Insee Flash GuadeloupeRecensement de la population en Guadeloupe : 387 629 habitants au 1ᵉʳ janvier 2018

Bénédicte Chanteur, Xavier Reif (Insee)

Au 1ᵉʳ janvier 2018, 387 629 personnes vivent en Guadeloupe. Depuis 2013, l’archipel a enregistré une baisse de sa population de 0,7 % par an, soit près de 14 500 habitants de moins. Cette baisse de la population s’explique par un plus grand nombre de départs d’habitants que d’arrivées sur le territoire et par un faible excédent naturel. Les communes de Baie-Mahault et Lamentin sont les plus dynamiques en termes de croissance démographique. Les populations de Basse-Terre, Saint-François et les Abymes accusent au contraire un repli marqué.

Insee Flash Guadeloupe
No 142
Paru le : Paru le 29/12/2020
Bénédicte Chanteur, Xavier Reif (Insee)
Insee Flash Guadeloupe  No 142 - Décembre 2020

Au 1ᵉʳ janvier 2018, 387 627 personnes résident en Guadeloupe. Entre 2013 et 2018 la population diminue de 0,7 % par an en moyenne, soit 2 700 habitants en moins chaque année, l’équivalent des deux communes de l’archipel des Saintes réunies (figure 1). Même si le dynamisme démographique faiblit globalement en France, le pays continue de gagner des habitants (+0,4 % en moyenne sur la période 2013-2018). La Guadeloupe et la Martinique sont les deux seules régions dont la population diminue sur la période. La population martiniquaise diminue de 0,9 %, soit une perte de 3 350 habitants en moyenne chaque année entre 2013 et 2018. Dans le même temps, la population en Guyane progresse bien plus vite qu’au niveau national. Elle augmente en effet de 2,5 %, soit un gain de 6 400 habitants, en moyenne chaque année.

Figure 1La population augmente dans seulement cinq communesPopulation et évolution annuelle par commune entre 2013 et 2018

La population augmente dans seulement cinq communes
Code commune Commune Taux de croissance annuel entre 2013 et 2018
97101 Les Abymes -1,7
97102 Anse-Bertrand -4,2
97103 Baie-Mahault 0,8
97104 Baillif -0,3
97105 Basse-Terre -2,1
97106 Bouillante -1,4
97107 Capesterre-Belle-Eau -1,1
97108 Capesterre-de-Marie-Galante -0,1
97109 Gourbeyre 0,0
97110 La Désirade -1,1
97111 Deshaies -0,7
97112 Grand-Bourg -1,7
97113 Le Gosier -0,2
97114 Goyave -0,7
97115 Lamentin 0,8
97116 Morne-à-l'Eau -0,2
97117 Le Moule -0,1
97118 Petit-Bourg 0,4
97119 Petit-Canal 0,4
97120 Pointe-à-Pitre -0,5
97121 Pointe-Noire -1,6
97122 Port-Louis -0,4
97124 Saint-Claude 0,4
97125 Saint-François -3,5
97126 Saint-Louis -0,5
97128 Sainte-Anne -0,7
97129 Sainte-Rose -1,5
97130 Terre-de-Bas -1,5
97131 Terre-de-Haut -2,3
97132 Trois-Rivières -1,4
97133 Vieux-Fort -0,2
97134 Vieux-Habitants -0,7
  • Source : Insee, recensements de la population 2013 et 2018

Figure 1La population augmente dans seulement cinq communesPopulation et évolution annuelle par commune entre 2013 et 2018

  • Source : Insee, recensements de la population 2013 et 2018

Repli démographique pour l’archipel

Après une période stable entre 2008 et 2013, la population guadeloupéenne diminue entre 2013 et 2018. Le solde naturel se dégrade et ne compense plus un solde migratoire apparent négatif. L’archipel accuse en effet un déficit apparent des entrées-sorties qui s’accentue depuis 2008. Le départ des jeunes vers la France métropolitaine, le plus souvent pour effectuer des études supérieures ou trouver un emploi, est à l’origine de ce déficit. Il n’est plus contrebalancé par l’excédent naturel qui diminue sous le double effet d’un plus grand nombre de décès (avec l’arrivée à des âges élevés des générations nombreuses du baby-boom) et du recul des naissances.

Baie-Mahault et Lamentin accélèrent leur dynamisme démographique

La contraction démographique de la région cache toutefois des disparités selon les communes (figure 2). En effet, dans cinq communes, la population augmente. Parmi elles, Baie-Mahault, Petit-Bourg et Lamentin bénéficient notamment de la proximité de zones attractives en termes d’emplois comme Jarry, Moudong ou Jabrun. Entre 2013 et 2018, les populations de Baie-Mahault et Lamentin ont même accéléré leur croissance (+ 0,8 % par an) par rapport à la période 2008-2013 (respectivement + 0,3 % et + 0,1 % par an). La croissance de la population de Petit-Bourg a en revanche ralenti sur les cinq dernières années (+ 0,4 % par an sur la période 2013-2018 contre + 1,6 % par an pour 2008-2013). Enfin les communes de Petit-Canal et de Saint-Claude gagnent également des habitants (+ 0,4 % par an entre 2013 et 2018).

Figure 2Entre 2013 et 2018, 2 700 habitants de moins en Guadeloupe chaque annéePopulation municipale et taux d’accroissement annuel entre 2008, 2013 et 2018

Entre 2013 et 2018, 2 700 habitants de moins en Guadeloupe chaque année
Population municipale au 1ᵉʳ janvier 2018 Évolution 2013-2018 (en nombre d’habitants) Taux d’évolution annuel moyen 2013/2018 (en %) Taux d’évolution annuel moyen 2008/2018 (en %)
Guadeloupe 387 629 -14 490 -0,7 -0,4
CA Cap Excellence 99 685 -4 116 -0,8 -0,6
Les Abymes 53 082 -4 878 -1,7 -1,1
Baie-Mahault 31 193 1 178 0,8 0,6
Pointe-à-Pitre 15 410 -416 -0,5 -1,1
CA La Riviera du Levant 64 239 -3 604 -1,1 -0,3
La Désirade 1 432 -78 -1,1 -1,0
Le Gosier 26 692 -208 -0,2 -0,1
Saint-François 12 348 -2 432 -3,5 -1,4
Sainte-Anne 23 767 -886 -0,7 0,1
CA du Nord Grande Terre 57 173 -1 251 -0,4 0,1
Anse-Bertrand 4 136 -978 -4,2 -1,2
Morne-à-l'Eau 16 875 -171 -0,2 -0,1
Le Moule 22 315 -141 -0,1 0,4
Petit-Canal 8 212 155 0,4 0,0
Port-Louis 5 635 -116 -0,4 0,3
CC de Marie-Galante 10 655 -518 -0,9 -1,1
Capesterre-de-Marie-Galante 3 293 -16 -0,1 -0,4
Grand-Bourg 4 941 -435 -1,7 -1,3
Saint-Louis 2 421 -67 -0,5 -1,4
CA du Nord Basse-Terre 77 398 -1 306 -0,3 0,1
Deshaies 4 033 -152 -0,7 -0,8
Goyave 7 588 -257 -0,7 -0,2
Lamentin 16 536 639 0,8 0,4
Petit-Bourg 24 522 483 0,4 1,0
Pointe-Noire 6 069 -525 -1,6 -1,5
Sainte-Rose 18 650 -1 494 -1,5 -0,5
CA Grand Sud Caraïbe 78 479 -3 695 -0,9 -0,7
Baillif 5 404 -75 -0,3 -0,3
Basse-Terre 10 046 -1 104 -2,1 -1,9
Bouillante 6 935 -511 -1,4 -0,9
Capesterre-Belle-Eau 18 131 -1 070 -1,1 -0,6
Gourbeyre 7 778 -8 0,0 -0,5
Saint-Claude 10 659 216 0,4 0,3
Terre-de-Bas 1 011 -82 -1,5 -0,2
Terre-de-Haut 1 526 -189 -2,3 -1,8
Trois-Rivières 7 991 -587 -1,4 -1,0
Vieux-Fort 1 844 -14 -0,2 0,3
Vieux-Habitants 7 154 -271 -0,7 -0,7
  • Sources : Insee, recensements de la population 2008, 2013 et 2018.

Après avoir baissé entre 2008 et 2013, la population des communes de Capesterre-de-Marie-Galante et de Gourbeyre se stabilise entre 2013 et 2018. Au Moule, elle se maintient aussi sur la dernière période, après avoir été dynamique les cinq années précédentes.

Les Abymes et Basse-Terre continuent de perdre des habitants

Toutes les autres communes de l’archipel guadeloupéen accusent un repli démographique. La plus importante d’entre elles en nombre d’habitants, Les Abymes perd 5 000 habitants entre 2013 et 2018, accélérant le fléchissement déjà observé sur la période quinquennale précédente. Le constat est le même pour la ville de Basse-Terre (– 1,7 % par an entre 2008 et 2013 puis – 2,1 % par an les cinq années suivantes). La commune d’Anse-Bertrand perd un cinquième de ses habitants entre 2013 et 2018, soit une chute annuelle moyenne de 4,2 %, conjugaison de soldes migratoire et naturel déficitaires. Saint-François enregistre également une décroissance importante sur la période récente (– 3,5 % par an entre 2013 et 2018). Ce recul efface la hausse des années précédentes, et solde la décennie 2008-2018 sur une perte de 1 800 habitants pour la commune.

Encadré - Les populations des îles du Nord

Au 1ᵉʳ janvier 2018, 34 065 personnes résident à Saint-Martin et 10 124 à Saint-Barthélemy. Entre 2013 et 2018 la population de Saint-Martin diminue de 0,9 % soit environ 300 habitants par an. Marquée par le passage de l’ouragan Irma, cette baisse s’est accélérée par rapport à la période 2008-2013 (– 0,6 % par an). En effet, le solde naturel est positif mais en recul, il compense donc moins le déficit migratoire.

Inversement, la population de Saint-Barthélemy augmente de 1,8 % entre 2013 et 2018, accentuant la tendance précédente (+1,4 % par an entre 2008 et 2013). Cette hausse s’explique par un solde naturel positif auquel s’ajoute un fort excédent migratoire.

Pour comprendre

Les données de population au 1ᵉʳ janvier 2018 seront officielles dès leur authentification par décret. Elles entrent en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2021 et font référence dans plus de 350 dispositions législatives ou réglementaires qui organisent la vie locale (finances locales, vie municipale, fonction publique territoriale, etc.). Ces populations dites « légales » sont actualisées chaque année.

Sources

Cette étude s’appuie sur les populations communales, dites « populations municipales légales », issues des recensements de la population réalisés par l’Insee, en partenariat avec les communes, en date de référence au 1ᵉʳ janvier 2018, au 1ᵉʳ janvier 2013 et au 1ᵉʳ janvier 2008. Les données portent sur la France hors Mayotte.

Définitions


Solde naturel : différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d'une période. On parle d’excédent lorsque ce solde est positif, de déficit dans le cas contraire.


Solde migratoire apparent : différence entre le nombre de personnes entrées sur un territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de la période considérée. Dans cette étude, il s’agit d’un solde apparent estimé par différence entre la variation totale de la population et le solde naturel. On parle d’excédent lorsque ce solde est positif, de déficit dans le cas contraire. Ce concept est indépendant de la nationalité.

Pour en savoir plus

Chanteur B., Reif X., « Recensement de la population : 276 128 habitants au 1ᵉʳ janvier 2018 », Insee Flash Guyane n°131, décembre 2020

Chanteur B., Reif X., « Recensement de la population : 368 783 habitants au 1ᵉʳ janvier 2018 », Insee Flash Martinique n°143, décembre 2020