Parc naturel régional du Luberon - Emploi et population progressent plus vite dans les petites communes

Virginie Mora, Etienne Perron-Bailly (Insee)

Depuis les années 1990, le dynamisme démographique du parc naturel régional du Luberon décline progressivement. Les pôles urbains situés sur son pourtour conservent un solde naturel positif mais sont peu attractifs. L’attractivité des communes de plus petite taille s’est quant à elle atténuée. Le tissu économique du parc, diversifié, est très concentré dans quelques grandes communes. Au cours de la décennie écoulée, l’emploi s’est développé dans les services aux entreprises, mais s’est replié dans la construction et les transports, comme ailleurs dans la région. La montée en qualification et le faible dynamisme de l’emploi local se sont accompagnés d’une hausse importante du chômage des résidents. Celle-ci a été particulièrement marquée dans des communes plus peuplées, comme Cavaillon et Apt. Enfin, un vif développement des résidences secondaires s’est enclenché sur la période récente.

Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 88
Paru le : Paru le 17/11/2020
Virginie Mora, Etienne Perron-Bailly (Insee)
Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur  No 88 - novembre 2020

Un PNR partagé entre espaces ruraux et urbains

Le vaste parc naturel régional (PNR) du Luberon, à cheval sur les départements de Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence, se déploie autour du massif du Luberon. Barrière naturelle, celui-ci traverse le parc mais constitue également une ressource patrimoniale et un marqueur de l’identité du territoire. Plusieurs villes de taille intermédiaire, pleinement intégrées au périmètre du PNR, sont situées dans les vallées qui bordent le massif, le long de la Durance : Cavaillon à l’ouest, Manosque à l’est, et Pertuis au sud. S’y ajoutent Apt, au cœur du parc, entre les chaînes du Luberon et les Monts de Vaucluse, ainsi que Forcalquier, au nord de Manosque. Outre ces cinq grandes communes, le PNR compte environ 80 communes de plus petite taille, souvent nettement plus rurales, puisque la plupart ne dépendent pas d’un pôle urbain pour l’emploi de leurs actifs. Le PNR du Luberon présente ainsi un caractère peu périurbain (figure 1) : seuls 7 % de la population résident dans les couronnes de grands ou moyens pôles urbains, contre 36 % dans les PNR de comparaison (pour comprendre). Le parc est ainsi à la fois plus urbain et plus rural que les autres, avec des enjeux de développement qui peuvent être hétérogènes sur le territoire.

Figure 1Un PNR façonné par ses reliefs

Un PNR façonné par ses reliefs
Code commune Catégorie dans le zonage en aires urbaines 2010 Libellé de la commune
04012 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Aubenas-les-Alpes
04034 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée La Brillanne
04045 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Céreste
04063 1-pôle urbain grand ou moyen Corbières-en-Provence
04068 3-Multipolarisée grande aire Dauphin
04088 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Forcalquier
04104 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Limans
04106 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Lurs
04111 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Mane
04112 1-pôle urbain grand ou moyen Manosque
04128 2-couronne grand et moyen pôle Montfuron
04129 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Montjustin
04138 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Niozelles
04142 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Oppedette
04151 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Pierrerue
04152 1-pôle urbain grand ou moyen Pierrevert
04160 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Reillanne
04162 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Revest-des-Brousses
04175 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Sainte-Croix-à-Lauze
04188 3-Multipolarisée grande aire Saint-Maime
04190 2-couronne grand et moyen pôle Saint-Martin-les-Eaux
04192 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Saint-Michel-l'Observatoire
04197 1-pôle urbain grand ou moyen Sainte-Tulle
04206 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Sigonce
04227 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Vachères
04241 3-Multipolarisée grande aire Villemus
04242 2-couronne grand et moyen pôle Villeneuve
04245 2-couronne grand et moyen pôle Volx
84002 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Ansouis
84003 1-pôle urbain grand ou moyen Apt
84006 2-couronne grand et moyen pôle Auribeau
84009 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée La Bastide-des-Jourdans
84010 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée La Bastidonne
84013 1-pôle urbain grand ou moyen Beaumettes
84014 3-Multipolarisée grande aire Beaumont-de-Pertuis
84020 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Bonnieux
84023 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Buoux
84024 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Cabrières-d'Aigues
84025 1-pôle urbain grand ou moyen Cabrières-d'Avignon
84026 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Cadenet
84032 2-couronne grand et moyen pôle Caseneuve
84033 2-couronne grand et moyen pôle Castellet-en-Luberon
84035 1-pôle urbain grand ou moyen Cavaillon
84038 1-pôle urbain grand ou moyen Cheval-Blanc
84042 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Cucuron
84047 1-pôle urbain grand ou moyen Gargas
84048 2-couronne grand et moyen pôle Gignac
84050 1-pôle urbain grand ou moyen Gordes
84051 1-pôle urbain grand ou moyen Goult
84052 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Grambois
84057 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Joucas
84058 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Lacoste
84060 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Lagarde-d'Apt
84062 1-pôle urbain grand ou moyen Lagnes
84065 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Lauris
84066 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Lioux
84068 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Lourmarin
84071 1-pôle urbain grand ou moyen Maubec
84073 3-Multipolarisée grande aire Ménerbes
84074 3-Multipolarisée grande aire Mérindol
84076 3-Multipolarisée grande aire Mirabeau
84084 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée La Motte-d'Aigues
84085 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Murs
84086 1-pôle urbain grand ou moyen Oppède
84089 3-Multipolarisée grande aire Pertuis
84090 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Peypin-d'Aigues
84093 3-Multipolarisée grande aire Puget
84095 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Puyvert
84099 1-pôle urbain grand ou moyen Robion
84102 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Roussillon
84103 2-couronne grand et moyen pôle Rustrel
84105 1-pôle urbain grand ou moyen Saignon
84112 2-couronne grand et moyen pôle Saint-Martin-de-Castillon
84113 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Saint-Martin-de-la-Brasque
84114 1-pôle urbain grand ou moyen Saint-Pantaléon
84118 2-couronne grand et moyen pôle Saint-Saturnin-lès-Apt
84121 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Sannes
84128 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Sivergues
84131 1-pôle urbain grand ou moyen Taillades
84133 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée La Tour-d'Aigues
84140 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Vaugines
84144 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Viens
84145 2-couronne grand et moyen pôle Villars
84147 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Villelaure
84151 4-petits pôle ou autre commune multipolarisée ou isolée Vitrolles-en-Lubéron
  • Source : Insee, zonage en aires urbaines 2010

Figure 1Un PNR façonné par ses reliefs

  • Source : Insee, zonage en aires urbaines 2010

Excédent naturel dans les grandes communes, excédent migratoire dans les petites

Avec 183 000 résidents en 2016, le PNR du Luberon est l’un des plus peuplés de France. Près de la moitié de sa population vit dans une des cinq communes les plus peuplées du parc. Le dynamisme démographique a été très vif jusque dans les années 1990, avant de s’éroder de façon progressive. Entre 2006 et 2016, la population ne progresse plus que de 0,6 % par an en moyenne (figure 2), après + 1,0 % entre 1990 et 2006. Ce ralentissement démographique est intervenu de façon plus tardive dans les parcs de référence que dans le Luberon.

Sur la décennie écoulée, la progression du nombre de résidents a reposé pour près d’un tiers sur un excédent naturel. Celui-ci est concentré dans les cinq plus grandes communes du parc. Dans le reste du PNR, comme dans les parcs de référence, naissances et décès se compensent. Les deux autres tiers de la croissance démographique proviennent de l’excédent migratoire, essentiellement porté par les communes de petite taille. Entre 2006 et 2016, pour ces communes, le solde entre les nouveaux arrivants et les partants a permis d’accroître la population de 0,7 % par an en moyenne, un rythme vif mais inférieur à celui enregistré dans les parcs de référence (+ 0,9 %). Par ailleurs, cette attractivité démographique s’atténue régulièrement depuis les années 1990.

Figure 2Un faible dynamisme migratoire dans le Luberon par rapport aux autres PNRÉvolution annuelle moyenne de la population résidente entre 2006 et 2016, et contribution des soldes naturel et migratoire (en %)

Un faible dynamisme migratoire dans le Luberon par rapport aux autres PNR - Lecture : entre 2006 et 2016, la population du Luberon a augmenté de 0,6 % par an en moyenne, dont 0,4 % dus à un excédent migratoire.
2006-2016
solde naturel solde migratoire Ensemble
Luberon 0,2 0,4 0,6
dont : cinq communes les plus peuplées 0,3 0,1 0,4
dont : communes moins peuplées 0,0 0,7 0,7
PNR de référence 0,0 0,9 0,9
  • Note : les cinq communes les plus peuplées du parc sont Apt, Cavaillon, Forcalquier, Manosque et Pertuis (pour comprendre).
  • Lecture : entre 2006 et 2016, la population du Luberon a augmenté de 0,6 % par an en moyenne, dont 0,4 % dus à un excédent migratoire.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016

Figure 2Un faible dynamisme migratoire dans le Luberon par rapport aux autres PNRÉvolution annuelle moyenne de la population résidente entre 2006 et 2016, et contribution des soldes naturel et migratoire (en %)

  • Note : les cinq communes les plus peuplées du parc sont Apt, Cavaillon, Forcalquier, Manosque et Pertuis (pour comprendre).
  • Lecture : entre 2006 et 2016, la population du Luberon a augmenté de 0,6 % par an en moyenne, dont 0,4 % dus à un excédent migratoire.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016

L’emploi progresse plus vite dans les communes peu peuplées

L’emploi est très concentré dans quelques grandes communes : Cavaillon, Manosque et Apt rassemblent à elles seules plus de la moitié des emplois offerts, pour seulement un quart des résidents actifs, en emploi ou non. En dehors des cinq plus grandes communes, le territoire reste ainsi très résidentiel : on y compte 55 emplois pour 100 actifs résidents dans le parc (61 dans les parcs de référence).

Entre 2006 et 2016, l’emploi s’est deux fois moins développé dans le Luberon que dans les parcs de référence (+ 0,5 % par an en moyenne contre + 1,0 %) (figure 3). Sur cette décennie, l’opposition qui existait entre les plus grandes communes riches en emploi et les communes plus petites et davantage résidentielles s’est légèrement réduite. En effet, dans les cinq plus grandes communes, le nombre d’emplois au lieu de travail a augmenté de façon très modérée, et bien moins rapidement que le nombre de résidents actifs. Dans le reste du PNR, nombre d’emplois et nombre d’actifs ont progressé à des rythmes comparables et soutenus.

Cette croissance modérée de l’emploi sur le territoire s’accompagne d’un accroissement des trajets domicile-travail des résidents : 31 % quittent quotidiennement le parc pour aller travailler en 2016, contre 28 % en 2006. Ces mouvements pendulaires, encore massivement effectués en voiture, sont très concentrés vers quelques destinations. Près d’un tiers des navetteurs qui quittent Manosque chaque jour se rendent au Centre d’études de Cadarache ou au chantier d’Iter, situés à proximité du parc. De même, parmi les navetteurs résidents de Pertuis, 40 % se dirigent vers Aix-en-Provence. Les enjeux liés aux transports diffèrent à Apt et dans les communes avoisinantes : les déplacements pendulaires pour le travail y sont particulièrement rares. Pour des raisons topographiques, mais aussi du fait d’un réseau routier largement dépendant d’une route départementale, accéder aux bassins d’emplois environnants peut être difficile pour les résidents de cette zone du PNR, prise entre le massif du Luberon et les monts de Vaucluse.

Figure 3 Entre 2006 et 2016, une hausse de l'emploi moins vive que celle de la population active Évolution annuelle moyenne de la population active résidente et de l’emploi au lieu de travail entre 2006 et 2016 (en %)

Entre 2006 et 2016, une hausse de l'emploi moins vive que celle de la population active - Lecture : entre 2006 et 2016, la population active totale du Luberon a augmenté en moyenne de 0,9 % par an.
Luberon dont : cinq communes les plus peuplées dont : communes moins peuplées PNR de référence
Nombre d'emplois 0,5 0,2 1,1 1,0
Nombre d'actifs résidents 0,9 0,7 1,0 1,2
  • Lecture : entre 2006 et 2016, la population active totale du Luberon a augmenté en moyenne de 0,9 % par an.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016

Figure 3 Entre 2006 et 2016, une hausse de l'emploi moins vive que celle de la population active Évolution annuelle moyenne de la population active résidente et de l’emploi au lieu de travail entre 2006 et 2016 (en %)

  • Lecture : entre 2006 et 2016, la population active totale du Luberon a augmenté en moyenne de 0,9 % par an.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016

Une progression sensible du chômage

Du fait de créations d’emploi peu nombreuses et de la progression du nombre d’actifs résidents, le taux de chômage s’est davantage accru au sein du Luberon que dans les PNR de comparaison entre 2006 et 2016. L’écart déjà défavorable s’est ainsi creusé. Cependant, l’ampleur et la hausse du chômage sont hétérogènes sur le territoire. Le taux de chômage est bien moindre dans les communes moins peuplées que dans les plus grandes. Parmi ces dernières, toutes ne sont pas non plus à la même enseigne : la poussée du chômage a surtout pesé sur Cavaillon et Apt. Pour l’ensemble du PNR, le chômage porte particulièrement sur les moins qualifiés, les résidents cadres et professions intermédiaires étant quant à eux moins exposés que dans les parcs de comparaison ou même dans la région.

Le niveau élevé du chômage, la part encore notable d’emplois peu ou pas qualifiés au sein du parc ou encore l’importance relative des emplois exercés à temps partiel s’accompagnent d’un taux de pauvreté élevé dans le parc. Atteignant 17 %, comme pour la région prise dans son ensemble, il dépasse de trois points celui enregistré dans les parcs de référence. De même, le niveau de vie médian des résidents du Luberon est sensiblement inférieur à celui des autres parcs (figure 4). Même le dernier décile de niveau de vie, seuil au-delà duquel se situent les 10 % des ménages les plus aisés, est relativement faible en comparaison des autres PNR. Cet écart se résorbe si l’on restreint l’analyse aux communes moins peuplées du Luberon. Les cinq communes les plus peuplées concentrent ainsi une part importante des fragilités sociales existant dans le parc.

Figure 4Un niveau de vie plus faible dans les communes les plus peuplées Taux de pauvreté, niveau de vie médian et dernier décile de niveau de vie en 2016

Un niveau de vie plus faible dans les communes les plus peuplées
  Luberon PNR de référence Provence-Alpes-Côte d'Azur
Ensemble du PNR dont cinq communes les plus peuplées dont communes moins peuplées
Taux de pauvreté (en %) 17 21 13 14 17
Niveau de vie annuel médian (en euros) 20 000 18 400 21 300 21 400 20 500
Dernier décile de niveau de vie (en euros) 36 300 34 200 38 000 38 200 37 700
  • Le seuil de pauvreté correspond à 60 % du niveau de vie médian des Français et est égal à 1 026 euros mensuels en 2016. Le taux de pauvreté est la proportion d’individus dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Le niveau de vie médian est le seuil de niveau de vie des 50 % les plus riches, et le dernier décile de niveau de vie est le niveau de vie plancher des 10 % les plus riches.
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2016

Développement des activités de services et des emplois les plus qualifiés

En 2016, les poids des différents secteurs dans l’emploi au sein du PNR (figure 5) sont proches de ceux de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce qui témoigne d’une économie diversifiée. L’agriculture et le commerce y sont cependant plus développés mais avec d’importantes variations au sein du parc : près de 80 % des emplois relevant du commerce sont concentrés dans les cinq grandes communes ; à l’inverse, près des trois quarts des emplois dans l’agriculture sont situés dans les communes moins peuplées du Luberon. Le secteur public offre quant à lui près d’un quart des emplois du territoire, sensiblement plus que dans les PNR de référence. La présence de services publics de santé est majeure au sein des pôles urbains du parc : les cinq centres hospitaliers qui y sont situés concentrent à eux seuls 6 % des emplois de ces communes.

Les activités agricoles, notamment la culture de vignes, d’arbres fruitiers, de blé et l’élevage (ovins et caprins), sont largement structurantes sur le territoire, à la fois en termes d’identité et sur le plan paysager. Les surfaces agricoles utilisées (SAU) s’étendent sur près de la moitié du PNR du Luberon, contre un peu plus du quart seulement dans les parcs de référence. Cependant, ces surfaces ont fortement reculé au cours des années 2000, au détriment en particulier des petites exploitations. Leur nombre s’est réduit de près de 40 % en dix ans tandis que la taille moyenne des exploitations augmentait de 4 hectares. La baisse moins marquée des SAU dans les PNR de comparaison ne s’est pas accompagnée d’un tel mouvement de concentration. En 2016, en dépit de l’importance des SAU dans le PNR du Luberon, seuls 5 % des emplois relèvent du secteur agricole, contre 7 % dans les PNR de référence où les exploitations sont de plus petite taille.

Les activités touristiques regroupent 5 % des emplois au sein du parc. Cette proportion, modeste en comparaison des autres PNR ou même de la région, tient à son caractère assez urbain, ses cinq principales communes étant peu tournées vers le tourisme. Hors celles-ci, la part de l’emploi touristique atteint 9 %, deux points au-dessus des parcs de comparaison. C’est notamment dans le quart nord-ouest du parc que se concentrent ces emplois touristiques.

Entre 2006 et 2016, les évolutions du tissu économique du Luberon sont comparables à celles observées au niveau de la région. Les effectifs du transport-entreposage et du commerce, situés surtout dans les plus grandes communes, se sont repliés. De même, l’emploi a diminué dans la construction, plus développée dans les petites communes. Dans le même temps, les services aux entreprises (services administratifs, activités juridiques, comptables…) ont créé de l’emploi dans les plus grandes communes comme dans les plus petites. Les effectifs relevant des secteurs non marchands ont progressé de façon soutenue, dans l’administration publique et les activités de santé notamment.

Ces évolutions se sont soldées par un vif développement de la part de postes de cadres et professions intermédiaires au détriment des postes d’ouvriers. Cette montée de la qualification des emplois du territoire est bien plus marquée dans les communes de taille importante. Pour autant, en 2016, dans le PNR du Luberon pris dans son ensemble, la part d’emplois ouvriers reste un peu plus importante en moyenne que dans les PNR de référence.

Figure 5Un tissu économique de plus en plus tourné vers les servicesPart des emplois au lieu de travail selon le secteur d'activité (en %)

Un tissu économique de plus en plus tourné vers les services - Lecture : en 2016, la part des emplois dans le commerce au sein du Luberon est de 16,8 %, cette part a diminué de 1,3 point par rapport à 2006.
2006 2016
Agriculture 5,7 4,7
Industrie 10,4 9,6
Construction 8,7 7,8
Commerce 18,1 16,8
Transport-entreposage 6 4,7
Services non marchands 28,6 31
Services marchands 22,5 25,5
  • Lecture : en 2016, la part des emplois dans le commerce au sein du Luberon est de 16,8 %, cette part a diminué de 1,3 point par rapport à 2006.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires au lieu de travail

Figure 5Un tissu économique de plus en plus tourné vers les servicesPart des emplois au lieu de travail selon le secteur d'activité (en %)

  • Lecture : en 2016, la part des emplois dans le commerce au sein du Luberon est de 16,8 %, cette part a diminué de 1,3 point par rapport à 2006.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires au lieu de travail

Les résidences secondaires gagnent du terrain

Du début des années 1980 jusqu’en 2011, le développement des résidences principales est nettement plus vif que celui des résidences secondaires dans le PNR. Entre 2011 et 2016, cette tendance de long terme s’est inversée. Ce mouvement récent de « secondarisation » du parc immobilier s’observe également dans les PNR de référence mais avec une ampleur moindre. Au sein du Luberon, ce mouvement est très disparate. Dans les communes au nord et au sud-ouest d’Apt, la hausse récente de la part des résidences secondaires a été forte (figure 6), alors même qu’elles étaient déjà historiquement très présentes dans des communes comme Gordes, Saint-Saturnin-lès-Apt ou Bonnieux. À la pointe nord-est du PNR, Sigonce, Lurs, Pierrerue et Niozelle sont elles aussi fortement concernées. Cette hausse entretient le risque d’une concurrence avec les résidents permanents pour l’accès au logement. La proximité de ces communes avec l’autoroute et la gare ferroviaire de La Brillanne-Oraison peut en effet être particulièrement attractive pour les actifs. À l’inverse, les autres communes situées le long de la Durance restent, pour l’essentiel, largement à l’écart d’un tel développement des résidences secondaires.

Le parc social représente 8,3 % des résidences principales dans le PNR du Luberon, contre 2,4 % dans les parcs de comparaison. Entre 2006 et 2016, la progression du nombre de logements sociaux est toutefois moins vive que dans les PNR de référence (+ 12 % contre + 34 %). Ces logements, qui permettent à des personnes seules ou à des ménages modestes d’accéder au territoire ou de s’y maintenir, sont très largement situés dans certaines des plus grandes communes, notamment Cavaillon et Manosque. Quelques communes de moindre taille, comme Villeneuve, Robion ou encore Sainte-Tulle, ont également mis en œuvre des politiques de développement de ces logements. Les logements de petite taille (1 ou 2 pièces), plus accessibles financièrement, restent rares, en particulier là aussi dans les communes les moins peuplées : ils ne constituent alors que 9 % du parc de logements. 

Figure 6 Autour d’Apt et à proximité de La Brillanne, la part de résidences secondaires augmente Niveau et évolution de la part de résidences secondaires dans le parc de logements entre 2011 et 2016, par commune

Autour d’Apt et à proximité de La Brillanne, la part de résidences secondaires augmente
Code commune Typologie Libellé de la commune Volume de résidences secondaires en 2016
04012 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Aubenas-les-Alpes 18
04034 2- Faible part de résidences secondaires, en hausse La Brillanne 37
04045 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Céreste 305
04063 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Corbières-en-Provence 34
04068 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Dauphin 97
04088 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Forcalquier 329
04104 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Limans 124
04106 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Lurs 102
04111 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Mane 146
04112 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Manosque 321
04128 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Montfuron 38
04129 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Montjustin 22
04138 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Niozelles 68
04142 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Oppedette 47
04151 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Pierrerue 87
04152 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Pierrevert 123
04160 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Reillanne 216
04162 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Revest-des-Brousses 73
04175 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Sainte-Croix-à-Lauze 24
04188 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Saint-Maime 58
04190 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Saint-Martin-les-Eaux 14
04192 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Saint-Michel-l'Observatoire 168
04197 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Sainte-Tulle 28
04206 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Sigonce 99
04227 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Vachères 139
04241 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Villemus 24
04242 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Villeneuve 95
04245 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Volx 80
84002 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Ansouis 136
84003 2- Faible part de résidences secondaires, en hausse Apt 465
84006 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Auribeau 18
84009 2- Faible part de résidences secondaires, en hausse La Bastide-des-Jourdans 115
84010 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse La Bastidonne 33
84013 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Beaumettes 33
84014 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Beaumont-de-Pertuis 129
84020 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Bonnieux 614
84023 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Buoux 23
84024 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Cabrières-d'Aigues 44
84025 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Cabrières-d'Avignon 217
84026 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Cadenet 137
84032 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Caseneuve 99
84033 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Castellet-en-Luberon 36
84035 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Cavaillon 164
84038 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Cheval-Blanc 92
84042 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Cucuron 219
84047 2- Faible part de résidences secondaires, en hausse Gargas 203
84048 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Gignac 27
84050 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Gordes 881
84051 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Goult 264
84052 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Grambois 139
84057 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Joucas 128
84058 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Lacoste 221
84060 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Lagarde-d'Apt 16
84062 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Lagnes 92
84065 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Lauris 283
84066 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Lioux 84
84068 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Lourmarin 365
84071 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Maubec 129
84073 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Ménerbes 346
84074 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Mérindol 138
84076 2- Faible part de résidences secondaires, en hausse Mirabeau 56
84084 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse La Motte-d'Aigues 96
84085 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Murs 203
84086 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Oppède 250
84089 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Pertuis 121
84090 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Peypin-d'Aigues 119
84093 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Puget 129
84095 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Puyvert 82
84099 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Robion 129
84102 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Roussillon 410
84103 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Rustrel 133
84105 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Saignon 218
84112 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Saint-Martin-de-Castillon 234
84113 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Saint-Martin-de-la-Brasque 61
84114 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Saint-Pantaléon 18
84118 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Saint-Saturnin-lès-Apt 696
84121 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Sannes 23
84128 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Sivergues 24
84131 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Taillades 52
84133 2- Faible part de résidences secondaires, en hausse La Tour-d'Aigues 144
84140 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Vaugines 124
84144 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Viens 371
84145 4- Forte part de résidences secondaires, en hausse Villars 171
84147 1- Faible part de résidences secondaires, pas de hausse Villelaure 53
84151 3- Forte part de résidences secondaires, pas de hausse Vitrolles-en-Lubéron 44
  • Note : la part de résidences secondaires est dite faible lorsqu’elle est inférieure à 15 % du parc de logement en 2016, forte sinon. La part de résidences secondaires dans le parc total des logements est considérée comme en hausse si cette part a augmenté d’au moins un point entre 2011 et 2016.
  • Source : Insee, recensements de la population 2011 et 2016, exploitation principale.

Figure 6 Autour d’Apt et à proximité de La Brillanne, la part de résidences secondaires augmente Niveau et évolution de la part de résidences secondaires dans le parc de logements entre 2011 et 2016, par commune

  • Note : la part de résidences secondaires est dite faible lorsqu’elle est inférieure à 15 % du parc de logement en 2016, forte sinon. La part de résidences secondaires dans le parc total des logements est considérée comme en hausse si cette part a augmenté d’au moins un point entre 2011 et 2016.
  • Source : Insee, recensements de la population 2011 et 2016, exploitation principale.

Encadré : La future nouvelle Charte du PNR du Luberon

Le PNR du Luberon porte des enjeux écologiques et économiques pour le territoire qu’il couvre. Il vise à favoriser sur son territoire un développement partagé entre toutes les composantes du parc : résidents, entreprises implantées dans la zone, collectivités locales, professionnels du tourisme… La précédente Charte arrivant à son terme, le Parc travaille actuellement à élaborer pour 2024, dans une procédure participative, la future Charte du territoire. Celle-ci, appuyée sur un diagnostic issu de travaux réalisés à l’initiative du Parc et de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, engagera les acteurs signataires dans un projet de développement commun. La présente étude, réalisée en partenariat avec le Conseil régional, s’inscrit dans cette phase de diagnostic.

Pour comprendre

Cette étude sur le parc naturel régional (PNR) du Luberon porte sur les 85 communes situées à l’intérieur du périmètre du parc. Huit d’entre elles ne sont pas signataires de la Charte actuelle, et comptent un faible nombre d’habitants.

Le territoire de comparaison, dit « parcs de référence », réunit quatre PNR : les Alpilles, la Sainte-Baume, les Pré-Alpes d’Azur et le Mont-Ventoux. Au sein de ces PNR, ont été exclues les communes à cheval sur le périmètre du parc et dont moins des deux tiers de la population réside effectivement dans le parc : il s’agit de communes souvent assez peuplées (Carpentras, Pernes-les-Fontaines, Le Castellet…). Ce territoire de comparaison est donc par construction moins urbain que le parc du Luberon.

De ce fait, sont proposées régulièrement des comparaisons « hors grandes communes du Luberon » (Apt, Cavaillon, Forcalquier, Manosque, Pertuis). La structure du PNR ainsi réduit est alors plus proche des PNR de comparaison, bien que demeurant moins concernée par la périurbanisation. L’intégration pleine et entière de pôles urbains dans le périmètre du PNR du Luberon correspond à un choix historique du Parc, qui s’efforce d’intégrer espaces urbains et ruraux dans un projet de territoire partagé. Distinguer les grandes communes permet toutefois de mettre en lumière des disparités territoriales structurant la variété des enjeux auquel le PNR est confronté.

Définitions


Le seuil de pauvreté correspond à 60 % du niveau de vie médian des Français et est égal à 1 026 euros mensuels en 2016. Le taux de pauvreté est la proportion d’individus dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Le niveau de vie médian est le seuil de niveau de vie des 50 % les plus riches, et le dernier décile de niveau de vie est le niveau de vie plancher des 10 % les plus riches.

Pour en savoir plus

Martin M., Davoult G., « Parc du Luberon : un territoire attractif à l’activité économique diversifiée  », Sud Insee l’essentiel n° 103, février 2007

Caray J., Mora V., « Le parc naturel régional des Alpilles sous l’influence d’un développement périurbain », Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 70, avril 2019

Portail géographique des parcs naturels régionaux de Provence-Alpes-Côte d’Azur

Jamet L., Zampini C., «  Vaucluse – Population et emploi s’accroissent autour d’Avignon, les difficultés sociales persistent », Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 84, février 2020

Farrouch T., Méreau B., «  Alpes-de-Haute-Provence – Ralentissement démographique et disparités des dynamiques économiques », Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 78, novembre 2019