Insee Flash Grand EstLes jeunes : plus diplômés qu’il y a 10 ans, mais moins souvent en emploi

Brigitte Martin, Sophie Villaume (Insee)

En 2017 dans le Grand Est, 12 % des jeunes de 15 à 29 ans ayant terminé leurs études n’ont pas de diplôme, contre 16 % en 2007. Leur part diminue au profit de celle des bacheliers et des diplômés d’un Bac+3 ou plus. Le taux d’emploi des jeunes est globalement en baisse, mais les plus diplômés sont moins touchés. Dans la région, l’insertion professionnelle des jeunes non diplômés est la plus difficile dans l’Aube et la plus aisée dans le Bas-Rhin.

Insee Flash Grand Est
No 42
Paru le : Paru le 27/10/2020
Brigitte Martin, Sophie Villaume (Insee)
Insee Flash Grand Est  No 42 - Octobre 2020

Le niveau de diplôme s’élève

En 2017, le Grand Est compte 527 000 jeunes de 15 à 29 ans, non étudiants ou apprentis, déclarant ne pas être inscrits dans un établissement d’enseignement (source). 62 000 d’entre eux, soit 12 %, ne détiennent aucun diplôme (figure 1). Cette part, équivalente à celle observée dans l’ensemble de la France, a baissé de quatre points en dix ans au niveau régional comme au niveau national.

La transformation, en 2007, du cursus conduisant au baccalauréat professionnel en trois ans d’études après le collège contre quatre ans auparavant, a participé à l’augmentation de quatre points de la proportion de bacheliers dans la région, et de trois points dans toute la France, et à une diminution de la part de diplômés d’un CAP-BEP.

À cela est venue s’ajouter la réforme LMD (licence-master-doctorat), en 2004, qui a largement contribué à l’élévation générale du niveau de diplôme avec notamment le remplacement du DEUG en 2 ans par la licence en 3 ans. Dans le Grand Est, 19 % des jeunes de 15 à 29 ans détiennent ainsi un diplôme de niveau Bac+3 ou plus en 2017 contre 11 % en 2007. Dans l’ensemble de la France, cette part s’élève à 23 %. Dans le même temps, la proportion de détenteurs d’un Bac+2 recule de quatre points au niveau régional et de cinq points au niveau régional.

Figure 1En dix ans, moins de non-diplômés mais plus de diplômés du supérieurRépartition des jeunes ne poursuivant pas d’études selon le plus haut diplôme détenu

En %
En dix ans, moins de non-diplômés mais plus de diplômés du supérieur (En %)
2007 2017
Aucun diplôme 15,7 11,8
Brevet des collèges 5,1 4,7
CAP-BEP 27,2 22,9
Bac 23,7 28,0
Bac+2 17,4 13,6
Bac+3 ou plus 10,9 19,0
  • Champ : jeunes de 15 à 29 ans, non étudiants ou apprentis, déclarant ne pas être inscrits dans un établissement d’enseignement.
  • Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2017, exploitation complémentaire.

Figure 1En dix ans, moins de non-diplômés mais plus de diplômés du supérieurRépartition des jeunes ne poursuivant pas d’études selon le plus haut diplôme détenu

  • Champ : jeunes de 15 à 29 ans, non étudiants ou apprentis, déclarant ne pas être inscrits dans un établissement d’enseignement.
  • Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2017, exploitation complémentaire.

Plus de jeunes non diplômés dans les Ardennes et l’Aube

Bien que la part de jeunes non diplômés ait diminué dans les Ardennes et dans l’Aube au cours de la période, ces deux départements sont ceux dans lesquels la proportion de jeunes non diplômés reste la plus forte, avec deux points de plus que la moyenne régionale. À l’inverse, c’est dans les départements du Bas-Rhin, des Vosges et de la Haute-Marne où elle est la plus faible (moins de 11 %). Le Bas-Rhin et la Haute-Marne sont, avec le Haut-Rhin et les Ardennes, les départements où la part de jeunes non diplômés a le plus baissé entre 2007 et 2017.

Dans le Grand Est, la proportion de diplômés d’un Bac+3 ou plus varie de 12 % dans la Meuse à 24 % dans le Bas-Rhin pour une moyenne régionale de 19 %. Ce sont dans les départements les moins urbanisés que les jeunes de 15 à 29 ans les plus diplômés sont les moins nombreux et que la progression est la plus faible. À l’inverse, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Moselle, la Marne et la Meurthe-et-Moselle comptent au moins 18 % de diplômés d’un Bac+3 ou plus, en forte hausse depuis 2007.

Seul le tiers des jeunes sans diplôme est en emploi

Le taux d’emploi des jeunes de 15 à 29 ans augmente avec le niveau de diplôme. Dans la région comme à l’échelle nationale, ils sont seulement un sur trois à travailler lorsqu’ils ne sont pas diplômés, et près d’un sur deux lorsqu’ils sont titulaires du brevet des collèges (figure 2). Avec un diplôme supérieur au Bac, plus de huit jeunes sur dix sont en emploi. Il faut toutefois rester prudent dans ces comparaisons car l’âge moyen des différentes populations croît avec le niveau de diplôme, qui retarde l’entrée sur le marché du travail.

Toutefois, les non-diplômés et les titulaires du brevet sont aussi ceux qui se déclarent le plus souvent au chômage (plus de 35 %). Cette proportion passe à 28 % avec un CAP-BEP, 22 % avec le Bac, et descend à 11 % avec un Bac+3 ou plus.

Entre 2007 et 2017, le taux d’emploi des jeunes de 15 à 29 ans ayant terminé leurs études diminue quel que soit le niveau de diplôme. La baisse est particulièrement marquée pour les jeunes ayant obtenu un diplôme de niveau inférieur à Bac+2 : - 11 points pour les diplômés du brevet, - 9 points pour les bacheliers, - 8 points pour les détenteurs d’un CAP-BEP et pour les non-diplômés. Le taux d’emploi des diplômés d’un BAC+3 ou plus ne diminue quant à lui que de 3 points. En dix ans, la part de jeunes au chômage progresse de cinq à sept points pour les titulaires d’un diplôme allant du brevet à Bac+2. L’évolution se limite à trois points pour les non-diplômés et à deux points pour les détenteurs d’un Bac+3 ou plus.

Figure 2Le taux d’emploi des jeunes croît avec leur niveau de diplômeRépartition des jeunes selon le plus haut diplôme et la situation d’activité en 2007 et en 2017

Le taux d’emploi des jeunes croît avec leur niveau de diplôme
Emploi Chômage Inactivité
Non-diplômés - 2007 41,4 33,1 25,5
Non-diplômés - 2017 33,6 36,1 30,3
Brevet - 2007 57,1 29,3 13,6
Brevet - 2017 46,0 35,1 18,9
CAP-BEP - 2007 71,3 21,6 7,1
CAP-BEP - 2017 63,7 27,5 8,8
Bac - 2007 79,7 15,4 4,9
Bac - 2017 71,1 22,1 6,8
Bac+2 - 2007 88,9 9,0 2,1
Bac+2 - 2017 82,4 14,0 3,6
Bac+3 ou plus - 2007 88,1 9,8 2,1
Bac+3 ou plus - 2017 85,2 11,4 3,4
  • Champ : jeunes de 15 à 29 ans, non étudiants ou apprentis, vivant dans le Grand Est et déclarant ne pas être inscrits dans un établissement d’enseignement.
  • Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2017, exploitation complémentaire.

Figure 2Le taux d’emploi des jeunes croît avec leur niveau de diplômeRépartition des jeunes selon le plus haut diplôme et la situation d’activité en 2007 et en 2017

  • Champ : jeunes de 15 à 29 ans, non étudiants ou apprentis, vivant dans le Grand Est et déclarant ne pas être inscrits dans un établissement d’enseignement.
  • Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2017, exploitation complémentaire.

Une insertion plus difficile des non-diplômés dans l’Aube

L’insertion professionnelle des jeunes non diplômés est variable selon les départements. Seuls 27 % des jeunes aubois sortis du système scolaire sans diplôme sont en emploi, et 43 % sont au chômage (figure 3). L’Aube est ainsi le département avec le plus faible taux d’emploi des jeunes non diplômés, la part de chômeurs la plus élevée et les évolutions les plus défavorables sur la période 2007-2017 (respectivement - 13 points pour le taux d’emploi et + 10 points pour la part de chômeurs, pour des moyennes régionales de - 8 et + 3). Dans les Vosges, les Ardennes et la Marne, le taux d’emploi des jeunes non diplômés est également faible. Il dépasse à peine les 30 % et la part de chômeurs atteint 39 à 40 %. Comme dans l’Aube, la situation des jeunes marnais non diplômés s’est fortement dégradée : ils ne sont plus que 31 % à travailler en 2017 contre 43 % dix ans plus tôt, et la proportion de chômeurs est passée de 32 % à 39 %.

Malgré une baisse de neuf points de leur taux d’emploi entre 2007 et 2017, les jeunes bas-rhinois non diplômés sont ceux pour lesquels l’insertion professionnelle est la moins difficile : 37 % d’entre eux travaillent. Le taux d’emploi des jeunes non diplômés est également supérieur à la moyenne régionale en Moselle, Meurthe-et-Moselle et dans le Haut-Rhin. Avec la Meuse, ces quatre départements sont aussi ceux où le chômage des jeunes non diplômés a le moins augmenté par rapport à 2007.

Figure 3Jeunes sans diplômes : une insertion professionnelle plus facile dans le Bas-Rhin que dans l’AubeCaractéristiques des jeunes non-diplômés selon les départements en 2017 et écart entre 2007 et 2017

Jeunes sans diplômes : une insertion professionnelle plus facile dans le Bas-Rhin que dans l’Aube
Part des non‑diplômés sur l’ensemble des jeunes non scolarisés Taux d’emploi des non‑diplômés Part des non‑diplômés au chômage
  En % Écart entre 2007 et 2017 (en points de %)   En % Écart entre 2007 et 2017 (en points de %)   En % Écart entre 2007 et 2017 (en points de %)
Ardennes 14,0 -4,7 30,9 -2,1 40,0 3,7
Aube 14,3 -3,2 26,5 -13,3 42,8 9,5
Marne 12,2 -3,5 30,8 -12,6 39,0 6,7
Haute-Marne 10,6 -4,9 30,9 -9,9 36,4 4,7
Meurthe‑et‑Moselle 11,8 -0,9 34,5 -4,9 36,2 2,5
Meuse 11,8 -1,4 31,4 -4,1 31,3 -0,1
Moselle 12,1 -3,2 35,6 -5,2 34,1 0,0
Bas-Rhin 10,6 -5,9 37,1 -9,0 33,5 2,5
Haut-Rhin 12,1 -5,7 34,4 -6,9 35,1 1,9
Vosges 10,6 -2,9 30,2 -9,7 40,4 4,3
Grand Est 11,8 -3,9 33,6 -7,8 36,1 3,0
France 11,8 -3,5 33,7 -8,8 35,0 2,9
  • Champ : jeunes de 15 à 29 ans, non étudiants ou apprentis, déclarant ne pas être inscrits dans un établissement d’enseignement.
  • Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2017, exploitation complémentaire.

Sources

Cette étude porte sur les jeunes de 15 à 29 ans non étudiants ou apprentis, qui déclarent ne pas être inscrits dans un établissement d’enseignement. En se limitant aux personnes ayant achevé leurs études, les jeunes en situation de cumul emploi/scolarité sont exclus.

Les résultats sont issus des recensements de la population de 2007 et 2017, et font référence au diplôme de niveau le plus élevé que les individus ont déclaré posséder. Les questions relatives à l’emploi et au chômage reposent sur la déclaration « spontanée » de la personne enquêtée, sans précision de critères. Contrairement à celles de l’enquête Emploi, elles ne permettent pas de mesurer les concepts d’emploi, ou de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT).

Lien vers définitions des concepts du recensement :

https://www.insee.fr/fr/information/2383278#def_E

Pour en savoir plus

Picart C., « Le non-emploi des peu ou pas diplômés en France et en Europe : un effet classement du diplôme », Insee Références Emploi, Chômage, revenus du travail, juillet 2020.

Emorine M., Tilatte A., « Une entrée dans la vie adulte plus précoce, mais des difficultés d'insertion », Insee Analyses Grand Est n °28, novembre 2016.

OREF, Tableau de bord des jeunes du Grand Est.