Insee Conjoncture MartiniqueAu premier trimestre 2020, l’emploi salarié baisse de 1,8 % en MartiniqueNote de conjoncture régionale - 1ᵉʳ trimestre 2020

Floraline Cratère, Marion Lauvaux (Insee)

Suite à la pandémie de la Covid-19, le confinement mis en place à partir du 17 mars 2020 a eu des répercussions sur l’économie. Ainsi, au premier trimestre 2020, les effectifs salariés reculent nettement en Martinique. Ils diminuent également sur un an malgré une croissance de l’emploi en 2019. En début d’année, l’emploi salarié diminue essentiellement dans le secteur privé. Les effectifs reculent dans tous les secteurs hormis l’industrie. La construction est en perte de vitesse et le nombre de contrats intérimaires est en chute libre. Ce trimestre est également marqué par un recul des créations d’entreprises.

Insee Conjoncture Martinique
No 10
Paru le : Paru le 10/07/2020
Floraline Cratère, Marion Lauvaux (Insee)
Insee Conjoncture Martinique  No 10 - Juillet 2020

Au premier trimestre 2020, l’emploi salarié enregistre une baisse record depuis 2011 en Martinique (figure 1). Les effectifs diminuent de 1,8 % depuis le début de l’année, soit 2 200 emplois en moins (après + 0,6 % au trimestre précédent).

Cette baisse s’explique quasi-exclusivement par des suppressions nettes d’emploi dans le secteur privé, atteignant 2,5 %, soit 2 100 emplois en moins. Dans la fonction publique, l’emploi recule moins vite (– 0,3 %), soit 100 emplois en moins.

L’emploi salarié recule également sur un an (– 0,6 % après + 2,2 % par rapport à mars 2019). Cette baisse s’explique à la fois par un recul principalement dans la fonction publique (– 1,0 %) et dans le secteur privé (– 0,3 %). Fin mars 2020, 121 900 salariés travaillent en Martinique, soit 700 emplois en moins sur un an.

En France (hors Mayotte), l’emploi salarié est en baisse de 2,0 % au premier trimestre (après + 0,4 % au trimestre précédent). Cette baisse est de 1,2 % sur un an (après + 1,1 % sur la même période un an auparavant).

Figure 1Évolution de l'emploi salarié

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi salarié (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Emploi salarié total - Martinique Emploi salarié total - France hors Mayotte Emploi salarié privé - Martinique Emploi salarié privé - France hors Mayotte
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 99,18 100,2 98,97 100,27
T2 2011 99,83 100,3 99,87 100,4
T3 2011 99,22 100,25 99,53 100,41
T4 2011 97,91 100,3 97,06 100,43
T1 2012 97,09 100,32 97,08 100,4
T2 2012 97,36 100,29 97,62 100,33
T3 2012 97,08 100,14 97,29 100,07
T4 2012 96,92 100,03 97,15 99,95
T1 2013 97,31 100,04 98,04 99,91
T2 2013 96,07 99,92 96,09 99,66
T3 2013 95,08 100,09 94,55 99,81
T4 2013 95,11 100,37 94,39 99,95
T1 2014 95,5 100,41 94,49 99,9
T2 2014 95,22 100,44 94,35 99,93
T3 2014 96,18 100,34 95,38 99,77
T4 2014 95,54 100,43 94,41 99,83
T1 2015 95,55 100,38 94,52 99,78
T2 2015 96,04 100,61 95,08 99,99
T3 2015 96,1 100,7 95,5 100,12
T4 2015 96,82 100,89 95,99 100,35
T1 2016 96,95 101,06 96,94 100,54
T2 2016 96,48 101,32 96,31 100,84
T3 2016 95,31 101,6 94,2 101,15
T4 2016 95,79 101,7 95,35 101,29
T1 2017 94,48 102,1 93,34 101,79
T2 2017 94,91 102,44 93,83 102,22
T3 2017 94,42 102,7 93,55 102,63
T4 2017 94,76 103,08 93,84 103,18
T1 2018 95,49 103,27 94,76 103,41
T2 2018 95,01 103,32 94,57 103,56
T3 2018 94,93 103,43 94,78 103,7
T4 2018 96,39 103,73 96,54 104,05
T1 2019 97,63 104,1 97,92 104,51
T2 2019 98,51 104,33 99,6 104,75
T3 2019 98,28 104,52 99,06 104,96
T4 2019 98,84 104,91 100,09 105,48
T1 2020 97,08 102,85 97,58 102,82
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 1Évolution de l'emploi salarié

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Coup de frein dans le secteur tertiaire marchand

Hors intérim, les effectifs salariés du secteur tertiaire marchand sont en baisse de 1,9 % soit 1 000 emplois en moins au premier trimestre (figure 2). Les secteurs les plus touchés sont le commerce et la réparation d’automobiles et de motocycles (– 3,7 % après + 0,4 %, soit 500 emplois en moins) et les services aux ménages (– 2,5 % après + 3,7 % soit 200 emplois en moins). Sur un an, le secteur tertiaire marchand hors intérim gagne des emplois (+ 0,3 %).

L’emploi dans les services non marchands diminue ce trimestre (– 0,6 % après – 0,1 %) soit 300 emplois en moins. Il est également en baisse sur un an (– 0,3 %). Ce secteur regroupe 41 % des effectifs salariés en Martinique. Ils exercent dans l’enseignement, l’administration publique, la santé ou l’action sociale.

L’emploi recule nettement dans la construction (– 4,1 % après – 0,8 % au trimestre précédent), soit une perte de 200 emplois. Cette baisse est moins marquée sur un an (– 1,9 %).

L’emploi industriel résiste au premier trimestre en Martinique (+ 0,5 %). L’effectif salarié est également en hausse sur un an (+ 0,5 %).

Figure 2Évolution de l'emploi salarié par secteur en Martinique

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi salarié par secteur en Martinique (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Construction Industrie Tertiaire marchand hors intérim Tertiaire non marchand
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 101,24 100,66 99,28 99,42
T2 2011 98,37 100,36 99,32 99,99
T3 2011 100,29 99,6 100,19 99
T4 2011 95,15 96,94 98,61 98,82
T1 2012 94,79 97,33 98,49 96,26
T2 2012 95,4 97,44 98,7 96,16
T3 2012 94,98 96,4 98,49 95,78
T4 2012 94,79 95,73 98,18 95,33
T1 2013 96,34 98,23 99,27 94,59
T2 2013 93,25 96,94 97,83 94,39
T3 2013 89,38 95,84 96,81 94,52
T4 2013 88,43 94,97 96,71 94,83
T1 2014 88,7 96,83 96,36 95,48
T2 2014 89,35 95,7 96,46 95,04
T3 2014 87,61 94,67 96,74 96,04
T4 2014 85,99 93,99 96,91 96,09
T1 2015 87,69 94,54 96,49 95,97
T2 2015 88,84 94,87 97 96,07
T3 2015 87,96 95,04 96,63 95,7
T4 2015 86,85 95,78 97,31 96,94
T1 2016 86,74 96,92 98,17 95,76
T2 2016 87,03 95,82 97,71 95,56
T3 2016 84,22 94,27 95,27 96,01
T4 2016 83,17 94,07 97,15 95,47
T1 2017 82,39 93,07 95,11 95,1
T2 2017 81,5 93,06 95,32 95,64
T3 2017 81,89 93,02 94,91 95,14
T4 2017 82,88 93,59 95,29 95,61
T1 2018 83,06 94,23 95,61 96,01
T2 2018 83,52 95,27 95,02 95,01
T3 2018 83,35 95,26 95,39 94,57
T4 2018 84,95 96,66 97,17 95,62
T1 2019 86,71 97,58 98,57 96,8
T2 2019 87,74 97,81 100,56 96,52
T3 2019 89,42 98,14 99,19 97,16
T4 2019 88,7 97,59 100,8 97,1
T1 2020 85,02 98,03 98,85 96,48
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 2Évolution de l'emploi salarié par secteur en Martinique

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

L’intérim perd un tiers de ses effectifs

Les effectifs intérimaires s’effondrent au premier trimestre (– 33,1 %) (figure 3). Sur un an, le recours à l’intérim chute de 31,5 %. Au premier trimestre 2020, 1 300 intérimaires exercent en Martinique soit 700 personnes de moins que le trimestre précédent.

Le recours à l’intérim recule principalement dans la construction (– 36,3 %), mais également dans l’industrie (– 33,6 %) et le secteur tertiaire (– 28,0 %). Mesuré en équivalent temps plein, le volume de l’emploi intérimaire baisse également, mais de façon nettement moins marquée (– 2,1 %, soit – 42 ETP, après – 4,9 % soit – 104 ETP au quatrième trimestre 2019).

Depuis 2011, l’évolution du nombre d’intérimaires varie beaucoup en Martinique, le recours étant étroitement lié au dynamisme du marché de l’emploi.

La forte baisse du recours à l’intérim s’observe également au niveau national. L’emploi intérimaire enregistre une baisse historique de 40,4 % au premier trimestre (après – 0,4 % au trimestre précédent) et de 41,0 % sur un an (après – 1,7 % sur la même période un an auparavant). Il retrouve un niveau comparable à celui de 2009.

Figure 3Évolution de l'emploi intérimaire

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi intérimaire (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Martinique France hors Mayotte
T4 2010 100 100
T1 2011 72,98 101,1
T2 2011 115,27 101,55
T3 2011 62,19 100,12
T4 2011 48,84 99,38
T1 2012 75,54 94,98
T2 2012 89,93 91,98
T3 2012 104 88,02
T4 2012 118,15 85,4
T1 2013 117,67 88,18
T2 2013 84,25 87,16
T3 2013 73,54 89,79
T4 2013 64,27 90,3
T1 2014 61,63 89,35
T2 2014 61,23 91,19
T3 2014 123,66 88,91
T4 2014 57,95 90,14
T1 2015 67,39 89,76
T2 2015 86,41 93,42
T3 2015 125,1 96,99
T4 2015 111,35 99,62
T1 2016 131,81 99,28
T2 2016 123,74 102,22
T3 2016 120,62 105,53
T4 2016 125,42 110,82
T1 2017 114,63 115,41
T2 2017 123,74 120,31
T3 2017 118,78 124,34
T4 2017 122,46 130,81
T1 2018 145,16 129,56
T2 2018 148,04 127,87
T3 2018 155,48 127,8
T4 2018 155,32 126,52
T1 2019 155,08 127,35
T2 2019 170,18 126,92
T3 2019 165,07 126,54
T4 2019 158,59 126,07
T1 2020 106,16 75,17
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 3Évolution de l'emploi intérimaire

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Les effectifs salariés reculent aussi en Guyane et en Guadeloupe

Au premier trimestre, l’emploi salarié recule pour la première fois en Guyane depuis les mouvements de grève de 2017. Les effectifs diminuent de 1,2 %, soit une perte de 700 emplois (après + 0,9 % au trimestre précédent) (figure 4). Hormis les services non marchands, tous les secteurs sont impactés par cette baisse. L’intérim perd 400 emplois (soit – 24,1 % après – 6,2 %). Le secteur tertiaire marchand hors intérim enregistre 300 emplois en moins (soit – 1,9 % après + 1,1 %). L’emploi recule dans l’industrie (– 1,3 % après – 0,8 %) et dans la construction ( – 0,9 % après + 1,8 %). Ces deux secteurs totalisent ensemble une perte de 100 emplois. Les services marchands enregistrent une hausse de 0,5 %, soit 100 emplois supplémentaires.

Du fait du dynamisme des trimestres précédents, l’emploi salarié reste en hausse sur un an (+ 2,1 %), porté par les secteurs privé et public. Fin mars 2020, 55 200 salariés travaillent en Guyane, soit 1 100 emplois supplémentaires en un an.

En Guadeloupe, l’emploi salarié est en forte baisse au premier trimestre (– 2,7 % après + 1,2 % au quatrième trimestre 2019), soit 3 300 emplois en moins. Cette baisse concerne principalement le secteur tertiaire marchand (hors intérim) : 1 700 emplois de moins, soit une diminution de 3,4 %. L’intérim perd 800 emplois, soit une diminution de 36,7 %. Les services non marchands perdent 400 emplois, soit une baisse de 0,7 %. Le recul des effectifs s’observent dans les secteurs de l’industrie (– 2,2 %) et de la construction (– 2,4 %) qui perdent respectivement 200 et 100 emplois.

Malgré le dynamisme des trimestres précédents, la Guadeloupe a perdu 600 emplois par rapport à fin mars 2019, soit une baisse de 0,5 %. Fin mars, 117 400 salariés travaillent dans la région contre 118 000 un an plus tôt.

Figure 4Évolution de l'emploi salarié total par département

en % par rapport au trimestre précédent
Évolution de l'emploi salarié total par département (en % par rapport au trimestre précédent)
2019T4 2020T1
Guadeloupe 1,16 -2,69
Martinique 0,57 -1,79
Guyane 0,87 -1,2
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 4Évolution de l'emploi salarié total par département

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Deuxième trimestre consécutif de baisse pour la création d’entreprises

Au premier trimestre 2020, 886 entreprises ont été créées. Le nombre de créations d’entreprises martiniquaises est en retrait pour le deuxième trimestre consécutif (– 8,9 % par rapport au dernier trimestre 2019) (figure 5). La tendance qui était tout de même à la hausse depuis le 4ᵉ trimestre 2018, semble subir un ralentissement. Hors micro-entrepreneurs, la baisse est légèrement atténuée (– 6,9 %). Le micro-entrepreneuriat est à l’origine d’un tiers des créations.

Ce trimestre, les immatriculations baissent dans tous les secteurs d’activités, sauf dans la construction où elles sont en hausse (+ 23,5 %). Les créations dans l’industrie reculent de 10,2 %. Dans le secteur tertiaire qui rassemble à lui seul quatre créations sur cinq, la tendance est également à la baisse : les immatriculations du secteur des services décroissent de 13,9 %, celles du secteur du commerce, transports et restauration-hébergement reculent de 8,2 %.

Sur un an, le nombre de créations d’entreprises est stable (+ 0,1 %). Hors micro-entrepreneurs, les créations sont en légère augmentation (+ 2,9 %). Le secteur de la construction contribue particulièrement à cette hausse avec une création qui croît de 26,5 %. Dans le secteur des services, la création d’entreprises progresse de 1,1 % alors que le volume de créations dans le secteur du commerce, transports et restauration-hébergement se rétracte de 8,5 %. Le secteur de l’industrie est en repli de 1,9 %. Sur un an la création nationale ralentit de 2,7 %, encore plus fortement en Guadeloupe et Guyane avec une baisse de respectivement – 6,1 % et – 21,5 %.

Figure 5Créations d'entreprises

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Créations d'entreprises (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Martinique hors micro-entrepreneurs France entière hors micro-entrepreneurs Martinique y compris micro-entrepreneurs France entière y compris micro-entrepreneurs
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 108,03 99,15 74,67 91,9
T2 2011 94,94 98,35 85,26 92,64
T3 2011 94,42 99,01 81,29 92,89
T4 2011 101,22 99,04 81,21 92,91
T1 2012 89,7 94,96 76,57 94,92
T2 2012 102,79 91,68 83,28 92,68
T3 2012 89,18 92,21 76,66 92,66
T4 2012 92,32 93,21 80,13 90,41
T1 2013 92,84 100,15 77,57 90,9
T2 2013 86,56 101,22 72,19 90,97
T3 2013 90,05 101,66 72,93 90,42
T4 2013 89,01 104,03 66,89 92,03
T1 2014 83,94 103,69 63,16 92,48
T2 2014 92,15 103,21 64,49 92,58
T3 2014 100,35 101,79 67,88 93,88
T4 2014 95,99 103,51 62,5 93,99
T1 2015 110,12 110,96 65,73 87,86
T2 2015 99,83 115,48 66,06 87,97
T3 2015 103,14 118,16 63,16 88,79
T4 2015 105,06 120,39 62,42 90,06
T1 2016 112,39 122,91 67,22 91,26
T2 2016 108,9 128,19 65,15 96,13
T3 2016 112,74 129,86 67,38 93,12
T4 2016 106,98 126,73 64,74 92,56
T1 2017 106,11 130,2 62,91 95,39
T2 2017 114,66 130,88 66,14 95,78
T3 2017 99,48 135,3 60,43 100,63
T4 2017 112,91 141,59 69,45 107,41
T1 2018 115,18 144,01 72,85 111,7
T2 2018 103,14 149,38 64,74 116,82
T3 2018 95,99 147,43 60,93 117,62
T4 2018 119,9 150,16 75,58 121,42
T1 2019 107,33 157,8 73,26 132,39
T2 2019 108,55 161,26 78,97 134,75
T3 2019 126,35 168,62 85,68 140,45
T4 2019 118,67 176,5 80,55 144,42
T1 2020 110,47 161 73,34 128,76
  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Figure 5Créations d'entreprises

  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Vers une baisse de la demande d’emploi

Au premier trimestre 2020, en Martinique, le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi et tenues de rechercher un emploi (catégories A, B, C) s’établit à 48 840. Parmi elles, 38 700 personnes sont sans emploi (catégorie A) et 10 140 exercent une activité réduite (catégories B, C). Ce trimestre, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A diminue de 1,8 % et baisse de 8,2 % sur un an. Le nombre des inscrits en catégories B et C recule de 4,7 % au premier trimestre et de 8,5 % sur un an (figure 6).

Néanmoins, le ralentissement de l’économie se traduit déjà par une nette hausse du nombre de demandeurs d’emploi en avril. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégories A, B, C augmente de 2,3 % au mois d’avril. Il s’établit à 50 020 (soit + 1 130 personnes par rapport à fin mars). S’agissant des demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A), leur nombre s’établit à 42 840. Il augmente de 9,5 % sur un mois (soit + 3 740 personnes). Fin avril, 7 180 demandeurs d’emploi sont inscrits en catégories B et C soit – 2 610 personnes.

À la fin du mois d’avril, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi (catégories A, B, C) est stable en Guyane et augmente en Guadeloupe (+ 2,1 % par rapport à fin mars). Néanmoins, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A croît dans les deux régions (respectivement + 2,9 % et + 7,5 %).

Au niveau national, ce constat est encore plus marqué. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A, B, C augmente en avril de 3,6 % par rapport à fin mars. Cette hausse est essentiellement portée par les personnes inscrites en catégorie A (+ 22,6 %).

Figure 6Demandeurs d'emploi (A, B, C) inscrits à Pôle emploi

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Demandeurs d'emploi (A, B, C) inscrits à Pôle emploi (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Martinique France entière
T4 2010 100 100
T1 2011 103,66 101,13
T2 2011 104,93 102,11
T3 2011 103,98 103,58
T4 2011 106,14 105,3
T1 2012 106,99 107,09
T2 2012 108,35 108,83
T3 2012 109,48 111,79
T4 2012 110,86 114,77
T1 2013 112,16 117,57
T2 2013 113,8 119,46
T3 2013 113,83 120,18
T4 2013 115,06 121,78
T1 2014 115,12 123,2
T2 2014 114,21 124,87
T3 2014 115,17 126,48
T4 2014 114,67 128,82
T1 2015 114,84 130,96
T2 2015 116,42 133,7
T3 2015 115,9 134,15
T4 2015 115,21 135,26
T1 2016 113,7 135,55
T2 2016 112,01 134,68
T3 2016 111,19 135,45
T4 2016 110,32 135,64
T1 2017 111,96 136,64
T2 2017 113,2 137,65
T3 2017 114,67 138,88
T4 2017 115,64 139,41
T1 2018 115,53 139,54
T2 2018 115,77 139,7
T3 2018 114,41 139,77
T4 2018 113,74 139,18
T1 2019 112,79 139,03
T2 2019 111,08 138,34
T3 2019 111,03 137
T4 2019 107,66 135,05
T1 2020 105,67 135
  • Notes : données CVS-CJO.
  • Avertissement : le nombre de demandeurs d'emploi du trimestre est une moyenne des données mensuelles afin de mieux dégager les évolutions tendancielles.
  • Source : Pôle emploi-Dares, STMT.

Figure 6Demandeurs d'emploi (A, B, C) inscrits à Pôle emploi

  • Notes : données CVS-CJO.
  • Avertissement : le nombre de demandeurs d'emploi du trimestre est une moyenne des données mensuelles afin de mieux dégager les évolutions tendancielles.
  • Source : Pôle emploi-Dares, STMT.
Avertissement - Emploi

L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises. Durant la phase de montée en charge de la DSN, des adaptations sont réalisées dans la chaîne de traitement statistique des estimations d’emploi afin de tenir compte de ces changements. Ces modifications sont susceptibles de générer des révisions accrues sur les données. Par ailleurs, depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ hors intérim) et la Dares (sur l’intérim). Néanmoins, les niveaux de l’emploi du secteur « privé » publiés par les Urssaf et par l’Insee peuvent différer du fait d’écarts de champ et de concept, et de légères différences exister sur les taux d’évolution.

Avertissement - Données tourisme et construction

Exceptionnellement ce trimestre les données sur la construction et le tourisme ne sont pas commentées en raison d'une livraison tardive.

Encadré 1 - L’impact de la crise sur l’économie

La pandémie Covid-19 a conduit au confinement de la population entre le 17 mars et le 11 mai 2020. Pendant cette période de confinement, l’activité économique a reculé de 20 % en Martinique. Les secteurs les plus touchés sont les activités liées au commerce (– 34 %), au transport et à l’entreposage (– 49 %) ainsi qu’à la réparation d’automobiles (– 56 %). Dans la construction, la baisse d’activité atteint 32 %. Dans un climat des affaires défavorable en début d’année, de nombreuses entreprises pourraient reporter ou annuler les recrutements. Les déclarations préalables à l’embauche diminuent au premier trimestre 2020 par rapport au premier trimestre 2019 (– 16,2 %). Cette baisse ne concerne que les CDD : à la fois les contrats d’un mois ou moins (– 20,9 %) et les contrats de plus d’un mois (– 13,2 %). Le nombre de CDI est en légère hausse (+ 1,0 %).

Au 1er juillet, les demandes d’activité partielle sont validées pour 57 039 salariés (source Dieccte), soit potentiellement les deux tiers des salariés du privé. Elles concernent 8 366 entreprises pour un montant global de 68,3 millions d’euros. De plus, 25 231 aides ont été versées au titre du fonds de solidarité pour un montant global de 35 millions d’euros. Néanmoins, la forte proportion d’emploi public limite les effets de la crise sur l’économie martiniquaise. La fonction publique concentre un tiers des effectifs salariés en Martinique contre 23 % au niveau national.

Encadré 2 - Contexte international – Une récession mondiale soudaine et de grande ampleur

La crise sanitaire a touché la majorité des pays du monde et la quasi-totalité des économies avancées, paralysant l’activité du fait des mesures d’endiguement mises en place. Dans les économies avancées, la chute de l’activité a débuté globalement à la mi-mars pour se prolonger au mois d’avril. Depuis lors, l’activité se rétablit graduellement dans les pays où l’épidémie a pu être maîtrisée, au rythme des calendriers d’allègement des mesures de restriction. L’environnement international reste toutefois très incertain, et ce durablement, d’autant que la menace d’une deuxième vague épidémique continue de planer dans certains pays.

Encadré 3 - Contexte national – Après avoir chuté lourdement pendant la période de confinement, l’activité se rétablit progressivement

Les mesures prises pour endiguer la propagation du Covid-19, notamment le confinement de la population entre le 16 mars et le 11 mai, ont entraîné une brusque chute de l’activité économique : pendant la période de confinement, elle se serait située à environ un tiers en deçà de la normale. La consommation des ménages a chuté dans des proportions similaires.

La sortie graduelle du confinement a permis le rebond de la consommation et le redémarrage plus progressif de l’activité. En juin, la consommation serait « seulement » de 3 % en deçà de son niveau d’avant crise. L’activité resterait plus dégradée, de 12 % inférieure à la normale en juin. La production industrielle, notamment, pâtirait d’une demande internationale en berne et d’importants stocks à écouler. Certains services en revanche auraient vu leur activité se redresser nettement en juin (hébergement-restauration). Au deuxième trimestre, le PIB aurait ainsi diminué de 17 %, après - 5,3 % au premier. La dynamique de reprise amorcée en mai puis juin anticiperait une baisse du PIB d’environ 9 % sur l’année 2020.

Pour comprendre

Les emplois intérimaires sont comptabilisés du point de vue de l’établissement de travail temporaire dont dépend le salarié, et non du point de vue de l’établissement utilisateur. Par conséquent, l’intérim est comptabilisé dans le secteur tertiaire marchand, quel que soit le secteur d’activité de l’établissement utilisateur.