Les ouvriers : des professions toujours largement masculines

Virginie Forment, Joëlle Vidalenc (division Emploi, Insee)

Cuisiniers, maçons, chaudronniers, chauffeurs routiers, caristes, ouvriers agricoles, etc. : en 2019, 20 % des personnes en emploi exercent une profession d'ouvrier. En près de 40 ans, leur part dans l'emploi total a nettement baissé (– 10 points depuis 1982). Dans le même temps, les emplois industriels les moins qualifiés ont reculé au profit des emplois qualifiés de type artisanal et des chauffeurs.

Huit ouvriers sur dix sont des hommes, une proportion stable depuis 1982. Les ouvriers sont moins diplômés que l'ensemble des personnes en emploi. Ils sont plus fréquemment en emploi à durée limitée, notamment de courte durée. Plus exposés au travail de nuit, ils sont moins amenés à travailler le week-end ou à domicile.

Insee Focus
No 199
Paru le : Paru le 24/07/2020
Virginie Forment, Joëlle Vidalenc (division Emploi, Insee)
Insee Focus  No 199 - juillet 2020

De moins en moins d'ouvriers depuis 1982

En 2019, en France, 5,3 millions de personnes en emploi au sens du Bureau international du travail (BIT) sont ouvriers , soit 20 % de l'emploi total (figure 1). Sur longue période, mise à part une stabilisation dans les années 1990, la part des ouvriers dans l'emploi a reculé de façon continue. En 1982, les ouvriers étaient 6,9 millions, soit 30 % de l'emploi total.

Figure 1 - Part des ouvriers dans l’emploi total entre 1982 et 2019

en %
Figure 1 - Part des ouvriers dans l’emploi total entre 1982 et 2019 (en %) - Lecture : en 2019, 30,5 % des hommes en emploi sont ouvriers.
Ensemble Femmes Hommes
1982 30,3 15,1 40,6
1983 29,3 14,3 39,7
1984 28,2 13,6 38,5
1985 28,4 13,9 38,7
1986 27,6 13,3 37,9
1987 27,3 12,8 37,9
1988 26,7 12,2 37,2
1989 26,9 12,2 37,8
1990 27,0 12,8 37,7
1991 26,9 12,7 37,7
1992 26,4 12,2 37,4
1993 25,1 11,0 36,2
1994 24,8 11,1 35,6
1995 24,9 10,9 36,1
1996 25,0 10,7 36,6
1997 24,8 10,6 36,3
1998 25,1 10,9 36,7
1999 25,1 10,8 36,8
2000 25,7 11,0 37,9
2001 25,6 11,2 37,6
2002 24,8 10,5 36,8
2003 23,8 9,9 35,8
2004 24,0 10,0 36,0
2005 23,4 9,5 35,5
2006 23,1 9,3 35,3
2007 23,2 9,4 35,5
2008 22,7 9,0 34,9
2009 21,8 8,4 33,8
2010 21,3 8,5 32,9
2011 21,1 8,7 32,3
2012 20,8 8,3 32,2
2013 20,6 8,2 32,0
2014 20,5 8,1 32,0
2015 20,4 8,3 31,7
2016 20,3 8,3 31,5
2017 20,7 8,6 32,0
2018 20,3 8,2 31,6
2019 19,6 8,1 30,5
  • Lecture : en 2019, 30,5 % des hommes en emploi sont ouvriers.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi, séries longues sur le marché du travail.

Figure 1 - Part des ouvriers dans l’emploi total entre 1982 et 2019

  • Lecture : en 2019, 30,5 % des hommes en emploi sont ouvriers.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi, séries longues sur le marché du travail.

Le repli concerne surtout les ouvriers non qualifiés de type industriel

Les ouvriers regroupent sept catégories socioprofessionnelles.

Les ouvriers qualifiés de type artisanal sont les plus nombreux en 2019 (25 % des ouvriers ; figure 2a). Ils travaillent dans des environnements très diversifiés, rarement en usine. Ils sont maçons, agents d'entretien et de maintenance des bâtiments, cuisiniers ou commis de cuisine, bouchers artisanaux salariés, mécaniciens de garage automobile, jardiniers... Depuis 1982, leur part au sein des ouvriers a augmenté de 7 points.

Viennent ensuite les ouvriers qualifiés de type industriel (tourneurs fraiseurs, chaudronniers, conducteurs de ligne de fabrication, conducteurs d'engins BTP...), qui regroupent 20 % des ouvriers. La plupart d'entre eux travaillent à la production ou à la maintenance sur des sites industriels (chimie, plasturgie, métallurgie...) ou dans des ateliers de fabrication (composants électroniques, produits agroalimentaires, textile...). Depuis 1982, leur part au sein des ouvriers a légèrement reculé (– 2 points).

Les ouvriers non qualifiés de type industriel représentent 16 % des ouvriers. Leur part a fortement reculé depuis 1982 (– 12 points), notamment dans l'industrie manufacturière. Aujourd'hui, cette catégorie regroupe principalement des professions du transport et de la logistique (conditionneurs, manutentionnaires, préparateurs de commandes) ainsi que des manœuvres des travaux publics.

Les ouvriers non qualifiés de type artisanal, qui regroupent notamment les ouvriers non qualifiés du bâtiment ou les agents d'entretien et les femmes de ménage des bureaux (ou des locaux), comptent pour 14 % des ouvriers en 2019 ; leur part au sein des ouvriers est stable par rapport à 1982.

Les chauffeurs, qu'ils soient chauffeurs routiers, chauffeurs-livreurs, coursiers ou encore chauffeurs de bus ou de car, représentent 12 % des ouvriers en 2019, soit 5 points de plus qu'en 1982.

Enfin, deux catégories socioprofessionnelles regroupent chacune moins de 10 % des ouvriers. Il s'agit des ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport (caristes, magasiniers, conducteurs de train, marins de la marine marchande), dont le poids (8 %) a augmenté de 2 points depuis 1982, et des ouvriers agricoles (qui incluent aussi les bûcherons et marins-pêcheurs), dont le poids (5 %) est le même qu'il y a près de 40 ans.

En définitive, depuis 1982, l'emploi ouvrier s'est très nettement replié dans la filière industrielle, surtout pour les emplois non qualifiés. Moins soumis à la concurrence internationale, les métiers artisanaux, notamment dans le bâtiment et la restauration alimentaire, ont mieux résisté. Le développement des échanges et de la sous-traitance a soutenu l'emploi ouvrier dans les transports, la logistique et le nettoyage. Cette recomposition des emplois d'ouvriers s'accompagne d'une hausse de l'emploi qualifié en leur sein : en 1982, 53 % des ouvriers étaient qualifiés ; ils sont 65 % en 2019 (figure 2b).

Figure 2a - Les ouvriers en 1982 et 2019 par catégorie socioprofessionnelle

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Figure 2a - Les ouvriers en 1982 et 2019 par catégorie socioprofessionnelle (en %) - Lecture : en 2019, les ouvriers qualifiés de type industriel représentent 20,0 % des ouvriers.
1982 2019
Ouvriers qualifiés de type industriel 22,0 20,0
Ouvriers qualifiés de type artisanal 17,6 24,6
Chauffeurs 7,5 12,5
Ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport 6,2 8,4
Ouvriers non qualifiés de type industriel 28,6 16,4
Ouvriers non qualifiés de type artisanal 13,6 13,6
Ouvriers agricoles 4,5 4,6
Ensemble des ouvriers 100,0 100,0
  • Note : les données 1982 ont été calées sur les indicateurs « ouvriers qualifiés » et « ouvriers non qualifiés » issus des séries longues sur le marché du travail.
  • Lecture : en 2019, les ouvriers qualifiés de type industriel représentent 20,0 % des ouvriers.
  • Champ : France hors Mayotte (France métropolitaine pour 1982), population des ménages, personnes en emploi, ouvriers.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi 1982 et 2019.

Figure 2a - Les ouvriers en 1982 et 2019 par catégorie socioprofessionnelle

  • Note : les données 1982 ont été calées sur les indicateurs « ouvriers qualifiés » et « ouvriers non qualifiés » issus des séries longues sur le marché du travail.
  • Lecture : en 2019, les ouvriers qualifiés de type industriel représentent 20,0 % des ouvriers.
  • Champ : France hors Mayotte (France métropolitaine pour 1982), population des ménages, personnes en emploi, ouvriers.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi 1982 et 2019.

Huit ouvriers sur dix sont des hommes

En 2019, 80 % des ouvriers sont des hommes, soit une part nettement plus élevée que parmi l'ensemble des emplois (52 %, figure 3a). La part des hommes au sein des ouvriers est relativement stable depuis 1982.

La part des hommes est plus élevée encore chez les chauffeurs (91 %) et les ouvriers qualifiés de type artisanal (89 %). Certaines professions y sont quasi-exclusivement masculines, par exemple les maçons, plombiers, électriciens qualifiés du bâtiment (99 %) ou encore les conducteurs routiers et grands routiers salariés (97 %). Au sein des ouvriers qualifiés de type artisanal, les cuisiniers et commis de cuisine se singularisent : 27 % d'entre eux sont des femmes.

La part des femmes est la plus élevée parmi les ouvriers non qualifiés de type artisanal (38 %), essentiellement dans le nettoyage (67 %), et parmi les ouvriers non qualifiés de type industriel (31 %), avec notamment les ouvriers du tri, de l'emballage et de l'expédition (40 %).

Figure 3a - Structure par sexe des ouvriers en 2019

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Figure 3a - Structure par sexe des ouvriers en 2019 (en %) - Lecture : en 2019, 37,7 % des ouvriers non qualifiés de type artisanal sont des femmes.
Femmes Hommes Ensemble
Ouvriers qualifiés de type industriel 16,9 83,1 100,0
Ouvriers qualifiés de type artisanal 10,7 89,3 100,0
Chauffeurs 9,3 90,7 100,0
Ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport 16,2 83,8 100,0
Ouvriers non qualifiés de type industriel 31,4 68,6 100,0
Ouvriers non qualifiés de type artisanal 37,7 62,3 100,0
Ouvriers agricoles 25,8 74,2 100,0
Ensemble des ouvriers 20,0 80,0 100,0
Ensemble des personnes en emploi 48,5 51,5 100,0
  • Lecture : en 2019, 37,7 % des ouvriers non qualifiés de type artisanal sont des femmes.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019.

Figure 3a - Structure par sexe des ouvriers en 2019

  • Lecture : en 2019, 37,7 % des ouvriers non qualifiés de type artisanal sont des femmes.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019.

Davantage de jeunes que dans l'ensemble des emplois

En 2019, 13 % des ouvriers ont moins de 25 ans, soit 5 points de plus que pour l'ensemble des personnes en emploi (figure 3b). Les jeunes sont notamment davantage présents parmi les ouvriers agricoles (21 %) et les ouvriers non qualifiés de type industriel ou de type artisanal (19 %). Ces derniers incluent en effet les apprentis des métiers artisanaux.

Les chauffeurs ont quant à eux plus souvent 50 ans ou plus : c'est le cas de 36 % d'entre eux, contre 29 % pour l'ensemble des ouvriers et 31 % pour l'ensemble des personnes en emploi. Parmi les autres catégories socioprofessionnelles, quelques professions se singularisent aussi, comme les nettoyeurs de bureaux ou de locaux (46 % ont 50 ans ou plus) ou les ouvriers qualifiés d'entretien général des bâtiments (45 %).

La majorité des ouvriers possèdent au moins le CAP-BEP

En 2019, 30 % des ouvriers n'ont aucun diplôme ou uniquement le brevet des collèges, contre 14 % pour l'ensemble des personnes en emploi (figure 3c). C'est notamment le cas pour les ouvriers non qualifiés, que ce soit de type artisanal (50 %) ou de type industriel (35 %). Au sein de ces catégories socioprofessionnelles, les nettoyeurs de bureaux ou de locaux (58 %), les ouvriers non qualifiés du gros œuvre du bâtiment (51 %) et les manutentionnaires non qualifiés (47 %) sont les plus concernés. Dans les filières artisanales, certains non-diplômés préparent un diplôme via l'apprentissage, notamment dans les métiers de bouche ou du bâtiment.

Les ouvriers sont en revanche près de deux fois plus souvent titulaires d'un CAP ou d'un BEP (41 %, contre 22 % pour l'ensemble des personnes en emploi). C'est plus le cas encore des ouvriers qualifiés de type artisanal (48 %), des chauffeurs (45 %) et des ouvriers qualifiés de type industriel (44 %). Le CAP-BEP est souvent le niveau de formation minimal requis pour accéder à ces emplois.

Enfin, près de 30 % des ouvriers sont titulaires du baccalauréat ou d'un diplôme du supérieur, soit deux fois moins que pour l'ensemble des personnes en emploi. Cette part est plus élevée parmi les ouvriers agricoles (38 %) et les ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport (34 %). Elle est aussi plus importante dans certaines professions d'ouvriers qualifiés industriels, avec par exemple 54 % parmi les mécaniciens qualifiés de la maintenance industrielle. En revanche, elle est la plus faible parmi les ouvriers non qualifiés de type artisanal (moins de 20 % d'entre eux ont au moins le baccalauréat).

Les ouvriers occupent plus souvent des contrats courts

En 2019, 11 % des ouvriers occupent un emploi à durée déterminée ou une mission d’intérim de trois mois ou moins, soit deux fois plus que l'ensemble des personnes en emploi (5 %, figure 4). Cela est encore plus le cas pour les ouvriers non qualifiés de type industriel (23 %).

Malgré tout, le salariat en emploi à durée indéterminée est la forme d'emploi la plus répandue parmi les ouvriers (78 %), tout particulièrement parmi les chauffeurs (90 %) et les ouvriers qualifiés de type industriel (85 %) ou artisanal (83 %).

Les ouvriers non qualifiés de type artisanal se singularisent par une part élevée de l'apprentissage, des stages et des contrats aidés (14 %, contre 5 % pour l'ensemble des ouvriers et 3 % pour l'ensemble des personnes en emploi).

Les ouvriers agricoles se distinguent par une part relativement élevée d'emplois à durée déterminée ou missions d’intérim de plus de trois mois (13 %, contre 6 % pour l'ensemble des ouvriers).

Figure 4 - Statut d’emploi¹ des ouvriers en 2019

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Figure 4 - Statut d’emploi¹ des ouvriers en 2019 (en %) - Lecture : en 2019, 89,5 % des chauffeurs sont salariés en emploi à durée indéterminée.
Indépendants Salariés Ensemble
Emploi à durée indéterminée Emploi à durée déterminée et missions d’intérim de plus de trois mois² Emploi à durée déterminée et missions d’intérim de trois mois ou moins² Apprentis, stagiaires, contrats aidés
Ouvriers qualifiés de type industriel 0,0 84,7 5,6 7,3 2,4 100,0
Ouvriers qualifiés de type artisanal 0,0 83,0 5,6 6,8 4,6 100,0
Chauffeurs 0,0 89,5 3,4 6,2 0,9 100,0
Ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport 0,0 79,6 7,2 12,1 1,1 100,0
Ouvriers non qualifiés de type industriel 0,0 62,9 9,9 22,7 4,5 100,0
Ouvriers non qualifiés de type artisanal 0,0 69,7 5,7 10,7 13,9 100,0
Ouvriers agricoles 0,0 67,5 12,6 13,5 6,4 100,0
Ensemble des ouvriers 0,0 78,0 6,5 10,7 4,7 100,0
Ensemble des personnes en emploi 12,1 74,4 5,8 4,6 3,1 100,0
  • 1. Dans l'emploi principal.
  • 2. Hors apprentis, stagiaires, contrats aidés.
  • Lecture : en 2019, 89,5 % des chauffeurs sont salariés en emploi à durée indéterminée.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019.

Figure 4 - Statut d’emploi¹ des ouvriers en 2019

  • 1. Dans l'emploi principal.
  • 2. Hors apprentis, stagiaires, contrats aidés.
  • Lecture : en 2019, 89,5 % des chauffeurs sont salariés en emploi à durée indéterminée.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019.

Une faible proportion de temps partiel

Par rapport à l'ensemble des personnes en emploi, les ouvriers sont moins souvent à temps partiel (12 % contre 18 %, figure 5), mais ils sont tout autant en situation de sous-emploi (5 %) : lorsqu'ils sont à temps partiel, les ouvriers sont plus nombreux à souhaiter travailler davantage.

Le temps partiel est plus répandu parmi les ouvriers non qualifiés de type artisanal (34 %), essentiellement du fait des nettoyeurs de bureaux ou de locaux (61 %). Il s'agit surtout de faibles quotités horaires : 19 % des ouvriers non qualifiés de type artisanal travaillent, dans leur emploi principal, au plus à mi-temps, contre 7 % pour l'ensemble des personnes en emploi. Le temps partiel est aussi plus fréquent parmi les conducteurs de véhicule routier de transport en commun (28 %) et les conducteurs livreurs, coursiers (22 %).

Figure 5 - Temps partiel* et sous-emploi des ouvriers en 2019

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Figure 5 - Temps partiel* et sous-emploi des ouvriers en 2019 (en %) - Lecture : en 2019, 19,3 % des ouvriers non qualifiés de type artisanal travaillent au plus à mi-temps dans leur emploi principal.
Temps partiel Sous-emploi
Mi-temps ou moins Entre 50 et 80 % 80 % ou plus Quotité non connue Ensemble
Ouvriers qualifiés de type industriel 1,6 0,9 1,5 0,0 4,0 1,6
Ouvriers qualifiés de type artisanal 2,8 2,5 1,7 0,2 7,2 3,4
Chauffeurs 8,0 4,1 2,0 0,1 14,3 5,5
Ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport 2,2 1,1 2,2 0,1 5,7 1,8
Ouvriers non qualifiés de type industriel 4,6 3,0 2,3 0,2 10,1 3,6
Ouvriers non qualifiés de type artisanal 19,3 9,4 5,2 0,2 34,2 13,4
Ouvriers agricoles 8,6 4,6 1,4 0,3 14,9 5,7
Ensemble des ouvriers 6,0 3,4 2,3 0,1 11,8 4,7
Ensemble des personnes en emploi 7,0 5,1 5,8 0,1 18,1 5,4
  • * Dans l'emploi principal.
  • Lecture : en 2019, 19,3 % des ouvriers non qualifiés de type artisanal travaillent au plus à mi-temps dans leur emploi principal.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019.

Figure 5 - Temps partiel* et sous-emploi des ouvriers en 2019

  • * Dans l'emploi principal.
  • Lecture : en 2019, 19,3 % des ouvriers non qualifiés de type artisanal travaillent au plus à mi-temps dans leur emploi principal.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019.

Le travail de nuit est plus fréquent chez les ouvriers

Les ouvriers se distinguent par un travail de nuit plus fréquent : en 2019, 13 % des ouvriers ont travaillé au moins une fois au cours des quatre dernières semaines entre minuit et 5 heures du matin, contre 10 % pour l'ensemble des personnes en emploi (figure 6). Cette part est plus élevée encore pour les chauffeurs (24 %), les ouvriers qualifiés de type industriel (20 %) et les ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport (19 %), en raison de l'organisation des cycles de travail de style 3x8 ou 2x8 dans l'industrie ou des trajets longues distances dans le transport routier.

Le travail le week-end est en revanche moins fréquent chez les ouvriers que dans l'ensemble des emplois. Ainsi, les ouvriers sont moins concernés par le travail le samedi (28 % ont travaillé au moins un samedi au cours des quatre dernières semaines, contre 39 % pour l'ensemble des personnes en emploi) ou le dimanche (12 % contre 22 %). Quelques professions font cependant exception, celles qui s'exercent dans les services, telles que les cuisiniers et commis de cuisine (au cours des quatre dernières semaines, 62 % ont travaillé au moins un samedi et 43 % au moins un dimanche) ou encore les conducteurs de véhicule routier de transport en commun (63 % ont travaillé au moins un samedi et 40 % au moins un dimanche). Dans une moindre mesure les ouvriers agricoles font aussi exception : 37 % ont travaillé au moins un samedi au cours des quatre dernières semaines et 19 % un dimanche.

Le travail à domicile, lorsque le domicile n'est pas le lieu de travail, est très rare chez les ouvriers (1 % contre 18 % pour l'ensemble des personnes en emploi). De fait, les ouvriers occupent des emplois qui s'effectuent sur un lieu autre que leur domicile : en usine, sur des chantiers, dans des restaurants, sur la route pour les chauffeurs, ou encore dans les champs pour les ouvriers agricoles.

Figure 6 - Travail le samedi, le dimanche, la nuit et à domicile* des ouvriers en 2019

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Figure 6 - Travail le samedi, le dimanche, la nuit et à domicile* des ouvriers en 2019 (en %) - Lecture : en 2019, 38,1 % des chauffeurs ont travaillé au moins une fois le samedi durant les quatre dernières semaines.
Travail le samedi¹ Travail le dimanche¹ Travail la nuit² Travail à domicile³
Ouvriers qualifiés de type industriel 21,7 10,2 20,1 1,1
Ouvriers qualifiés de type artisanal 28,1 14,1 5,9 1,5
Chauffeurs 38,1 15,1 24,1 1,8
Ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport 33,6 13,7 18,8 1,1
Ouvriers non qualifiés de type industriel 23,8 6,9 14,3 0,8
Ouvriers non qualifiés de type artisanal 28,5 9,4 4,2 1,2
Ouvriers agricoles 37,1 19,5 7,7 2,8
Ensemble des ouvriers 28,2 11,8 13,4 1,3
Ensemble des personnes en emploi 38,7 21,6 9,7 17,6
  • * Emploi principal.
  • 1. Au moins une fois durant les quatre dernières semaines.
  • 2. Au moins une fois entre minuit et 5 heures du matin durant les quatre dernières semaines.
  • 3. Au moins une fois durant les quatre dernières semaines alors que le lieu de travail n’est pas le domicile.
  • Lecture : en 2019, 38,1 % des chauffeurs ont travaillé au moins une fois le samedi durant les quatre dernières semaines.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019.

Figure 6 – Travail le samedi, le dimanche, la nuit et à domicile* des ouvriers en 2019

  • * Emploi principal.
  • 1. Au moins une fois durant les quatre dernières semaines.
  • 2. Au moins une fois entre minuit et 5 heures du matin durant les quatre dernières semaines.
  • 3. Au moins une fois durant les quatre dernières semaines alors que le lieu de travail n’est pas le domicile.
  • Lecture : en 2019, 38,1 % des chauffeurs ont travaillé au moins une fois le samedi durant les quatre dernières semaines.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019.

Sources

L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage et l’activité au sens du Bureau international du travail (BIT). Elle est menée en continu, sur l’ensemble des semaines de l’année, en France hors Mayotte. Chaque trimestre, environ 100 000 personnes de 15 ans ou plus vivant en ménage ordinaire (c’est-à-dire hors foyers, hôpitaux, prisons, etc.) répondent à l’enquête. Les personnes décrivent leur situation vis-à-vis du marché du travail au cours d’une semaine donnée, dite « de référence ». Le niveau et la structure de l’emploi fournis par l’enquête Emploi peuvent différer de ceux obtenus à partir des sources administratives (Estimations d’emploi). Sur quelques indicateurs, des séries longues permettent d'avoir des séries cohérentes sur longue période, c'est-à-dire corrigées des ruptures de série. Les séries longues de l'emploi par groupe social sont disponibles depuis 1982. Pour les ouvriers, les séries longues distinguent les ouvriers qualifiés et les ouvriers non qualifiés.

Par convention, les intitulés de profession cités dans cette publication sont accordés avec le genre majoritaire des personnes qui les occupe. Les intitulés de catégorie socioprofessionnelle sont eux cités au masculin.

Définitions


Emploi au sens du BIT : personne ayant effectué au moins une heure de travail rémunéré au cours de la semaine de référence ou absente de son emploi sous certaines conditions de motif (congés annuels, maladie, maternité, etc.) et de durée.


Ouvriers : les ouvriers sont un des 8 postes agrégés (ou groupes socioprofessionnels) de la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles. Ils comportent 7 catégories socioprofessionnelles, qui se déclinent elles-mêmes en 126 professions dans la version de 2003 de la nomenclature. La liste des professions composant ce poste est consultable sur le site de l'Insee. Les ouvriers non qualifiés regroupent les catégories socioprofessionnelles 67 (ouvriers non qualifiés de type industriel), 68 (ouvriers non qualifiés de type artisanal) et 69 (ouvriers agricoles).


Sous-emploi : personne en emploi qui soit travaille à temps partiel, souhaite travailler davantage et est disponible pour le faire, soit a travaillé moins que d’habitude pendant la semaine de référence en raison de chômage partiel ou de mauvais temps.

Pour en savoir plus

Tableaux complémentaires proposant notamment des ventilations pour les principales professions.

« Activité, emploi et chômage en 2019 et en séries longues », Insee Résultats, juin 2020.

Forment V., Vidalenc J., « Les employés : des professions largement féminisées », Insee Focus n° 190, mai 2020.

Forment V., Vidalenc J., « Des professions intermédiaires de plus en plus nombreuses et féminisées », Insee Focus n° 185, février 2020.

« Portraits statistiques des métiers 1982-2014 », Synthèse Stat' n° 19, Dares, avril 2016.