Insee Analyses MartiniqueLes trois sous-préfectures se démarquent par leur dynamisme économique

Baptiste Raimbaud (Insee)

Le Nord-Caraïbe et le Nord-Atlantique sont confrontés au recul démographique et à la vacance des logements. Cette perte de vitalité se ressent particulièrement sur l’offre d’emplois disponibles et le nombre d’équipements proposés. Le sud de la Martinique est également sous doté en équipements. Néanmoins, l’activité touristique irrigue son économie. En Martinique, les trois sous-préfectures se démarquent par leur dynamisme : au nord, la commune de Saint-Pierre est un pôle de services et d’emplois; au sud, la sous-préfecture du Marin offre un niveau d’équipements supérieur aux communes de la zone ; enfin, dans le Centre-Atlantique, La Trinité concentre aussi les services et les emplois.

Insee Analyses Martinique
No 42
Paru le : Paru le 15/12/2020
Baptiste Raimbaud (Insee)
Insee Analyses Martinique  No 42 - Décembre 2020

Le dynamisme économique, démographique et l’implantation des équipements divergent selon les zones en Martinique. D’un côté, les petites communes agricoles du nord ; de l’autre, le sud qui bénéficie des retombées du tourisme. Dans un contexte de revitalisation des centres-bourgs, qui vise notamment à ramener des habitants et des commerces dans les cœurs de ville désertés, la Martinique souffre du contraste entre les communes du Centre-Agglomération (Fort de France et ses communes limitrophes) et le reste de l’île.

Le Nord

Le Nord-Atlantique regroupe six petites communes allant de 700 habitants (Grand Rivière) à 6 930 habitants (Le Lorrain) et perd 1,2 % de sa population chaque année entre 2011 et 2016. Le Nord-Caraïbe est composé de huit petites communes allant de 760 habitants (Fonds-Saint-Denis) à 5 100 habitants (Morne-Rouge) et perd 0,5 % de sa population chaque année (contre - 0,8 % en moyenne en Martinique). Aussi, les communes du nord sont peu peuplées avec une part des seniors (plus de 65 ans) élevée par rapport à la moyenne martiniquaise (un quart au Nord-Atlantique et 21 % dans le Nord-Caraïbe). Les jeunes sont en effet amenés à quitter ces communes moins peuplées qui ne leur offrent pas toujours des perspectives de poursuite d’études et d’emploi, alors que des ménages ayant terminé leur vie active peuvent être enclins à y revenir à l’heure de la retraite.

Le Nord-Caraïbe marqué par la vacance et la sous-occupation des logements

Le recul démographique du Nord-Caraïbe se répercute sur le parc de logements avec un phénomène de vacance important (20 %) et une très forte sous occupation des logements (15 % des logements sous-occupés). La part des logements vacants est néanmoins plus faible dans les communes en périphérie du Centre-Agglomération (notamment Case-Pilote et Fonds-Saint-Denis). En revanche, plus d’un quart des logements sont vacants à Bellefontaine, au Prêcheur et à Saint-Pierre. Bellefontaine se distingue néanmoins par un faible taux de sous occupation (deux fois moins qu’en Martinique). Le déclin démographique se ressent aussi sur la durée d’occupation des logements: 38 % des logements sont occupés depuis plus de 20 ans par les mêmes ménages dans le Nord-Caraïbe.

L’ancrage des habitants à leur logement est particulièrement fort dans les trois communes les plus excentrées : Morne-Rouge, Le Prêcheur et Fond-Saint-Denis. Dans ces communes, respectivement 42 %, 44 % et 54 % des logements ont les mêmes occupants depuis plus de 20 ans. Les habitants souffrent davantage du chômage qui atteint 29 % au Prêcheur (contre 25 % de Martiniquais se déclarant au chômage lors du recensement de la population (sources) ; le taux de chômage au sens du BIT étant de 17 % en 2016 en Martinique). Elles proposent très peu d’emplois : 0,61 emploi par personne active en emploi ou au chômage, au Prêcheur et au Morne-Rouge, et seulement 0,44 à Fonds-Saint-Denis (figure 1). Aussi, les habitants du Prêcheur sont les plus touchés par la pauvreté en Martinique : le niveau de vie médian est de 1 070 € par mois et par personne seule contre 1 465 € en Martinique. Par ailleurs, 71 % des travailleurs de Fonds-Saint-Denis exercent leur emploi dans une autre commune. Ils ne sont que 53 % de navetteurs à Morne-Rouge et 42 % au Prêcheur. L’emploi au Nord-Caraïbe dépend fortement du secteur agricole (un sixième des emplois à Fonds-Saint-Denis et au Morne-Rouge et jusqu’à un tiers des emplois au Prêcheur).

Case-Pilote se distingue par un niveau de vie élevé (les ménages sont les plus aisés de Martinique après Schoelcher), un taux de chômage faible (16 %) malgré une offre d’emploi sur place limitée (0,32 emploi par actif) : les trois quarts des salariés travaillent ailleurs, en particulier dans le Centre-Agglomération. De même, le taux de chômage est faible (17 %) au Morne-Vert en lien avec une forte proportion de navetteurs (vers Fort-de-France, mais aussi vers Le Carbet et Saint-Pierre), et de nombreux emplois agricoles.

Nord-Caraïbe : emplois et services centrés sur Saint-Pierre et Le Carbet

Le Nord-Caraïbe, comme le reste du nord, souffre d’un manque structurel d’équipements. En effet, à l’exception de Saint-Pierre qui se démarque, toutes les communes du nord sont sous dotées (figure 2). Rapporté au nombre d’habitants, les magasins non-alimentaires (électroménager, habillement, etc.) sont deux fois moins nombreux qu’en moyenne en Martinique, en particulier, au Morne-Vert, à Fonds-Saint-Denis et à Bellefontaine. De plus, les professionnels de santé dans le Nord-Caraïbe sont près de 2 fois moins nombreux qu’au Centre-Agglomération. L’écart entre les petites communes du nord et le Centre-Agglomération est cependant moins marqué pour les services de proximité (fleuriste, école de conduite, laverie…(sources). Néanmoins, les communes du Nord-Caraïbe offrent un bon accès aux établissements scolaires. Par exemple, Bellefontaine dispose d’un lycée proposant une offre variée de cursus généraux et professionnels malgré la petite taille de la commune. Le Carbet dispose d’un centre de formation agricole continue. Enfin, les habitants ont un accès facile aux magasins alimentaires avec au moins une supérette ou une épicerie dans chaque commune.

La sous-préfecture de Saint-Pierre est mieux dotée en services de proximité et en professionnels de santé que la moyenne des communes martiniquaises. De plus, les équipements touristiques sont essentiellement concentrés à Saint-Pierre et au Carbet (deux hôtels sont implantés à Saint-Pierre ainsi que de nombreux restaurants et des musées). La commune du Carbet tire profit du niveau d’équipement et d’emplois proposés dans la zone : le taux de chômage est faible (18 %) avec de nombreux navetteurs entre Le Carbet et Saint-Pierre et le niveau de vie des habitants est élevé. En revanche, la commune de Saint-Pierre ne bénéficie pas des mêmes retombées économiques avec un taux de chômage de 29 % et un niveau de vie bien inférieur au niveau de vie médian.

Figure 1Trois pôles d’emplois autour de Fort-de-France, de Saint-Pierre et de Basse-PointeTaux de chômage et nombre d’emplois par personne active (en emploi ou au chômage)

Trois pôles d’emplois autour de Fort-de-France, de Saint-Pierre et de Basse-Pointe
zone Emploi par actif Chômage
L'Ajoupa-Bouillon 0,28 31
Les Anses d'Arlet 0,38 25
Basse-Pointe 0,91 29
Le Carbet 0,81 18
Case-Pilote 0,32 16
Le Diamant 0,46 16
Ducos 0,74 18
Fonds-Saint-Denis 0,44 25
Fort-de-France 1,12 26
Le Francois 0,54 28
Grand'Riviere 0,28 27
Gros-Morne 0,36 32
Le Lamentin 1,29 21
Le Lorrain 0,58 26
Macouba 0,85 30
Le Marigot 0,55 26
Le Marin 0,76 25
Le Morne-Rouge 0,61 28
Riviere-Pilote 0,32 33
Riviere-Salee 0,56 27
Le Robert 0,44 29
Le Precheur 0,61 29
Saint-Esprit 0,35 25
Saint-Joseph 0,33 24
Saint-Pierre 0,9 29
Sainte-Anne 0,7 27
Sainte-Luce 0,5 20
Sainte-Marie 0,45 32
Schoelcher 0,66 18
La Trinite 0,73 27
Trois ilets 0,58 22
Le Vauclin 0,73 27
Le Morne-Vert 0,41 17
Bellefontaine 0,81 25
  • Note de lecture : Le taux de chômage à Saint-Pierre est compris entre 29 % et 33 % et la commune propose entre 0,8 et 1 emploi par actif
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Figure 1Trois pôles d’emplois autour de Fort-de-France, de Saint-Pierre et de Basse-PointeTaux de chômage et nombre d’emplois par personne active (en emploi ou au chômage)

  • Note de lecture : Le taux de chômage à Saint-Pierre est compris entre 29 % et 33 % et la commune propose entre 0,8 et 1 emploi par actif
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Nord-Atlantique : de nombreux emplois agricoles mais un taux de chômage élevé

Le parc de logements du Nord-Atlantique souffre des mêmes difficultés que celui du Nord-Caraïbe avec un taux de vacance (figure 3) qui atteint les 20 %. De plus, 17 % des logements sont sous-occupés et 46 % des logements sont occupés par le même ménage depuis plus de 20 ans. Par ailleurs, la commune d’Ajoupa-Bouillon et du Marigot attirent quasi exclusivement des martiniquais (respectivement 92 % et 96 % des arrivées). Cette zone est la moins dotée en équipements de Martinique, avec une présence quatre fois moins importante des professionnels de santé et des magasins non-alimentaires par rapport au Centre-Agglomération. Néanmoins, comme dans le Nord-Caraïbe, chaque commune dispose de magasins alimentaires. Seule Basse-Pointe propose davantage d’équipements avec de nombreux magasins alimentaires (dont un supermarché) et une offre de services de proximité conséquente (supérieure à celle proposée au Centre-Agglomération).

L’économie du Nord-Atlantique repose essentiellement sur l’agriculture (jusqu’à 58 % des emplois à Macouba). Le taux de chômage est élevé dans toutes les communes du Nord-Atlantique (entre 26 % et 31 %). De plus, les habitants sont fortement touchés par la pauvreté, le niveau de vie médian de ces communes est inférieur à celui de l’île.  Néanmoins, l’activité économique est inégalement répartie entre ces communes : Macouba et Basse-Pointe concentrent les emplois (0,85 et 0,91 emploi par actif) ; à l’inverse Grand’Rivière et l’Ajoupa-Bouillon en sont dépourvus (0,28 emploi par actif). Le Marigot propose quant à lui 0,55 emploi par actif (en emploi ou au chômage) et Le Lorrain 0,58. Ainsi, les flux domicile-travail sont importants à Basse-Pointe et Macouba qui attirent plus de travailleurs entrants que de sortants. Par ailleurs, les travailleurs en provenance du Lorrain et du Marigot se déplacent fréquemment vers le Centre-Atlantique.

Le Sud

Le Sud de la Martinique est un territoire hétérogène sur le plan démographique mais aussi économique. Cet espace regroupe six grandes communes de plus de 10 000 habitants et autant de petites communes de moins de 10 000 habitants. Exemple de diversité, le développement de Ducos, ville de 17 400 habitants en 2016, est tourné vers l’agglomération de Fort-de-France. À l’inverse, la commune des Anses d’Arlet, regroupant 3 630 habitants est répartie sur trois bourgs éloignés des principaux axes routiers martiniquais.

Sud-Caraïbe : le tourisme irrigue les Trois-Îlets, le Diamant et Sainte-Luce

Au sein du Sud-Caraïbe, les communes des Trois-Îlets, du Diamant et de Saint-Luce regroupent 23 300 habitants. Les habitants sont relativement jeunes avec une part des plus de 65 ans aux alentours de 15 % (contre 19 % en Martinique). Aussi, ils sont moins sédentaires : seulement 19 % des logements aux Trois-Îlets sont occupés depuis plus de 20 ans par leurs résidents (27 % au Diamant et 23 % à Sainte-Luce ; les trois taux les plus bas de Martinique). Malgré une population qui diminue légèrement depuis 2012, les communes du Diamant et des Trois-Îlets restent attractives avec de nombreuses personnes provenant de communes non martiniquaises (respectivement 42 % et 56 % des arrivées entre 2011 et 2016 )

Ces trois communes constituent la principale zone touristique de Martinique avec 22 hôtels (soit près de la moitié des hôtels de Martinique), cinq musées ou écomusées et 260 restaurants (soit plus de 11 restaurants pour 1 000 habitants contre six en moyenne en Martinique). Le secteur de l’hébergement et de la restauration représente jusqu’à 28 % des emplois sur la commune des Trois-Îlets contre 4,3 % des emplois en moyenne en Martinique (23 % au Diamant et 16 % à Sainte-Luce). Ainsi, le taux de chômage est relativement bas : au Diamant, à Saint-Luce et aux Trois-Îlets, respectivement 16 % et 20 % et 22 % des actifs se déclarent au chômage contre 25 % en Martinique. De plus, ces communes sont 3e, 5e et 6e en termes de niveau de vie sur 34 communes. Enfin, la commune des Trois-Îlets propose dix magasins non-alimentaires pour 1 000 habitants, soit deux fois plus que dans l’Espace Sud Martinique.

La commune de Ducos bénéficie quant à elle du dynamisme de l’agglomération de Fort-de-France. La population s’accroît depuis 2007. Sa population est jeune, avec une part de séniors de seulement 15 %. Le taux de chômage est bas (18 %) et la population dispose d’un niveau de vie élevé (le 4e de Martinique). La commune propose, dans l’ensemble, un nombre d’équipements proche de la moyenne martiniquaise. De plus, la proximité avec le centre de l’île et les zones touristiques offre aux habitants un accès rapide à de nombreux équipements. Par ailleurs, le commerce représente 20 % des emplois à Ducos contre 13,5 % dans l’ensemble de la Martinique : le développement des zones industrialo-commerciales y a été soutenu (Génipa, Champigny, Cocotte et Petite-Cocotte…). Enfin, la moitié des travailleurs sont employés dans le Centre-Agglomération.

Les communes des Anses d’Arlet, de Rivière-Salée et du Saint-Esprit sont moins dynamiques que les autres communes du Sud-Caraïbes. En particulier, le taux de chômage s’élève respectivement à 28 %, 28 % et 25 %. Les habitants sont sédentaires avec 31 % à 34 % des logements occupés depuis plus de 20 ans par le même ménage. La population est plus âgée aux Anses d’Arlet (22 % des habitants ont plus de 65 ans). Aussi, la commune se démarque par une plus forte sous-occupation des logements (17 % contre 11 % dans le Sud-Caraïbe) et un secteur agricole plus développé (10 % des emplois contre 3,8 % des emplois du Sud-Caraïbe). De fait, les caractéristiques de cette commune sont proches du nord martiniquais.

Figure 2Une concentration des équipements dans le Centre de la MartiniqueRapport entre le nombre d'équipements par habitant des SAR et la moyenne Martiniquaise

Une concentration des équipements dans le Centre de la Martinique
Magasin non-alimentaires Professionels de santé Service de proximité Secondaire et supérieur Alimentaire Tourisme
Nord-Caraïbe 0,5 0,8 0,9 1,4 1,0 1,2
Nord-Atlantique 0,4 0,3 0,8 0,9 1,2 0,8
Centre-Atlantique 0,6 0,9 0,8 0,8 1,1 0,7
Sud-Caraïbe 0,8 0,8 1,1 0,8 0,9 1,3
Sud-Atlantique 0,7 0,9 0,9 0,8 1,2 1,1
Centre-Agglomération 1,5 1,3 1,1 1,2 0,9 1,0
  • Note de lecture : Le Nord-Caraïbe compte deux fois moins de magasins non-alimentaires par habitant que la moyenne martiniquaise
  • Source : Insee, base permanente des équipements 2019

Figure 2Une concentration des équipements dans le Centre de la MartiniqueRapport entre le nombre d'équipements par habitant des SAR et la moyenne Martiniquaise

  • Note de lecture : Le Nord-Caraïbe compte deux fois moins de magasins non-alimentaires par habitant que la moyenne martiniquaise
  • Source : Insee, base permanente des équipements 2019

Sud-Atlantique : concentration des équipements au Marin

Le Sud-Atlantique abrite la commune du Marin, sous-préfecture de Martinique, qui est la seule commune de la zone à gagner des habitants depuis 2012. Le chômage est au même niveau que la moyenne martiniquaise (25 %) et 30 % des habitants occupent leur logement depuis plus de 20 ans. Comme les autres sous-préfectures de l’île, le Marin concentre nombre de services, comme les magasins non-alimentaires et les professionnels de santé qui sont deux fois plus nombreux que la moyenne de l’espace Sud Martinique (Sud Caraïbe et Sud-Atlantique).

Sainte-Anne est la commune de Martinique reposant le plus sur le tourisme. Pour autant, la commune est isolée et en perte de population (− 2,1 % de population par an entre 2011 et 2016). De plus, le taux de chômage s’élève à 27 %. A Sainte-Anne, 39 % des travailleurs sont employés dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration, répartis dans deux hôtels et 83 restaurants. Néanmoins, l’absence des autres secteurs d’activité place Sainte-Anne à un niveau proche des autres communes du Sud-Atlantique en termes d’emploi et de niveau d’équipements.

Les trois dernières communes du Sud-Atlantique, Le Vauclin, Le François et Rivière-Pilote sont beaucoup plus peuplées que le Marin et Sainte-Anne (41 830 habitants au total). Néanmoins, elles sont moins dynamiques avec un taux de chômage respectif de 27 %, 28 % et 33 %. Le François dispose aussi d’un secteur agricole plus développé, générant 10 % des emplois de la commune.

Figure 3Une part de logements vacants particulièrement élevée dans le nord Taux de sous-occupation et taux vacance des logements en Martinique

Une part de logements vacants particulièrement élevée dans le nord
communes Taux de sous-occupation taux de logements vacants
L'Ajoupa-Bouillon 10 23,34
Les Anses d'Arlet 17 18,87
Basse-Pointe 20 14,85
Le Carbet 13 14,52
Case-Pilote 16 12,63
Ducos 12 12,90
Le Diamant 12 20,62
Fonds-Saint-Denis 18 12,80
Fort-de-France 8 17,78
Le Francois 9 19,06
Grand'Riviere 18 19,80
Gros-Morne 9 17,93
Le Lamentin 6 12,62
Le Lorrain 19 21,90
Macouba 7 26,07
Le Marigot 16 16,67
Le Marin 11 11,95
Le Morne-Rouge 18 19,98
Riviere-Pilote 6 17,13
Riviere-Salee 12 14,60
Le Robert 6 14,31
Le Precheur 18 26,60
Saint-Esprit 11 10,38
Saint-Joseph 10 13,77
Saint-Pierre 14 27,05
Sainte-Anne 16 19,46
Sainte-Luce 8 16,28
Sainte-Marie 11 18,60
Schoelcher 10 14,37
La Trinite 9 16,29
Trois ilets 10 13,14
Le Vauclin 9 16,29
Le Morne-Vert 12 15,99
Bellefontaine 5 27,40
  • Note de lecture : Le taux de logements vacants à Sainte-Anne est compris entre 18 % et 22 %. Le taux de sous occupation des logements est supérieur à 14 %.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Figure 3Une part de logements vacants particulièrement élevée dans le nord Taux de sous-occupation et taux vacance des logements en Martinique

  • Note de lecture : Le taux de logements vacants à Sainte-Anne est compris entre 18 % et 22 %. Le taux de sous occupation des logements est supérieur à 14 %.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Le Centre

Centre-Atlantique : des grandes communes moins dynamiques qu’en Centre-Agglomération

Le Centre-Atlantique se compose de quatre grandes communes regroupant au total 61 840 habitants (soit 16 % de la population). Néanmoins, ces communes perdent des habitants depuis 10 ans et le taux de vacance s’élève à 16 %. Les habitants de Sainte-Marie et du Gros-Morne sont davantage sédentaires que ceux de la Trinité et du Robert (51 % des logements de Sainte-Marie sont occupés depuis plus de 20 ans contre 36 % à la Trinité). Le taux de chômage est élevé (30 %) au Centre-Atlantique. En effet, le Gros-Morne propose seulement 0,36 emploi par actif, Le Robert 0,44 et la commune de Sainte-Marie 0,45 (contre 0,75 en Martinique). Seule La Trinité bénéficie d’une offre d’emplois supérieure (0,73 emploi par actif). Cette part plus élevée d’emploi s’explique en partie par une plus grande quantité de services proposés comme dans les autres sous-préfectures. La ville concentre en effet 2,5 fois plus de magasins non-alimentaires et de professionnels de santé que les autres communes de la zone (respectivement 7 contre 2,8 pour 1000 habitants et 4,7 contre 1,7 pour 1000 habitants). Les trois autres communes disposent d’une quantité moyenne d’équipements en comparaison à la moyenne martiniquaise. Par ailleurs, le secteur agricole est davantage développé au Gros-Morne et à Sainte-Marie que les deux autres communes du Centre-Atlantique avec respectivement 13 % et 13,5 % des emplois de ces communes. Enfin, la plupart des salariés de la zone travaillent dans une commune autre que celles où ils vivent (de 55 % à 70 %). Les principaux flux se font en direction du Centre-Agglomération, ou bien au sein du Centre-Atlantique.

Centre-Agglomération : Saint-Joseph contraste par un déficit d’emplois

Le Centre-Agglomération est la région martiniquaise la plus peuplée, regroupant 157 450 habitants en 2016, soit 42 % de la population de l’île. Fort-de-France est la commune du Centre-Agglomération qui attire le plus de personnes en provenance de l’extérieur de la Martinique. Le Lamentin et Fort-de-France concentrent les emplois, avec 71 200 emplois pour seulement 57 600 actifs (soit 54 % des emplois martiniquais). Ce dynamisme se retrouve dans l’offre d’équipements avec 61 % des magasins non-alimentaires de Martinique et 53 % des professionnels de santé.

La ville de Saint-Joseph ne connaît pas le même dynamisme économique que les trois communes littorales. En effet, elle offre seulement 1 emploi pour 3 actifs. Aussi, ces emplois sont de natures différentes, davantage tournés vers l’agriculture (11 % des emplois contre 1,6 % en Centre-Agglomération) et dans la construction (14 % contre 5,9 %). En revanche, le secteur du commerce est peu développé avec 9,3 % des emplois contre 15,1 % dans le Centre-Agglomération. La moitié de ces emplois sont occupés par une personne extérieure à la commune de Saint-Joseph (surtout de Fort-de-France et du Lamentin). La ville de Saint Joseph fait office de commune dortoir de Fort-de-France, avec 63 % des travailleurs employés dans le cœur de l’agglomération.

La commune de Schoelcher est celle où le niveau de vie est le plus élevé de l’île. Elle bénéficie de nombreux équipements dont l’institut universitaire, un centre de formation d’apprentis et du seul complexe cinématographique de l’île.

Encadré - Une revitalisation au coeur des politiques publiques 

La revitalisation économique et commerciale des centres-bourgs et des centres-villes est une priorité d'intervention des politiques publiques nationales et locales. Cette politique de revitalisation a été mise en place pour répondre aux deux objectifs : rendre attractif des petites communes et des zones périurbaines, ainsi que relever le défi de la transition écologique et énergétique. Elle prend notamment part à la lutte contre l'étalement urbain et l'artificialisation des sols pour limiter les déplacements, générateurs de gaz à effet de serre.

Plusieurs démarches de revitalisation sont déjà à l’œuvre sur le territoire de la Martinique comme l'AMI "Revitalisation des centres-bourgs" à Saint-Pierre, le programme "Action Cœur de Ville" (PACV) à Fort-de-France et au Lamentin ou encore la mesure "Revitalisation des centres-bourgs et amélioration du cadre de vie" du Contrat de Convergence et de Transformation (CCT) 2019-2022. D'autres outils sont à mettre en place comme l'ORT (Opération de revitalisation de Territoires) créé par la loi ELAN et qui vise à soutenir des stratégies de revitalisation à l'échelle des EPCI ou encore le programme "Petites Villes de Demain", officiellement lancé en octobre 2020, qui sera prochainement déployé en faveur des villes de moins de 20 000 habitants.

Sources

La base permanente des équipements (BPE) répertorie un large éventail d’équipements et de services, marchands ou non, accessibles au public sur l’ensemble de la France. Elle porte sur plus de 180 types de services et équipements différents, répartis en sept grands domaines : services aux particuliers, commerces, enseignement, santé-social, transports-déplacements, sports-loisirs-culture et tourisme.  La BPE est construite à partir de sources administratives diverses.

Recensement de la population : Depuis 2004, le recensement repose sur une collecte d’information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d’une période de cinq ans. Le recensement de la population permet de connaître la population de la France, dans sa diversité et son évolution. Il fournit des statistiques sur le nombre d’habitants et sur leurs caractéristiques : répartition par sexe et âge, professions exercées, conditions de logement, modes de transport, déplacements domicile travail ou domicile-études, etc.

Définitions

Sous occupation : L’indice de peuplement des logements caractérise le degré d’occupation du logement, par comparaison entre le nombre de pièces qu’il comporte et le nombre de pièces nécessaires au ménage. On parle de sous-peuplement très accentué s’il compte au moins trois pièces de plus.

Taux de chômage : En application de la définition internationale du Bureau international du travail (BIT), un chômeur est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions. Le taux de chômage au sens du BIT est de 17% en 2016 en Martinique. Néanmoins, afin de comparer le chômage à un niveau plus fin, cette étude utilise le taux de chômage au sens du recensement de la population.

Niveau de vie : Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation (uc).

Logement vacant : Un logement vacant est un logement inoccupé se trouvant dans l’un des cas suivants : proposé à la vente, à la location; déjà attribué à un acheteur ou un locataire et en attente d’occupation; en attente de règlement de succession; conservé par un employeur pour un usage futur au profit d’un de ses employés; gardé vacant et sans affectation précise par le propriétaire (exemple un logement très vétuste...).

Pour en savoir plus

Raimbaud B. « Pauvreté et niveau de vie : 29 % des Martiniquais vivent sous le seuil de pauvreté », Insee Analyse Martinique n°39, juillet 2020

Mazarin A., « Cap Nord  : un espace urbain à dynamiser, un espace rural à revaloriser », Insee Analyse Martinique n°30, décembre 2018

Creignou A., « Six zones d’emploi en Martinique : le Centre agglomération, pôle économique de l’île », Insee Flash n°139, septembre 2020