Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines

Vianney Costemalle (Division des méthodes et référentiels géographiques, Insee)

Les unités urbaines permettent de caractériser les communes de France selon le double critère de la continuité du bâti et du nombre d’habitants. Une nouvelle délimitation des unités urbaines a été réalisée en 2020. Les 2 467 unités urbaines, telles que délimitées en 2020, regroupent 52,9 millions d’habitants en 2017. Dix ans plus tôt, la population des 2 289 unités urbaines de 2010 était de 50,1 millions. L’évolution de 2,8 millions d’habitants est imputable principalement à la croissance démographique des communes appartenant à une unité urbaine en 2010 et 2020. Elle résulte également de l’intégration de nouvelles communes, au fort dynamisme démographique.

Insee Focus
No 210
Paru le : Paru le 21/10/2020
Vianney Costemalle (Division des méthodes et référentiels géographiques, Insee)
Insee Focus  No 210 - octobre 2020

Des unités urbaines de taille très variable

Au 1ᵉʳ janvier 2020, 2 467 unités urbaines, nouvellement délimitées par l’Insee, façonnent le territoire français, dont près de 2 000 comportent moins de 10 000  habitants (figure 1). Les unités urbaines regroupent une ou plusieurs communes partageant une même zone de bâti continu et comptant au moins 2 000  habitants dans cette zone. La définition n’a pas changé : cependant, depuis le dernier découpage en 2010, l’évolution de la population des communes, les modifications de périmètre et les regroupements de communes, ainsi qu’une meilleure appréhension de la continuité urbaine, conduisent à mettre à jour les unités urbaines et à en modifier les contours. 62 unités urbaines rassemblent plus de 100 000 habitants dont 36 plus de 200 000 habitants. 5 unités urbaines comptent plus d’un million d’habitants, parmi lesquelles l’agglomération parisienne avec 10,8 millions d’habitants.

Huit personnes sur dix résident dans une unité urbaine et près de cinq sur dix dans une unité urbaine de plus de 100 000 habitants. La population est concentrée dans les plus grandes unités urbaines : une personne sur six vit dans l’unité urbaine de Paris et une sur quatre dans une unité urbaine de plus de 200 000 habitants (hors celle de Paris).

Si elles représentent 80 % du nombre total d’unités urbaines, les unités urbaines de moins de 10 000 habitants n’abritent qu’une minorité de la population : 13 % des habitants, soit moins que dans l’agglomération parisienne.

Figure 1 - Répartition de la population française en 2017 selon la taille de l’unité urbaine

Figure 1 - Répartition de la population française en 2017 selon la taille de l’unité urbaine - Lecture : 4 428 918 habitants, soit 7 % de la population française, vivent dans les 1 991 communes qui composent les 1 335 unités urbaines de 2 000 à 4 999 habitants.
Population Proportion (en %) Nombre d’unités urbaines Nombre de communes
Agglomération de Paris 10 785 092 16,1 1 411
200 000 à 1 999 999 habitants 16 824 170 25,2 35 1 325
100 000 à 199 999 habitants 3 819 001 5,7 26 333
50 000 à 99 999 habitants 5 052 310 7,6 72 641
20 000 à 49 999 habitants 4 358 378 6,5 144 813
10 000 à 19 999 habitants 3 368 678 5,0 242 798
5 000 à 9 999 habitants 4 225 139 6,3 612 1 268
2 000 à 4 999 habitants 4 428 918 6,6 1 335 1 991
Hors unité urbaine 13 919 171 20,8 /// 27 388
Ensemble 66 780 857 100,0 2 467 34 968
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Lecture : 4 428 918 habitants, soit 7 % de la population française, vivent dans les 1 991 communes qui composent les 1 335 unités urbaines de 2 000 à 4 999 habitants.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017, unités urbaines 2020.

Des régions et des départements au profil contrasté

Au niveau régional, la part de la population vivant dans une unité urbaine est la plus faible en Bourgogne-Franche-Comté (57 %) et la plus élevée en Île-de-France (plus de 99 %) et dans les DOM hors Guyane (98 % en moyenne).

Au niveau départemental, cette proportion varie de 21 % pour la Creuse à plus de 99 % pour les Bouches-du-Rhône, Paris et tous les départements de la petite couronne (figure 2). Certaines régions présentent de forts contrastes entre les départements. En Nouvelle Aquitaine, la différence entre la Creuse (21 %) et la Gironde (87 %) est de 66 points. En Auvergne-Rhône-Alpes, cet écart atteint 60 points entre le Cantal (35 %) et le Rhône (95 %) et en Occitanie, la part de la population vivant dans une unité urbaine dans l’Hérault (89 %) dépasse de 53 points celle du Gers (36 %). Certaines régions sont plus homogènes comme la Corse (3 points d’écart entre les deux départements), l’Île-de-France (16 points), la Bretagne (17 points) ou le Centre-Val de Loire (22 points).

Figure 2 – Part de la population française en 2017 vivant dans une unité urbaine

en %
Figure 2 – Part de la population française en 2017 vivant dans une unité urbaine (en %) - Lecture : 67 % des habitants du département de l’Ain vivent dans une unité urbaine.
Ain 67,0
Aisne 53,2
Allier 58,3
Alpes-de-Haute-Provence 61,9
Hautes-Alpes 59,5
Alpes-Maritimes 95,9
Ardèche 63,3
Ardennes 57,3
Ariège 55,5
Aube 61,3
Aude 61,6
Aveyron 47,7
Bouches-du-Rhône 99,3
Calvados 68,9
Cantal 35,3
Charente 46,7
Charente-Maritime 60,9
Cher 55,3
Corrèze 55,6
Côte-d'Or 62,9
Côtes-d'Armor 60,8
Creuse 21,4
Dordogne 49,0
Doubs 65,4
Drôme 71,3
Eure 55,9
Eure-et-Loir 61,4
Finistère 77,9
Corse-du-Sud 73,5
Haute-Corse 70,2
Gard 82,1
Haute-Garonne 86,8
Gers 36,1
Gironde 86,7
Hérault 89,1
Ille-et-Vilaine 73,3
Indre 54,9
Indre-et-Loire 76,8
Isère 81,2
Jura 46,7
Landes 62,9
Loir-et-Cher 57,5
Loire 80,2
Haute-Loire 49,2
Loire-Atlantique 84,6
Loiret 74,9
Lot 39,5
Lot-et-Garonne 64,6
Lozère 37,0
Maine-et-Loire 82,9
Manche 52,0
Marne 66,5
Haute-Marne 44,9
Mayenne 51,0
Meurthe-et-Moselle 76,8
Meuse 41,2
Morbihan 68,4
Moselle 75,1
Nièvre 48,5
Nord 91,5
Oise 66,4
Orne 41,8
Pas-de-Calais 82,1
Puy-de-Dôme 68,8
Pyrénées-Atlantiques 78,4
Hautes-Pyrénées 62,2
Pyrénées-Orientales 87,5
Bas-Rhin 80,0
Haut-Rhin 78,9
Rhône 94,6
Haute-Saône 42,6
Saône-et-Loire 59,2
Sarthe 64,8
Savoie 77,2
Haute-Savoie 86,4
Paris 100,0
Seine-Maritime 76,6
Seine-et-Marne 83,7
Yvelines 93,0
Deux-Sèvres 55,2
Somme 56,8
Tarn 67,4
Tarn-et-Garonne 69,4
Var 95,5
Vaucluse 91,0
Vendée 67,7
Vienne 60,3
Haute-Vienne 64,6
Vosges 68,9
Yonne 43,1
Territoire de Belfort 81,4
Essonne 96,1
Hauts-de-Seine 100,0
Seine-Saint-Denis 100,0
Val-de-Marne 100,0
Val-d'Oise 96,0
Guadeloupe 96,4
Martinique 96,6
Guyane 86,3
La Réunion 98,5
Mayotte 100,0
  • Lecture : 67 % des habitants du département de l’Ain vivent dans une unité urbaine.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017, unités urbaines 2020.

Figure 2 – Part de la population française en 2017 vivant dans une unité urbaine

  • Lecture : 67 % des habitants du département de l’Ain vivent dans une unité urbaine.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017, unités urbaines 2020.

Davantage de jeunes dans les plus grandes unités urbaines

La structure de la population par âge varie selon la taille de l’unité urbaine. La part des jeunes adultes augmente avec la taille de l’unité urbaine (figure 3a). Les 18-29 ans représentent 11 % de la population des unités urbaines de 2 000 à 4 999 habitants contre 17 % pour celles de 200 000 habitants ou plus. Parmi les unités urbaines de 200 000 habitants ou plus, l'agglomération de Paris se caractérise par une plus faible proportion des 18-24 ans et une plus forte proportion des 25-29 ans ; cette surreprésentation s'y observe aussi pour les trentenaires (figure 3c). Inversement, la part des personnes âgées d’au moins 60 ans diminue avec la taille de l’unité urbaine, passant de 29 % dans les unités urbaines de moins de 5 000 habitants à 20 % dans l’agglomération de Paris (figure 3b).

Figure 3a – Part des jeunes adultes et des seniors dans la population française en 2017 selon la taille de l’unité urbaine

en %
Figure 3a – Part des jeunes adultes et des seniors dans la population française en 2017 selon la taille de l’unité urbaine (en %) - Lecture : 16,7 % des habitants de l’agglomération de Paris ont entre 18 et 29 ans.
18 à 29 ans 60 ans ou plus
Agglomération de Paris 16,7 19,6
200 000 à 1 999 999 habitants 17,5 23,9
100 000 à 199 999 habitants 15,9 24,2
50 000 à 99 999 habitants 13,7 27,7
20 000 à 49 999 habitants 12,6 28,7
10 000 à 19 999 habitants 11,6 29,1
5 000 à 9 999 habitants 11,0 28,6
2 000 à 4 999 habitants 10,5 29,0
Hors unité urbaine 9,6 27,9
  • Lecture : 16,7 % des habitants de l’agglomération de Paris ont entre 18 et 29 ans.
  • Champ : France hors Mayotte et hors commune de Sannerville (14666).
  • Source : Insee, recensement de la population 2017, unités urbaines 2020.

Figure 3a – Part des jeunes adultes et des seniors dans la population française en 2017 selon la taille de l’unité urbaine

  • Lecture : 16,7 % des habitants de l’agglomération de Paris ont entre 18 et 29 ans.
  • Champ : France hors Mayotte et hors commune de Sannerville (14666).
  • Source : Insee, recensement de la population 2017, unités urbaines 2020.

La part de la population vivant dans une unité urbaine augmente

Parmi les 2 289 unités urbaines de 2010, 1 952 ont la même composition communale en 2020. Les changements affectant les 337 autres unités urbaines ont pris de multiples formes : 37 ont disparu, 161 ont soit absorbé soit perdu des communes depuis 2010, 26 se sont scindées en 54 nouvelles unités urbaines, 89 se sont regroupées en 43 nouvelles entités. Les 24 unités urbaines restantes engendrent 21 unités urbaines de 2020 selon des mécanismes plus complexes. Par ailleurs, 236 unités urbaines sont apparues sur la période (figure 4).

124 communes appartenaient à une unité urbaine en 2010 mais plus en 2020 : 52 composent les 37 unités urbaines de 2010 qui disparaissent et 72 sont détachées d’unités urbaines existantes. Inversement, 520 communes appartiennent à une unité urbaine en 2020, mais pas en 2010 : 187 sont intégrées dans des unités urbaines existantes, les 333 restantes contribuent à l’apparition des 236 nouvelles unités urbaines. Au final, 7 580 communes appartiennent à une unité urbaine en 2020 contre 7 184 en 2010.

En 2017, 79,2 % de la population vit dans une unité urbaine 2020 contre 78,5 % mesuré dix ans auparavant pour les unités urbaines 2010. Sur la période, la population augmente de 4,2 % dans les 7 060 communes qui sont dans une unité urbaine en 2010 et en 2020. Les 520 communes appartenant nouvellement à une unité urbaine 2020 apportent 860 000 nouveaux habitants tandis que 163 000 personnes habitent les communes n’appartenant plus à une unité urbaine. Dans les communes qui ont intégré une unité urbaine entre 2010 et 2020, la population augmente plus vite qu'en moyenne nationale (+ 16,2 % en 10 ans, contre + 4,7).

Figure 4 – Passage des unités 2010 aux unités urbaines 2020

Figure 4 – Passage des unités 2010 aux unités urbaines 2020 - Lecture : 89 unités urbaines de 2010 fusionnent pour donner 43 unités urbaines de 2020. 1 952 unités urbaines ont la même composition communale en 2010 et en 2020.
Unités urbaines de 2010 Unités urbaines de 2020
Unités urbaines disparues 37 ///
Unités urbaines apparues /// 236
Unités urbaines à périmètre communal identique 1 952 1 952
Unités urbaines absorbant une commune ou plus 113 113
Unités urbaines perdant une commune ou plus 48 48
Scissions d’unités urbaines 26 54
Fusions d’unités urbaines 89 43
Changements complexes 24 21
Ensemble 2 289 2 467
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Lecture : 89 unités urbaines de 2010 fusionnent pour donner 43 unités urbaines de 2020.
    1 952 unités urbaines ont la même composition communale en 2010 et en 2020.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, composition communale des unités urbaines 2020.

Sources

Le recensement de la population permet de connaître la population de la France, dans sa diversité et son évolution. Il fournit des statistiques sur le nombre d’habitants et sur leurs caractéristiques : répartition par sexe et âge, professions exercées, conditions de logement, modes de transport, déplacements domicile-travail ou domicile-études, etc.

Définitions


La notion d’unité urbaine repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. Les unités urbaines sont construites en France métropolitaine et dans les DOM d’après la définition suivante : une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.


Si l’unité urbaine se situe sur une seule commune, elle est dénommée ville isolée.
Si l’unité urbaine s’étend sur plusieurs communes, et si chacune de ces communes concentre plus de la moitié de sa population dans la zone de bâti continu, elle est dénommée agglomération multicommunale.
Si une de ces communes concentre moins de la moitié de sa population dans la zone de bâti continu mais qu’elle y concentre 2 000 habitants ou plus alors elle constituera une unité urbaine isolée. L’agglomération de Paris désigne l’agglomération multicommunale contenant Paris. Enfin, on désigne par « commune hors unité urbaine », les communes non affectées à une unité urbaine.


Ces seuils, 200 mètres pour la continuité du bâti et 2 000 habitants pour la population des zones bâties, résultent de recommandations adoptées au niveau international. À titre d’exemple, dans le règlement européen encadrant le recensement de la population, des statistiques de population basées sur le zonage en unités urbaines sont attendues.


Le calcul de l’espace entre deux constructions est réalisé par l’analyse des bases de données sur le bâti de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Il tient compte des coupures du tissu urbain telles que cours d’eau en l’absence de ponts, gravières, dénivelés importants.


Depuis le découpage de 2010, certains espaces publics (cimetières, stades, aérodromes, parkings, etc.), terrains industriels ou commerciaux (usines, zones d’activités, centres commerciaux, etc.) ont été traités comme des bâtis avec la règle des 200 mètres pour relier des zones de construction habitées, à la différence des découpages précédents où ces espaces étaient seulement annulés dans le calcul des distances entre bâtis.


Les unités urbaines sont redéfinies périodiquement. L’actuel zonage, daté de 2020, est établi en référence à la population connue au recensement de 2017 et sur la géographie administrative du territoire au 1ᵉʳ janvier 2020. L’exercice précédent, daté de 2010, reposait sur le recensement de 2007 et la géographie administrative du territoire au 1ᵉʳ janvier 2010.


Une première délimitation des villes et agglomérations avait été réalisée à l’occasion du recensement de 1954. De nouvelles unités urbaines ont ensuite été constituées lors des recensements de 1962, 1968, 1975, 1982, 1990 et 1999.
Les unités urbaines peuvent s’étendre sur plusieurs départements, voire traverser les frontières nationales (voir unité urbaine internationale).


Le découpage en unités urbaines concerne toutes les communes de France métropolitaine et des départements d’outre-mer.

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