « doux » caractérisent les modes de transports sans moteur thermique, sans gaz à effet de serre, tels la marche, le vélo et la trottinette, avec ou sans assistance électrique.


Le zonage en aires d’attraction des villes (ZAAV) définit l’aire d’influence d’un pôle de population et d’emploi sur les communes environnantes, mesurée par l’intensité des déplacements domicile-travail.

Pour en savoir plus

Retrouver le communiqué de presse de la publication

« Les actifs de la région peu nombreux à vélo », Insee Flash Hauts-de-France n° 18, janvier 2017

« Plus de neuf habitants des Hauts-de-France sur dix vivent dans une aire d’attraction des villes », Insee Analyses Hauts-de-France n° 113, octobre 2020

« Partir de bon matin, à bicyclette… », Insee Première n° 1629, janvier 2017